Bref traité de l’enfance spirituelle par le Pape Benoît XV

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, la plus grande sainte des temps modernes au dire du Pape Pie XI, nous a été miséricordieusement accordée, pour illuminer – par contraste – notre temps de naturalisme, d’activisme et de sentimentalisme.

Pour comprendre la puissance et la profondeur de l’esprit évangélique qui habita l’humble carmélite, on ne peut guère trouver meilleur exposé que le discours prononcé par le pape Benoît XV le 14 août 1921, discours qui est l’exposé autorisé de la voie d’enfance suivie et décrite par sainte Thérèse.

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Ce discours avait grandement réjoui les sœurs de la sainte, en particulier Céline – sœur Geneviève de la Sainte-Face – qui écrivait :

« Je n’ai jamais éprouvé une joie si grande et si profonde que le 14 août 1921, à l’annonce du magistral discours de Benoît XV, que des télégrammes enthousiastes nous disaient avoir exalté la petite Voie de l’enfance spirituelle en même temps que l’héroïcité des vertus de Thérèse. C’est la victoire telle que je l’avais désirée, sans oser l’espérer si complète. La Béatification et la Canonisation elles-mêmes ne m’ont point apporté un bonheur aussi intense. » [Céline, sœur et témoin de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, par le Père Stéphane-Joseph Piat, O.F.M. Office Central de Lisieux, 1963, p. 120.]

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Monsieur Louis Martin, son père, fut a plus d’un titre à l’origine de « l’ouragan de gloire » de sainte Thérèse, en particulier par sa haine du péché et de l’erreur, dont il montre ainsi amplement la divine fécondité.

Si sainte Thérèse a connu le Carmel où sa sainteté s’est épanouie et consommée, si elle est à tout jamais sainte Thérèse de Lisieux, c’est à la suite d’un acte véritablement héroïque de son père. Celui-ci, demeuré veuf avec cinq filles, quitte Alençon où se trouvent ses attaches familiales, tous ses amis, son patrimoine et le frais tombeau d’une épouse profondément aimée ; c’est pour un motif de prudence toute surnaturelle qu’il se décide à s’arracher sans une plainte à tant de légitimes attaches. Ainsi témoigne encore Céline :

« Je désirais savoir pourquoi, malgré les instances qui lui furent faites, mon père se décida à quitter Alençon. Il me répondit qu’il voulait nous soustraire à l’influence mondaine de quelques familles et aux idées libérales des autres. Combien nous lui sûmes gré de sa décision si sage et si désintéressée. » [Le Père de sainte Thérèse de Lisieux, Carmel de Lisieux, 1953, p. 40.]

Quelle leçon pour les lâches et les tièdes que nous sommes devenus, prisonniers du monde, de son esprit, de ses modes, de ses exigences – de ce monde que nous craignons souvent plus que la justice de Dieu !

Lisons ce discours de Benoît XV pour retomber en enfance et n’en plus sortir.

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