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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 09:48

Une pétition adressée à Jésus-Christ Chef de l'Église catholique ;

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une pétition en forme de prière qui lui demande une grâce urgente et qui est de son ressort exclusif ;

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une pétition qui lui demande de rendre effective un anathème prononcé en son nom par le concile de Trente ;

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une pétition dont l'objet est le départ de celui qui, sous le nom de pape François, pervertit le peuple chrétien :

– en réduisant à rien et en niant la supériorité de la virginité sur le mariage ;

– en dénaturant la miséricorde pour en faire un cheval de Troie au service de la présence et de la puissance de l'islam et des invertis ;

– en prenant à son compte et en prolongeant le chaos doctrinal et liturgique issu de Vatican II...

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voilà ce que vous pouvez prier à coup sûr (et, pourquoi pas ?, signer) à l'adresse suivante :

https://www.change.org/p/les-%C3%A9v%C3%AAques-catholiques-p%C3%A9tition-adress%C3%A9e-%C3%A0-j%C3%A9sus-christ-implorant-le-d%C3%A9part-du-pape-fran%C3%A7ois

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Cette pétition s'adresse aussi aux évêques catholiques authentiques, c'est-à-dire, si je sais bien mon catéchisme, ceux qui ont été nommés par un vrai Pape et dûment consacrés par son délégué selon le rite de l'Église. Il n'en reste pas beaucoup. Domine, ad adjuvandum nos festina !

Published by Abbé Hervé Belmont - dans de Ecclesia
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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 18:41

Le contenu de la conférence qui a été dernièrement annoncée sur Quicumque est maintenant disponible :

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1. En audio par le lien http://d.pr/a/14Nx0+

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2. En vidéo par le lien https://www.youtube.com/watch?v=NoY9nWPjAoM&feature=em-share_video_user

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3. En texte écrit (mais évidemment avec des variantes notables) ci-dessous.

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L’enseignement de l’Église sur l’école

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I. Introduction

D’abord la doctrine de l’Église !

En toute chose qui concerne de près ou de loin la vie chrétienne, avant de décider quoi que ce soit, il faut commencer par étudier et méditer la doctrine de l’Église, qui est la voie, la vérité et la vie et qui nous communique :

– la lumière de Dieu, le faisceau lumineux de la vérité éternelle ;

– l’intelligence du déploiement de la grâce baptismale ;

– l’objet de notre invincible espérance ;

– une direction assurée pour plaire à Dieu et nous engager dans la voie du Ciel.

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Faire l’inverse – c’est hélas fort répandu – est la caractéristique de la 2e classe d’hommes, au dire de saint Ignace, de cette classe qui fait fausse route et se moque de Dieu : « Le deuxième homme veut détruire cette affection ; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui. »

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En fustigeant cette deuxième classe, saint Ignace n’a en vue que des choix et des résolutions libres. L’école est un domaine tout autre, dans lequel l’Église de Jésus-Christ a enseigné et légiféré.

D’abord la doctrine de l’Église !

Ensuite vient la vertu de prudence. L’objet de la reine des vertus morales n’est pas de diminuer les exigences du bien, ni de chercher à contourner l’enseignement de l’Église, ni d’élaborer des excuses ; il est de trouver et de mettre en œuvre des moyens adéquats, stables et efficaces pour appliquer intégralement la doctrine.

D’abord la doctrine de l’Église !

Cette doctrine est abondante, foisonnante même. Mon propos n’est pas de l’exposer dans son intégralité – il faudrait un temps et une compétence dont je ne dispose pas – mais d’en brièvement développer trois éléments :

– l’obligation des parents ;

– la nature d’une école catholique ;

– les phobies de l’Église.

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II. Obligation des parents

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Cette obligation est très simplement et vigoureusement énoncée par Pie XII [Radio-message à la clôture de la Journée de la famille en Italie, 23 mars 1952].

« La famille est le berceau où naît et se développe la vie nouvelle, qui a besoin, pour ne pas périr, d’être soignée et éduquée : c’est là un droit et devoir fondamental, donné et imposé immédiatement par Dieu aux parents. L’éducation dans l’ordre naturel a pour contenu et but le développement de l’enfant pour devenir un homme complet ; l’éducation chrétienne a pour contenu et but la formation du nouvel être humain, régénéré par le Baptême, pour en faire un parfait chrétien. Une telle obligation, qui fut toujours une règle et un honneur pour les familles chrétiennes, est solennellement prescrite par le canon 1113 du Code de droit canon, qui déclare : “Parentes gravissima obligatione tenentur prolis educationem tum religiosam et moralem, tum physicam et civilem pro viribus curandi, et etiam temporali eorum bono providendi. Les parents ont la très grave obligation de veiller selon leurs moyens à l’éducation religieuse et morale, physique et civique de leurs enfants, et de pourvoir également à leur bien-être temporel.” »

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III. Ce qu’est une école catholique

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Pour connaître la pensée de l’Église (et donc la vérité de Jésus-Christ), ouvrons de Pie XI l’encyclique Divini illius Magistri du 31 décembre 1929, chef-d’œuvre consacré à l’éducation chrétienne.

« Il est nécessaire, d’une part, que les nouvelles générations soient instruites dans les arts et les sciences qui font la richesse et la prospérité de la société civile ; d’autre part, la famille est incapable par elle-même d’y pourvoir suffisamment. De là est sortie l’institution sociale de l’école. Mais qu’on le remarque bien, ceci se fit d’abord par l’initiative de la famille et de l’Église bien avant l’intervention de l’État. À ne considérer donc que ses origines historiques, l’école est de sa nature une institution auxiliaire et complémentaire de la famille et de l’Église ; partant, en vertu d’une nécessité logique et morale, l’école doit non seulement ne pas se mettre en contradiction, mais s’harmoniser positivement avec les deux autres milieux, dans l’unité morale la plus parfaite possible, de façon à constituer avec la famille et l’Église un seul sanctuaire consacré à l’éducation chrétienne. Faute de quoi elle manquera sa fin, pour se transformer, au contraire, en œuvre de destruction. […]

« Ainsi donc, le seul fait qu’il s’y donne une instruction religieuse (souvent avec trop de parcimonie) ne suffit pas pour qu’une école puisse être jugée conforme aux droits de l’Église et de la famille chrétienne, et digne d’être fréquentée par les enfants catholiques. Pour cette conformité, il est nécessaire que tout l’enseignement, toute l’ordonnance de l’école, personnel, programme et livres, en tout genre de discipline, soient régis par un esprit vraiment chrétien, sous la direction et la maternelle vigilance de l’Église, de telle façon que la religion soit le fondement et le couronnement de tout l’enseignement, à tous les degrés, non seulement élémentaire, mais moyen et supérieur. “Il est indispensable, pour reprendre les paroles de Léon XIII, que non seulement à certaines heures la religion soit enseignée aux jeunes gens, mais que tout le reste de la formation soit imprégné du parfum de la piété chrétienne. Sans cela, si ce souffle sacré ne pénètre pas et ne réchauffe pas l’esprit des maîtres et des disciples, la science, quelle qu’elle soit, sera de bien peu de profit ; souvent même il n’en résultera que de sérieux dommages” [Militantis Ecclesiæ, 1er août 1897]. »

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J’ai souligné les expressions insistant sur le fait qu’une école catholique doit impérativement l’être en tout, dans sa totalité.

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IV. Les phobies de l’Église catholique

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1] L’école laïque (ou prétendument neutre), laquelle est un blasphème permanent, omniprésent, institutionnel.

« Car il ne saurait être permis à nos enfants d’aller demander le bienfait de l’instruction à des écoles qui ignorent la religion catholique ou qui la combattent positivement, à des écoles où sa doctrine est méprisée et ses principes fondamentaux répudiés. Que si l’Église l’a permis quelque part, ce n’a été qu’avec peine, à son corps défendant, et en entourant les enfants de multiples sauvegardes, qui, trop souvent d’ailleurs, sont reconnues insuffisantes pour parer au danger [Léon XIII, encyclique Affari vos, 8 décembre 1897, aux évêques du Canada]. »

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2] L’école liberté-religieuse

« Pareillement, il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d’avoir ou non de saines doctrines, d’adopter la vérité ou l’erreur. Vous êtes loin d’ignorer, Vénérables Frères, que toute école de ce genre a été condamnée par l’Église, parce qu’il ne se peut rien de plus pernicieux, de plus propre à ruiner l’intégrité de la foi et à détourner les jeunes intelligences du sentier de la vérité [Léon XIII, encyclique Affari vos, 8 décembre 1897, aux évêques du Canada]. »

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• La liberté religieuse

La « liberté religieuse » (l’affirmation qu’il existe un droit à la liberté civile en matière religieuse, faisant abstraction de la vérité de la religion et de sa conformité à la loi naturelle) n’est pas une simple erreur mineure, regrettable certes, mais assez bénigne au fond.

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Cette erreur attaque sournoisement la foi en la royauté de Jésus-Christ, en la divinité de l’Église catholique ; cette erreur corrompt la conception véritable de la nature humaine et celle de la société politique. En conséquence, elle est au cœur d’une révolution qui dépouille les âmes de la vigueur de la foi, de son caractère public et nécessaire, de son absoluité. C’est pour cela que Grégoire XVI la qualifie de « délire » et que Pie IX, en la condamnant, affirme qu’elle est « on ne peut plus funeste pour l’Église catholique et pour le salut des âmes ».

