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    <title><![CDATA[Quicumque – Abbé Hervé Belmont (Mariage, éducation)]]></title>
    <link>http://www.quicumque.com/categorie-424006.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Mariage, éducation&quot; du blog &quot;Quicumque – Abbé Hervé Belmont&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 05:22:57 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 05:22:57 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.quicumque.com</copyright>            <category>Mariage, éducation</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Arcanum divinæ Sapientiæ]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-arcanum-divinae-sapientiae-42035374.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Le dix-neuvième siècle, en triste héritier de la Révolution, a vu se répandre une vaste entreprise de démolition
  du saint Mariage. Les perversions que nous voyons maintenant tenir le haut du pavé et triompher n'en sont que les ultimes conséquences : « Ôtez le surnaturel, disait Chesterton, il reste tout ce
  qui n'est pas naturel. »<br>
  <br>
  Le Pape Léon XIII, à la suite de Pie IX, s'est élevé avec force contre la profanation du sacrement et le renversement de l'ordre naturel : il le fait dans son encyclique <em><a href=
  "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/Arcanum.pdf">Arcanum divinæ Sapientiæ</a></em> du 10 février 1880, où la doctrine catholique est abondamment justifiée et lumineusement exposée.<br>
  <br>
  C'est une lecture des plus salutaire et instructive.<br>
  <br>
  Je saisis l'occasion de cette publication pour présenter mes meilleurs vœux aux lecteurs réguliers ou occasionnels de <em>Quicumque</em> : je souhaite pour nous tous que l'année nouvelle soit toute
  illuminée de la grâce de Noël et remplie de la douce paix que Notre-Seigneur est venue répandre dans nos âmes, afin de faire de nous des combattants : cela semble contradictoire, et c'est pourtant
  la gageure quotidienne de toute vie vraiment chrétienne. La foi méditée et active, le zèle pour la sainte Église catholique et l'amour de la sainte Vierge Marie nous la feront réaliser.<br>
  <br>
  <em><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/Arcanum.pdf">Arcanum divinæ Sapientiæ</a></em></span></span>]]></description>
        <pubDate>Wed, 30 Dec 2009 12:29:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9cf2442582368a751558021c41773db0</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-arcanum-divinae-sapientiae-42035374-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Casti Connubii]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-casti-connubii-40509490.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: 'book antiqua', palatino; font-size: 12pt;">Les encycliques pontificales, comme nombre de documents importants, sont souvent victimes de leur notoriété : on a entendu
  parler du thèmes qu'elles traitent, on en connaît deux ou trois idées maîtresses, et on néglige de les lire, de les étudier, d'en tirer profit.<br>
  <br>
  L'encyclique de Pie XI <em><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/Casti-connubii.pdf">Casti Connubii</a></em>&nbsp;fait partie de ces victimes : on sait qu'elle traite du mariage
  chrétien et puis... plus rien.<br>
  <br>
  Et c'est grand dommage, car le Pape a écrit là un admirable texte qui est une synthèse et une mise en lumière de l'institution fondamentale de l'ordre social : le mariage, et la famille qui en
  découle. Il en étudie, à la lumière de la Révélation divine et de la droite raison, la nature, les propriétés et les obligations. Puis il montre combien la société moderne et la mentalité
  contemporaine sont une immense conspiration contre la sainteté du mariage : les conséquences en sont gravissimes tant pour le salut éternel des âmes que pour la santé et la stabilité de la
  société.<br>
  <br>
  C'est donc à une [re]-lecture que je vous invite : si vous êtes engagé dans l'état de mariage, il est de votre devoir d'en connaître &nbsp;la doctrine et ses applications ; si vous vous y destinez,
  alors cette lecture sera une préparation salutaire, le prélude d'une vie heureuse, et un avertissement contre la dénaturation du mariage par laquelle il est si facile d'être impressionné tant elle
  est omniprésente.<br>
  <br>
  Lisez la plume à la main et la prière au cœur ces paroles pontificales qui expriment avec tant de précision et d'autorité souveraine la doctrine de l'Église, reçue de Dieu pour sa gloire et notre
  salut.<br>
  <br>
  <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/Casti-connubii.pdf">Casti Connubii</a>&nbsp;</span>]]></description>
        <pubDate>Thu, 03 Dec 2009 17:03:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7f982fc0ef1327ae983cfeb3c18f7a9a</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-casti-connubii-40509490-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[« Le père absent »]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-2155906.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">C'est le titre d'un livre de Claudio Risé (chez</span> <em><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Rémi Perrin</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 2005,
    125 pages, 12,5 euros) dont l'intérêt est très grand. L'auteur est professeur de sciences politiques et de sociologie, et psychanalyste junghien : on pourrrait donc se méfier, mais ce serait à
    tort en l'occurrence.<br>
    <br>
    L'auteur traite son sujet à la lumière de la foi catholique et apporte nombre de statistiques fort révélatrices.<br>
    <br>
    Il met le doigt sur l'un des plus grands fléaux de notre société : l'</span></span><em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">absence du
    père</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. Les raisons peuvent en être diverses :<br>
    &nbsp;– soit absence totale (divorce, union libre,... ) ;<br>
    – soit absence</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de facto</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">(les « affaires », l'ordinateur et internet son complice, le cocon de l'égoïsme, ...).<br>
    Mais, quelle que soit la cause, les effets sont analogues.<br>
    <br>
    85% des jeunes gens incarcérés ont grandi sans leur père, 75% des suicidés sont nés « sans père ». Et toutes les statistiques montrent que la grande majorité des hommes homomachins a manqué de
    père, qu'il en est de même pour les femmes anorexiques, etc.<br>
    <br>
    Quand les hommes cessent d'être virils (et on devient viril à l'école de son père), ils deviennent « machos »</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">et</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">lavettes.<br>
    <br>
    Un des plus grands crimes que puisse commettre une mère à l'égard de ses enfants, c'est de les priver de leur père – par séparation, supplantation ou mépris (forcément contagieux). Imaginer
    qu'elles pourront compenser est une illusion catastrophique.<br>
    <br>
    Les statistiques montrent aussi l'immense influence de la pratique religieuse du père sur la persévérance des enfants : « Dans le cas où le père n'est pas pratiquant, seul un enfant sur cinquante
    se rendra à l'église à l'âge adulte, indépendamment du comportement de la mère. Si le père fréquente régulièrement l'église, entre les 2/3 et les 3/4 des enfants feront de même, indépendamment de
    ce que fait la mère » (p. 28).<br>
    <br>
    D'après ce que j'ai pu observer pendant plusieurs décennies où je me suis occupé de garçons, il n'y a que dans le cas de veuvage que les effets de l'absence du père sont atténués ou nuls. Dans
    tous les autres cas d'absence du père, c'est la catastrophe et le premier effet patent de l'absence du père est la mollesse, une incroyable mollesse.<br>
    <br>
    J'exclue le cas d'un père servant au loin, car je n'ai jamais pu l'observer. Et si l'on croit l'Abbé Berto qui fut ainsi éduqué, il n'y a aucun effet délétère. Voici ce qu'il écrivait à un
    colonel alors en prison (fut une époque où c'était très honorable) :</span></span></span>
    <blockquote>
      <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">« Mais les vôtres [vos enfants], mon Colonel, ne
      sont pas vraiment privés de leur père. L'absence corporelle du Père, je l'ai vécue avant eux. Pendant la première grande guerre, de ma quinzième à ma dix-neuvième année, je n'ai pas vu une
      seule fois mon père, qui commandait le cercle de Na-Cham. Il nous gouvernait des confins chinois, par de longues lettres qu'il écrivait à notre mère, et ces lettres, qui mettaient six ou sept
      semaines à nous arriver, étaient pour nous la loi et les prophètes. Tout était traité, ce que ses enfants devaient aimer, ce qu'ils devaient détester ; ce qu'ils devaient estimer, ce qu'ils
      devaient mépriser, les études, les relations, la conduite quotidienne et les grandes orientations de la vie. Tout était écouté, admis, exécuté, je ne dirai pas sans une désobéissance, mais sans
      même l'idée d'une désobéissance, et d'autant moins que nous n'aurions pu désobéir à notre père sans meurtrir notre mère, chose à laquelle nous aurions certainement préféré la mort. Cette
      présence paternelle dans l'absence, vos enfants la vivront comme je l'ai vécue, non seulement sans détriment, mais avec plus de gravité et d'austérité, ce qui, pour les chrétiens, est un
      bienfait, comme tout ce qui enracine dans notre vie la Croix très sainte de Notre-Seigneur. » (</span></span><em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">Notre-Dame de Joie</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, pp.
