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    <title><![CDATA[Quicumque – Abbé Hervé Belmont (Doctrine sociale de l'Église)]]></title>
    <link>http://www.quicumque.com/categorie-424002.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Doctrine sociale de l'Église&quot; du blog &quot;Quicumque – Abbé Hervé Belmont&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 05:22:57 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 05:22:57 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.quicumque.com</copyright>            <category>Doctrine sociale de l'Église</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[La vertu de Justice, cœur de la doctrine sociale de l’Église]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-la-vertu-de-justice-coeur-de-la-doctrine-sociale-de-l-eglise-97446214.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-top: 30pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt; line-height: 15pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">La vertu de justice tient une place de premier ordre dans la perfection
    naturelle et dans la vie chrétienne&nbsp;: ses implications sont immenses, son office est de tous les instants. Mais, tout en rappelant les grandes lignes de la doctrine de cette vertu, c’est
    sous un aspect plus restreint – et peut-être plus méconnu – que je la veux ici exposer. Car la justice chrétienne remplit (aussi) l’office d’articuler la doctrine sociale de l’Église à la vie
    surnaturelle&nbsp;: de l’en rendre partie intégrante et proprement vitale.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il faut avoir présent à l’esprit que la doctrine <em>sociale</em> de l’Église déborde largement la portée restreinte qu’on donne à ce
    qualificatif dans le vocabulaire moderne. Il s’agit d’une véritable doctrine <em>politique</em>, incluant un enseignement sur la nature de la société, du bien commun et de l’autorité&nbsp;; une
    doctrine qui bâtit la société selon la colonne vertébrale du principe de subsidiarité, du droit de propriété individuel aux familles, de l’organisation professionnelle aux institutions
    internationales&nbsp;; une doctrine de la Royauté de Jésus-Christ et du droit souverain de l’Église catholique&nbsp;; une doctrine sociale enfin, s’intéressant aux questions de justice salariale,
    de droit du travail etc. La réduire à ces toutes dernières mentions est non seulement une mutilation, mais plus encore une caricature qui condamne à ne jamais comprendre.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">C’est précisément là que surgit la difficulté. Comme on le voit, la doctrine sociale de l’Église catholique est, pour une bonne part,
    une <em>philosophie sociale</em>&nbsp;: son objet est abondamment naturel, son contenu est largement accessible à la raison humaine (et, par le fait même, peut constituer une fructueuse approche
    apologétique). D’ailleurs, Pie&nbsp;XII lui-même l’affirmait&nbsp;: «&nbsp;La loi naturelle, voilà le fondement sur lequel repose la doctrine sociale de l’Église&nbsp;» (Discours du 25 septembre
    1949). On peut dès lors s’interroger&nbsp;: cet ensemble naturel ne forme-t-il pas un corps étranger à la vie chrétienne qui est proprement surnaturelle&nbsp;? N’y a-t-il pas un danger de
    naturalisme, qui ensevelisse l’enseignement de l’Église sous un objet naturel omniprésent&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La réponse à cette question est négative&nbsp;: <em>non</em>, la doctrine sociale de l’Église ne met pas en péril sa mission
    essentiellement surnaturelle, elle ne l’entrave pas, elle ne lui ôte rien&nbsp;; bien au contraire. Et cette harmonisation/subordination à l’ordre surnaturel – sans diminution de la consistance
    ni des exigences de l’ordre naturel – est effectuée par la vertu de justice, vertu sociale par excellence.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La vertu de justice a ceci de particulier qu’elle met sous l’empire de la charité et de la fin dernière surnaturelle des actions dont
    la règle est extérieure au sujet, indépendante de celui qui la doit pratiquer&nbsp;: que cette règle soit (pour partie) naturelle n’empêche pas que son accomplissement soit impéré par la vertu de
    charité, et surnaturellement exercé, et ordonné à la gloire de Dieu, procurant le règne de Jésus-Christ et le salut des âmes.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il ne faut pas oublier ceci. Lorsqu’elle nous enseigne une doctrine sociale, l’Église ne vise pas <em>d’abord</em> à instaurer la paix
    sociale ni à augmenter la prospérité publique. Elle ne fait que se conformer à l’Évangile&nbsp;: <em>Cherchez</em> d’abord <em>le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné
    par surcroît</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ici-bas, le Royaume de Dieu est le royaume de la foi — aussi bien dans l’Église catholique que dans les âmes baptisées qui ne désertent
    pas la lumière divine. En enseignant sa doctrine, l’Église édifie le Royaume de la foi et, par surcroît, procure le bien de la société humaine.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 3.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Le 29 avril 1945, Pie&nbsp;XII déclarait dans un discours à l’Action catholique italienne&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">«&nbsp;La première recommandation concerne <em>la doctrine sociale de l’Église</em>. Vous savez parfaitement combien de rapports
    essentiels et multiples rattachent et subordonnent l’ordre social aux questions religieuses et morales. Il s’ensuit que, surtout en période de bouleversements économiques et d’agitations
    sociales, l’Église a le droit et le devoir d’exposer clairement la doctrine catholique en matière si importante. Elle l’a fait, et même de nos jours. Mais si cette doctrine est fixée
    définitivement et sans équivoque dans ses points fondamentaux, elle est toutefois suffisamment large pour pouvoir être adaptée et appliquée aux vicissitudes variables des temps, pourvu que ce ne
    soit pas au détriment de ses principes immuables et permanents. Elle est claire dans tous ses aspects&nbsp;; elle est obligatoire&nbsp;; nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi ou
    l’ordre moral&nbsp;; il n’est donc permis à aucun catholique (encore moins à ceux qui appartiennent à vos organisations) d’adhérer aux théories et aux systèmes sociaux que l’Église a répudiés et
    contre lesquels elle a mis ses fidèles en garde.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: &quot;Book Antiqua&quot;;">Nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi…</span></em></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’Église, en donnant son enseignement sur la société, veut donc d’abord promouvoir et préserver la foi dans l’âme des fidèles. À cette
    priorité, on peut assigner deux raisons.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;La première est universelle et de tous les temps&nbsp;: l’exercice de la vertu de justice est nécessaire à l’accroissement de la
    foi (lequel est lié à l’accroissement de la charité)&nbsp;; à long terme, cet exercice est nécessaire à la conservation de la foi.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;La seconde dépend davantage des circonstances présentes. Dans le monde moderne, habité par la maladie révolutionnaire, la foi
    catholique n’est pas seulement directement attaquée par l’hérésie&nbsp;; elle est attaquée indirectement – mais très efficacement – par les doctrines ou les systèmes politiques et sociaux.