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La liberté religieuse est, en ce qui concerne la société en général et l’école en particulier, une erreur « pivot » dont l’aboutissement est l’indifférentisme et dont la conséquence est de fabriquer des jeunes gens socialement athées.

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• L’école sous contrat

Le type même de cette école liberté-religieuse est celle qui « bénéficie » de la loi scolaire française n. 59-1557 du 31 décembre 1959, dite loi Debré : loi qui institue les contrats entre l’enseignement privé (essentiellement l’enseignement catholique) et l’État, et stipule dès son premier article :

« Suivant les principes définis dans la Constitution, l’État assure aux enfants et adolescents, dans les établissements publics d’enseignement, la possibilité de recevoir un enseignement conforme à leurs aptitudes, dans un égal respect de toutes les croyances.

« L’État proclame et respecte la liberté de l’enseignement et en garantit l’exercice aux établissements privés régulièrement ouverts.

« Il prend toutes les dispositions utiles pour assurer aux élèves de l’enseignement public la liberté des cultes et de l’instruction religieuse.

« Dans les établissements privés qui ont passé un des contrats prévus ci-dessous, l’enseignement placé sous le régime du contrat est soumis au contrôle de l’État. L’établissement, tout en conservant son caractère propre, doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Tous les enfants, sans distinction d’origine, d’opinions ou de croyances, y ont accès. »

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L’exposé [officiel] des motifs de la loi renchérit :

– pour le contrat d’association : « c’est un enseignement public qui est donné au sein d’un établissement privé » ;

– pour le contrat simple : « les autorités académiques contrôleront leur enseignement » ; « il s’agit d’un régime qui permet aux établissements privés de faire l’expérience de la coopération avec l’État et d’en mesurer à la fois l’efficacité et le libéralisme ».

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On ne peut reprocher aux promoteurs de cette loi d’avoir caché leurs intentions strictement maçonniques ! C’est la fausse naïveté des catholiques, enfantée par l’appât du gain, qui fut et qui demeure un scandale.

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3] L’école mixte

Le malheur des temps ainsi que l’effroyable affaiblissement de l’esprit chrétien, même chez les meilleurs, obligent à rappeler la malédiction que profère l’Église contre ce qu’elle nomme la coéducation des sexes et qu’on nomme plus souvent la mixité.

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Le Pape Pie IX, après avoir énuméré les maux innombrables et très profonds qui sont produits par l’école non-catholique, termine en affirmant la certitude que la mixité produit des maux d’une même gravité :

« [Les jeunes esprits] sont encore menacés d’une corruption certaine du fait que dans ces écoles […] les adolescents des deux sexes sont réunis dans la même salle pour suivre les cours et que garçons et filles doivent s’asseoir sur les mêmes bancs. Le résultat de tout cela est d’exposer malheureusement la jeunesse à perdre la foi et de mettre les bonnes mœurs en péril » Saint-Office, 24 novembre 1875.

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Le Pape Pie XI, quant à lui, évoque comme fondement de la mixité « non moins opposée à l’éducation chrétienne » que la nauséabonde éducation sexuelle, « un naturalisme négateur du péché originel » [Divini illius Magistri, 31 décembre 1929].

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Et l’Abbé Victor-Alain Berto, après avoir montré les ravages opérés par ce naturalisme dans l’éducation chrétienne, termine par ce jugement qui devrait effrayer : Les promoteurs de la mixité sont en état de damnation. Son appréciation a une saveur de testament puisqu’il l’émet dans son avant-dernier texte d’ici-bas (La Pensée catholique, année 1968, n. 117) dont voici le fragment final :

« La mixtité (et non mixité, ces cuistres ne savent pas le français) est en train de ravager tout cela. Ses promoteurs, si haut placés qu’ils soient, sont en état de damnation. Ils jettent par milliers de malheureux enfants dans une occasion prochaine de péché ; on n’empêchera pas des garçons de quinze ans juxtaposés à longueur de classe à des filles du même âge, de chercher à savoir ce que cachent – bien mal au surplus – ces jupes et ces corsages, ni ces filles, émoustillées par les curiosités masculines, de ressentir le désir spécifiquement féminin d’être vues, touchées, caressées. Tout le climat de l’école en est vicié, précocement sexualisé et érotisé. Et quand ces garçons et ces filles seraient tous sans exception des héros et des héroïnes, qui résisteraient à toutes ces occasions et tentations (mais qui le croira ?), a-t-on le droit de les y précipiter, de les y maintenir ? “Et moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis la fornication avec elle dans son cœur.” Et réciproquement !

« Seigneur Jésus, qui avez dit aussi que nous devons devenir comme de petits enfants inconscients de leur sexe si nous voulons devenir comme des anges dans votre royaume, que ferez-vous dans votre justice de ces atroces corrupteurs, dont vous avez dit encore : “Celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’il fût jeté au profond de la mer avec une meule au cou” ? Nous pleurons sur l’innocence qu’on pourrit, sur les vocations qu’on ruine, nous combattons selon nos forces, mais aussi nous prenons date, et nous en appelons solennellement à votre tribunal au Jour de votre colère : Ad tuum, Domine Iesu, tribunal appello. »

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V. L’enjeu

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Dans le choix des écoles, il y va bien sûr du salut des familles et de l’éternité de chacun de ses membres. Mais l’enjeu déborde largement cet aspect déjà si important (et parfois si angoissant, ou au contraire si ignoré, si négligé).

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Car il y va de toute la vie chrétienne, du développement de la grâce baptismale et de la gloire des élus, de l’honneur de Dieu, de la royauté de Notre-Seigneur, de l’avenir de l’Église catholique, de la civilisation chrétienne.

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On n’a pas réussi l’instruction d’un enfant et son éducation parce qu’il va à la Messe le dimanche et ne vit pas dans l’adultère. C’est avoir une notion caricaturale, étriquée, ridicule de la vie chrétienne. C’est réduire la vie chrétienne à une morale, qu’on réduit elle-même à l’observation des 6e et 9e commandements de Dieu.

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Certes, ces deux commandements sont de la plus haute importance : ils sont l’exercice de l’amour de Dieu, ils sont le terrain nécessaire de toutes les vertus, ils sont fondamentaux dans la société chrétienne. Mais la morale s’énonce en dix commandements, et ce n’est encore que la morale naturelle. La morale évangélique s’énonce en tout l’Évangile. Et la vie chrétienne est bien plus qu’une vie morale : elle est la vie divine elle-même à laquelle nous sommes appelés à participer, elle est une vie théologale.

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Si l’école ne forme pas des intelligences chrétiennes (et Dieu sait que cette qualité est exigeante et naturellement et surnaturellement) en quoi l’instruction est-elle réussie ? Si l’école ne récapitule pas tout en Jésus-Christ, l’intelligence, le cœur, l’imagination, le caractère, l’ambition, le souci du bien commun, en quoi l’éducation est-elle réussie ? Si l’école combat, ou dissout, ou méprise par son silence, l’éducation chrétienne donnée par les parents, en quoi est-elle légitime, en quoi est-elle un auxiliaire de la famille ? Si l’école s’oppose à l’œuvre du Saint-Esprit dans les âmes, en quoi est-il permis de la fréquenter. Peut-il y avoir quelque chose de pis ?

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D’ailleurs, il n’y a pas que l’aspect de l’instruction et des principes d’éducation qu’il faut prendre en compte lorsqu’on parle d’école. Les parents, presque toujours, sous-estiment (confortablement…) l’effet épouvantable des mauvaises fréquentations.

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Il y a bien sûr l’influence désastreuse du pervertisseur dissimulé : c’est une engeance très nombreuse en face de laquelle les « bons enfants » sont désarmés ; c’est une engeance auto-multipliée parce que les pervertis deviennent à leur tour pervertisseurs. La faculté de dissimulation engendrée par la sensualité fait frémir.

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Et aussi le fait d’être en compagnie de nombreuses gens (camarades, professeurs) qui vivent « tranquillement » dans le péché ou dans la mécréance, et qui ont l’air heureux, entraîne une ambiance qui distille chaque jour sa goutte de poison et qui sape profondément la foi catholique et l’esprit de sacrifice.

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VI. Conviction, héroïsme, entr’aide

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Devant de tels devoirs et de tels dangers, les familles doivent s’armer de conviction et d’héroïsme, et bénéficier d’aide.

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La conviction ne consiste pas en deux ou trois slogans (ou fixations de l’imagination) qui remplacent l’intelligence et ne servent au fond qu’à dissimuler la paresse d’esprit et à juger le prochain : la conviction, c’est l’adhésion entière à la doctrine catholique connue, étudiée, méditée. C’est la certitude que cette doctrine est applicable (avec la grâce de Dieu) et qu’elle doit être appliquée.

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Il faut aux familles de l’héroïsme. Le renoncement, les sacrifices, la persévérance, le perpétuel ajustement de l’intelligence : cela demande une bravoure quotidienne. Il ne sert à rien de se cacher la tête dans le sable… Mais l’espérance est là, invincible : (I Cor. x, 13-14) « Dieu est fidèle qui ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-dessus de vos forces ; mais avec l’épreuve il vous donnera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie » de l’argent, de la situation et de la carrière, de l’estime du monde.