      252-253)</span></span></span>
    </blockquote><span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    Pères, où êtes-vous ? Tous les enfants ont besoin d'un père à craindre (mais oui !), à admirer (mais oui !) et à aimer (évidemment).<br>
    <br>
    « Je cherche un homme » disait Diogène.<br>
    Mais si vous cherchez un livre, celui-là (même s'il est loin d'être parfait !) vous instruira, et vous réveillera ou vous confortera.</span></span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 15 Mar 2006 11:58:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">aa363a2e200b4a923235fd58e570f5ca</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-2155906-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Trois dictatures -- réflexions sur l'éducation]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1971941.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    La vie sur la terre est un combat, dit le saint homme Job (VII, 1). De ce combat l'éternité est l'enjeu. Mener ce combat n'est rien d'autre qu'exercer la vertu théologale de la charité (ou
    prendre le chemin de la recouvrer) puisque l'amour de Dieu, s'il est un repos bienheureux dans le Ciel, est ici-bas une lutte permanente pour accomplir la sainte volonté de Dieu, pour se
    renoncer, pour repousser les assauts de l'égoïsme et de l'amour-propre, les attaques de la concupiscence et l'appétit des biens terrestres. Pour vaincre ces dangers omniprésents, pour lutter sans
    relâche, il faut une arme permanente : « Il faut toujours prier et ne jamais se lasser » [Luc. XVIII, 1].<br>
    <br>
    Chaque époque, chaque milieu, chaque caractère apporte aux</span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">grands classiques</span></span></em>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">du combat de la vie chrétienne des accents particuliers. Les grandes luttes contre l'erreur, contre les trois
    concupiscences, contre l'esprit de révolte vont prendre une coloration spéciale, une intensité particulière, une inflexion spécifique : cela est nécessaire pour vaincre les défauts environnants,
    pour s'opposer à des tentations de circonstances, pour échapper aux vices les plus répandus à l'époque de notre vie.<br>
    <br>
    Appliquons cela en observant les inclinations ambiantes, les vices supplémentaires contre lesquels les jeunes gens catholiques doivent se défendre dans les circonstances présentes. Quels sont les
    dangers auxquels ils ne prennent pas garde, quels sont les défauts qui vont exercer une tyrannie qui passe plus ou moins inaperçue ? Où le respect humain fait-il mouche ? Quelles sont les
    contagions du monde qui les affaiblissent, vers quels maux les porte le laisser-aller ?<br>
    <br>
    En voici trois, véritables dictatures dès que les jeunes gens se retrouvent entre eux : la vulgarité, la scurrilité, le règne de l'image et de l'imagination.<br>
    <br>
    On est péniblement impressionné de constater combien souvent les jeunes gens ayant reçu une éducation catholique dans de bonnes familles, et une instruction catholique à l'école, se retrouvent
    désarmés, vulnérables, peu conscient de la nécessité de ne pas se conformer à ce monde qui passe et qui est ennemi de Jésus-Christ.<br>
    <br>
    Ceux qui sont tout de même décidés à vivre catholiques imaginent, plus ou moins, qu'il suffit pour cela d'exclure le péché mortel : si l'on y veille, on peut en toute sécurité adopter les
    manières du monde ! Ils imaginent encore qu'on peut suivre la mode – les multiples modes intellectuelles, vestimentaires ou autres, qui laminent les âmes – à condition de le faire avec dix ans ou
    trente ans de retard. Quel Évangile au rabais !<br>
    <br>
    Je reproduis ci-dessous deux brefs articles : le premier qui traite de la scurrilité, le second de l'indiscipline de l'imagination.<br>
    <br>
    Reste la vulgarité. Il faut l'entendre ici dans un sens large. Il s'agit non seulement de la vulgarité de l'allure, du langage et du vêtement de ceux qui se moulent dans le prêt-à-porter
    intellectuel ou dans l'uniforme du laisser-aller : il s'agit davantage encore de la vulgarité d'âme.<br>
    <br>
    Que de catholiques ont un grand désir de se fondre dans la masse. Leur emblème est le caméléon. Leur idéal est d'être en résonance avec le monde.<br>
    <br>
    Pour cette raison ou sous d'autres prétextes, ils se refusent à la magnanimité et à la grandeur, ils n'ont aucun souci de tenue, et ne se préparent pas au sacrifice. Il leur répugne d'appartenir
    à une élite (à moins qu'on puisse y atteindre sans effort, sans vertus, sans persévérance – et encore !). Ils fuient ce qui demande retranchement du monde, renoncement, sérieuse étude. Ils
    n'accordent pas aux choses graves la gravité qu'elles méritent, ni aux choses saintes la sainteté qu'elles réclament. Ils préfèrent tout traiter avec légèreté, plaisanter de tout, « faire la fête
    », « se faire plaisir », glisser sur ce qui pourrait être exigeant, tout amoindrir au niveau de leur médiocrité.<br>
    <br>
    Il y a une parabole de l'Évangile pour ceux-là : celle des invités déclinant l'invitation au festin, qui pour aller voir une maison de campagne récemment achetée, qui pour essayer une paire de
    bœufs, qui parce qu'il vient de se marier (Luc. XIV, 16,-24).<br>
    <br>
    Un jour d'humeur plaisante au milieu d'une grande détresse, le recteur de l'Institut-Saint-Pie X ne dit-il pas que les écoles traditionnelles produisent de nombreux enfants dont l'déal se résume
    en trois mots :</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">le fric – la frime – les fringues</span></span></em><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">.<br>
    <br>
    Il y a autre chose à faire.</span></span></span>
    <hr>
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br></span></span> <strong><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">La bêtise contagieuse</span></span></strong><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    <br>
    Dans l'éducation de leurs enfants, un des premiers devoirs des parents est de leur inculquer profondément le commandement du</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">nolite conformari</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">donné par les Apôtres sous
    l'inspiration du Saint-Esprit :<br>
    « Conservez-vous purs du siècle présent, mais réformez-vous par le renouvellement de votre esprit, pour discerner la volonté de Dieu, qui consiste en ce qui est bon, et agréable à ses yeux, et
    parfait. » [Rom. XII, 2]<br>
    « Je vous écris, jeunes gens, parce que vous êtes courageux, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le mauvais. N'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si
    quelqu'un aime le monde, la charité du Père n'est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie – ce qui ne vient
    pas du Père, mais du monde. Or le monde passe, et sa concupiscence ; mais qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.» [I Jo. II, 14-17]<br>
    <br>
    L'accomplissement</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">efficace</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">(efficace parce que vertueux) de ce devoir est impossible aux parents si eux-mêmes ne sont pas profondément convaincus de cette nécessité, s'ils n'en
    donnent pas l'exemple quotidien, s'ils se laissent entraîner par le laisser-aller ambiant dans le langage, dans l'immodestie ou le débraillé du vêtement, dans la stupide fascination pour le
    monde, ce monde qui veut asservir les âmes par sa pseudo-science (qui n'est autre qu'un panthéisme matérialiste) et ses techniques omniprésentes.<br>
    Et dans la scurrilité.<br>
    <br>
    La scurrilité est l'habitude de dire des bêtises et des bouffonneries, de rire de tout et de rien, de laisser l'excitation s'emparer de son esprit, de ses paroles ou de ses gestes. Elle est un
    vice, qu'il ne faut toutefois pas confondre avec l'eutrapélie, vertu auxiliaire de la charité qui incline à « arrondir les angles », à savoir opportunément dire le bon mot qui détend, la
    plaisanterie qui « exorcise » une tension qui monte, la gentille et peu fréquente taquinerie qui est preuve d'affection et d'intérêt.<br>
    <br>
    La scurrilité est un vice, enseigne saint Thomas d'Aquin [IIa IIæ, q. 148 a. 6]. Ce vice est une conséquence de la sensualité – gourmandise ou désir impur – qui provoque l'hébétude de l'esprit.
