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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 22:05

Quelles églises ou oratoires
peut-on ou doit-on visiter
pour le gain des indulgences ?

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L’Église établit comme œuvre principale, pour le gain de certaines indul­gences plénières, la visite d’une église ou d’un oratoire public, et parfois la visite de telle église particulière ; d’autres indulgences plénières – en fait la majorité parce que la plupart des indulgences plénières sont concédées « aux conditions ordinaires » – requièrent comme condition sine qua non la visite d’une église ou d’un oratoire public.

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Dès lors deux questions se posent.

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1.   La visite de l’une des chapelles de fortune que les baptisés fidèles au rite catholique de la Messe romaine ont bâties ou aménagées, et qu’ils ont coutume de fréquenter, peut-elle être considérée comme visite d’une église ou d’un oratoire public lorsque celle-ci est requise ?

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Ces chapelles, si bien aménagées ou si fréquentées qu’elles soient, si salutaires qu’on les puisse considérer pour la conservation de la foi catholique dans le culte divin, n’ont aucune existence canonique. Elles ne peuvent retenir les privilèges des églises ou des oratoires — sauf si l’on parle de celles qui, remontant à des temps antérieurs au déluge conciliaire, ont été consacrées ou établies en bonne et due forme (comme Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris). Aucun ordinaire du lieu (évêque diocésain nommé par un vrai Pape) n’en a ordonné ou permis la construction et n’en a patronné l’érection.

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Or la concession des Indulgences par l’Église est d’interprétation stricte (tantum valent quantum sonant, dit l’adage). Il est donc impossible d’assimiler ces chapelles à des oratoires ou églises dont la visite concourt au gain des Indulgences.

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Le Code de droit canonique énonce la définition des églises et oratoires ; il est simple de s’y reporter.

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Canon 1161.   Ecclesiæ nomine intelligitur ædes sacra divino cultui dedicata eum potissimum in finem ut omnibus Christifidelibus usui sit ad divinum cultum publice exercendum — sous le nom d’église, on entend l’édifice sacré affecté au culte divin, dans des conditions telles qu’il soit à l’usage de tous les fidèles pour l’exercice du culte public.

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Canon 1162 § 1.   Nulla ecclesia ædificetur sine expresso Ordinarii loci consensu scriptis dato, quem tamen Vicarius Generalis præstare nequit sine mandato speciali — aucune église ne peut être construite sans le consentement exprès et écrit de l’Ordinaire du lieu, que le vicaire général ne peut donner sans un mandat spécial.

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Canon 1188 § 1.   Oratorium est locus divino cultui destinatus, non tamen eo potissimum fine ut universo fidelium populo usui sit ad religionem publice colendam — un oratoire est un lieu affecté au culte divin, mais dans des conditions telles que tout le peuple fidèle n’est pas admis à venir y pratiquer publiquement la religion.

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Canon 1188 § 2.   Est vero oratorium — un oratoire peut être :

– 1°/  Publicum, si præcipue erectum sit in commodum alicuius collegii aut etiam privatorum, ita tamen ut omnibus fidelibus, tempore saltem divinorum officiorum, ius sit, legitime comprobatum, illud adeundi — public, s’il a été érigé principalement pour l’utilité d’un collège, ou aussi de personnes privées, mais de telle façon que tous les fidèles aient le droit, légitimement vérifié, d’y pénétrer au moins pour le temps des offices divins ;

– 2°/  Semi-publicum, si in commodum alicuius communitatis vel cœtus fidelium eo convenientium erectum sit, neque liberum cuique sit illud adire — semi-public s’il a été érigé au bénéfice d’une communauté, ou d’un groupe de fidèles qui se retrouvent là, sans qu’il soit permis aux personnes étrangères d’y entrer ;

– 3°/  Privatum seu domesticum, si in privatis ædibus in commodum alicuius tantum familiæ vel personæ privatæ erectum sit — privé, autrement dit domestique, s’il a été érigé dans une maison particulière pour l’utilité d’une famille, ou d’une personne privée.

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Canon 1191 § 1. Oratoria publica eodem iure quo ecclesiæ reguntur — les oratoires publics sont régis par le même droit que les églises.

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Canon 1192 § 1. Oratoria semi-publica erigi nequeunt sine Ordinarii licentia — les oratoires semi-publics ne peuvent être érigés sans la permission de l’Ordinaire.

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Pour gagner les indulgences, il faut donc visiter les églises ou oratoires publics qui jouissent d’un vrai titre canonique : on en trouve encore qui sont accessibles sans qu’on soit importuné par du tourisme liturgique ou de la liturgie touristique.

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2.   La seconde question suit tout naturellement : Ces églises ne sont-elles pas profanées ? Les visiter ne sert-il pas à rien pour le gain des indulgences ?

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Pour affirmer que la visite des églises susdites est impropre au gain des indulgences, il faudrait enchaîner deux preuves dont l’une concerne le droit, et l’autre le fait : que la profanation empêche le gain de l’indulgence ; qu’il y a effectivement profanation au sens canonique du terme (et donc que les effets canoniques de la profanation sont enclenchés).

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Quant au premier point, voici ce qu’on lit dans le droit de l’Église (canon 1173 § 1) : « In violata ecclesia, antequam reconcilietur, nefas est divina celebrare officia, Sacramenta ministrare, mortuos sepelire — Dans l’église profanée, avant qu’elle soit réconciliée, il est défendu de célébrer les offices, d’administrer les sacrements et d’ensevelir les morts. »

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Rien n’interdit donc la visite d’un sanctuaire profané, et le droit ne prive pas celui-ci de sa qualité d’édifice public « indulgencié ». On est dès lors assuré que ces églises sont aptes au gain des indulgences.

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Mais il est intéressant de s’occuper du fait. Voici encore ce que dit le droit de l’Église ; en l’occurrence, lui seul a droit à la parole (canon 1172 § 1) : « Ecclesia violatur infra recensitis tantum actibus, dummodo certi sint, notorii, et in ipsa ecclesia positi — Une église est profanée par les actes énumérés ci-dessous, pourvu qu’ils soient certains, notoires et aient été posés dans l’église :

1°/  Delicto homicidii — le délit d’homicide ;

2°/  Iniuriosa et gravi sanguinis effusione — l’effusion de sang grave et injurieuse ;

3°/  Impiis vel sordidis usibus, quibus ecclesia addicta fuerit — les usages impies ou sordides auxquels l’église a été affectée ;

4°/  Sepultura infidelis vel excommunicati post sententiam declaratoriam vel condemnatoriam — l’ensevelissement d’un infidèle ou d’un excommunié frappé par sentence déclaratoire ou condamnatoire. »

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Le n. 3 demande quelques précisions. Que sont donc ces usages impies ou sordides (certains et notoires) aptes à faire perdre sa consécration à une église ? Le droit lui-même est muet, les auteurs donnent des exemples concordants mais qui ne résolvent pas tout, loin s’en faut : l’intervention de l’autorité semble de facto indispensable. Ils entendent cela comme une série d’actions (le mot usages étant au pluriel dans le canon) contraires à la sainteté de l’église : culte superstitieux ou hérétique avec intention méprisante à l’égard de l’Église catholique, casernement militaire, transformation en écuries, débit de boisson, dancing, salle de spectacles impudiques.

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Là, il est permis d’avoir des craintes et davantage encore ; mais, nous l’avons vu, cela n’empêche pas de gagner les indulgences.

Published by Abbé Hervé Belmont
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 22:16

Indulgences

à gagner aux alentours du 2 novembre 2016

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¤   Du mardi 1er novembre à midi au mercredi 2 novembre à minuit, et du samedi 5 novembre à midi au dimanche 6 novembre à minuit, on gagne une Indulgence plénière – applicable aux seules âmes du Purgatoire – en visitant une église (ou un oratoire régulièrement érigé comme oratoire public) et en y récitant six Pater, six Ave et six Gloria Patri aux intentions du souverain Pontife.