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Prévenez les jeunes gens qui envisagent de fonder une famille : il faut qu’ils se préparent à de grands sacrifices, il faut qu’ils soient disposés à l’héroïsme. Sinon leur vulnérabilité sera trop grande pour qu’ils puissent espérer répondre à la grâce de Dieu : cette grâce, certes, donne les forces et les moyens d’être fidèle pour peu qu’on l’estime et qu’on la demande instamment ; mais aussi elle est d’une exigence à laquelle il faut se préparer.

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Il faut aux familles l’entr’aide. La famille est une société imparfaite, ce qui veut dire qu’elle ne possède pas en elle-même tous les moyens d’accomplir sa fin. Elle a besoin d’aides extérieures. Dans l’immense détresse où elles se trouvent devant un monde perverti et pervertisseur, cela est doublement vrai. Qu’il s’agisse d’organiser l’instruction à la maison, ou de se regrouper pour former une manière d’école, ou de recourir à une école existante, les familles doivent pouvoir compter sur l’amitié, le dévouement, la générosité de la société (paroissiale, voisinale, convictionnelle, amicale, familiale…) qui les entoure. Du coup, et il ne faut pas l’oublier, les familles ont l’impératif devoir, en justice, d’élever les enfants en les formant pour qu’ils soient (quand l’heure viendra et dès maintenant) des amis, des dévoués, des généreux. Rien n’est plus opposé à l’éducation chrétienne qu’un triste « chacun pour soi » qui perd de vue un bien commun proche, et occulte qu’existe le bien commun.

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VII. Conclusion

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Enfin, et ce sera mon dernier mot, rien ne sert de répudier l’école mauvaise si la famille n’est pas, en son intérieur, un sanctuaire où le souffle du diable ne pénètre pas : fréquentations douteuses, télévi¬sion, internet, mollesse, immodestie, vulgarité etc. Sans un climat d’intelligence chrétienne, de vertu magnanime, de vigilance avisée et ferme, les vices extérieurs répandront leurs miasmes. Pourquoi fuir les mauvaises écoles, s’isoler socialement (à contre-cœur) et se ruiner financièrement, si c’est pour avoir la même chose à la maison ?

Published by Abbé Hervé Belmont
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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 20:15

Le mercredi 20 avril à 20 h 30, le cours de doctrine du troisième mercredi du mois n’aura pas comme objet la série des docteurs de l’Église. Je le consacrerai à une question de la plus haute importance tant doctrinale que pratique :

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l’enseignement de l’Église catholique sur l’école.

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Cette conférence exposera la nature et la nécessité de l’école catholique, telles que l’enseigne le Magistère catholique, et la sollicitude de l’Église à cet égard. L’évocation de la triple phobie qui habite la sainte Église de Jésus-Christ à l’encontre de…

– l’école laïque ;

– l’école mixte ;

– l’école promouvant la [prétendue] liberté religieuse et une désastreuse promiscuité en raison d’un contrat passé avec l’État (loi Debré) ;

… montrera la gravité de ce qui est en jeu : l’intelligence chrétienne et le salut éternel des âmes.

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Abbé Hervé Belmont

Maison Saint-Jean-Baptiste

3, allée de la Sérénité

33490 Saint-Maixant

05^56^76^26^23

Published by Abbé Hervé Belmont
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 16:56

Comme en 2016 le Vendredi-Saint est célébré le 25 mars, l’année est jubilaire pour la cathédrale du Puy en Velay : un Grand-Pardon, de tradition quasi immémoriale, y est célébré. À ce Grand-Pardon est attachée une Indulgence plénière depuis le XVe siècle (Eugène IV, 1441).

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Successivement, au cours des siècles, à chaque retour de la coïncidence, les Papes ont accordé aux évêques du Puy de proclamer l’octroi d’une indulgence plénière aux pèlerins qui se confesseront, communieront et visiteront pieusement « l’église angélique de Notre-Dame du Puy » (la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation) en y priant aux intentions du souverain Pontife.

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L’échéance de cette année provoque çà ou là de l’effervescence, où chacun y va de son opinion sur l’existence et les conditions de ladite indulgence plénière. Eh bien ! tout ce bruit s’atténuerait grandement si l’on se met en quête de la parole de l’Église catholique ! Mais hélas, c’est ce que très peu se donnent la peine de faire avant de parler ou d’organiser !

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Bref exposé catholique

La première chose à noter est qu’un évêque diocésain n’a pas la faculté d’accorder une indulgence plénière dans son diocèse : son pouvoir se limite à une concession de 50 jours (Canon 349 § 2, 2). C’est donc au Souverain Pontife qu’il faut remonter.

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Le dernier Pape qui a légiféré sur le jubilé du Puy est Pie XI. Par une Lettre Apostolique du 31 janvier 1932 il pérennise le Grand-Pardon en l’établissant in perpetuum dans les termes suivants :

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« … en vertu de l’autorité des Apôtres saint Pierre et saint Paul, Nous accordons par ces lettres apostoliques que l’église cathédrale du Puy jouisse pour toujours du privilège de l’indulgence plénière, en la même forme que l’ont concédée les Papes Pie X et Benoît XV … » [Pie XI vient de rappeler : « … les Papes Pie X et Benoît XV, Nos prédécesseurs, ont, dans leur bienveillance, étendu ce temps du Jeudi-Saint au second dimanche après Pâques, inclusivement. »]

« … Nous accordons que les fidèles, après avoir gagné une fois l’indulgence plénière pour eux-mêmes ou pour les défunts, puissent la gagner une seconde fois, durant le même temps fixé, pour les âmes qui sont en Purgatoire. »

« Nonobstant toutes clauses contraires, les présentes concessions sont valables à perpétuité. Telles sont Nos concessions et Nos déclarations, et nous voulons que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, et obtiennent leurs effets pleins et entiers, et que ceux qu’elles concernent ou pourront concerner puissent pleinement s’en prévaloir maintenant et à l’avenir, que les jugements et déterminations y soient conformes comme il convient, et que soit nul et sans valeur tout ce qui pourrait être entrepris de contraire par qui ou par quelque autorité que ce soit, sciemment ou par ignorance. »

« Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 31 janvier 1932, de notre pontificat la dixième. » « E. cardinal Pacelli, Secrétaire d’État. »

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Fort de cette Lettre apostolique et en se référant aux conditions habituelles des Indulgences, on peut donc, en toute certitude, affirmer ceci — qui demeure vrai et ferme même en cas de vacance de l’autorité pontificale et/ou épiscopale :

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Entre le 25 mars et le 10 avril 2016, on peut gagner une indulgence plénière en visitant pieusement la cathédrale du Puy en Velay ; en y priant aux intentions du Souverain Pontife ; en se confessant soit le jour même, soit dans les huit jours qui précèdent ou les sept qui suivent (Canon 931 §§ 1 & 2) ; en recevant la sainte Communion, soit le jour même, soit la veille ou dans les sept jours qui suivent (ibid.).

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On satisfait à la prescription de prier « aux intentions du Souverain Pontife » en récitant un Pater, un Ave et un Gloria Patri (Sacrée Pénitencerie Apostolique, 20 septembre 1933). Cependant tout fidèle a la liberté de réciter la prière de son choix, selon sa dévotion, pourvu qu’elle soit vocale (Canon 934 § 1). Il n’est pas requis de connaître les intentions du souverain Pontife.

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Celles-ci sont fixées depuis longtemps par l’Église. Ce sont :

– L’exaltation de la sainte Église catholique ;

– La propagation de la foi ;

– L’extirpation des schismes et des hérésies ;

– La conversion des pécheurs ;

– La paix et la concorde entre les princes chrétiens ;

– Les autres besoins de la chrétienté.

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Bien sûr, il faut être baptisé, ne pas être excommunié, être en état de grâce ; il faut que la confession soit bonne et valide, de même pour la sainte communion. Pour gagner l’indulgence plénière dans toute son étendue, il faut avoir le cœur (la volonté arrêtée, pas nécessairement la sensibilité) libre de toute attache au péché véniel. Sinon, l’indulgence n’est gagnée qu’en partie.

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Erreurs et incohérences

Partout il est proclamé que l’indulgence peut être gagnée entre le Jeudi-Saint et l’Assomption du 15 août : c’est là une nouveauté qui date de 2005, sans valeur par défaut d’autorité. L’indulgence ne peut être gagnée qu’entre le Jeudi-Saint et le deuxième dimanche après Pâques.

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Si l’on prétend pouvoir gagner l’indulgence jusqu’au 15 août, c’est qu’on reconnaît l’autorité de l’occupant actuel du Siège apostolique… il faut alors se mettre en sérieuse quête des « intentions du Souverain Pontife » car elles ont été modifiées au moins depuis 1983, où pour le « Jubilé de la Rédemption » Jean-Paul II avait assigné comme intention (entre autres) la liberté religieuse « on ne peut plus funeste pour l’Église catholique et le salut des âmes » (Pie IX). Peut-on prudemment s’exposer à prier en faveur de choses que l’Église catholique rejette et exècre ?