    Comme notre pauvre monde se laisse tout entier aller à cette scurrilité [1], sa présence peut également être l'effet de la contagion – contagion fort aggravée par la mentalité rousseauiste,
    partout diffuse, qui dissuade de réprimer la « spontanéité » des enfants, et particulièrement celle des adolescents, immergés dans « l'âge bête » parce qu'il n'est personne les en guérir. Aussi,
    cette scurrilité se développe tranquillement et passe souvent inaperçue jusqu'au moment où elle devient insupportable : mais c'est alors bien tard<br>
    <br>
    C'est ainsi que beaucoup de familles, même parmi les meilleures, subissent la tyrannie permanente des propos ineptes des enfants et des jeunes gens, propos qui empêchent les conversations graves,
    les causeries instructives, les entretiens édifiants. Au lieu d'une douce familiarité issue de la fermeté aimée et aimante des parents, s'établit un climat peu sain dans lequel on n'apprend rien,
    on ne transmet rien, on oublie la présence de Dieu et le respect de ceux qui le représentent.<br>
    <br>
    Il y a là un vrai danger auquel on prend peu garde parce que dans ces bonnes familles la scurrilité se tient à l'intérieur des limites d'une certaine honnêteté. Mais la vie morale et l'éducation
    ne se réduisent pas à éviter la « franche immoralité » ; elles consistent aussi à développer l'intelligence, à dilater le cœur, à fortifier le caractère, à nourrir l'esprit pour le service de
    Dieu et de son Église, pour diriger les âmes dans la vérité et vers l'éternité bienheureuse.<br>
    <br>
    [1] Il suffit d'ouvrir une bande dessinée ou d'écouter les</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">médias</span></span></em>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">pour s'en convaincre : le seul humour qu'on y rencontre est celui de la bêtise, bien souvent impure ou
    blasphématoire d'ailleurs.</span></span></span>
    <hr>
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br></span></span> <strong><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Regard chrétien sur l'imagination</span></span></strong><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    <br>
    Nous sommes en février 1972. Un jeune homme en quête de sa vocation, un gamin encore, un peu dégingandé, se rend au séminaire d'Écône pour y passer quelques jours : Mgr Marcel Lefebvre le lui a
    conseillé lors d'un entretien l'été précédent.<br>
    <br>
    Ce premier contact avec le séminaire aurait facilement pu être le dernier. En effet, une des premières conversations auxquelles assiste ledit jeune homme porte sur le numéro 160 de la
    revue</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Itinéraires</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">, qui vient de paraître. Dans cette livraison est en bonne place un article de Mademoiselle Luce Quenette intitulé</span></span> <em><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Balayez Astérix</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. Au
    cours de la conversation, cet écrit est l'objet de moqueries et de quolibets ; la pieuse et fine éducatrice est méprisée par quelques séminaristes iconoclastes, particulièrement par l'un d'entre
    eux qui persifle ce qu'il semble incapable de comprendre – non pas de comprendre avec l'intelligence dont il ne manque pas, mais de comprendre avec l'âme. Alors, aveugle, il ridiculise
    l'expression d'une angoisse dont il ne discerne pas la clairvoyance.<br>
    <br>
    Malgré cette première impression déplorable, notre jeune homme intégrera le séminaire au mois d'octobre suivant.<br>
    Plus de trente-quatre ans après, il ne le regrette toujours pas et il se propose de mettre de larges extraits de cet article sous vos yeux, afin d'en tirer quelque leçon.<br></span></span></span>
    <blockquote>
      <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Balayez Astérix<br>
      et faites attention aux images<br>
      par</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Luce Quenette</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
      <br>
      Le danger majeur de la Télévision n'est pas l'immoralité des images, comme on me le fait dire quelquefois, en m'opposant des émissions si belles, si instructives ! Je ne doute pas de leur
      existence, c'est même l'appât majeur de cet empoisonnement, pour les honnêtes parents. Ils ont résolu de trier, de couper, d'arrêter, d'interdire, d'envoyer coucher. Le règlement tient, mollit,
      s'atténue, élastique, extensible, anéanti et puis, machine arrière, mais voici «</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">le film
      bien !</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">sauf », donc la concession pour Lucienne 15 ans, ce qui met hors de lui son frère
      13 ans ; les petits, tous au lit : « On entendait les parents rire, et à moitié les paroles,</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">on était furieux</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">».<br>
      <br>
      Horrible auxiliaire de la démission d'autorité, la Télévision est meurtrière pour une autre raison. [...]<br>
      <br>
      Le danger principal, inévitable de la Télé, c'est</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de mettre dans la tête des enfants des
      images et non des idées</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, c'est d'arrêter, par la puissance trompeuse de l'imagination, le
      travail naturel de l'intelligence : l'abstraction.<br>
      <br>
      Les « illustrés » exécutent la même démolition. [...]<br>
      <br>
      Ce danger de perversion de l'esprit et de l'imagination est bien plus profond et bien plus difficile à comprendre pour les parents qu'une spectaculaire corruption du sens moral, qui d'ailleurs
      accompagnera tôt ou tard l'abus des images [...]<br>
      <br>
      L'indigestion d'images à elle seule endort l'attention, amollit la volonté, anémie la mémoire boursouflée de représentations, inapte à retenir les articulations des plus simples
      raisonnements.<br>
      <br>
      ***<br>
      <br>
      Ces deux frères, très bien doués, rentrent de vacances énervés, nonchalants et excités à la fois. Encouragements, punitions. Pas de remise en route. Tout le travail est inférieur à celui de
      l'an dernier. Irritabilité, chamailleries, leçons mal assimilées, devoirs bâclés. Et pourtant, regrets, repentirs apparemment sincères, rien de grave que cette médiocrité continue. Qu'avez-vous
      fait en vacances ? Excellents parents qui ne quittent pas leurs enfants. Les deux frères me semblent chercher loyalement pourquoi ils sont devenus si bêtes.<br>
      <br>
      Enfin, un dimanche, après la messe, l'aîné, douze ans, confie à son professeur :&nbsp; — J'ai trouvé : ce sont les journaux illustrés qu'une camarade de mon grand frère (16 ans) nous a fait
      passer. Elle en apportait des paquets, on se sauvait dans notre chambre pour les lire, surtout pour les regarder (l'expression se fait vaguement bête et rieuse),</span></span> <em><span style=
      "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">oh ce n'était pas impur</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">, mais des vilains dessins qui me reviennent tout le temps. Papa nous défendait, mais on s'arrangeait pour les regarder quand même, et maintenant, en
      classe, partout, je revois les images, mon frère aussi (les yeux se font inquiets, las), on ne peut pas s'en débarrasser et</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">je ne faisais pas attention que c'est ça qui m'empêche de travailler</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">. »<br>
      <br>
      La volonté de</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">trouver la cause</span></span></em> <span style=
      "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de la bêtise, donc la volonté de</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">voir clair</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, de mettre l'intelligence à
      même</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de juger les brumes de l'imagination, la prière</span></span></em> <span style=
      "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">pour y parvenir, acte éminemment intellectuel ; la</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">Grâce de Dieu</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, la résolution et
      l'</span></span><em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">expression de l'aveu</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">, tous actes, naturels et surnaturels à la fois, opposés à l'abrutissement par les illustrés, ont porté remède à la langueur de l'âme qui s'est relevée
      et remise courageusement à l'étude. Et aussi la résolution de Papa de brûler tous les imbéciles illustrés, de resserrer la surveillance, de rappeler le péril.<br>
      <br>
      ***<br>
      <br>
      Mais il s'agit d'enfants énergiques, déjà formés, sincèrement confus de leur état, assez droits pour être contents de trouver leur mal et de le guérir.<br>
      <br>