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Cette Indulgence est dite toties quoties, c’est-à-dire qu’elle est gagnée autant de fois qu’on visite une église en y récitant les prières prescrites. Il suffit de sortir de l’église et d’y entrer à nouveau pour qu’il s’agisse d’une nouvelle visite d’église.

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La récitation de ces prières est vocale (on peut réciter alterna­tivement avec quelqu’un ou s’unir mentalement aux prières récitées à voix intelligible par quelqu’un), et peu en importe la langue.

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Les intentions du souverain Pontife sont :
–  l’exaltation de la sainte Église catholique ;
–  la propagation de la foi ;
–  l’extirpation des schismes et des hérésies ;
–  la conversion des pécheurs ;
–  la paix et la concorde entre les princes chrétiens ;
–  les autres besoins de la chrétienté.

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Pour gagner cette Indulgence, il faut se confesser dans les huit jours qui précèdent ou les sept jours qui suivent le moment où l’on visite l’église. De plus, il faut communier la veille, le jour même ou dans les sept jours qui suivent ledit moment.

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¤   Du mercredi 2 novembre à 00 00 au mercredi 9 novembre à minuit, une Indulgence plénière – elle aussi applicable aux seules âmes du Purgatoire – est accordée une fois par jour pour la pieuse visite d’un cimetière, avec une prière au moins mentale pour les défunts.

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Pour gagner cette Indulgence, il faut chaque fois visiter une église, avec une pieuse prière mentale ou vocale, et en plus prier vocalement aux intentions du souverain Pontife (cf. supra). Un Pater, un Ave et un Gloria Patri suffisent pour cette prière aux intentions du souverain Pontife, mais on peut réciter toute autre prière de son choix, pourvu qu’elle soit vocale.

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Il faut en outre se confesser et communier (cf. supra).

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Les Indulgences applicables aux âmes du Purgatoire peuvent être attribuées, selon son intention, soit à tous les défunts, soit à quelques-uns, soit à une âme en particulier.

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C’est par mode de suffrage qu’on destine aux défunts les Indul­gences, c’est-à-dire qu’on les présente à Dieu afin qu’il les applique selon sa volonté infiniment sage ; en effet, l’Église catholique qui concède les Indulgences n’a pas juridiction sur le Purgatoire et ne peut donc les leur appliquer « d’autorité ». De plus, on ignore le sort de telle ou telle âme en particulier.

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Pour gagner une Indulgence quelconque, il faut être en état de grâce ; pour gagner une Indulgence plénière, il faut en outre n’avoir aucune affection au péché véniel. Si une Indulgence plénière n’est pas totalement gagnée par défaut de cette dernière disposition, on la gagne partiellement, à la mesure de ses dispositions.

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Si une Indulgence plénière est appliquée à une âme du Purga­toire, celle-ci est immédiatement délivrée et introduite dans la vision béatifique. C’est dire si le gain des indulgences est une grande œuvre de charité.

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Pour plus de précisions sur les Indulgences en général, et ces Indulgences en particulier, voyez la brochure La Pratique des Indulgences. On y verra notamment que l’Indulgence plénière dont l’accès est matériellement le plus aisé est attachée à la récitation du chapelet devant le Très-Saint-Sacrement (toties quoties, moyennant confession et communion).

Published by Abbé Hervé Belmont
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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 10:52

Dans la revue L’Ami du Clergé, (1963, pp. 296-297) parut jadis une chronique, en fait la réponse à une question d’un lecteur, sous le titre « De la simplicité divine dans les preuves de l’existence de Dieu et la Trinité en Dieu ».

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Cette chronique signée d’un certain A. Bernard o. p. ne manque pas d’intérêt : par le bon coup d’œil d’ensemble qu’elle donne sur la preuve rationnelle de l’existence de Dieu, et aussi par ses insuffisances dès qu’elle évoque le domaine surnaturel. À ces lacunes Quicumque s’est efforcé de remédier par des notes, aimant à croire que cela accroît l’intérêt de la chronique.

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Question. — Les preuves de l’existence de Dieu sont toutes appuyées sur l’idée de la simplicité en Dieu.

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Dans la tertia Via on raisonne à peu près ainsi : « L’être nécessaire est simple. Le supposer composé serait admettre qu’il est le résultat d’une union et dès lors le dire contingent pouvant être ou n’être pas dépendant du principe qui de fait l’eût réalisé… »

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Et les cinq preuves conduisent à un être absolument simple : en Dieu pas de distinction de nature et de sujet et même pas de distinction d’essence et d’existence. Dieu est ; c’est tout.

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Or la Foi nous apprend la distinction, en Dieu, de trois Personnes. Comment pouvons-nous atteindre Dieu avec notre raison, cette raison qui a été prise en défaut par la Révélation ? et pourtant si la raison est convaincue de n’avoir pas su démontrer Dieu, comment partir en quête du divin ?

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Réponse. — La consultation ci-jointe appelle les observations ci-après.

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1. — Il est certain que la simplicité divine est en quelque sorte impliquée dans les preuves de Dieu. Mais cette implication n’est pas vue dès l’abord : on la déduit plutôt de la démonstration de l’existence de Dieu une fois effectuée. — La marche naturelle de l’esprit est progressive, discursive ; elle va d’une vérité à une autre ou, si l’on veut, d’une intuition à une autre par voie de raisonnement. Nous ne commençons pas par l’intuition de la simplicité de Dieu ; il nous faut d’abord monter de la constatation d’existants insuffisants à expliquer par eux-mêmes leur existence (genèse, composition, contingence = signes d’insuffisance ontologique), monter, dis-je, de cette constatation à la position (en dernière analyse) d’un Autosuffisant, si je puis dire, qui doit avoir en lui-même sa raison d’être (si nous voulons arriver à une explication dernière) et en lequel les insuffisants trouvent l’explication radicale de leur être essentiel et existentiel.

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En d’autres termes, la chaîne des existants non-suffisants nous fait remonter jusqu’à la Source d’être qui s’explique par elle-même et qui explique les existences qui dépendent d’elle.

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La progression de la recherche franchit alors une nouvelle étape. Analysant les conditions nécessaires et suffisantes (secundum nostrum modum concipiendi) de l’Être-source, nous déduisons l’attribut divin de simplicité et nous pouvons déduire cette simplicité de la Source d’être à partir de plusieurs preuves. Car, composition est dépendance : aucun composé ne se suffit à lui-même ; il dépend de celui qui en assemble les parties. Donc Dieu étant l’Autosuffisant ne peut être composé.

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2. — Nous pouvons avoir une double connaissance de Dieu : par la raison et par la Révélation (à cette dernière nous donnons l’assentiment qui s’appelle la foi [1]).

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La connaissance rationnelle ou philosophique de Dieu procède d’une réflexion sur le statut ontologique du monde (qui totalise nos objets d’expérience, à commencer par nous-mêmes). Nous cherchons une explication satisfaisante de l’être que nous expérimentons et, par cette voie ascendante nous nous élevons du relatif à l’Absolu, du contingent au nécessaire, du composé au simple, du participé à la perfection-en-soi [2], de l’ordre à l’Ordonnateur, etc. Cette recherche inductive (remonter du monde à Dieu au lieu de déduire le monde de Dieu, comme fait l’idéalisme panthéiste) permet non seulement de poser Dieu mais aussi de le qualifier dans une certaine mesure.

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En effet pour achever la théodicée rationnelle, il ne suffit pas, en partant de l’analyse métaphysique du créé (nos objets d’expérience), de nous élever à l’existence du divinement Suffisant. Il reste à détailler ses perfections qui sont pour ainsi dire ses conditions d’existence, c’est-à-dire sans lesquelles il ne pourrait jouer son rôle de Premier hors série, son rôle de Source inconditionnée.