Si l’on prétend en même temps reconnaître l’autorité de François Ier (et donc de l’évêque qu’il a nommé au siège du Puy) et en même temps la récuser à son gré, il y a un sérieux (et urgent) examen de conscience à entreprendre sur la vertu théologale de foi : on ne se moque pas de Dieu ni de son Église ! Ni même du principe de non-contradiction…

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* * *

Notre-Dame du Puy, vous qui régnez sur ce haut-lieu de la chrétienté, rétablissez la foi, la plénitude de la foi catholique professée dans son intégrité, dans l’âme et l’intelligence de tous ceux qui viendront prier dans votre sanctuaire, et dans l’Église tout entière.

Published by Abbé Hervé Belmont
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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 14:13

ANNÉE 2016

Retraites selon les Exercices de Saint-Ignace

Prêchées par l’Abbé Hervé Belmont

à Saint-Maixant (Gironde – France)

Maison Saint-Jean-Baptiste — 3 allée de la Sérénité — 33490 Saint-Maixant

05"56"76"26"23

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Pour les hommes et jeunes gens (à partir de 17 ans) :

Du lundi 22 février 2016 (à 14 h) au samedi 27 février 2016 (à 12 h)

Du lundi 4 juillet 2016 (à 14 h) au samedi 9 juillet 2016 (à 12 h)

Du lundi 22 août 2016 (à 14 h) au samedi 27 août 2016 (à 12 h)

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Pour les dames et jeunes filles (à partir de 17 ans) :

Du lundi 18 juillet 2016 (à 14 h) au samedi 23 juillet 2016 (à 12 h)

Du lundi 1er août 2016 (à 14 h) au samedi 6 août 2016 (à 12 h)

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En se retirant des agitations du monde pendant cinq jours et en suivant l’itinéraire par lequel Dieu a conduit saint Ignace de Loyola du péché à une haute sainteté et à un grand zèle pour l’Église, l’âme chrétienne se dépouille des affections désordonnées, des péchés qui l’enchaînent dans la voie de la tiédeur ou de la perdition, de l’aveuglement qui lui fait oublier son éternité.

La miséricorde de Dieu, la paix de l’âme, la joie du cœur libéré et le juste discernement de la volonté de Dieu sur vous seront les fruits de votre retraite.

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Il faut prendre la grâce quand elle passe, dit la sagesse populaire. Si cela est déjà vrai des occasions favorables qui se présentent dans le cours de la vie, cela est infiniment plus vrai de l’amour de Dieu qui frappe à la porte de votre âme.

Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité, proclame le Psaume XXIV : Universæ viæ Domini misericordia et veritas.

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La retraite qui vous est proposée, prêchée selon la grande tradition spirituelle de la sainte Église catholique, est une de ces grâces si précieuses que l’éternité entière peut en dépendre. C’est une grâce vigoureuse, une grâce de choix qui produit la conversion de l’âme, l’affermissement des vertus, ainsi qu’un grand élan de vie chrétienne et de sanctification.

Cette retraite portera des fruits durables, elle sera une véritable contribution au règne de Jésus-Christ en vous et autour de vous, parce que la vérité entière de la doctrine catholique – qui procure l’intégrité de la foi, l’intensité de l’espérance et la vigueur de la charité – est une requête impérieuse de la miséricorde divine qui illumine l’esprit, élève et apaise le cœur, et sauve l’âme.

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Sainte Vierge Marie, par votre amour maternel, conduisez-moi à la retraite !

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 19:19

Oratoire Notre-Dame de la Sainte-Espérance

3, allée de la Sérénité F – 33490 Saint-Maixant

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— mardi 22 décembre : messe basse à 7 h 30 ; confessions de 16 h 00 à 18 h 30.

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— mercredi 23 et jeudi 24 décembre : messe basse à 7 h 30 ; confessions de 9 h 00 à 12 h 00 et de 16 h 00 à 18 h 30 ;

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— jeudi 24 décembre, Vigile de Noël : jeûne et abstinence. On peut anticiper cette obligation le 23 décembre (S. Congr. Conc., 3 décembre 1959) ;

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— jeudi 24 décembre, Vigile de Noël : chant des Matines à 21 h 30. Brève veillée de chants de Noël à 23 h 40 ;

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— vendredi 25 décembre, Nativité de Jésus-Christ. À 0 h 00, Messe de Minuit, suivie du chant des Laudes, (et d’une collation où vous êtes amicalement attendus).

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— vendredi 25 décembre, Nativité de Jésus-Christ. À 8 h 15, Messe de l’Aurore (mémoire de sainte Anastasie, martyre) ; à 10 h 00, Messe chantée du Jour ; à 17 h 15 Vêpres et à 18 h 00 salut du T. S. Sacrement.

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— vendredi 25 décembre : l’obligation de l’abstinence du vendredi est suspendue parce que Noël est une fête d’obligation (Canon 1252 §4). Attention, elle ne sera pas suspendue le vendredi 1er janvier : ce jour est d’obligation dans l’Église universelle, mais dans les pays où ce caractère est supprimé, l’effet de dispense pour l’abstinence n’existe pas (Commission d’Interprétation du Droit Canonique, 17 février 1918).

— samedi 26 décembre, saint Étienne Protomartyr. Messe à 9 h 00.

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Oratoire Notre-Dame de la Sainte-Espérance

3, allée de la Sérénité F – 33490 Saint-Maixant

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 21:23

Un correspondant qui m’est inconnu m’a demandé par le truchement du formulaire de contact de Quicumque quelques précisions à propos des Indulgences, et plus spécialement sur les églises à visiter pour le gain d’icelles.

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Je lui ai répondu dans les meilleurs délais, mais le courrier expédié à l’adresse à moi communiquée par Quicumque échoue et me revient.

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Je lui réponds donc parce ce court billet, d’autant plus volontiers que d’autres personnes ayant un louable souci des âmes du Purgatoire peuvent y trouver un intérêt.

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Voici donc la demande dudit correspondant : « Peut-on considérer les chapelles “Traditionalistes” comme des oratoires publics ou semi-publics ? Qu’est ce qui définit une chapelle comme oratoire ? comme semi-public ou public ? »

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Et voici quelques éléments de réponse.

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Les chapelles « tradi » n’ont aucune existence canonique, elles ne peuvent retenir les privilèges des églises ou des oratoires — sauf celles qui, remontant à des temps antérieurs au déluge conciliaire, ont été consacrées ou établies en bonne et due forme (comme Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris). Aucun ordinaire du lieu (évêque diocésain nommé par un vrai Pape) n’en a ordonné ou permis la construction et n’en a patronné l’érection.

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Or la concession des Indulgences par l’Église est d’interprétation stricte (tantum valent quantum sonant, dit l’adage).

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Il est donc impossible d’assimiler les chapelles « tradi » à des oratoires ou églises dont la visite concourt au gain des Indulgences (sauf le cas des antédiluviens).

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Il faut donc visiter les églises ou oratoires qui jouissent d’un vrai titre canonique : on en trouve qui sont encore accessibles sans qu’on soit importuné par du tourisme liturgique ou de la liturgie touristique.

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Quant à la définition des églises et oratoires, le droit canon y pourvoit.

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Canon 1161 Ecclesiæ nomine intelligitur ædes sacra divino cultui dedicata eum potissimum in finem ut omnibus Christifidelibus usui sit ad divinum cultum publice exercendum — sous le nom d’église, on entend l’édifice sacré affecté au culte divin, dans des conditions telles qu’il soit à l’usage de tous les fidèles pour l’exercice du culte public.

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Canon 1162 § 1 :

Nulla ecclesia ædificetur sine expresso Ordinarii loci consensu scriptis dato, quem tamen Vicarius Generalis præstare nequit sine mandato speciali — aucune église ne peut être construite sans le consentement exprès et écrit de l’Ordinaire du lieu, que le vicaire général ne peut donner sans un mandat spécial.

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Canon 1188 § 1.

§ 1. Oratorium est locus divino cultui destinatus, non tamen eo potissimum fine ut universo fidelium populo usui sit ad religionem publice colendam — un oratoire est un lieu affecté au culte divin, mais dans des conditions telles que tout le peuple fidèle n’est pas admis à venir y pratiquer publiquement sa religion.

§ 2. Est vero oratorium — un oratoire peut être :

– 1°/ Publicum, si præcipue erectum sit in commodum alicuius collegii aut etiam privatorum, ita tamen ut omnibus fidelibus, tempore saltem divinorum officiorum, ius sit, legitime comprobatum, illud adeundi — public, s’il a été érigé principalement pour l’utilité d’un collège, ou aussi de personnes privées, mais de telle façon que tous les fidèles aient le droit, légitimement vérifié, d’y pénétrer au moins pour le temps des offices divins ;

– 2°/ Semi-publicum, si in commodum alicuius communitatis vel cœtus fidelium eo convenientium erectum sit, neque liberum cuique sit illud adire — semi-public s’il a été érigé au bénéfice d’une communauté, ou d’un groupe de fidèles qui se retrouvent là, sans qu’il soit permis aux personnes étrangères d’y entrer ;

– 3°/ Privatum seu domesticum, si in privatis ædibus in commodum alicuius tantum familiæ vel personæ privatæ erectum sit — privé ou domestique, s’il a été érigé dans une maison particulière pour l’utilité d’une famille, ou d’une personne privée.

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Canon 1191 § 1. Oratoria publica eodem iure quo ecclesiæ reguntur — les oratoires publics sont régis par le même droit que les églises.