      Combien d'autres, sous les yeux de parents insouciants, vont et viennent, en vacances, des images de la Télé aux caricatures inhumaines de Okapi et consorts, aux blagues et aux ironies
      d'Astérix qui donnent en pâture au rire bête l'autorité, l'histoire, l'armée, flétrissent enthousiasmes et admirations à coup de laideurs, de déformations ignobles, tout être humain étant
      grimace pour ricanement automatique.<br>
      <br>
      J'entends développer un peu cette nuisance spéciale d'Astérix. Elle vient</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">des grandes
      personnes</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. C'est, soi-disant, une histoire pour enfants, qui fait rire tout le monde. Une
      invasion du burlesque, du grotesque, dans les domaines qu'on ne veut plus tabous : armée, discipline, ancêtres, romanité,</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">commentarii de bello gallico</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, c'est l'x de
      Vercingétorix prostitué en Obélix et jusqu'en Assurancetourix, ventru, poilu, cornu, ridiculu. Que ça amuse l'adulte lui confère d'ignobles lettres de noblesse.<br>
      <br>
      Comparaison éclairante : quand Papa fait attention à mes soldats, à mes arrangements de bataille, mon cœur de gosse tressaille de fierté. Une estime, un jugement de valeur auréole mon jeu. De
      même, quand Papa daigne discuter mon circuit de locomotive miniature, critiquer mes aiguillages, interrompre sa lecture pour modifier l'orientation de mon tunnel, il y a promotion d'une joie
      supérieure.<br>
      <br>
      Alors, comprenez, quand Papa trouve « tordant » la</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">sinistre parodie</span></span></em>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de tout ce que son éducation classique avait épargné : armée romaine, gloire militaire, civilisation (sans
      compter l'anecdote équivoque qui truffe le tout), quel vent de scepticisme transporte d'abord, puis trouble le naturel enthousiasme du gamin !<br>
      <br>
      Un papa très spirituel et excellent dessinateur me montrait un jour un album de dessins de sa main pour ses jeunes enfants. L'ironie, la plaisanterie dominaient sous l'allégorie des animaux,
      admirablement saisis dans une scène où chacun représentait un défaut humain. C'était drôle, assez fabuliste et au demeurant moralisant.<br>
      <br>
      — «</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Comment vos enfants</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">, lui dis-je,</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">apprécient-ils cette piquante
      galerie</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">?<br>
      Il soupira :<br>
      — «</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Oh, tout cela les amuse bien, mais, quand je leur ai demandé le dessin qu'ils
      préfèrent, voici celui qu'ils ont désigné immédiatement et avec enthousiasme. J'ai été bien étonné.</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">» Et il me montra une grande scène de Noël : la crèche, la Sainte Vierge, saint Joseph, l'âne, le bœuf, et, venant en cortège, des petits garçons et des
      petites filles de notre temps qui apportaient sagement, chacun un jouet, un gâteau, un petit minet, un agneau, un oiseau pour l'Enfant Jésus.<br>
      <br>
      Pas une ironie, paix, douceur, grâce, naïveté. L'esprit de Noël et point d'« esprit ». «</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">J'ai tiré la leçon</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, dit ce père intelligent
      :</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">l'enfant est sérieux, religieux, mystique</span></span></em><span style=
      "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"> »<br>
      <br>
      Hélas, c'était avant le temps d'Astérix !<br>
      <br>
      ***<br>
      <br>
      Tel garçon de douze ans, familialement porté au goût de l'histoire, à l'admiration du héros militaire, à l'étude de l'armée, se plaît à collectionner des modèles de décorations, à interroger
      son père sur ses ancêtres, tous soldats, il y acquiert de petites connaissances qui affinent et enchantent son esprit. Une indication précieuse pour l'avenir.<br>
      <br>
      Puis, peu à peu, c'est la désaffection, léger cynisme, moquerie, dégoût, abandon. Il</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">lit
      Astérix</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, rigole</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">avec Papa</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de tout ce qui était rêve, admiration,
      peut-être vocation, – devenu caricature. Je ne peux même nommer devant lui son illustré favori sans qu'il réprime un petit rire bête. Joyeusement, le scepticisme a fait son entrée dans son cœur
      : la</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">grandeur</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: 'book antiqua', palatino;">a perdu son pouvoir.<br>
      <br>
      ***<br>
      <br>
      Vous constaterez que je ne mets pas l'accent d'abord sur la pornographie latente ou apparente des périodiques pour jeunes, je pense bien que vos enfants n'y touchent pas.<br>
      <br>
      Je parle des moins mauvais, qui sont tous mauvais, pour la raison profonde que j'ai dite.<br>
      <br>
      Encore une expérience :<br>
      <br>
      Nous avons adopté une petite mission de la brousse au Sénégal. On envoie vêtements, remèdes, jouets. L'empressement est grand en cette classe de 7e. On conçoit que les petits noirs seraient
      contents de recevoir des illustrés français. Quelques écoliers, hélas, en apportent plus qu'il n'en faut. Du bête, pas du sale, ou plutôt du sale par le bête ! La maîtresse les parcourt avec
      eux. Elle dit : «</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Voyons ce qui montrera aux petits Sénégalais que vous les aimez, que les
      enfants blancs sont pieux, gais, actifs, sympathiques, de bon exemple, jugez vous-mêmes.</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">»
      Sur cet avertissement, après examen, toute la classe décréta, d'elle-même, qu'on ne peut envoyer aux nègres une seule de ces feuilles où grouillent des blancs hideux, rigolards, bêtes,
      grimaçants, mal faits Ce fut une purgation efficace, des repentirs, des désabonnements, un dégoût salutaire<br>
      <br>
      ***<br>
      <br>
      [...] Alors vous me demandez si j'ose interdire tous les illustrés aux enfants. Je sais bien que si la saturation par l'image est meurtrière, les belles images sont indispensables à la
      formation, justement, des jeunes imaginations.<br>
      <br>
      Je dis les belles, bonnes, vraies, et je répète que</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">la caricature humoristique, même
      intelligente, n'est pas faite pour l'enfant</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. La représentation du corps humain et des
      visages doit, pour eux, être au moins normale, sinon gracieuse. Alors il faut choisir les beaux livres illustrés ; ils ne manquent pas. [...]</span></span></span>
    </blockquote><span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    Ces réflexions emplies de sagesse introduisent au cœur de notre sujet.<br>
    <br>
    L'imagination est une faculté que le Bon Dieu a placée à la jointure de notre âme et de notre corps : elle est un sens (intérieur) et donc appartient à l'ordre sensible ; mais elle a une très
    grande affinité avec l'intelligence dont elle est l'instrument privilégié et qu'elle accompagne dans tous ses actes.<br>
    <br>
    Par sa seule situation naturelle, l'imagination doit être subordonnée, et maintenue dans un rôle ancillaire : rôle indispensable et concrètement très important, rôle subalterne cependant (même
    dans les arts plastiques).<br>
    <br>
    Mais nous ne vivons pas sous la loi de nature. Nous avons reçu une destinée surnaturelle, la nature humaine a été élevée à l'ordre de la vie intime de Dieu, puis a été spoliée et blessée par le
    péché originel ; notre nature doit maintenant bénéficier de la Rédemption de Notre-Seigneur Jésus-Christ par la réception personnelle de la grâce divine. L'imagination n'échappe pas à cette sorte
    d'écartèlement qui caractérise la vie présente ; d'autant plus que, appartenant au domaine sensible, elle est doublement marquée par le péché originel : elle a contracté une inclination vers le
    mal, et elle est révoltée contre sa situation inférieure.<br>
    <br>
    Le combat de la vie chrétienne (qui, faut-il le rappeler ? est ici-bas une vie militante) doit donc nous porter à deux fois maîtriser l'imagination : quant à sa</span></span> <em><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">place</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">et quant à
    son</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">contenu</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">. Cette double maîtrise est une condition pour que l'imagination concoure à notre salut.<br>
    <br>