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Enfin nous complétons cette construction par la méthode d’analogie : les perfections pures (dans le concept desquelles n’est impliquée aucune limite, aucune imperfection) : intelligence, bonté etc. doivent être attribuées à l’Être-source et élevées en Lui à un degré infini. C’est la méthode classique d’affirmation, de négation et de transcendance. Mais le mode divin de réalisation de ces perfections et leur fusion dans la simplicité de la réalité divine échappent à nos prises rationnelles.

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3. — Or il est manifeste que par voie rationnelle, de pure raison, nous ne pouvons pas connaître l’existence de la trinité des Personnes en Dieu. C’est là un mystère (c’est même le premier des mystères) d’ordre strictement surnaturel. La sainte Trinité ne peut nous être dévoilée que par libre révélation de Dieu ; elle se situe hors des frontières du domaine rationnel.

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Pourquoi cette affirmation ?… pourquoi la raison pure ne peut-elle connaître naturellement la trinité des Personnes divines ?… Parce que l’intervention des trois Personnes dans l’œuvre de Dieu ad extra (création, conservation, Providence…) agit comme un seul principe d’opération [3]. Au contraire le mystère surnaturel d’Incarnation implique dans sa formule même la notion de Personnes distinctes : mission du Fils par le Père, assomption de la nature humaine terminée à la Personne du Fils. D’où suit ce corollaire important : la Sainte Trinité est un mystère strictement surnaturel dont nous ne pouvons connaître l’existence que par Révélation et même après avoir été révélé, il demeure foncièrement impénétrable.

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En effet la raison ne connaît naturellement Dieu que d’après les créatures sensibles et la création est l’œuvre commune des trois Personnes divines indistinctement. Ce n’est que par la foi adhérant à la Révélation que nous pouvons connaître qu’il y a trois Personnes en Dieu, parce que l’ordre des Trois est étranger à la voie par laquelle nous connaissons naturellement Dieu. Même après sa révélation, la Trinité demeure impénétrable à notre esprit en condition charnelle [4]. Des effets créés notre raison peut remonter à Dieu première Cause, mais non à la trinité des Personnes parce que la puissance créatrice est commune au bloc indiscerné des Trois agissant de concert ad extra.

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L’opposition relative qui fait le discernement des trois Personnes est intra-divine : ce discernement explicite est un mystère réservé, uniquement connaissable par révélation gratuite. Rationnellement nous ne pouvons en démontrer ni l’existence ni même la possibilité interne : si cette démonstration était possible, la sainte Trinité ne serait plus un mystère révélé, mais une certitude philosophique, ne relevant plus de la théologie sacrée. D’autre part, de la possibilité rationnellement démontrée de la Trinité, on conclurait légitimement l’existence, la Trinité étant nécessaire.

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Résumons cette doctrine capitale. Nous ne connaissons rationnellement Dieu que par le rapport de dépendance de la créature à Lui. Or Dieu créateur n’agit pas ad extra selon la distinction des personnes (qui relève de sa vie intime) mais selon son essence globalement connue. Nous allons jusqu’à la notion d’un Dieu « personnel » (contre le panthéisme) : cela veut dire simplement que le Créateur doit être doté de ce qui fait ici-bas la perfection de la personne, l’intelligence et la liberté. La raison ne peut aller plus loin.

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4. — Nous pouvons, à présent, aborder l’objection qu’on nous propose. La raison conclut à la simplicité divine ; la révélation enseigne la pluralité des personnes. N’y a-t-il pas contradiction ?

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Ce serait dramatique s’il y avait contradiction ; mais il n’y en a pas. Il faut garder sous le regard de l’esprit la claire distinction des notions de personne et de nature (ou essence) et se rappeler que les attributs divins sont des perfections d’essence qui n’affectent pas les Personnes ut sic.

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La Trinité des personnes ne pose aucune composition en Dieu. Ne soyons pas dupes de l’imagination. Ne nous figurons pas les Personnes comme trois composantes de l’agencement desquelles résulterait l’essence divine !… L’essence simple est également possédée par chacune des personnes et la personne en Dieu est une relation comme la distinction des Personnes n’est qu’une opposition relative. Dans l’unique et simple essence divine nous posons (toujours secundum nostrum modum concipiendi), d’après la Révélation, comme trois centres de force libre et de conscience [5], – centres à la fois distincts et corrélatifs – sustentés par la même et unique nature. Autrement dit trois Personnes qui sont Dieu mais non pas trois dieux, le terme « dieu » étant ici pris au niveau de l’essence et non des personnes. Il n’y a donc pas contradiction entre la raison et la foi car « simplicité » essentielle et « trinité » personnelle ne sont pas affirmées de eodem. Pas de contradiction car les visées et les objets affirmés sont différents. Les conclusions rationnelles sur la simplicité de l’essence demeurent intactes après la révélation de la Trinité des personnes car il ne s’agit ni du même niveau de Réalité divine ni du même processus de connaissance.

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La raison peut aller jusque-là mais elle ne peut franchir toute limite. Nous pouvons répondre à l’objection en montrant qu’elle n’est pas concluante mais nous ne pouvons pas éluder le mystère. « Balbutiando ut possumus excelsa Dei resonamus » (saint Grégoire le Grand). Nous ne pouvons pas montrer le comment positif de la conciliation entre la simplicité de l’essence et la Trinité des Personnes. Le sens du mystère est le plus haut degré de la science théologique, mais la foi est la propédeutique de la vision.

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Notes

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[1] Il faut noter que cette deuxième connaissance est d’un tout autre ordre que la première ; elle ne peut exister que moyennant une adaptation de l’intelligence à cette Révélation essentiellement surnaturelle (en raison de son objet), dans une lumière nouvelle qui fait éliciter une adhésion vraie : vraie en raison de l’infusion gratuite d’un « proportionnement » entre le sujet et l’objet. La foi est une vertu essentiellement surnaturelle. Note de Quicumque.

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[2] Cette énumération cursive est tout à fait vraie. Il ne faudrait pas, néanmoins, qu’elle donnât à penser que la quarta Via est une voie qui conclut à l’existence de Dieu en se fondant sur la notion de participation (car cette notion, pour être significative, inclut déjà une relation essentielle à un participé : elle ne peut donc servir à démontrer son existence). Cette quatrième voie se fonde sur l’existence des degrés d’être. Note de Quicumque.

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[3] Il est vrai que, dans l’œuvre de la Création, Dieu opère par sa toute-puissance qui est commune aux trois personnes puisqu’elle est un attribut de la nature divine. Mais, en dépit du Parce que de notre auteur, cela n’est pas la raison adéquate de l’impossibilité de remonter naturellement de la création à la connaissance de la sainte Trinité. Il faut aller plus profond.

Si l’ordre de la création était causé de façon différenciée par les Trois, nous ne serions pas dans un ordre naturel mais dans un ordre sur-naturel, puisque Dieu aurait donné davantage que l’être à sa créature : il lui aurait donné son propre Être. Dans cet ordre supposé, on peut imaginer que l’intelligence créée aurait été essentiellement ordonnée à la sainte Trinité et capable de la connaître « naturellement ». Mais cette supposition est absurde et impossible, car Dieu aurait alors institué un ordre créé substantiellement surnaturel, autrement dit un incréé créé.

Dans la réalité de l’ordre surnaturel tel qu’il est établi, Dieu fait participer à son Être des créatures auxquelles il a préalablement donné l’être créé, l’être naturel (même s’il ne s’agit pas d’un préalable dans le domaine du temps) : alors un être créé, et qui demeure tel, participe à la vie incréée qui lui est gratuitement communiquée. Et pour parvenir à connaître cet ordre surnaturel en sa Source trinitaire, il faut de toute nécessité que l’intelligence naturelle – toute intelligence créée – devienne participante de l’intelligence divine, par un don tout autant gratuit : la foi théologale chez le viator (en chemin), la lumière de gloire chez l’élu du Ciel éternel. Note de Quicumque.