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Canon 1192 § 1. Oratoria semi-publica erigi nequeunt sine Ordinarii licentia — les oratoires semi-publics ne peuvent être érigés sans la permission de l’Ordinaire.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 06:03

En fait, il s'agit des Indulgences à gagner autour du 2 novembre 2015.

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— Du dimanche 1er novembre à midi au lundi 2 novembre à minuit, et du samedi 7 novembre à midi au dimanche 8 novembre à minuit, on gagne une Indulgence plénière – applicable aux seules âmes du Purgatoire – en visitant une église (ou un oratoire régulièrement érigé comme oratoire public) et en y récitant six Pater, six Ave et six Gloria Patri aux intentions du souverain Pontife.

Cette Indulgence est dite toties quoties, c’est-à-dire qu’elle est gagnée autant de fois qu’on visite une église en y récitant les prières prescrites. Il suffit de sortir de l’église et d’y entrer à nouveau pour qu’il s’agisse d’une nouvelle visite d’église. La récitation de ces prières est vocale (on peut réciter alternativement avec quelqu’un ou s’unir mentalement aux prières récitées à voix intelligible par quelqu’un), et peu en importe la langue.

Les intentions du souverain Pontife sont :

– l’exaltation de la sainte Église catholique ;

– la propagation de la foi ;

– l’extirpation des schismes et des hérésies ;

– la conversion des pécheurs ;

– la paix et la concorde entre les princes chrétiens ;

– les autres besoins de la chrétienté.

Pour gagner cette Indulgence, il faut se confesser dans les huit jours qui précèdent ou les sept jours qui suivent le moment où l’on visite l’église. De plus, il faut communier la veille, le jour même ou dans les sept jours qui suivent ledit moment.

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— Du lundi 2 novembre à 00h00 au lundi 9 novembre à minuit, une Indulgence plénière – elle aussi applicable aux seules âmes du Purgatoire – est accordée une fois par jour pour la pieuse visite d’un cimetière, avec une prière au moins mentale pour les défunts.

Pour gagner cette Indulgence, il faut chaque fois visiter une église, avec une pieuse prière mentale ou vocale, et en plus prier vocalement aux intentions du souverain Pontife (cf. supra). Un Pater, un Ave et un Gloria Patri suffisent pour cette prière aux intentions du souverain Pontife, mais on peut réciter toute autre prière de son choix, pourvu qu’elle soit vocale. Il faut en outre se confesser et communier (cf. supra).

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Les Indulgences applicables aux âmes du Purgatoire peuvent être attribuées, selon son intention, soit à tous les défunts, soit à quelques-uns, soit à une âme en particulier.

C’est par mode de suffrage qu’on destine aux défunts les Indulgences, c’est-à-dire qu’on les présente à Dieu afin qu’il les applique selon sa volonté infiniment sage ; en effet, l’Église catholique qui concède les Indulgences n’a pas juridiction sur le Purgatoire et ne peut donc les leur appliquer « d’autorité ». De plus, on ignore le sort de telle ou telle âme en particulier.

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Pour gagner une Indulgence quelconque, il faut être en état de grâce ; pour gagner une Indulgence plénière, il faut en outre n’avoir aucune affection au péché véniel. Si une Indulgence plénière n’est pas totalement gagnée par défaut de cette dernière disposition, on la gagne partiellement, à la mesure de ses dispositions. Si une Indulgence plénière est appliquée à une âme du Purgatoire, celle-ci est immédiatement délivrée et introduite dans la vision béatifique. C’est dire si le gain des indulgences est une grande œuvre de charité.

Pour plus de précisions sur les Indulgences en général, et ces Indulgences en particulier, voyez notre brochure La Pratique des Indulgences. On y verra notamment que l’Indulgence plénière dont l’accès est matériellement le plus aisé est attachée à la récitation du chapelet devant le Très-Saint-Sacrement (toties quoties, moyennant confession et communion).

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 09:26

Au Congrès marial qui s’est tenu à Lourdes du 11 au 17 septembre 1958, l’intervention du cardinal Alfredo Ottaviani fut particulièrement remarquable. Sa péroraison a pris la mesure de la gravité de l’heure, à la veille de la mort de Pie XII, à la veille du référendum de France qui appelait tout les électeurs à ratifier l’apostasie nationale par le vote d’une constitution qui renie Jésus-Christ, à la veille de l’insolent triomphe du modernisme résurgent. Nous ne pouvons que faire nôtre ce filial appel à la très sainte Vierge Marie, et l’invincible espérance qu’il renferme.

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Saint Jean l’Évangéliste conclut son récit du miracle de Cana par cette puissante expression : « Et crediderunt in eum discipuli eius : ses disciples crurent en lui » (Jo. II, 11). Ce ne fut donc pas au moment de leur vocation, mais c’est à cet instant qu’ils commencèrent à croire : leur foi naquit à Cana.

Permettez-moi de mettre en lumière un point particulier. À la Vierge qui insistait et ne se lassait pas d’insister, Notre-Seigneur justifie son refus par un décret divin, une disposition de la divine providence : « Mon heure n’est pas encore venue : Nondum venit hora mea » (Jo. II, 4). Elle n’est pas encore venue, l’heure fixée par le Père pour le premier prodige de son fils, pour allumer la foi au cœur des disciples, pour inaugurer au grand jour l’ère nouvelle du nouveau royaume et de la nouvelle époque, l’âge, si l’on peut dire, de l’éternel dans le temps, du divin dans l’humain. Jusqu’ici ce n’est que dans le secret et l’intimité que s’était ouverte cette nouvelle période de l’histoire, quand « le Verbe s’était fait chair ». C’est donc par Marie que furent obtenus les premiers triomphes de la foi, cette foi grâce à laquelle l’homme devient fils de Dieu.

Il existait donc une heure fixée par l’éternel conseil. Mais cette heure, Dieu avait voulu qu’elle fût anticipée par l’intervention de Marie.

Cette influence de la prière de Marie sur la Toute-Puissance divine ne nous surprend pas, mes Frères. Son Jésus n’a-t-il pas placé dans les profondeurs de l’humilité le sommet de toute grandeur possible pour la créature humaine ?

Ces considérations le prouvent : ce n’est pas par hasard que fut présente à Cana – et de quelle présence – Marie, qui a donné Jésus aux hommes. Ce ne fut pas par hasard non plus qu’elle fut présente au jour de la Pentecôte. Cette humble femme, la plus humble de toutes les femmes, nous a donné Jésus et elle continue de nous le donner au cours de l’histoire. Car elle est, en quelque façon, l’image, le type, le symbole et le modèle de l’Église, vierge et mère elle aussi, qui engendre Jésus dans les cœurs des hommes. Dans l’histoire de l’Église, on peut retrouver ce qui s’est passé dans la vie terrestre de Jésus. Marie a été sensiblement, visiblement présente aux heures les plus angoissées et les plus sombres de la foi, comme elle a été toujours l’aube lumineuse des jours de grands triomphes.

Marie ne cesse pas d’être présente et agissante dans cette Pentecôte continuée qu’est le gouvernement spirituel des âmes et l’œuvre du Magistère. Je puis vous le garantir, mes chers Frères, nulle part ailleurs Marie n’est présente comme à Rome, dans cette Rome auguste, qui met sa gloire dans l’humble service de tout l’univers, dans cette Rome qui vit pour tous ses frères les hommes, et ne connaît pas d’autre mission, d’autre salut, que d’être établie pour les autres : « Pro hominibus constituitur » (Heb. V, 1).

Ma vie tout entière, depuis les premières heures de mon sacerdoce, s’est passée dans l’humble service de ce gouvernement central et universel de l’Église. J’ose donc témoigner ici que la présence de la Vierge nous donne l’assurance de travailler dans l’Église et pour l’Église avec le Christ Jésus.

À cause de cette présence de Marie, au cours des siècles, les victoires, les lauriers, la gloire des triomphes obtenus par l’Église, souvent Rome les a attribués à Marie, à son intercession toute-puissante : « Terribilis ut castrorum acies ordinata : Terrible comme une armée rangée en bataille ». Avec Rome, l’Église tout entière s’est complue à orner de pierres précieuses la couronne contemplée par saint Jean sur son front : « In capite eius corona stellarum : Sur sa tête, une couronne d’étoiles » (Ap. XII, 1).

Permettez-moi d’évoquer, comme à vol d’oiseau, sans insister plus du nécessaire, quelques-unes de ces victorieuses interventions de Marie dans la vie de l’Église. Je parle à des âmes chrétiennes qui n’ignorent pas les étapes parcourues par la vérité dans sa marche à travers le monde, étapes qui furent autant de stations d’un douloureux chemin-de-croix. Elles savent comment Jésus a passé sa vie terrestre ; elles ont conscience de sa vie dans le secret de leur cœur : elles ont appris comment il a vécu au cours des siècles dans son Église.

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I. — Le monde païen

Comment le monde païen, corrompu par l’idolâtrie et la cruauté, aurait-il pu jamais admettre la chasteté, la pureté, la virginité ? Pensez, mes amis, de quel poids fut la maternité virginale de Marie dans une question de telle importance.

De la part du paganisme, pour lequel la Croix du Christ était sottise, « gentibus autem stultitia » (I Cor. I, 23), cette maternité virginale était l’objet de moqueries méprisantes. Dans la lutte contre le christianisme, la haine des païens associait dans ses attaques Marie à Jésus. Par contre, les premiers apologètes, aux splendeurs de la divinité de Jésus associaient les splendeurs de la grâce de Marie. Les premières conquêtes de la vérité chrétienne ont été obtenues par le rayonnement de ces deux noms lumineux. Ainsi Jésus manifestait Marie et Marie manifestait Jésus.