    1. Quant à la place. L'imagination en révolte est devenue « la folle du logis », comme l'appelait sainte Thérèse d'Avila : au lieu d'aider l'intelligence dans son exercice, elle l'entrave, elle
    la gauchit, elle la court-circuite, elle l'entraîne dans sa course instable et inhabile à saisir la réalité suprasensible.<br>
    <br>
    Si on ne la discipline pas, si on ne fait pas un effort particulier et permanent pour s'élever au-dessus d'elle, l'imagination devient envahissante et prépondérante, et cette hypertrophie est une
    catastrophe : on ne vit qu'au niveau de l'imagination et par elle ; on imagine penser, on imagine comprendre, on imagine savoir. Mais l'intelligence demeure réellement inactive et en friche ;
    alors la volonté n'est plus éclairée et se met à la remorque des impressions, des sens, des passions.<br>
    <br>
    On peut remarquer que cette prolifération herniée de l'imagination a un effet comparable au modernisme, qui s'attaque directement à l'intelligence de la foi et par là à toute la vie
    surnaturelle.<br>
    <br>
    2. Quant au contenu. L'imagination laisse une empreinte durable dans la mémoire – surtout l'imagination du mal, du bête et de l'inutile. C'est un fait d'expérience : ce qu'on a avalé dans sa
    jeunesse est tenace, et reparaît avec véhémence dans la prière pour la troubler, ou dans les moments de fragilité – tentation ou oisiveté – pour l'aggraver.<br>
    <br>
    Il faut donc dès l'enfance une ferme discipline de l'imagination. Comme seule l'expérience fait prévoir ce triste phénomène, il faut aux enfants une grande docilité à des parents qui aient le
    souci, de leur côté, de préserver, d'orienter, de nourrir et d'émonder l'imagination de leurs enfants. Sans une vigilance active d'une part, sans une docilité profonde d'autre part, on se prépare
    des jours difficiles, on s'empoisonne d'avance la vie par des images, des chansonnettes, des stupidités qui pour l'instant empêchent l'exercice normal de l'intelligence (et de la foi), et qui
    dans l'avenir remonteront aux moments les moins opportuns.<br>
    <br>
    Et même sans parler des graves périls auxquels on s'expose ainsi, quelle perte de temps, quel gaspillage d'énergie, quelle stérilité dans le développement des talents que le Bon Dieu nous a
    confiés et dont il nous demandera compte !<br>
    <br>
    Il faut donc rejeter la « culture » du cinéma, de la bande dessinée et de la télévision (même supposés moralement sains par ailleurs). C'est une culture où l'imagination domine : elle inhibe
    l'intelligence et prend sa place, elle installe durablement l'âme dans un monde d'apparences et d'illusions.<br>
    <br>
    Comme c'est aussi le monde de la facilité, il faut rompre radicalement avec lui : se contenter de l'amoindrir ou de le mettre au second plan serait se préparer à y retourner à plus ou moins court
    terme, avec une avidité accrue.<br>
    <br>
    Il faut s'adonner à l'observation et à la réflexion, à la lecture et à l'étude. Mais ne jugeons pas que tout est gagné parce qu'on lit. Que lit-on ? Lit-on de quoi retomber par un autre côté dans
    le même bourbier ? ou bien lit-on ce qui nourrit la foi, élève l'intelligence, ennoblit le cœur, enrichit l'esprit, enflamme dans l'âme l'amour de la vertu, de la beauté, de la vérité ?<br>
    <br>
    Il faut se fabriquer une imagination disciplinée, une imagination nourrie de la sainte Écriture et de la vie des saints, bref une imagination chrétienne ainsi que le veut saint François de Sales
    dans l'</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Introduction à la vie dévote</span></span></em><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">.<br></span></span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 24 Feb 2006 11:03:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">36ba188f434fca1d7f16fa0012a1fc1e</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1971941-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Note sur les « remariages »]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1897140.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Question double</span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">:<br>
    Peut-on, si on a la certitude de l’invalidité de son mariage, se remarier légitimement avec une autre personne, et le faire en se fondant sur le jugement de personnes particulières ? Peut-on
    épouser quelqu’un dont le premier mariage est certainement invalide ?<br>
    <br></span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Réponse en deux points</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">:<br>
    1. L’invalidité d’un mariage, surtout si on veut l’établir en se fondant sur un défaut d’intention, est chose très malaisée à affirmer ; c’est rarement une certitude.<br>
    2. Il ne suffit pas qu’un mariage soit certainement invalide pour qu’on puisse se [re]marier ; il faut qu’il soit</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">officiellement reconnu</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">invalide, et ce n’est pas du
    tout la même chose.<br>
    Voyons cela plus en détail.<br>
    <br></span></span></span>
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">I</span></span>
      <div style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
        Le mariage jouit de la faveur du droit (canon 1014), c’est-à-dire que dans le doute on doit tenir pour la validité jusqu’à preuve du contraire. Le fait que le mariage ait été célébré selon la
        forme canonique extraordinaire (selon le canon 1098 : sans la présence d’un prêtre ayant juridiction ordinaire ou déléguée) ne change rien à cette disposition du droit de l’Église – fondé sur
        la nature des choses.<br>
        <br>
        Il ne faut pas facilement croire à l’invalidité des mariages, tout particulièrement ceux dont on affirme qu’ils sont nuls pour défaut d’intention, et cela pour trois raisons :<br>
        – c’est uniquement l’intention contraire à une (ou plusieurs) propriété essentielle du mariage qui le rendrait invalide. Le but qu’on poursuit (</span></span><em><span style=
        "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">finis operantis</span></span></em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">)
        en se mariant : pour l’amour de Dieu, pour de l’argent, pour réparer une faute, pour plaire à ses parents, pour faire comme tout le monde, etc. est extrinsèque au mariage et, en soi, ne peut
        l’invalider ;<br>
        – normalement, conformément au canon 1020 précisé et complété par le décret</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style=
        "font-family: 'book antiqua', palatino;">Sacrosanctum</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de Pie XII (29 juin 1941), au
        cours de l’enquête préalable les futurs époux ont prêté sur l’Évangile un serment sous lequel ils ont déclaré avoir une intention matrimoniale véritable, ne comportant aucune condition
        contraire à l’essence du mariage. Si l’un d’entre eux vient maintenant annoncer que son intention était substantiellement viciée, il faut considérer qu’il s’affirme</span></span>
        <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">parjure</span></span></em> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
        "font-family: 'book antiqua', palatino;">– et donc qu’on ne peut lui accorder aucune crédibilité ;<br>
        – l’Église, lorsqu’elle est amenée à s’interroger à ce sujet, mène une enquête sérieuse et complète en entendant trois partis (et leurs témoins) : chacun des deux époux et le parti de la
        validité – représenté par le</span></span> <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">défenseur du lien</span></span></em><span style=
        "font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. En aucun cas l’audition d’un seul parti, si persuadé et convaincant qu’il puisse être, ne peut apporter la certitude
        requise en matière si grave. Cela est d’autant plus vrai que bien souvent on ne peut pas compter sur la véracité des époux (malgré qu’ils en aient) tant leur désir de voir reconnue la nullité
        du mariage est véhément.<br>
        <br></span></span></span>
        <div style="text-align: center;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">II</span></span>
          <div style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
            La certitude personnelle, si éclairée et ferme qu’elle soit, peut avoir un effet moral (interdiction d’user d’un mariage qu’on sait inexistant) mais n’a aucun effet canonique. La raison
            en est que c’est la nature même du mariage qui exige que celui-ci soit publiquement établi et connaissable ; et une certitude personnelle n’a aucun effet d’ordre public externe.<br>
            <br>
            Aucun nouveau mariage n’est possible sans une reconnaissance officielle de la nullité d’un mariage antérieur, affirme le canon 1069 § 2 : « Quoique le mariage soit invalide ou dissous
            pour quelque cause que ce soit, il n’est pas permis d’en contracter un autre avant que la nullité ou la dissolution du premier mariage ne soit établie légitimement et avec certitude.