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[4] Ce n’est pas seulement à notre esprit « en condition charnelle » que la sainte Trinité demeure impénétrable, mais aussi à tout esprit créé ou créable : ce mystère n’est pas seulement accidentellement surnaturel (en raison de notre mode de connaissance) mais essentiellement surnaturel, accessible à Dieu seulement, et à tous ceux auxquels il le communique gratuitement, dans la lumière de la foi ou dans la lumière de gloire. Seule l’intelligence divine est proportionnée à l’être de Dieu, et capable de le saisir. Note de Quicumque.

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[5] Cette description froide et impersonnelle pour caractériser des personnes manifeste la difficulté de parler des Personnes divines de manière générique — car il n’existe pas un genre Personne divine. Il vaut mieux parler des Personnes en particulier, chacune étant absolument et infiniment singulière en la relation et en l’opposition relative qui la constituent et la caractérisent. Il y a en Dieu une Paternité en laquelle tout prend sa source et repose ; il y a une Filiation en laquelle fulgurent la Vérité éternelle et la Connaissance divine ; il y a une Procession d’Amour qui est l’Esprit couronnant l’Unité de cette Trinité ineffable. Ces Trois sont si parfaits, si « achevés », si divins, qu’ils sont véritablement des Personnes (selon une « mode » totalement unique) en l’unique Nature divine, à laquelle chacun des Trois est parfaitement identique. Mystère des mystères… Note de Quicumque. -

Published by Abbé Hervé Belmont
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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 09:48

Une pétition adressée à Jésus-Christ Chef de l'Église catholique ;

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une pétition en forme de prière qui lui demande une grâce urgente et qui est de son ressort exclusif ;

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une pétition qui lui demande de rendre effective un anathème prononcé en son nom par le concile de Trente ;

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une pétition dont l'objet est le départ de celui qui, sous le nom de pape François, pervertit le peuple chrétien :

– en réduisant à rien et en niant la supériorité de la virginité sur le mariage ;

– en dénaturant la miséricorde pour en faire un cheval de Troie au service de la présence et de la puissance de l'islam et des invertis ;

– en prenant à son compte et en prolongeant le chaos doctrinal et liturgique issu de Vatican II...

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voilà ce que vous pouvez prier à coup sûr (et, pourquoi pas ?, signer) à l'adresse suivante :

https://www.change.org/p/les-%C3%A9v%C3%AAques-catholiques-p%C3%A9tition-adress%C3%A9e-%C3%A0-j%C3%A9sus-christ-implorant-le-d%C3%A9part-du-pape-fran%C3%A7ois

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Cette pétition s'adresse aussi aux évêques catholiques authentiques, c'est-à-dire, si je sais bien mon catéchisme, ceux qui ont été nommés par un vrai Pape et dûment consacrés par son délégué selon le rite de l'Église. Il n'en reste pas beaucoup. Domine, ad adjuvandum nos festina !

Published by Abbé Hervé Belmont - dans de Ecclesia
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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 18:41

Le contenu de la conférence qui a été dernièrement annoncée sur Quicumque est maintenant disponible :

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1. En audio par le lien http://d.pr/a/14Nx0+

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2. En vidéo par le lien https://www.youtube.com/watch?v=NoY9nWPjAoM&feature=em-share_video_user

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3. En texte écrit (mais évidemment avec des variantes notables) ci-dessous.

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L’enseignement de l’Église sur l’école

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I. Introduction

D’abord la doctrine de l’Église !

En toute chose qui concerne de près ou de loin la vie chrétienne, avant de décider quoi que ce soit, il faut commencer par étudier et méditer la doctrine de l’Église, qui est la voie, la vérité et la vie et qui nous communique :

– la lumière de Dieu, le faisceau lumineux de la vérité éternelle ;

– l’intelligence du déploiement de la grâce baptismale ;

– l’objet de notre invincible espérance ;

– une direction assurée pour plaire à Dieu et nous engager dans la voie du Ciel.

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Faire l’inverse – c’est hélas fort répandu – est la caractéristique de la 2e classe d’hommes, au dire de saint Ignace, de cette classe qui fait fausse route et se moque de Dieu : « Le deuxième homme veut détruire cette affection ; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui. »

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En fustigeant cette deuxième classe, saint Ignace n’a en vue que des choix et des résolutions libres. L’école est un domaine tout autre, dans lequel l’Église de Jésus-Christ a enseigné et légiféré.

D’abord la doctrine de l’Église !

Ensuite vient la vertu de prudence. L’objet de la reine des vertus morales n’est pas de diminuer les exigences du bien, ni de chercher à contourner l’enseignement de l’Église, ni d’élaborer des excuses ; il est de trouver et de mettre en œuvre des moyens adéquats, stables et efficaces pour appliquer intégralement la doctrine.

D’abord la doctrine de l’Église !

Cette doctrine est abondante, foisonnante même. Mon propos n’est pas de l’exposer dans son intégralité – il faudrait un temps et une compétence dont je ne dispose pas – mais d’en brièvement développer trois éléments :

– l’obligation des parents ;

– la nature d’une école catholique ;

– les phobies de l’Église.

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II. Obligation des parents

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Cette obligation est très simplement et vigoureusement énoncée par Pie XII [Radio-message à la clôture de la Journée de la famille en Italie, 23 mars 1952].

« La famille est le berceau où naît et se développe la vie nouvelle, qui a besoin, pour ne pas périr, d’être soignée et éduquée : c’est là un droit et devoir fondamental, donné et imposé immédiatement par Dieu aux parents. L’éducation dans l’ordre naturel a pour contenu et but le développement de l’enfant pour devenir un homme complet ; l’éducation chrétienne a pour contenu et but la formation du nouvel être humain, régénéré par le Baptême, pour en faire un parfait chrétien. Une telle obligation, qui fut toujours une règle et un honneur pour les familles chrétiennes, est solennellement prescrite par le canon 1113 du Code de droit canon, qui déclare : “Parentes gravissima obligatione tenentur prolis educationem tum religiosam et moralem, tum physicam et civilem pro viribus curandi, et etiam temporali eorum bono providendi. Les parents ont la très grave obligation de veiller selon leurs moyens à l’éducation religieuse et morale, physique et civique de leurs enfants, et de pourvoir également à leur bien-être temporel.” »

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III. Ce qu’est une école catholique

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Pour connaître la pensée de l’Église (et donc la vérité de Jésus-Christ), ouvrons de Pie XI l’encyclique Divini illius Magistri du 31 décembre 1929, chef-d’œuvre consacré à l’éducation chrétienne.