Vint se mêler, à cette bataille, la littérature judaïque des premiers temps du christianisme. Marie est de sa part l’objet d’odieuses calomnies : on frappe la Mère, pour atteindre le Fils.

D’autre part, certains gnostiques, tout en conservant à Jésus le titre de « fils de Marie », enlèvent toute importance à la Rédemption, en réduisant l’Incarnation à rien, ou presque rien. Il ne reste plus de la Maternité divine qu’un vain simulacre. Sur ce point, Marcion aura un successeur en Nestorius, qui tirera de ses principes toutes leurs conséquences.

Au milieu de tant de luttes, l’intervention de Marie pour la défense de l’Église trouve son premier témoin et son premier chantre dans le disciple de l’amour, en celui qui écrivit dans son Évangile : « Le disciple la prit chez lui » (Jo. XIX, 27). Cet apôtre qui plane dans les hauteurs divines comme un aigle puissant, consigna dans ses livres les dernières paroles de la révélation écrite. C’est lui aussi qui nous raconte la première apparition de Marie, après son assomption et son couronnement au ciel.

Oui, la première apparition de Notre-Dame fut attestée et décrite par cet apôtre qui, le premier, put appeler Marie sa mère, en raison d’une gracieuse investiture de Jésus, adressée à nous tous dans sa personne.

Dans cette vision, comment l’apôtre bien-aimé de Jésus, et donc aussi de Marie, vit-il la Sainte Vierge ? Il avait vécu près d’elle des jours et des jours, des heures et des heures jusqu’à son dernier moment. Il connaissait son visage comme l’on connaît le visage de sa propre mère.

Écoutons ses paroles inspirées : « Un grand prodige parut dans le ciel : une dame vêtue de soleil, la lune sous ses pieds, la tête couronnée de douze étoiles » (Ap. XII, 1).

Cette vision s’achève par la description symbolique de la merveilleuse victoire sur le dragon infernal remportée par l’Église, figurée par Marie. Certainement, Jean expliqua cette vision à son disciple Polycarpe, évêque de Smyrne. Irénée, originaire de Smyrne, reçut, on peut le croire, cet enseignement de Polycarpe lui-même. Aussi n’est-il pas étonnant qu’il ait été, avec Justin, son contemporain, le premier docteur à enseigner la mission victorieuse de la nouvelle Ève dans l’Église du Christ.

Car, à l’Ève antique, trompée par l’ange prévaricateur, on oppose déjà la nouvelle Ève, saluée par l’Ange de l’annonciation, victorieuse de l’enfer et pourvoyeuse du salut par le don de son divin Fils.

Cet enseignement consolant fut donc transmis par Polycarpe à Irénée, qui, après sa visite aux disciples des Apôtres en Asie, porta ce message marial, inspirateur de confiance, gage de salut, et promesse de victoire, à Lyon pour toute la France et ensuite pour le monde entier.

« Ève – écrit Irénée – séduite par la parole de l’ange, abandonna Dieu et fut infidèle à son commandement. Marie accueille la parole de l’ange et reçoit Dieu en elle-même. La première désobéit à Dieu ; la seconde obéit. Le genre humain, perdu par une vierge, fut sauvé par une Vierge. »

Ce message faisait écho à celui que Justin avait proclamé à Rome. Les fidèles de Dieu le recueillirent dans le secret des catacombes. C’est là que, pour la première fois, est proposée au culte des chrétiens une image de Marie associée à son divin Fils.

Combien de martyrs durent jeter sur cette image un regard plein de confiance avant d’aller au Colisée, conquérir leur glorieuse couronne ! Cette fresque subsiste encore de nos jours pour attester à notre temps et aux siècles futurs la foi et la confiance en Marie de ces héros des premières générations chrétiennes. Leur sang fut le germe de la victoire des chrétiens des temps à venir qui devaient l’emporter sur les persécuteurs et les hérétiques.

C’est dans cet esprit que se prépare le Concile d’Éphèse, cette solennelle réjouissance populaire qui, dans une mer de flambeaux lumineux, célèbre le triomphe de la vérité dans le nom de Marie, Mère de Dieu.

À Éphèse, dans le nom de Marie et de sa divine Maternité, fut terrassée une hérésie des plus pernicieuses.

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II. — Au temps des Barbares

Peu après, la violence, qui s’est comme incarnée dans les Barbares, fait traverser à l’Église de longs siècles de tristesse douloureuse. C’est la dure suite des siècles de fer : tout est abattu, tout est renversé à terre, tout est obscur et sombre ; et pourtant, la Rome chrétienne conquit ses conquérants païens.

On a célébré la victoire d’Athènes sur son conquérant romain : « Græcia capta ferum victorem cepit et artes intulit agresti Latio » : combien plus belle et profitable pour l’univers fut la victoire de la Rome chrétienne sur les Barbares, ses vainqueurs !

Quel fut donc le rôle de Marie dans ces événements ? Interrogez l’art, la poésie, la théologie et la liturgie. Ils témoignent tous de l’influence de Marie sur cette glorieuse victoire de la lumière chrétienne sur les ténèbres de ces temps. En effet, un des facteurs les plus puissants de ce triomphe de l’esprit sur la force brutale, c’est, à coup sûr, le doux attrait qu’exerçait sur ces rustres la Vierge très sainte par l’éclat de sa grâce et de ses vertus, par sa tendresse maternelle et sa ravissante beauté surhumaine.

À ces peuples barbares qui ravalaient la femme au-dessous de l’humain, la grandeur spirituelle et surnaturelle de Marie fit l’effet d’une lumière radieuse assez forte pour éclairer des ténèbres si profondes.

La vertu puissante de la grâce du Christ, obtenue par l’intercession de Marie et répandue par sa douce attirance, doit s’être déversée abondamment sur les sillons tracés par les invasions barbares ; et grande a dû être la reconnaissance des peuples.

En effet, à peine l’Europe avait-elle commencé de jeter les fondements de l’ordre chrétien, qu’on voit surgir partout ces magnifiques temples destinés à chanter, pendant des siècles et des siècles, les gloires de Marie.

Ces peuples, qui, à Rome, détruisirent le temple païen de Minerve, le recons¬truisirent de leurs propres mains, pour le consacrer à Marie, Reine des Martyrs : « Sancta Maria supra Minervam ».

La dévotion à Marie ennoblit ces néophytes et la fureur guerrière de ces peuples rudes et forts se tourne, avec les croisades, vers la poursuite d’une victoire de la chrétienté sur les armées musulmanes. À la vue de Jérusalem, les croisés victorieux entonnent le Salve Regina.

À cette époque même, Marie donne à l’Église une grande victoire par l’action d’un pasteur héroïque, son fidèle serviteur, saint Grégoire VII. À ce grand Pape est destinée la gloire de délivrer l’Église des liens par lesquels, peu à peu, on l’avait rendue captive. Il ne se contente pas de poser sur les fondements divins de l’Église, la puissante architecture du droit ; mais il arrache aussi l’Épouse du Christ à l’étreinte de César ; il rend le clergé à la pureté et à la pauvreté ; il impose aux moines la fidélité à Rome ; il rappelle aux princes que, chrétiens comme les autres hommes, ils doivent l’être plus encore. Il organise le premier réseau des représentants de Rome, pour protéger dans les divers pays l’indépendance religieuse des fidèles, des clercs et de l’Église. Ses lettres le montrent digne à la fois de César et d’Augustin. Mais, par-dessus tout, elles révèlent sa dévotion à Marie. Ses historiens nous le représentent à genoux devant les plus populaires images romaines de la Sainte Vierge, priant comme un humble fidèle. Au nom de Marie et au nom de l’Église romaine, ce génie admirable ouvrit le second millénaire de l’histoire chrétienne.

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III. — Le Moyen Âge

Les hérésies des nouveaux temps n’ont plus pour objet le dogme de la Trinité. Ce n’est pas l’époque des grands schismes. Mais les erreurs nouvelles se rapportent à la vie mystique ou à la vie ecclésiastique. Ce sont les hérésies, pleines d’acrimonie, qui préludent au protestantisme et trouvent en lui leur aboutissement.

Contre elles, se font jour les dévotions nouvelles, non dans leur substance, mais dans leur tonalité : tout d’abord, au douzième siècle, la dévotion à l’humanité du Christ, puis, au treizième, la grande dévotion à l’Eucharistie, et, enfin, au quatorzième, à la Passion du Seigneur, dévotions qui, toutes trois, donnent un nouvel éclat à la dévotion mariale. Le Stabat Mater appartient à cette dernière époque.

Au nom de Marie s’élèvent les grandes cathédrales, surgissent les grandes initiatives. Au nom de Marie et sous son patronage naissent plusieurs Ordres religieux qui constituent les nouvelles armées spirituelles de l’Église, contre les hérésies et pour la pacification chrétienne.

Au sommet de la Divine Comédie de Dante et au frontispice des chants de Pétrarque resplendit la gloire de Marie comme sur les cathédrales d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre et d’Allemagne.