            »<br>
            <br>
            Or, dans la situation actuelle :<br>
            – en raison de l’absence d’autorité sur le Siège apostolique, on ne peut recourir à Benoît XVI ni à ses tribunaux ;<br>
            – le recours aux prétendus « tribunaux » de la fraternité Saint-Pie-X est doublement inadmissible, tant à cause de leur défaut total de compétence et d’autorité, que parce que ce serait
            participer à ce qui n’est rien d’autre qu’une détestable usurpation du pouvoir pontifical.<br>
            <br></span></span></span>
            <div style="text-align: center;">
              <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">En l’état, il n’y a donc pas d’autre réponse que<br></span></span>
              <strong><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">non</span></span></strong><span style="font-size: 12pt;"><span style=
              "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
              à la double question posée en tête de cette note.</span></span></span>
              <div style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
                Qu’on n’imagine pas par ailleurs que, lorsque tout était normal, une reconnaissance de nullité était chose simple à obtenir ; en fait, il arrivait que des mariages réellement
                invalides ne pouvaient pas, faute de preuve suffisante, être reconnus comme tels ; tout remariage était alors absolument prohibé.<br>
                <br>
                Rappelons pour finir que ces questions-là sont très graves, tant pour le salut des âmes que pour la chrétienté tout entière :<br>
                – la sainteté du mariage conduit au ciel ceux qui y sont engagés ; y attenter est la triste cause de la damnation d’un grand nombre ;<br>
                – la sainteté du mariage est un point central de la doctrine sociale de l’Église catholique, parce qu’elle est l’un des premiers effets et une condition indispensable du règne de
                Notre-Seigneur Jésus-Christ sur les personnes, sur les familles et sur la cité.<br>
                <br></span></span></span>
                <div style="text-align: center;">
                  <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Laudetur Jesus Christus</span></span>
                </div>
              </div>
            </div>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 16 Feb 2006 16:57:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">df23c60a8a5d25fe68923edba857e765</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1897140-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Famille, école, éducation]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1685603.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Les Papes ont souvent rappelé aux parents chrétiens leurs graves devoirs en matière d'éducation et de
    scolarisation de leurs enfants. Voici quelques textes bien caractéristiques du Magistère pontifical.<br>
    <br>
    <br></span> <strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">1. Léon XIII, encyclique</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Affari
    vos</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 8 décembre 1897, aux évêques du Canada</span></strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    <br>
    Car il ne saurait être permis à nos enfants d'aller demander le bienfait de l'instruction à des écoles qui ignorent la religion catholique ou qui la combattent positivement, à des écoles où sa
    doctrine est méprisée et ses principes fondamentaux répudiés. Que si l'Église la permis quelque part, ce n'a été qu'avec peine, à son corps défendant, et en entourant les enfants de multiples
    sauvegardes, qui, trop souvent d'ailleurs, sont reconnues insuffisantes pour parer au danger. Pareillement, il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont
    accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d'avoir ou non de saines doctrines, d'adopter la vérité ou l'erreur.
    Vous êtes loin d'ignorer, Vénérables Frères, que toute école de ce genre a été condamnée par l'Église, parce qu'il ne se peut rien de plus pernicieux, de plus propre à ruiner l'intégrité de
    la foi et à détourner les jeunes intelligences du sentier de la vérité.<br>
    <br>
    Il est un autre point sur lequel Nous serons facilement d'accord avec ceux mêmes qui seraient en dissidence avec Nous pour tout le reste : savoir, que ce n'est pas au moyen d'une instruction
    purement scientifique, ni de notions vagues et superficielles de la vertu, que les enfants catholiques sortiront jamais de lécole tels que la patrie les désire et les attend. C'est de choses
    autrement graves et importantes qu'il les faut nourrir pour en faire de bons chrétiens, des citoyens probes et honnêtes : leur formation doit résulter de principes qui, gravés au fond de leur
    conscience, s'imposent à leur vie comme conséquences naturelles de leur foi et de leur religion.<br>
    <br>
    Car, sans religion, point d'éducation morale digne de ce nom, ni vraiment efficace : attendu que la nature même et la force de tout devoir dérivent de ces devoirs spéciaux qui relient l'homme à
    Dieu, à Dieu qui commande, qui défend, et qui appose une sanction au bien et au mal. Cest pourquoi, vouloir des âmes imbues de bonnes mœurs et les laisser en même temps dépourvues de religion,
    c'est chose aussi insensée que d'inviter à la vertu après en avoir ruiné la base.<br>
    <br>
    Or, pour le catholique, il n'y a qu'une seule vraie religion, la religion catholique ; et c'est pourquoi, en fait de doctrines, de moralité ou de religion, il n'en peut accepter ni
    reconnaître aucune qui ne soit puisée aux sources mêmes de l'enseignement catholique.<br>
    <br>
    La justice et la raison exigent donc que nos élèves trouvent dans les écoles, non seulement l'instruction scientifique, mais encore des connaissances morales en harmonie, comme Nous l'avons
    dit, avec les principes de leur religion, connaissances sans lesquelles, loin d'être fructueuse, aucune éducation ne saurait être qu'absolument funeste. De là, la nécessité d'avoir des maîtres
    catholiques, des livres de lecture et d'enseignement approuvés par les évêques, et d'avoir la liberté d'organiser lécole de façon que l'enseignement y soit en plein accord avec la foi
    catholique, ainsi qu'avec tous les devoirs qui en découlent.<br>
    <br>
    Au reste, de voir dans quelles institutions seront élevés les enfants, quels maîtres seront appelés à leur donner des préceptes de morale, c'est un droit inhérent à la puissance paternelle.
