Indulgences d’automne

à gagner aux alentours du 2 novembre 2021

Le retour de la fête de la Toussaint et de la Commémoraison des fidèles trépassés est l’occasion de nous remettre en mémoire que nous avons, dans les Indulgences, un moyen très puissant pour délivrer ou soulager les âmes du Purgatoire. Ces âmes saintes et souffrantes, en cours de purification et d’expiation avant d’entrer dans le Ciel de gloire, ne peuvent rien pour elles-mêmes : elles font donc appel à notre charité et à notre piété filiale (et parfois notre justice), et elles ne seront pas ingrates.

TuilesDu lundi 1er novembre à midi au mardi 2 novembre à minuit, et du samedi 6 novembre à midi au dimanche 7 novembre à minuit, on gagne une Indulgence plénière – applicable aux seules âmes du Purgatoire – en visitant une église (ou un oratoire régulièrement érigé comme oratoire public) et en y récitant six Pater, six Ave et six Gloria Patri aux intentions du souverain Pontife.

Cette Indulgence est dite toties quoties, c’est-à-dire qu’elle est gagnée autant de fois qu’on visite une église en y récitant les prières prescrites. Il suffit de sortir de l’église et d’y entrer à nouveau pour qu’il s’agisse d’une nouvelle visite d’église.

La récitation de ces prières est vocale (on peut réciter alternativement avec quelqu’un ou s’unir mentalement aux prières récitées à voix intelligible par quelqu’un), et peu en importe la langue.

Les intentions du souverain Pontife sont :

– l’exaltation de la sainte Église catholique ;
– la propagation de la foi ;
– l’extirpation des schismes et des hérésies ;
– la conversion des pécheurs ;
– la paix et la concorde entre les princes chrétiens ;
– les autres besoins de la chrétienté.

Pour gagner cette Indulgence, il faut se confesser dans les huit jours qui précèdent ou les sept jours qui suivent le moment où l’on visite l’église. De plus, il faut communier la veille, le jour même ou dans les sept jours qui suivent ledit moment.

TuilesDu mardi 2 novembre à 00 h 00 au mardi 9 novembre à minuit, une Indulgence plénière – elle aussi applicable aux seules âmes du Purgatoire – est accordée une fois par jour pour la pieuse visite d’un cimetière, avec une prière au moins mentale pour les défunts.

Pour gagner cette Indulgence, il faut chaque fois visiter une église, avec une pieuse prière mentale ou vocale, et en plus prier vocalement aux intentions du souverain Pontife (cf. supra). Un Pater, un Ave et un Gloria Patri suffisent pour cette prière aux intentions du souverain Pontife, mais on peut réciter toute autre prière de son choix, pourvu qu’elle soit vocale.

Il faut en outre se confesser et communier (cf. supra).

Les Indulgences applicables aux âmes du Purgatoire peuvent être attribuées, selon son intention, soit à tous les défunts, soit à quelques-uns, soit à une âme en particulier.

C’est par mode de suffrage qu’on destine aux défunts les Indulgences, c’est-à-dire qu’on les présente à Dieu afin qu’il les applique selon sa volonté infiniment sage ; en effet, l’Église catholique qui concède les Indulgences n’a pas juridiction sur le Purgatoire et ne peut donc les leur appliquer « d’autorité ». De plus, on ignore le sort de telle ou telle âme en particulier.

Pour gagner une Indulgence quelconque, il faut être en état de grâce ; pour gagner une Indulgence plénière, il faut en outre n’avoir aucune affection au péché véniel. Si une Indulgence plénière n’est pas totalement gagnée par défaut de cette dernière disposition, on la gagne partiellement, à la mesure de ses dispositions.

Si une Indulgence plénière est appliquée à une âme du Purgatoire, celle-ci est immédiatement délivrée et introduite dans la vision béatifique. C’est dire si le gain des indulgences est une grande œuvre de charité.

Pour plus de précisions sur les Indulgences en général, et ces Indulgences en particulier, voyez la brochure La Pratique des Indulgences. On y verra notamment que l’Indulgence plénière dont l’accès est matériellement le plus aisé est attachée à la récitation du chapelet devant le Très-Saint-Sacrement (toties quoties, moyennant confession et communion).


Peut-on se contenter de visiter une chapelle de fortune ?

Les chapelles de fortune, édifiées ou aménagées pour abriter les offices catholiques traditionnels en attendant des jours meilleurs, n’ont aucune existence canonique, elles ne peuvent retenir les privilèges des églises ou des oratoires — sauf celles qui, remontant à des temps antérieurs au déluge conciliaire, ont été consacrées ou établies en bonne et due forme (comme Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris). Aucun ordinaire du lieu (évêque diocésain nommé par un vrai Pape) n’en a ordonné ou permis la construction et n’en a patronné l’érection.

Or la concession des Indulgences par l’Église est d’interprétation stricte (tantum valent quantum sonant, dit l’adage).

Il est donc impossible d’assimiler ces chapelles, si belles et méritoire qu’elles soient, à des oratoires ou églises dont la visite concourt au gain des Indulgences (sauf le cas des antédiluviens).

Il faut donc visiter les églises ou oratoires qui jouissent d’un vrai titre canonique : on en trouve qui sont encore accessibles sans qu’on soit importuné par du tourisme liturgique ou de la liturgie touristique.

Quant à la définition des églises et oratoires, le droit canon y pourvoit.