En France aussi commence la période des grandes cathédrales mariales : Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres et tant d’autres ; sanctuaires qui subsistent à travers les siècles comme des symboles de paix intérieure et des foyers de repos spirituel, au milieu des luttes et des troubles de la vie. De nos jours encore, qui cherche à connaître la plus belle jeunesse de France, la rencontre en pèlerinage sur la route qui conduit de Paris à Chartres.

Par l’action de Marie, les mouvements anarchiques prônant la pauvreté et excitant à la révolte n’ébranlèrent pas la discipline de l’Église. Les nouveaux nationalismes purent bien dominer une grande partie du clergé et provoquer le grand schisme d’Occident : ils n’eurent pas raison de Rome. Ils purent bien diviser les chrétiens ; arracher à l’Église une grande partie de l’Allemagne et de l’Angleterre : mais ils furent impuissants à lui ravir la vigueur et l’honneur de l’unité. Les catholiques restèrent fidèles à l’Église en restant fidèles à Marie, leur mère. Car c’est elle qui garda ses enfants dévoués au sein de leur mère l’Église.

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IV. — Au XVIe siècle

C’est une loi constante : là où s’est conservée la dévotion à la Mère, le Fils est resté présent avec elle et son Vicaire a continué à être le garant de l’unité du Corps mystique.

Le protestantisme ne fait plus aucune place à Marie. Mais, du même coup, en supprimant l’autel de la Mère, il supprime l’autel de son divin Fils. En refusant l’obéissance au Vicaire du Christ, les protestants se sont dispersés, comme les brebis qui n’entendent plus la voix du pasteur. En vain s’efforcent-ils de retrouver l’unité en dehors de Marie, de Jésus présent dans l’Eucharistie et du Pape.

Le protestantisme après avoir renié l’Église et Marie, fut condamné par les décrets du Concile de Trente. L’Immaculée ne fut pas étrangère au succès de ce grand Concile, auquel elle doit le premier témoignage authentique rendu par l’Église à son exemption du péché d’Adam, transmis par la génération à ses descendants.

[En note : « Declarat tamen hæc ipsa sancta Synodus, non esse suæ intentionis comprehendere in hoc decreto, ubi de peccato originali agitur, beatam et immaculatam Virginem Dei Genitricem » (Sessio V, 17 juin 1546, Decretum super peccatum originale, Denz. 792).]

Les Turcs renouvelaient sans cesse les tentatives d’invasion de l’Europe. Contre eux se livra la bataille de Lépante, apothéose et victoire du Rosaire. Ce fut un succès du premier Congrès Marial : on a donné ce nom à ces masses de combattants qui, groupés sur leurs navires, louaient ensemble Marie et l’invoquaient au moyen du Rosaire avant la suprême épreuve. Ces triomphes de Marie devaient se renouveler à Budapest et à Vienne au cours du XVIIe siècle.

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V. — Aux XVIIIe et XIXe siècles

Plus récemment, nous avons vécu des époques non plus de schisme comme du ve siècle à l’an mille, ni d’hérésies comme de l’an mille au xvie siècle, mais des temps d’incrédulité publique que le monde n’avait pas connus depuis la venue du Christ Jésus. Cette incroyance a ramené dans nos pays un néo-paganisme, d’autant plus grave, que c’est un refus de la foi de la part d’apostats et de renégats. Hélas, à l’ennemi qui à Budapest tentait son effort suprême et fut terrassé grâce à Marie, a succédé un tout autre ennemi. Son empire surpasse tous les empires ayant jamais existés. Sa force égale sa férocité ; sa puissance de nuire égale sa capacité de résistance.

Faudra-t-il donc désespérer de celle que nous invoquons sous le vocable de « Secours des chrétiens » ?

L’Église désespéra-t-elle lorsque, sur l’autel de Notre-Dame, à la place consacrée à l’invincible Reine du Ciel et de la terre, fut élevée la ridicule « déesse raison » ? Non ! Les chrétiens se confièrent à la Vierge du perpétuel secours et l’invoquèrent. En elle, Pie VII mit sa confiance et il scella cette confiance par un vœu solennel à Savone. Tout entière, l’Église l’invoqua et la voix de l’Épouse du Christ monta jusqu’à ses oreilles. Marie descendit du Ciel pour la secourir. À Paris, Catherine Labouré reçoit des mains de la Vierge le gage des grâces abondantes, prêtes à descendre sur la terre. À Lourdes, Bernadette Soubirous contemple l’Immaculée. Sur son ordre, elle découvre la source, symbole des grâces et des miracles qui sont autant de manifestations triomphales de sa puissance, non seulement sur le mal physique, mais plus encore sur l’incrédulité, le scepticisme et l’orgueil des sages de la terre, qui sont infatués de leur vaine science.

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VI. — La présence de Marie à notre temps

Aujourd’hui aussi, Marie est présente dans l’Église. Elle y est présente, comme elle était présente aux noces de Cana. À grands cris le Pontife l’a appellée par la proclamation du dogme de l’Assomption. À grands cris les fidèles l’appellent par leurs innombrables dévotions. À grands cris, enfin, l’appellent les théologiens par ce renouveau de la théologie mariale qui n’a jamais été égalé, pas même au XVIIe siècle. Au cours du second millénaire chrétien les apparitions de la Sainte Vierge ont peuplé les terres catholiques d’une foule de sanctuaires mariaux, aussi miraculeux et aussi fréquentés les uns que les autres. Mais, en aucune époque, ces apparitions ont été aussi splendides que de nos jours. Cette Lourdes est une capitale de la prière et de la grâce.

Sans aucun doute, la Sainte Vierge est présente parmi nous. Nous l’avons invitée à prendre sa place parmi nous, pour nous défendre des ennemis de la civilisation chrétienne. La société moderne est travaillée par une fièvre de renouvellement à faire peur. Elle est aussi infestée d’hommes qui veulent se prévaloir de nos souffrances pour nous imposer leurs caprices, faire peser sur nous la tyrannie de leurs vices, construire parmi nous le repaire de leur débauche et de leurs rapines. Le mal assume des proportions immenses et il prend un caractère apocalyptique. Jamais l’humanité n’avait connu un tel péril. D’une heure à l’autre, nous pouvons perdre non seulement la vie, mais aussi la civilisation et toute espérance. Le présent peut nous échapper avec le futur. Nous ne risquons pas seulement la perte de nos richesses, mais la ruine des bases mêmes de la vie en société. La bombe atomique est capable de créer un désert moins atroce que celui qu’a produit la doctrine régnante dans une société sans Dieu : il existe un Sahara spirituel bien pire que le Sahara de l’Afrique. Les nouvelles armes peuvent écraser notre corps ; mais les nouvelles doctrines cherchent à écraser notre esprit, d’autant plus qu’aux aberrations de la science profane, négatrice de Dieu, s’ajoutent de notre côté d’étranges et dangereux errements.

Aujourd’hui comme au temps des grandes hérésies, sévit une science de demi-savants qui se servent de la doctrine pour flatter leur vanité, sans éprouver à l’égard de la Sagesse des choses sacrées la crainte révérencielle nécessaire. Je parle de la prétendue science des demi-savants : car rarement les vrais savants, les grands savants se sont opposés au Magistère suprême de l’Église. Cette science facile des demi-savants s’est efforcée de réduire l’éternité au temps, le surnaturel à la nature, la grâce à l’effort humain et Dieu à l’homme.

Si Marie ne revient pas parmi nous, comment ne pas craindre les conséquences de tant d’erreurs et de tant d’horreurs ?

Que deviendrons-nous ? De qui espérerons-nous le salut ? Certainement pas des puissances humaines. L’expérience de chaque jour montre trop clairement la vérité de l’avertissement divin : « Ne mettez pas votre espérance dans vos chefs incapables de vous procurer le salut : Nolite sperare in principibus, in filiis hominum, in quibus non est salus » (Ps. CXLV, 2). Leur incapacité se manifeste clairement : il y a quarante ans, une tache rouge de sang versé par la tyrannie a commencé de faire peser le poids de la plus insupportable oppression sur les hommes et sur leurs intelligences, sur les individus et sur les nations. Or, malgré les efforts des hommes d’État pour la contenir, elle n’a jamais cessé de s’élargir et menace de nos jours tout ce qui reste de liberté et de dignité humaine dans le monde entier. Le Seigneur lui-même semble vouloir demeurer sourd à notre voix. On dirait qu’il affecte de se livrer au sommeil qui provoquait la prière du Prophète : « Levez-vous, Seigneur, pourquoi dormez-vous ? » et qui arrachait aux disciples un cri désolé dans la barque secouée par la tempête.

Le Seigneur semble nous dire, à nous aussi : « Nondum venit hora mea : Mon heure n’est pas encore venue » (Jo. II, 4). Mais l’Immaculée, la Mère de Dieu, image et protectrice de l’Église, nous a prouvé à Cana qu’elle savait et pouvait obtenir, en quelque façon, l’anticipation de l’heure divine.