    Quand donc les catholiques demandent, et c'est leur devoir de le demander et de le revendiquer, que l'enseignement des maîtres concorde avec la religion de leurs enfants, ils usent de leur
    droit. Et il ne se pourrait rien de plus injuste que de les mettre dans l'alternative, ou de laisser leurs enfants croître dans l'ignorance, ou de les jeter dans un milieu qui constitue un
    danger manifeste pour les intérêts suprêmes de leurs âmes.<br>
    <br>
    Ces principes de jugement et de conduite, qui reposent sur la vérité et la justice, et qui sont la sauvegarde des intérêts publics autant que privés, il n'est pas permis de les révoquer en doute
    ni de les abandonner en aucune façon.<br>
    <br>
    <br></span> <strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">2. Pie XI, encyclique</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Divini illius
    Magistri</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 31 décembre 1929</span></strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    <br>
    Il est nécessaire, d'une part, que les nouvelles générations soient instruites dans les arts et les sciences qui font la richesse et la prospérité de la société civile ; d'autre part, la
    famille est incapable par elle-même d'y pourvoir suffisamment. De là est sortie l'institution sociale de l'école. Mais qu'on le remarque bien, ceci se fit d'abord par l'initiative de la
    famille et de l'Église bien avant l'intervention de l'État. À ne considérer donc que ses origines historiques, l'école est de sa nature une institution auxiliaire et complémentaire de la
    famille et de l'Église ; partant, en vertu d'une nécessité logique et morale, l'école doit non seulement ne pas se mettre en contradiction, mais s'harmoniser positivement avec les deux autres
    milieux, dans lunité morale la plus parfaite possible, de façon à constituer avec la famille et l'Église un seul sanctuaire consacré à l'éducation chrétienne. Faute de quoi elle manquera sa
    fin, pour se transformer, au contraire, en œuvre de destruction.<br>
    <br>
    Cela a été manifestement reconnu même par un laïque, de grande réputation pour ses écrits pédagogiques, où tout n'est pas à approuver, entachés qu'ils sont de libéralisme. Il s'exprime ainsi :
    « L'école, si elle n'est pas un temple, devient une tanière ». Et encore : « Quand la formation littéraire, la formation sociale, ou domestique, ou religieuse ne sont pas en parfait accord,
    l'homme est sans bonheur et sans force » [Nic. Tommaseo,</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Pensieri sull educazione</span></em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">, parte I. 3, 6].<br>
    <br>
    [...] Ainsi donc, le seul fait qu'il s'y donne une instruction religieuse (souvent avec trop de parcimonie) ne suffit pas pour qu'une école puisse être jugée conforme aux droits de l'Église
    et de la famille chrétienne, et digne d'être fréquentée par les enfants catholiques. Pour cette conformité, il est nécessaire que tout l'enseignement, toute l'ordonnance de l'école,
    personnel, programme et livres, en tout genre de discipline, soient régis par un esprit vraiment chrétien, sous la direction et la maternelle vigilance de lÉglise, de telle façon que la religion
    soit le fondement et le couronnement de tout l'enseignement, à tous les degrés, non seulement élémentaire, mais moyen et supérieur. « Il est indispensable, pour reprendre les paroles de Léon
    XIII, que non seulement à certaines heures la religion soit enseignée aux jeunes gens, mais que tout le reste de la formation soit imprégné du parfum de la piété chrétienne. Sans cela, si ce
    souffle sacré ne pénètre pas et ne réchauffe pas l'esprit des maîtres et des disciples, la science, quelle qu'elle soit, sera de bien peu de profit ; souvent même il n'en résultera que de
    sérieux dommages » [</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Militantis Ecclesiæ</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 1 août 1897].<br>
    <br>
    <br></span> <strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">3. Pie XII. Allocution aux jeunes de l'Action catholique italienne, 20 avril 1946.</span></strong><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    <br>
    Le cri que vous avez lancé <em>Sauvons l'enfant</em>, exprime en ce temps les inquiétudes et les espoirs du présent, mais par-dessus tout ses nécessités impérieuses et urgentes.<br>
    <br>
    Autour de l'enfant gravitent toutes les questions vitales, toutes les valeurs essentielles : le mariage et la famille, l'épouse et la mère, l'éducation et la moralité publique. Là où ces
    questions sont résolues selon la loi divine et l'esprit chrétien, là où ces valeurs capitales sont protégées et défendues, là également l'enfance et la jeunesse sont sauves. Mais en revanche,
    là où les forces de la dissolution et de la perversion s'emparent des enfants, les tristes conséquences ne tardent pas à se manifester. Elles se montrent déjà par trop jusque dans les petits et
    les adolescents. Ne les voit-on pas chaque jour ? Na-t-on pas constamment sous les yeux le spectacle angoissant d'une jeunesse en grande partie déjà gâtée, contaminée, prête à transmettre, en
    vertu des lois tragiques de la nature, son infection physique et morale aux générations futures ?<br>
    <br>
    [...] L'histoire signale invariablement comme élément précurseur des grandes catastrophes, non seulement économiques et politiques, mais également et principalement spirituelles et religieuses,
    la décadence de la moralité publique, la corruption des mœurs qui s'installe effrontément en souveraine et vise à séduire surtout les jeunes générations. L'expérience présente ne fait que
    confirmer les leçons de l'histoire. Nous ne Nous lassons pas de dénoncer, en toute occasion qui se présente à Nous, au moins trois des formes plus redoutables du monstrueux Moloch qui moissonne
    tant de victimes :</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">le divorce, l'école sans Dieu, l'immoralité de la littérature et des spectacles</span></em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">. Des mères dénaturées n'hésitent pas à conduire des petits garçons et des fillettes à des représentations et à des « revues » les plus lascives !<br>
    <br>
    Sans doute, même dans une jeunesse ainsi entourée d'embûches, il y a toujours des miracles de la grâce, des héros et des saints victorieux de toutes les séductions et des appâts du monde qui les
    entoure. Mais ces miracles sont rares, et ces héros et ces saints sont l'exception. Ce serait une illusion fatale de croire que de telles exceptions puissent devenir la règle générale sans une
    amélioration des conditions publiques, et il serait injuste de vouloir attribuer aux déficiences du ministère pastoral toute la responsabilité des ruines spirituelles que, dans les enfants et les
    adolescents de 6, de 10, de 15 ans, produisent comme inévitablement l'influence continue de lécole areligieuse ou antireligieuse, les dangers de la rue, l'air moralement malsain ou peut-être
    même corrompu de l'usine et de l'atelier. Dans l'ordre naturel des choses disons mieux : selon les dispositions de la Providence divine,  l'enfant doit naître et croître dans le climat
    salubre d'une famille et d'une société chrétienne et sy' développer progressivement jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité qui le rende capable, à son tour, de maintenir, propager et
    perfectionner un ordre social juste et chrétien.<br>
    <br>
    <br></span> <strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">4. Pie XII, radio-message à la clôture de la</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Journée de la
    famille</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">en Italie, 23 mars 1952.</span></strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    <br>
    La famille est le berceau où naît et se développe la vie nouvelle, qui a besoin, pour ne pas périr, d'être soignée et éduquée – c'est là un droit et devoir fondamental, donné et imposé
    immédiatement par Dieu aux parents. L'éducation dans l'ordre naturel a pour contenu et but le développement de l'enfant pour devenir un homme complet ; l'éducation chrétienne a pour contenu
    et but la formation du nouvel être humain, régénéré par le Baptême, pour en faire un parfait chrétien. Une telle obligation, qui fut toujours une réglé et un honneur pour les familles
    chrétiennes, est solennellement prescrite par le canon 1113 du Code de droit canon, qui déclare : «</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Parentes gravissima obligatione
    tenentur prolis educationem tum religiosam et moralem, tum physicam et civilem pro viribus curandi, et etiam temporali eorum bono providendi</span></em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">. Les parents ont la très grave obligation de veiller selon leurs moyens à l'éducation religieuse et morale, physique et civique de leurs enfants, et de
    pourvoir également à leur bien-être temporel ».<br>
    <br>
    <br></span> <strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">5. Enfin  et surtout  il faudrait citer lallocution de Pie XII</span></strong> <em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">Davanti a questa</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">aux mères de famille italiennes, du 26 octobre 1941. Elle est d'une
    grande importance, et tout serait à citer : cela serait trop long. Aussi on pourra s'en procurer le texte</span> <a href="http://www.priceminister.com/vitrine?action=Hieronyma"><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">ici</span></a> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">: la lecture en est réconfortante et salutaire.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 24 Jan 2006 20:39:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0a7769292600ccbc86a584d8791bdffa</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1685603-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Éducation de l'adolescent]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1388331.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Pour juger sur pièce de l'œuvre de Mademoiselle Luce Quenette, voyez ici un</span> <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/adolescent.pdf"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">article</span></a> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">sur
    l'éducation de l'adolescent paru dans</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Itinéraires</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">n° 128
    (décembre 1968). Il est d'une belle venue et d'un intérêt puissant. Magnifique.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Dec 2005 17:14:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8134afc52682e073a9a8406f4c88b77b</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1388331-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Triple hommage à Luce Quenette]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1385675.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">C'est aujourd'hui la Sainte-Luce. Pour ceux qui ont eu l'honneur de connaître
    Mademoiselle Luce Quenette, ce jour évoque d'une façon toute particulière sa fête, et la fête de l'école de la Péraudière qu'elle a fondée. Cela rappelle aussi qu'elle fut collaboratrice de la
    revue</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Itinéraires</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, et que sa contribution était de toute première
    qualité, comme celle de l'Abbé Berto, du Père Calmel ou de Jean Madiran lui-même.<br>
    <br>
    En souvenir d'elle, voici deux textes</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">inédits</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">et un témoignage de
    Jean Madiran.<br>
    <br>
    Le premier est la transcription (faite à partir de l'enregistrement) d'une conférence de Jean Madiran à Écône le 19 mars 1974.<br>
    <br>
    — (Abbé J. B.) « Puisque vous nous parlez de vos amis, est-ce que vous pouvez nous parler de Mademoiselle Quenette que beaucoup ne connaissent pas ici ?<br>
    — (Jean Madiran) Mademoiselle Quenette, je lui dois beaucoup aussi...<br>
    — (Mgr Lefebvre) C'est un élève de Mademoiselle Luce Quenette !<br>
    — (Jean Madiran) Eh bien oui ! mais je pense que ça doit... Ou bien c'est un élève de Mademoiselle Quenette, ou bien c'est un provocateur ! Nous... Mademoiselle Quenette... je dirais... je
    ne vais pas vous faire son portrait ni vous dire son... Mais je vais vous dire une chose, une seul chose, hein ! Alors, je choisis et je vous en dis une. C'est que nous sommes beaucoup, et
    j'en suis, dont elle a soutenu efficacement le courage dans le combat. Cette femme intrépide, son côté chef de guerre oui, oui, euhah ! oui, à cet égard oui... Nous lui devons beaucoup. Si
    nous arrivons à faire quelque chose de pas trop mal nous lui devons beaucoup, nous lui devons beaucoup. Je ne sais pas si sans elle la revue</span> <em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">Itinéraires</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, sur la Messe, n'aurait peut-être pas pris si vite une position aussi ferme.