Canon 1161
Ecclesiæ nomine intelligitur ædes sacra divino cultui dedicata eum potissimum in finem ut omnibus Christifidelibus usui sit ad divinum cultum publice exercendum — sous le nom d’église, on entend l’édifice sacré affecté au culte divin, dans des conditions telles qu’il soit à l’usage de tous les fidèles pour l’exercice du culte public.

Canon 1162
§ 1 : Nulla ecclesia ædificetur sine expresso Ordinarii loci consensu scriptis dato, quem tamen Vicarius Generalis præstare nequit sine mandato speciali — aucune église ne peut être construite sans le consentement exprès et écrit de l’Ordinaire du lieu, que le vicaire général ne peut donner sans un mandat spécial.

Canon 1188
§ 1. Oratorium est locus divino cultui destinatus, non tamen eo potissimum fine ut universo fidelium populo usui sit ad religionem publice colendam — un oratoire est un lieu affecté au culte divin, mais dans des conditions telles que tout le peuple fidèle n’est pas admis à venir y pratiquer publiquement sa religion.
§ 2. Est vero oratorium — un oratoire peut être :

– 1°/ Publicum, si præcipue erectum sit in commodum alicuius collegii aut etiam privatorum, ita tamen ut omnibus fidelibus, tempore saltem divinorum officiorum, ius sit, legitime comprobatum, illud adeundi — public, s’il a été érigé principalement pour l’utilité d’un collège, ou aussi de personnes privées, mais de telle façon que tous les fidèles aient le droit, légitimement vérifié, d’y pénétrer au moins pour le temps des offices divins ;
– 2°/ Semi-publicum, si in commodum alicuius communitatis vel cœtus fidelium eo convenientium erectum sit, neque liberum cuique sit illud adire — semi-public s’il a été érigé au bénéfice d’une communauté, ou d’un groupe de fidèles qui se retrouvent là, sans qu’il soit permis aux personnes étrangères d’y entrer ;
– 3°/ Privatum seu domesticum, si in privatis ædibus in commodum alicuius tantum familiæ vel personæ privatæ erectum sit — privé ou domestique, s’il a été érigé dans une maison particulière pour l’utilité d’une famille, ou d’une personne privée.

Canon 1191
§ 1. Oratoria publica eodem iure quo ecclesiæ reguntur — les oratoires publics sont régis par le même droit que les églises.

Canon 1192
§ 1. Oratoria semi-publica erigi nequeunt sine Ordinarii licentia — les oratoires semi-publics ne peuvent être érigés sans la permission de l’Ordinaire.


Objection

Les églises ne sont-elles pas profanées ? Les visiter alors ne sert à rien pour le gain des indulgences !

Pour que l’argument portât, il faudrait enchaîner deux preuves dont l’une concerne le droit, et l’autre le fait : que la profanation empêche le gain de l’indulgence ; qu’il y a effectivement profanation au sens canonique du terme (et donc que les effets canoniques de la profanation sont enclenchés).

Quant au premier point, voici ce qu’on lit dans le Droit de l’Église (canon 1173 § 1) : « Dans l’église profanée, avant qu’elle soit réconciliée, il est défendu de célébrer les offices, d’administrer les sacrements et d’ensevelir les morts. »

Rien n’interdit donc la visite d’un sanctuaire profané, et le Droit ne prive pas celui-ci de sa qualité d’édifice public « indulgencié ». L’objection échoue dans le domaine du droit, et s’arrête ici.

Mais il est intéressant de s’occuper du fait. Voici encore ce que dit le Droit de l’Église ; en l’occurrence, lui seul a droit à la parole (Canon 1172 § 1) : Une église est profanée par les actes énumérés ci-dessous, pourvu qu’ils soient certains, notoires et aient été accomplis dans l’église :

1°/ Le délit d’homicide ;
2°/ L’effusion de sang grave et injurieuse ;
3°/ Les usages impies ou sordides auxquels l’église a été affectée ;
4°/ L’ensevelissement d’un infidèle ou d’un excommunié frappé par sentence déclaratoire ou condamnatoire.

Le n. 3 demande quelques précisions. Que sont donc ces usages impies ou sordides (certains et notoires) aptes à faire perdre sa consécration à une église ? Le droit lui-même est muet, les auteurs donnent des exemples concordants mais qui ne résolvent pas tout, loin s’en faut : l’intervention de l’autorité semble de facto indispensable. Ils entendent cela comme une série d’actions (le mot usages étant au pluriel dans le canon) contraires à la sainteté de l’église : culte superstitieux ou hérétique avec intention méprisante à l’égard de l’Église catholique, casernement militaire, transformation en écuries, débit de boisson, dancing, salle de spectacles impudiques. Là, il est permis d’avoir des craintes et davantage encore ; mais, nous l’avons vu, cela n’empêche pas de gagner les indulgences.


Sans visite d’église

En tout temps, il est possible de gagner des indulgences plénières sans visite d’église. Par exemple :

– récitation du chapelet devant le Très-Saint-Sacrement (toties quoties, moyennant confession et communion) ;
– prière « Me voici, ô bon et très doux Jésus… » récitée devant une image du Crucifix : indulgence plénière (confession, communion, prière aux intentions du souverain Pontife) ;
– ceux qui récitent tous les jours de la semaine le chapelet en famille gagnent une indulgence plénière chaque samedi, deux autres jours de la semaine au choix et à chaque fête de la sainte Vierge Marie inscrite au calendrier de l’Église universelle [il y en a 18] (confession, communion).

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