Nous, nous avons vraiment besoin que cette heure vienne vite. Il nous faut qu’elle soit anticipée. Elle doit arriver tout de suite, car nous osons dire : « Ô Mère, nous, vos enfants, nous n’en pouvons plus. »

Nous avons confiance : Lourdes nous donne l’assurance de la présence victorieuse de Marie. Sa présence ici n’est pas seulement celle d’une apparition de l’autre monde comme dans l’Apocalypse : la femme vêtue de soleil et couronnée d’étoiles. Mais ici, l’humble Marie est présente comme elle l’était dans l’humble maison de Cana, lorsqu’elle obtint l’anticipation de l’heure de Dieu. À cause de nos péchés, nous méritons les massacres les plus cruels, les exécutions les plus dépourvues de pitié. Nous avons chassé son Fils de nos écoles, de nos places et de nos maisons. Nous l’avons chassé du cœur de tant d’hommes : nos générations ont renouvelé le cri d’autrefois : « Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous : Nolumus hunc regnare super nos » (Luc. XIX, 14). Entre Barabbas et Jésus (Math. XVII, 17), nous avons choisi Barabbas (Jo. XVIII, 40). Entre le Maître de l’univers et le malfaiteur, nous avons préféré Barabbas. Mais aucune heure n’est plus proche de l’heure de la résurrection que l’heure de la crucifixion. Barabbas triomphe, il est vrai, assis sur son trône. Jésus, lui, est fixé à la croix dans la chair de tant de martyrs, de tant de torturés, de tant de déportés et dans l’esprit de tant d’âmes oppressées et tourmentées. On n’a jamais élevé autant de croix de chrétiens dans cet immense et atroce jardin de Néron que devient le monde tout entier.

Marie, mère d’amour et de douleur, mère de Bethléem et du Calvaire, mère de Nazareth et de Cana, intervenez pour nous, hâtez l’heure divine !

Le monde a besoin de ce vin jailli de cette vigne qu’est Jésus lui-même, né de la Vierge : « Ego sum vitis : Moi je suis la vigne » (Jo. XV, 5), dit-il. « Moi je suis la vraie vigne » (Jo. XV, 1). C’est le vin de cette vigne que nous voulons.

Que Marie dise comme à Cana : « Ils n’ont plus de vin : Vinum non habent » (Jo. II, 3). Qu’elle le dise avec la même puissance d’intercession. Si Jésus hésite, s’il refuse, qu’elle triomphe de ses hésitations, comme, par pitié maternelle, elle triomphe de notre indignité.

Qu’elle soit pour nous une mère, pleine de pitié ; pour lui une mère pleine d’autorité. Qu’elle daigne accélérer son heure, qui est notre heure.

Nous n’en pouvons plus, ô Marie ; la génération humaine va périr, si vous n’intervenez pas.

Parlez pour nous, ô Silencieuse ; parlez pour nous, ô Marie !

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[In Maria et Ecclesia, Acta congressus mariologici-mariani in civitate Lourdes anno 1958 celebrati, vol. XVI, Academia Mariana Internationalis, Romæ (pp. 83-94)]

Published by Abbé Hervé Belmont
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 12:29

De façon récurrente, le retour de Paul VI est annoncé, qui va restaurer l’ordre dans l’Église catholique, remettre en honneur la liturgie, dénoncer l’hérésie et chasser les hérétiques, etc. Cela est possible, et même certain, parce que Paul VI n’est pas mort : un ignominieux complot l’a remplacé par un sosie tenant son rôle pendant quelques années, lequel sosie est mort et a été inhumé en août 1978 en lieu et place de Jean-Baptiste Montini. Telle est la solution et l’explication de la crise mystérieuse qui s’est abattue sur l’Église catholique depuis quelques décennies.

Depuis quarante ans nous avons les oreilles rebattues par cette annonce merveilleuse qui ne s’accomplit jamais (mais ce n’est que partie remise, pour des raisons de haute mystique), par cette clef secrète de l’histoire contemporaine fondée sur des preuves péremptoires qui prouveront plus tard : Vous verrez bien… ! La première fois, cela amuse… mais au bout de la vingtième voire trentième fois, il faut bien avouer qu’on se trouve en présence d’une étrange maladie.

Il convient de se pencher un instant sur elle, parce que le plus souvent elle s’empare de gens de bonne volonté et de réelle piété : elle n’en est pas moins néfaste, surtout si l’on se fonde sur elle pour assurer la persévérance dans la vie chrétienne voire l’intégrité de la foi catholique.

Trois qualificatifs me semblent bien situer notre affaire : invraisemblable, inutile, malsain.

Invraisemblable

Jean-Baptiste Montini est né le 26 septembre 1897. Il aurait donc 118 ans et serait le plus âgé des hommes vivant sur notre terre. Cela n’est pas strictement impossible, mais hautement invraisemblable, surtout si l’on imagine qu’il va rétablir la foi, la liturgie et l’ordre dans l’Église, chantier herculéen…

Je puis apporter aussi un témoignage direct de première valeur. Le 11 septembre 1976, Mgr Marcel Lefebvre a été reçu en audience par Paul VI à Castelgandolfo. À son retour, dans une conférence donnée aux séminaristes, il fut on ne peut plus clair : J’ai très bien connu Mgr Montini auquel j’avais directement affaire lorsque j’étais délégué pontifical pour l’Afrique francophone ; j’ai très bien connu Paul VI à Rome, lorsque j’étais supérieur général des Spiritains (la plus nombreuse des congrégations missionnaires) ; je peux vous affirmer que c’est bien lui que j’ai rencontré ces derniers jours, et non pas un sosie.

Inutile

Ceux qui tiennent pour le « sosie » le font apparaître en 1972 ou 1975, de façon permanente ou intermittente… mais quoi qu’il en soit, à ces dates tout le mal est fait : Vatican II a semé l’erreur et la révolution dans les structures de l’Église, la réforme liturgique a balayé tout l’ordre sacramentel, la vie chrétienne (religieuse, sacerdotale, matrimoniale) s’est effondrée dans des proportions inimaginables. C’est d’ailleurs dès l’année de son élection, dès 1963 que Paul VI a entamé ce processus de destruction : par des effets d’annonce tristement efficaces, par la prévision voire la mise en place de structures dissolvantes, par l’adoption du principe d’une liturgie évolutive (et donc, inéluctablement, d’une foi évolutive).

Le « Paul VI survivant » est celui qui a conduit tout cela, qui s’est soustrait à l’autorité pontificale : son supposé retour ne serait donc la solution de rien du tout, ne serait aucunement la restauration de l’autorité pontificale, ne serait pas même la présence d’un sujet publiquement assis sur le siège romain.

Mais si, mais si, parce qu’il s’est converti et que tout le monde le reconnaîtra : sauf vous évidemment, pétri de rationalisme que vous êtes.

— Ah bon ! vous l’avez donc rencontré ? Il vous a dit regretter la révolution qu’il a semée à pleines mains ? Vous êtes assuré qu’on le reconnaîtra universellement comme Pape quarante ans après ? Voyez combien tout cela est de l’ordre de l’imagination !

Malsain

L’Église catholique est le Corps mystique de Jésus-Christ ; elle est une société surnaturelle. L’Église militante – celle à laquelle nous appartenons sur la terre – est surnaturelle dans son essence, tout comme les différents éléments qui entrent dans sa constitution : ses pouvoirs (magistère, sanctification et gouvernement), son autorité, ses sacrements.

Dans la situation présente de la sainte Église, devant la difficulté de professer simultanément toutes les vérités la foi catholique et de la doctrine de l’Église en les confrontant aux faits avérés, la tentation peut être grande de « botter en touche », et de trouver un refuge inconscient dans la fuite, remplaçant l’adhésion théologale à l’Église dans son état réel (visible et provisoirement permanent) par un univers imaginaire qui ne réclame rien d’autre que de l’imagination. Mais pour la mise en œuvre et le rayonnement de la foi, il y a là une réduction qu’on ne peut s’empêcher de trouver malsaine et grosse de bien des périls.

Le juste vit de la foi : il en vit en tout temps, et non pas seulement quand tout est en ordre ; il en vit plus encore dans les temps d’épreuve, dans les combats de l’agonie, quand règne l’insolence des hommes ennemis de Jésus-Christ.

* * *

Mais… ce n’est pas contraire à la foi catholique !

— Non, certes : croire à la survie et au retour prochain de Paul VI ne s’oppose à aucune vérité de la foi et ne nie aucun fait dogmatique (il en serait tout autrement si un vrai Pape régnait à Rome) : ceux qui adhèrent à une telle croyance ne sont pas pour cela indignes des sacrements ; il y aurait une grande injustice à les leur refuser.

Mais tout ce qui n’est pas opposé à la foi n’en est pas vrai pour autant : affirmer que deux et deux font trois par exemple.

Il y a en outre un véritable danger pour la foi de se mouvoir dans un univers irrationnel et de justifier une attitude ecclésiale présente par une conjecture qui porte sur l’avenir. Il y a même double danger :

– La foi est donnée à notre intelligence, et ne peut prétendre se passer des lois de la raison : elle se priverait de l’irremplaçable instrument qui contribue à la conserver et permet de l’exercer sainement (c’est une des caractéristiques du modernisme) ;

– la foi est fondée sur la Révélation publique et sur la prédication des Apôtre, closes ensemble à la mort de saint Jean l’Évangéliste. Même si une partie de l’objet de la foi concerne l’avenir (les fins dernières, la pérennité de l’Église), elle se réfère fondamentalement au passé.

C’est la conscience pressante de ce double danger qui pousse à avertir ceux qui seraient tentés de se laisser séduire…

Published by Abbé Hervé Belmont
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