Abbé Hervé Belmont

Infaillibilité des lois disciplinaires générales

Dans l’établissement des lois disciplinaires générales, l’Église catholique ne peut pas se tromper. Bien évidemment, il s’agit là d’une infaillibilité pratique, qui garantit que la loi n’est ni mauvaise, ni nocive, ni insupportable ; autrement dit, qui garantit que celui qui s’y conforme est (en cela) dans la voie du salut éternel.

Il ne s’agit pas directement d’une infaillibilité doctrinale (ça n’aurait guère de sens), bien que les présupposés ou les conséquences d’ordre doctrinal desdites lois soient ainsi garantis.

Cette infaillibilité ne garantit pas que la loi est la meilleure en soi, elle garantit que la loi est bonne.

Parce que l’infaillibilité est pratique, elle n’empêche pas l’autorité légitime et compétente de l’Église de modifier ses lois ; nous sommes assurés que, à l’instar de l’ancienne, la nouvelle loi est bonne.

Comme cette vérité est parfois profondément méconnue, voici quelques documents du Magistère qui l’enseignent sans équivoque (et auxquels, soit dit en passant, font écho tous les manuels classiques de théologie).

Cette infaillibilité est spécialement garantie quand il s’agit de la liturgie sacramentelle.

Concile de Trente, Denzinger 856, Enseignements pontificaux, l’Église (Solesmes) no 675 : « Si quelqu’un dit que les rites reçus et approuvés de l’Église catholique, en usage dans l’administration solennelle des sacrements, peuvent être méprisés ou omis sans péché au gré des ministres […] qu’il soit anathème. »

Encore une petite précision. Dans les lois disciplinaires générales, l’Église est infaillible non seulement en ce qu’elle ordonne, mais aussi en ce qu’elle permet. C’est ce qu’enseigne au passage le Pape Grégoire XVI.

On ne peut donc nier ou récuser en droit cette infaillibilité sous le vain prétexte : cette pratique (ou ce rite) n’est pas obligatoire ; ce n’est que permis. Il n’y a donc aucune garantie.

Ou alors il faudrait admettre qu’on puisse dire (par exemple) : il n’est pas impossible que l’Église autorise la polygamie ; l’infaillibilité pratique garantit seulement qu’elle ne l’imposera pas… On voit l’aberration où cette argutie pourrait mener.

Voici, en confirmation de cette vérité certaine, deux textes de Dom Guéranger et quelques extraits de théologiens classiques.