« Il est nécessaire, d’une part, que les nouvelles générations soient instruites dans les arts et les sciences qui font la richesse et la prospérité de la société civile ; d’autre part, la famille est incapable par elle-même d’y pourvoir suffisamment. De là est sortie l’institution sociale de l’école. Mais qu’on le remarque bien, ceci se fit d’abord par l’initiative de la famille et de l’Église bien avant l’intervention de l’État. À ne considérer donc que ses origines historiques, l’école est de sa nature une institution auxiliaire et complémentaire de la famille et de l’Église ; partant, en vertu d’une nécessité logique et morale, l’école doit non seulement ne pas se mettre en contradiction, mais s’harmoniser positivement avec les deux autres milieux, dans l’unité morale la plus parfaite possible, de façon à constituer avec la famille et l’Église un seul sanctuaire consacré à l’éducation chrétienne. Faute de quoi elle manquera sa fin, pour se transformer, au contraire, en œuvre de destruction. […]

« Ainsi donc, le seul fait qu’il s’y donne une instruction religieuse (souvent avec trop de parcimonie) ne suffit pas pour qu’une école puisse être jugée conforme aux droits de l’Église et de la famille chrétienne, et digne d’être fréquentée par les enfants catholiques. Pour cette conformité, il est nécessaire que tout l’enseignement, toute l’ordonnance de l’école, personnel, programme et livres, en tout genre de discipline, soient régis par un esprit vraiment chrétien, sous la direction et la maternelle vigilance de l’Église, de telle façon que la religion soit le fondement et le couronnement de tout l’enseignement, à tous les degrés, non seulement élémentaire, mais moyen et supérieur. “Il est indispensable, pour reprendre les paroles de Léon XIII, que non seulement à certaines heures la religion soit enseignée aux jeunes gens, mais que tout le reste de la formation soit imprégné du parfum de la piété chrétienne. Sans cela, si ce souffle sacré ne pénètre pas et ne réchauffe pas l’esprit des maîtres et des disciples, la science, quelle qu’elle soit, sera de bien peu de profit ; souvent même il n’en résultera que de sérieux dommages” [Militantis Ecclesiæ, 1er août 1897]. »

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J’ai souligné les expressions insistant sur le fait qu’une école catholique doit impérativement l’être en tout, dans sa totalité.

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IV. Les phobies de l’Église catholique

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1] L’école laïque (ou prétendument neutre), laquelle est un blasphème permanent, omniprésent, institutionnel.

« Car il ne saurait être permis à nos enfants d’aller demander le bienfait de l’instruction à des écoles qui ignorent la religion catholique ou qui la combattent positivement, à des écoles où sa doctrine est méprisée et ses principes fondamentaux répudiés. Que si l’Église l’a permis quelque part, ce n’a été qu’avec peine, à son corps défendant, et en entourant les enfants de multiples sauvegardes, qui, trop souvent d’ailleurs, sont reconnues insuffisantes pour parer au danger [Léon XIII, encyclique Affari vos, 8 décembre 1897, aux évêques du Canada]. »

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2] L’école liberté-religieuse

« Pareillement, il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d’avoir ou non de saines doctrines, d’adopter la vérité ou l’erreur. Vous êtes loin d’ignorer, Vénérables Frères, que toute école de ce genre a été condamnée par l’Église, parce qu’il ne se peut rien de plus pernicieux, de plus propre à ruiner l’intégrité de la foi et à détourner les jeunes intelligences du sentier de la vérité [Léon XIII, encyclique Affari vos, 8 décembre 1897, aux évêques du Canada]. »

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• La liberté religieuse

La « liberté religieuse » (l’affirmation qu’il existe un droit à la liberté civile en matière religieuse, faisant abstraction de la vérité de la religion et de sa conformité à la loi naturelle) n’est pas une simple erreur mineure, regrettable certes, mais assez bénigne au fond.

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Cette erreur attaque sournoisement la foi en la royauté de Jésus-Christ, en la divinité de l’Église catholique ; cette erreur corrompt la conception véritable de la nature humaine et celle de la société politique. En conséquence, elle est au cœur d’une révolution qui dépouille les âmes de la vigueur de la foi, de son caractère public et nécessaire, de son absoluité. C’est pour cela que Grégoire XVI la qualifie de « délire » et que Pie IX, en la condamnant, affirme qu’elle est « on ne peut plus funeste pour l’Église catholique et pour le salut des âmes ».

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La liberté religieuse est, en ce qui concerne la société en général et l’école en particulier, une erreur « pivot » dont l’aboutissement est l’indifférentisme et dont la conséquence est de fabriquer des jeunes gens socialement athées.

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• L’école sous contrat

Le type même de cette école liberté-religieuse est celle qui « bénéficie » de la loi scolaire française n. 59-1557 du 31 décembre 1959, dite loi Debré : loi qui institue les contrats entre l’enseignement privé (essentiellement l’enseignement catholique) et l’État, et stipule dès son premier article :

« Suivant les principes définis dans la Constitution, l’État assure aux enfants et adolescents, dans les établissements publics d’enseignement, la possibilité de recevoir un enseignement conforme à leurs aptitudes, dans un égal respect de toutes les croyances.

« L’État proclame et respecte la liberté de l’enseignement et en garantit l’exercice aux établissements privés régulièrement ouverts.

« Il prend toutes les dispositions utiles pour assurer aux élèves de l’enseignement public la liberté des cultes et de l’instruction religieuse.

« Dans les établissements privés qui ont passé un des contrats prévus ci-dessous, l’enseignement placé sous le régime du contrat est soumis au contrôle de l’État. L’établissement, tout en conservant son caractère propre, doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Tous les enfants, sans distinction d’origine, d’opinions ou de croyances, y ont accès. »

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L’exposé [officiel] des motifs de la loi renchérit :

– pour le contrat d’association : « c’est un enseignement public qui est donné au sein d’un établissement privé » ;

– pour le contrat simple : « les autorités académiques contrôleront leur enseignement » ; « il s’agit d’un régime qui permet aux établissements privés de faire l’expérience de la coopération avec l’État et d’en mesurer à la fois l’efficacité et le libéralisme ».

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On ne peut reprocher aux promoteurs de cette loi d’avoir caché leurs intentions strictement maçonniques ! C’est la fausse naïveté des catholiques, enfantée par l’appât du gain, qui fut et qui demeure un scandale.

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3] L’école mixte

Le malheur des temps ainsi que l’effroyable affaiblissement de l’esprit chrétien, même chez les meilleurs, obligent à rappeler la malédiction que profère l’Église contre ce qu’elle nomme la coéducation des sexes et qu’on nomme plus souvent la mixité.

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Le Pape Pie IX, après avoir énuméré les maux innombrables et très profonds qui sont produits par l’école non-catholique, termine en affirmant la certitude que la mixité produit des maux d’une même gravité :

« [Les jeunes esprits] sont encore menacés d’une corruption certaine du fait que dans ces écoles […] les adolescents des deux sexes sont réunis dans la même salle pour suivre les cours et que garçons et filles doivent s’asseoir sur les mêmes bancs. Le résultat de tout cela est d’exposer malheureusement la jeunesse à perdre la foi et de mettre les bonnes mœurs en péril » Saint-Office, 24 novembre 1875.

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Le Pape Pie XI, quant à lui, évoque comme fondement de la mixité « non moins opposée à l’éducation chrétienne » que la nauséabonde éducation sexuelle, « un naturalisme négateur du péché originel » [Divini illius Magistri, 31 décembre 1929].

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Et l’Abbé Victor-Alain Berto, après avoir montré les ravages opérés par ce naturalisme dans l’éducation chrétienne, termine par ce jugement qui devrait effrayer : Les promoteurs de la mixité sont en état de damnation. Son appréciation a une saveur de testament puisqu’il l’émet dans son avant-dernier texte d’ici-bas (La Pensée catholique, année 1968, n. 117) dont voici le fragment final :

« La mixtité (et non mixité, ces cuistres ne savent pas le français) est en train de ravager tout cela. Ses promoteurs, si haut placés qu’ils soient, sont en état de damnation. Ils jettent par milliers de malheureux enfants dans une occasion prochaine de péché ; on n’empêchera pas des garçons de quinze ans juxtaposés à longueur de classe à des filles du même âge, de chercher à savoir ce que cachent – bien mal au surplus – ces jupes et ces corsages, ni ces filles, émoustillées par les curiosités masculines, de ressentir le désir spécifiquement féminin d’être vues, touchées, caressées. Tout le climat de l’école en est vicié, précocement sexualisé et érotisé. Et quand ces garçons et ces filles seraient tous sans exception des héros et des héroïnes, qui résisteraient à toutes ces occasions et tentations (mais qui le croira ?), a-t-on le droit de les y précipiter, de les y maintenir ? “Et moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis la fornication avec elle dans son cœur.” Et réciproquement !