    Je crois que c'est le meilleur hommage. »<br>
    <br>
    Il faut ajouter que Jean Madiran, si brillant jusque là, était fort troublé et cherchait ses mots.<br>
    <br>
    Le deuxième est le message que Mademoiselle Luce Quenette, empêchée pour raison de santé, avait fait tenir à la journée des</span> <em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">Compagnons d'Itinéraires</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">à Lyon, le 15 mai 1976, lu en public par Jean Madiran.<br>
    <br>
    « Toujours absente à la réunion de famille, même quand elle est dans ma ville, je suis privée et désolée. S'il faut un message spécialiste de ce qui occupe toute ma vie, je dirai : Nous voulons
    sauver la jeunesse et pour cela faire une élite. Alors, fermeté, fermeté, force, horreur de la faiblesse, leçons magistrales. Car la plus affectueuse compréhension des jeunes cœurs, c'est
    l'autorité. »<br>
    <br>
    Que de sagesse en peu de mots.<br>
    <br>
    Voici enfin un extrait du témoignage de Jean Madiran, en tête du numéro d'</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Itinéraires</span></em> <span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">à elle consacré, le n° 226. On en appréciera toute la portée.<br>
    <br>
    « Sa fonction, comme celle de l'abbé Berto, fut de gouverner des âmes d'enfant pour y cultiver les vertus. Cela expliquait, chez l'un et chez l'autre, dans la crise religieuse contemporaine, une
    analogue qualité de prévision et d'intransigeance, une extrême promptitude. Ils étaient aux avant-postes véritables, les premiers à ressentir l'attaque, les premiers à en discerner toute la
    portée. À la place où ils se trouvaient, avec la responsabilité qui était la leur, ils sentaient tout de suite qu'une concession à l'adversaire, qu'un compromis avec le monde, qu'une innovation
    impie, d'apparence anodine,</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">on ne</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">POUVAIT</span> <em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">pas les expliquer aux enfants</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, on ne pouvait pas les leur imposer, on ne pouvait pas les
    leur tolérer sans démentir et détruire tout ce qu'on s'efforçait de leur inculquer. Le nouveau catéchisme de 1967-1968, celui qui est toujours en vigueur, paraissait vaguement absurde et vide à
    ceux qui le feuilletaient d'un doigt distrait, une sottise épiscopale de plus en un siècle qui n'en est pas avare.<br>
    <br>
    « Mais l'abbé Berto, mais Luce Quenette ressentaient immédiatement ce que cette sottise contenait de criminel : ils avaient aussitôt devant les yeux l</span><em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">'impossibilité morale</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">d'introduire le nouveau catéchisme épiscopal dans leurs catéchismes
    catholiques. Du même coup ils savaient dans l'instant même que l'épiscopat français n'en était donc plus aux médiocrités et lâchetés habituelles, mais qu'il en était à la prévarication majeure, à
    la prévarication maudite, à la prévarication inexpiable. Et encore du même coup, et non moins immédiatement, ils savaient que le saint-siège, en laissant s'établir et se prolonger une telle
    abomination, manifestait une défaillance terrible, qui finissait à la longue par ressembler à une sorte de vacance.<br>
    <br>
    « Par leur fonction et parce qu'ils le vivaient chaque jour, l'abbé Berto et Luce Quenette savaient mieux que personne et ils surent avant tout le monde que les détenteurs actuels de la
    succession apostolique en étaient au plus grand crime, celui que l'esprit mondain méconnaît, que l'aveuglement ignore, que la foi tiède ne comprend pas. Et ainsi, mieux que personne et avant tout
    le monde, un abbé Berto, une Luce Quenette étaient au cœur des réalités les plus réelles de notre époque, aux prises avec cette forme de subversion qui existait avant de recevoir de Mao son nom
    véritable de “révolution culturelle” : elle s'attaque comme on l'a vu en Chine, comme on n'arrive pas à le comprendre en France, directement à l'innocence et à la formation des enfants. La
    culture, qu'est-ce à dire, sinon l'acte de cultiver, et que cultive-t-on sinon, d'abord chez les enfants, les vertus intellectuelles et morales. La soi-disant culture qui a honte de cultiver les
    vertus, par le fait même laisse croître les vices. Tout conspire dans le monde moderne à le faire oublier, mais comment pourrait-on l'oublier quand on dirige, comme l'abbé Berto, comme Luce
    Quenette, une maison d'enfants, une école véritablement, intégralement chrétienne ?<br>
    <br>
    « Tout au long de l'année 1969, avec une terrible impatience, Luce Quenette nous pressait de faire le possible et l'impossible pour écarter la menace de la nouvelle messe annoncée. On verra, lui
    disions-nous, attendez, il y aura une lettre des cardinaux (on en espérait huit, ou douze, pour commencer, et pour entraîner le ralliement d'une quarantaine ou d'une soixantaine d'autres ; il y
    en eut deux en tout et pour tout, Ottaviani et Bacci, honneur à eux).<br>
    <br>
    — Je ne peux pas attendre, répondait-elle ; les enfants ne peuvent pas attendre : c'est maintenant, c'est aujourd'hui qu'il faut leur dire, pour la vie entière, où est la vraie messe. C'est tout
    de suite qu'il faut les protéger, qu'il faut les tenir rigoureusement à l'écart d'eucharisties dérisoires, qu'on dirait calculées pour inculquer les réflexes et les attitudes de l'impiété
    »</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Dec 2005 09:41:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">10d5801a7ddce619b3967f924c7ab46b</guid>
                <category>Mariage, éducation</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1385675-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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