« Seigneur Jésus, qui avez dit aussi que nous devons devenir comme de petits enfants inconscients de leur sexe si nous voulons devenir comme des anges dans votre royaume, que ferez-vous dans votre justice de ces atroces corrupteurs, dont vous avez dit encore : “Celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’il fût jeté au profond de la mer avec une meule au cou” ? Nous pleurons sur l’innocence qu’on pourrit, sur les vocations qu’on ruine, nous combattons selon nos forces, mais aussi nous prenons date, et nous en appelons solennellement à votre tribunal au Jour de votre colère : Ad tuum, Domine Iesu, tribunal appello. »

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V. L’enjeu

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Dans le choix des écoles, il y va bien sûr du salut des familles et de l’éternité de chacun de ses membres. Mais l’enjeu déborde largement cet aspect déjà si important (et parfois si angoissant, ou au contraire si ignoré, si négligé).

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Car il y va de toute la vie chrétienne, du développement de la grâce baptismale et de la gloire des élus, de l’honneur de Dieu, de la royauté de Notre-Seigneur, de l’avenir de l’Église catholique, de la civilisation chrétienne.

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On n’a pas réussi l’instruction d’un enfant et son éducation parce qu’il va à la Messe le dimanche et ne vit pas dans l’adultère. C’est avoir une notion caricaturale, étriquée, ridicule de la vie chrétienne. C’est réduire la vie chrétienne à une morale, qu’on réduit elle-même à l’observation des 6e et 9e commandements de Dieu.

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Certes, ces deux commandements sont de la plus haute importance : ils sont l’exercice de l’amour de Dieu, ils sont le terrain nécessaire de toutes les vertus, ils sont fondamentaux dans la société chrétienne. Mais la morale s’énonce en dix commandements, et ce n’est encore que la morale naturelle. La morale évangélique s’énonce en tout l’Évangile. Et la vie chrétienne est bien plus qu’une vie morale : elle est la vie divine elle-même à laquelle nous sommes appelés à participer, elle est une vie théologale.

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Si l’école ne forme pas des intelligences chrétiennes (et Dieu sait que cette qualité est exigeante et naturellement et surnaturellement) en quoi l’instruction est-elle réussie ? Si l’école ne récapitule pas tout en Jésus-Christ, l’intelligence, le cœur, l’imagination, le caractère, l’ambition, le souci du bien commun, en quoi l’éducation est-elle réussie ? Si l’école combat, ou dissout, ou méprise par son silence, l’éducation chrétienne donnée par les parents, en quoi est-elle légitime, en quoi est-elle un auxiliaire de la famille ? Si l’école s’oppose à l’œuvre du Saint-Esprit dans les âmes, en quoi est-il permis de la fréquenter. Peut-il y avoir quelque chose de pis ?

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D’ailleurs, il n’y a pas que l’aspect de l’instruction et des principes d’éducation qu’il faut prendre en compte lorsqu’on parle d’école. Les parents, presque toujours, sous-estiment (confortablement…) l’effet épouvantable des mauvaises fréquentations.

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Il y a bien sûr l’influence désastreuse du pervertisseur dissimulé : c’est une engeance très nombreuse en face de laquelle les « bons enfants » sont désarmés ; c’est une engeance auto-multipliée parce que les pervertis deviennent à leur tour pervertisseurs. La faculté de dissimulation engendrée par la sensualité fait frémir.

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Et aussi le fait d’être en compagnie de nombreuses gens (camarades, professeurs) qui vivent « tranquillement » dans le péché ou dans la mécréance, et qui ont l’air heureux, entraîne une ambiance qui distille chaque jour sa goutte de poison et qui sape profondément la foi catholique et l’esprit de sacrifice.

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VI. Conviction, héroïsme, entr’aide

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Devant de tels devoirs et de tels dangers, les familles doivent s’armer de conviction et d’héroïsme, et bénéficier d’aide.

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La conviction ne consiste pas en deux ou trois slogans (ou fixations de l’imagination) qui remplacent l’intelligence et ne servent au fond qu’à dissimuler la paresse d’esprit et à juger le prochain : la conviction, c’est l’adhésion entière à la doctrine catholique connue, étudiée, méditée. C’est la certitude que cette doctrine est applicable (avec la grâce de Dieu) et qu’elle doit être appliquée.

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Il faut aux familles de l’héroïsme. Le renoncement, les sacrifices, la persévérance, le perpétuel ajustement de l’intelligence : cela demande une bravoure quotidienne. Il ne sert à rien de se cacher la tête dans le sable… Mais l’espérance est là, invincible : (I Cor. x, 13-14) « Dieu est fidèle qui ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-dessus de vos forces ; mais avec l’épreuve il vous donnera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie » de l’argent, de la situation et de la carrière, de l’estime du monde.

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Prévenez les jeunes gens qui envisagent de fonder une famille : il faut qu’ils se préparent à de grands sacrifices, il faut qu’ils soient disposés à l’héroïsme. Sinon leur vulnérabilité sera trop grande pour qu’ils puissent espérer répondre à la grâce de Dieu : cette grâce, certes, donne les forces et les moyens d’être fidèle pour peu qu’on l’estime et qu’on la demande instamment ; mais aussi elle est d’une exigence à laquelle il faut se préparer.

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Il faut aux familles l’entr’aide. La famille est une société imparfaite, ce qui veut dire qu’elle ne possède pas en elle-même tous les moyens d’accomplir sa fin. Elle a besoin d’aides extérieures. Dans l’immense détresse où elles se trouvent devant un monde perverti et pervertisseur, cela est doublement vrai. Qu’il s’agisse d’organiser l’instruction à la maison, ou de se regrouper pour former une manière d’école, ou de recourir à une école existante, les familles doivent pouvoir compter sur l’amitié, le dévouement, la générosité de la société (paroissiale, voisinale, convictionnelle, amicale, familiale…) qui les entoure. Du coup, et il ne faut pas l’oublier, les familles ont l’impératif devoir, en justice, d’élever les enfants en les formant pour qu’ils soient (quand l’heure viendra et dès maintenant) des amis, des dévoués, des généreux. Rien n’est plus opposé à l’éducation chrétienne qu’un triste « chacun pour soi » qui perd de vue un bien commun proche, et occulte qu’existe le bien commun.

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VII. Conclusion

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Enfin, et ce sera mon dernier mot, rien ne sert de répudier l’école mauvaise si la famille n’est pas, en son intérieur, un sanctuaire où le souffle du diable ne pénètre pas : fréquentations douteuses, télévi¬sion, internet, mollesse, immodestie, vulgarité etc. Sans un climat d’intelligence chrétienne, de vertu magnanime, de vigilance avisée et ferme, les vices extérieurs répandront leurs miasmes. Pourquoi fuir les mauvaises écoles, s’isoler socialement (à contre-cœur) et se ruiner financièrement, si c’est pour avoir la même chose à la maison ?

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 20:15

Le mercredi 20 avril à 20 h 30, le cours de doctrine du troisième mercredi du mois n’aura pas comme objet la série des docteurs de l’Église. Je le consacrerai à une question de la plus haute importance tant doctrinale que pratique :

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l’enseignement de l’Église catholique sur l’école.

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Cette conférence exposera la nature et la nécessité de l’école catholique, telles que l’enseigne le Magistère catholique, et la sollicitude de l’Église à cet égard. L’évocation de la triple phobie qui habite la sainte Église de Jésus-Christ à l’encontre de…

– l’école laïque ;

– l’école mixte ;

– l’école promouvant la [prétendue] liberté religieuse et une désastreuse promiscuité en raison d’un contrat passé avec l’État (loi Debré) ;

… montrera la gravité de ce qui est en jeu : l’intelligence chrétienne et le salut éternel des âmes.

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Abbé Hervé Belmont

Maison Saint-Jean-Baptiste

3, allée de la Sérénité

33490 Saint-Maixant

05^56^76^26^23

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 16:56

Comme en 2016 le Vendredi-Saint est célébré le 25 mars, l’année est jubilaire pour la cathédrale du Puy en Velay : un Grand-Pardon, de tradition quasi immémoriale, y est célébré. À ce Grand-Pardon est attachée une Indulgence plénière depuis le XVe siècle (Eugène IV, 1441).

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Successivement, au cours des siècles, à chaque retour de la coïncidence, les Papes ont accordé aux évêques du Puy de proclamer l’octroi d’une indulgence plénière aux pèlerins qui se confesseront, communieront et visiteront pieusement « l’église angélique de Notre-Dame du Puy » (la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation) en y priant aux intentions du souverain Pontife.

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L’échéance de cette année provoque çà ou là de l’effervescence, où chacun y va de son opinion sur l’existence et les conditions de ladite indulgence plénière. Eh bien ! tout ce bruit s’atténuerait grandement si l’on se met en quête de la parole de l’Église catholique ! Mais hélas, c’est ce que très peu se donnent la peine de faire avant de parler ou d’organiser !

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Bref exposé catholique

La première chose à noter est qu’un évêque diocésain n’a pas la faculté d’accorder une indulgence plénière dans son diocèse : son pouvoir se limite à une concession de 50 jours (Canon 349 § 2, 2). C’est donc au Souverain Pontife qu’il faut remonter.

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Le dernier Pape qui a légiféré sur le jubilé du Puy est Pie XI. Par une Lettre Apostolique du 31 janvier 1932 il pérennise le Grand-Pardon en l’établissant in perpetuum dans les termes suivants :

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« … en vertu de l’autorité des Apôtres saint Pierre et saint Paul, Nous accordons par ces lettres apostoliques que l’église cathédrale du Puy jouisse pour toujours du privilège de l’indulgence plénière, en la même forme que l’ont concédée les Papes Pie X et Benoît XV … » [Pie XI vient de rappeler : « … les Papes Pie X et Benoît XV, Nos prédécesseurs, ont, dans leur bienveillance, étendu ce temps du Jeudi-Saint au second dimanche après Pâques, inclusivement. »]

« … Nous accordons que les fidèles, après avoir gagné une fois l’indulgence plénière pour eux-mêmes ou pour les défunts, puissent la gagner une seconde fois, durant le même temps fixé, pour les âmes qui sont en Purgatoire. »

« Nonobstant toutes clauses contraires, les présentes concessions sont valables à perpétuité. Telles sont Nos concessions et Nos déclarations, et nous voulons que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, et obtiennent leurs effets pleins et entiers, et que ceux qu’elles concernent ou pourront concerner puissent pleinement s’en prévaloir maintenant et à l’avenir, que les jugements et déterminations y soient conformes comme il convient, et que soit nul et sans valeur tout ce qui pourrait être entrepris de contraire par qui ou par quelque autorité que ce soit, sciemment ou par ignorance. »

« Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 31 janvier 1932, de notre pontificat la dixième. » « E. cardinal Pacelli, Secrétaire d’État. »

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Fort de cette Lettre apostolique et en se référant aux conditions habituelles des Indulgences, on peut donc, en toute certitude, affirmer ceci — qui demeure vrai et ferme même en cas de vacance de l’autorité pontificale et/ou épiscopale :

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Entre le 25 mars et le 10 avril 2016, on peut gagner une indulgence plénière en visitant pieusement la cathédrale du Puy en Velay ; en y priant aux intentions du Souverain Pontife ; en se confessant soit le jour même, soit dans les huit jours qui précèdent ou les sept qui suivent (Canon 931 §§ 1 & 2) ; en recevant la sainte Communion, soit le jour même, soit la veille ou dans les sept jours qui suivent (ibid.).

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On satisfait à la prescription de prier « aux intentions du Souverain Pontife » en récitant un Pater, un Ave et un Gloria Patri (Sacrée Pénitencerie Apostolique, 20 septembre 1933). Cependant tout fidèle a la liberté de réciter la prière de son choix, selon sa dévotion, pourvu qu’elle soit vocale (Canon 934 § 1). Il n’est pas requis de connaître les intentions du souverain Pontife.

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Celles-ci sont fixées depuis longtemps par l’Église. Ce sont :

– L’exaltation de la sainte Église catholique ;

– La propagation de la foi ;

– L’extirpation des schismes et des hérésies ;

– La conversion des pécheurs ;

– La paix et la concorde entre les princes chrétiens ;

– Les autres besoins de la chrétienté.

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Bien sûr, il faut être baptisé, ne pas être excommunié, être en état de grâce ; il faut que la confession soit bonne et valide, de même pour la sainte communion. Pour gagner l’indulgence plénière dans toute son étendue, il faut avoir le cœur (la volonté arrêtée, pas nécessairement la sensibilité) libre de toute attache au péché véniel. Sinon, l’indulgence n’est gagnée qu’en partie.

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Erreurs et incohérences

Partout il est proclamé que l’indulgence peut être gagnée entre le Jeudi-Saint et l’Assomption du 15 août : c’est là une nouveauté qui date de 2005, sans valeur par défaut d’autorité. L’indulgence ne peut être gagnée qu’entre le Jeudi-Saint et le deuxième dimanche après Pâques.

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Si l’on prétend pouvoir gagner l’indulgence jusqu’au 15 août, c’est qu’on reconnaît l’autorité de l’occupant actuel du Siège apostolique… il faut alors se mettre en sérieuse quête des « intentions du Souverain Pontife » car elles ont été modifiées au moins depuis 1983, où pour le « Jubilé de la Rédemption » Jean-Paul II avait assigné comme intention (entre autres) la liberté religieuse « on ne peut plus funeste pour l’Église catholique et le salut des âmes » (Pie IX). Peut-on prudemment s’exposer à prier en faveur de choses que l’Église catholique rejette et exècre ?

Si l’on prétend en même temps reconnaître l’autorité de François Ier (et donc de l’évêque qu’il a nommé au siège du Puy) et en même temps la récuser à son gré, il y a un sérieux (et urgent) examen de conscience à entreprendre sur la vertu théologale de foi : on ne se moque pas de Dieu ni de son Église ! Ni même du principe de non-contradiction…

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* * *

Notre-Dame du Puy, vous qui régnez sur ce haut-lieu de la chrétienté, rétablissez la foi, la plénitude de la foi catholique professée dans son intégrité, dans l’âme et l’intelligence de tous ceux qui viendront prier dans votre sanctuaire, et dans l’Église tout entière.

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 14:13

ANNÉE 2016

Retraites selon les Exercices de Saint-Ignace

Prêchées par l’Abbé Hervé Belmont

à Saint-Maixant (Gironde – France)

Maison Saint-Jean-Baptiste — 3 allée de la Sérénité — 33490 Saint-Maixant

05"56"76"26"23

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Pour les hommes et jeunes gens (à partir de 17 ans) :

Du lundi 22 février 2016 (à 14 h) au samedi 27 février 2016 (à 12 h)

Du lundi 4 juillet 2016 (à 14 h) au samedi 9 juillet 2016 (à 12 h)

Du lundi 22 août 2016 (à 14 h) au samedi 27 août 2016 (à 12 h)

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Pour les dames et jeunes filles (à partir de 17 ans) :

Du lundi 18 juillet 2016 (à 14 h) au samedi 23 juillet 2016 (à 12 h)

Du lundi 1er août 2016 (à 14 h) au samedi 6 août 2016 (à 12 h)

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En se retirant des agitations du monde pendant cinq jours et en suivant l’itinéraire par lequel Dieu a conduit saint Ignace de Loyola du péché à une haute sainteté et à un grand zèle pour l’Église, l’âme chrétienne se dépouille des affections désordonnées, des péchés qui l’enchaînent dans la voie de la tiédeur ou de la perdition, de l’aveuglement qui lui fait oublier son éternité.

La miséricorde de Dieu, la paix de l’âme, la joie du cœur libéré et le juste discernement de la volonté de Dieu sur vous seront les fruits de votre retraite.

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Il faut prendre la grâce quand elle passe, dit la sagesse populaire. Si cela est déjà vrai des occasions favorables qui se présentent dans le cours de la vie, cela est infiniment plus vrai de l’amour de Dieu qui frappe à la porte de votre âme.

Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité, proclame le Psaume XXIV : Universæ viæ Domini misericordia et veritas.

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La retraite qui vous est proposée, prêchée selon la grande tradition spirituelle de la sainte Église catholique, est une de ces grâces si précieuses que l’éternité entière peut en dépendre. C’est une grâce vigoureuse, une grâce de choix qui produit la conversion de l’âme, l’affermissement des vertus, ainsi qu’un grand élan de vie chrétienne et de sanctification.

Cette retraite portera des fruits durables, elle sera une véritable contribution au règne de Jésus-Christ en vous et autour de vous, parce que la vérité entière de la doctrine catholique – qui procure l’intégrité de la foi, l’intensité de l’espérance et la vigueur de la charité – est une requête impérieuse de la miséricorde divine qui illumine l’esprit, élève et apaise le cœur, et sauve l’âme.

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Sainte Vierge Marie, par votre amour maternel, conduisez-moi à la retraite !

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 19:19

Oratoire Notre-Dame de la Sainte-Espérance

3, allée de la Sérénité F – 33490 Saint-Maixant

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— mardi 22 décembre : messe basse à 7 h 30 ; confessions de 16 h 00 à 18 h 30.

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— mercredi 23 et jeudi 24 décembre : messe basse à 7 h 30 ; confessions de 9 h 00 à 12 h 00 et de 16 h 00 à 18 h 30 ;

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— jeudi 24 décembre, Vigile de Noël : jeûne et abstinence. On peut anticiper cette obligation le 23 décembre (S. Congr. Conc., 3 décembre 1959) ;

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— jeudi 24 décembre, Vigile de Noël : chant des Matines à 21 h 30. Brève veillée de chants de Noël à 23 h 40 ;

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— vendredi 25 décembre, Nativité de Jésus-Christ. À 0 h 00, Messe de Minuit, suivie du chant des Laudes, (et d’une collation où vous êtes amicalement attendus).

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— vendredi 25 décembre, Nativité de Jésus-Christ. À 8 h 15, Messe de l’Aurore (mémoire de sainte Anastasie, martyre) ; à 10 h 00, Messe chantée du Jour ; à 17 h 15 Vêpres et à 18 h 00 salut du T. S. Sacrement.

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— vendredi 25 décembre : l’obligation de l’abstinence du vendredi est suspendue parce que Noël est une fête d’obligation (Canon 1252 §4). Attention, elle ne sera pas suspendue le vendredi 1er janvier : ce jour est d’obligation dans l’Église universelle, mais dans les pays où ce caractère est supprimé, l’effet de dispense pour l’abstinence n’existe pas (Commission d’Interprétation du Droit Canonique, 17 février 1918).

— samedi 26 décembre, saint Étienne Protomartyr. Messe à 9 h 00.

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Oratoire Notre-Dame de la Sainte-Espérance

3, allée de la Sérénité F – 33490 Saint-Maixant

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 21:23

Un correspondant qui m’est inconnu m’a demandé par le truchement du formulaire de contact de Quicumque quelques précisions à propos des Indulgences, et plus spécialement sur les églises à visiter pour le gain d’icelles.

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Je lui ai répondu dans les meilleurs délais, mais le courrier expédié à l’adresse à moi communiquée par Quicumque échoue et me revient.

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Je lui réponds donc parce ce court billet, d’autant plus volontiers que d’autres personnes ayant un louable souci des âmes du Purgatoire peuvent y trouver un intérêt.

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Voici donc la demande dudit correspondant : « Peut-on considérer les chapelles “Traditionalistes” comme des oratoires publics ou semi-publics ? Qu’est ce qui définit une chapelle comme oratoire ? comme semi-public ou public ? »

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Et voici quelques éléments de réponse.

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Les chapelles « tradi » n’ont aucune existence canonique, elles ne peuvent retenir les privilèges des églises ou des oratoires — sauf celles qui, remontant à des temps antérieurs au déluge conciliaire, ont été consacrées ou établies en bonne et due forme (comme Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris). Aucun ordinaire du lieu (évêque diocésain nommé par un vrai Pape) n’en a ordonné ou permis la construction et n’en a patronné l’érection.

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Or la concession des Indulgences par l’Église est d’interprétation stricte (tantum valent quantum sonant, dit l’adage).

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Il est donc impossible d’assimiler les chapelles « tradi » à des oratoires ou églises dont la visite concourt au gain des Indulgences (sauf le cas des antédiluviens).

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Il faut donc visiter les églises ou oratoires qui jouissent d’un vrai titre canonique : on en trouve qui sont encore accessibles sans qu’on soit importuné par du tourisme liturgique ou de la liturgie touristique.

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Quant à la définition des églises et oratoires, le droit canon y pourvoit.

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Canon 1161 Ecclesiæ nomine intelligitur ædes sacra divino cultui dedicata eum potissimum in finem ut omnibus Christifidelibus usui sit ad divinum cultum publice exercendum — sous le nom d’église, on entend l’édifice sacré affecté au culte divin, dans des conditions telles qu’il soit à l’usage de tous les fidèles pour l’exercice du culte public.

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Canon 1162 § 1 :

Nulla ecclesia ædificetur sine expresso Ordinarii loci consensu scriptis dato, quem tamen Vicarius Generalis præstare nequit sine mandato speciali — aucune église ne peut être construite sans le consentement exprès et écrit de l’Ordinaire du lieu, que le vicaire général ne peut donner sans un mandat spécial.

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Canon 1188 § 1.

§ 1. Oratorium est locus divino cultui destinatus, non tamen eo potissimum fine ut universo fidelium populo usui sit ad religionem publice colendam — un oratoire est un lieu affecté au culte divin, mais dans des conditions telles que tout le peuple fidèle n’est pas admis à venir y pratiquer publiquement sa religion.

§ 2. Est vero oratorium — un oratoire peut être :

– 1°/ Publicum, si præcipue erectum sit in commodum alicuius collegii aut etiam privatorum, ita tamen ut omnibus fidelibus, tempore saltem divinorum officiorum, ius sit, legitime comprobatum, illud adeundi — public, s’il a été érigé principalement pour l’utilité d’un collège, ou aussi de personnes privées, mais de telle façon que tous les fidèles aient le droit, légitimement vérifié, d’y pénétrer au moins pour le temps des offices divins ;

– 2°/ Semi-publicum, si in commodum alicuius communitatis vel cœtus fidelium eo convenientium erectum sit, neque liberum cuique sit illud adire — semi-public s’il a été érigé au bénéfice d’une communauté, ou d’un groupe de fidèles qui se retrouvent là, sans qu’il soit permis aux personnes étrangères d’y entrer ;

– 3°/ Privatum seu domesticum, si in privatis ædibus in commodum alicuius tantum familiæ vel personæ privatæ erectum sit — privé ou domestique, s’il a été érigé dans une maison particulière pour l’utilité d’une famille, ou d’une personne privée.

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Canon 1191 § 1. Oratoria publica eodem iure quo ecclesiæ reguntur — les oratoires publics sont régis par le même droit que les églises.

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Canon 1192 § 1. Oratoria semi-publica erigi nequeunt sine Ordinarii licentia — les oratoires semi-publics ne peuvent être érigés sans la permission de l’Ordinaire.

Published by Abbé Hervé Belmont