    L’hérésie s’est inscrite – s’est incarnée, pourrait-on dire – dans les principes politiques et dans les programmes sociaux, dans la forme même de la société.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’Église, en prêchant le droit et la justice, en enseignant leur nature et leurs exigences, combat non seulement les injustes, mais il
    combat les ennemis de la foi. C’est la première réalisation pratique de la <em>Doctrine sociale de l’Église</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Le rappel de ce point très important n’est pas destiné à amoindrir l’opportunité, la nécessité et l’obligation de la <em>Doctrine
    sociale de l’Église</em>, mais pour la replacer dans sa véritable perspective. L’Église n’est pas un cabinet d’études sociologiques&nbsp;; mais par surcroît et avec une vérité et une opportunité
    incomparables, elle enseigne la finalité, la stabilité et la prospérité des sociétés temporelles.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 30.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 0cm; text-align: center;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">I. Nature de la Justice</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">1. Définition</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 2.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Saint Thomas a recueilli la définition de la justice qui était reçue par les théologiens dont il était l’héritier (<em>Somme
    théologique</em> II<sup>a</sup> II<sup>æ</sup>, q.&nbsp;LVIII, a.&nbsp;1)&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">«&nbsp;<em>Constans ac perpetua voluntas jus suum unicuique tribuens</em> — la volonté constante et perpétuelle attribuant (rendant) à
    chacun son dû.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Dans le même article saint Thomas met cette définition en forme&nbsp;: «&nbsp;<em>Habitus secundum quem aliquis constante ac perpetua
    voluntate jus suum unicuique tribuit</em> — Habitus par lequel (selon lequel) quelqu’un rend à chacun son droit (son dû) avec une volonté constante et perpétuelle.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La justice est donc une vertu, un habitus – c’est-à-dire une disposition stable, une habitude raisonnée, une perfection de la faculté
    modelée pour produire comme naturellement le bien – un habitus de la volonté, la déterminant à rendre toujours et partout son droit à chacun.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Si donc cette volonté est fluctuante (si par exemple elle dépend de l’humeur du jour ou de la prospérité)&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="margin-left: 18.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">… si elle est partielle (on ne rend qu’une partie du droit, dans l’ordre matériel par exemple, mais non pas en ce qui concerne la
    réputation du prochain)&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">… ou si elle est partiale (si on ne rend justice qu’à ses amis ou à ceux qu’on craint)&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">… alors la vertu n’existe pas.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">2. Objet</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’objet de la vertu de justice, c’est le juste. L’objet général de la volonté est le bien, tout bien. La vertu de justice détermine la
    volonté à s’appliquer de façon stable à ce bien considéré en tant qu’il est dû à autrui. Car le juste, c’est le bien dû à autrui, c’est le bien qui lui revient.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’objet de la justice, c’est donc <em>le bien d’autrui</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il y a donc deux éléments qui contribuent à constituer l’objet de la justice&nbsp;: l’<em>altérité</em> et la <em>dette</em>. Souvent,
    on en ajoute un troisième&nbsp;: l’<em>égalité</em>. En réalité, comme nous l’allons voir, l’égalité est une conséquence de l’altérité&nbsp;: c’est cette dernière qui constitue la nature intime
    de la justice.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il est bien évident que l’égalité entre ce qui est dû (la dette) et ce qui est rendu (l’acte de justice) entre dans la définition de la
    justice, qui a la même racine que <em>ajuster</em>. Mais la nature de l’égalité est en dépendance de la nature de l’altérité. L’égalité est la règle de l’accomplissement de la justice, de son
    exercice, mais elle n’est pas caractéristique de sa nature, ni le fondement de son obligation.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Pour l’instant, retenons ceci&nbsp;: l’objet de la justice est le bien dû à autrui.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">3. La dette</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Commençons par régler la dette — je veux dire par étudier cet aspect de la vertu. Il est nécessaire, pour qu’il soit question de
    justice que ce qui est dû le soit strictement (et qu’il soit ainsi pleinement <em>le bien d’autrui</em>). Strictement, cela signifie selon un titre objectif, dont la règle est extérieure à celui
    qui exerce la justice.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Quelque chose qui n’est dû que par convenance, ou qui est dû à un titre dont l’exigence est moindre que celle de la justice, n’est que
    l’objet d’une vertu annexe à la justice, une vertu qui ne réalisera qu’une <em>potentialité</em> de la justice, et que pour cette raison on appelle partie <em>potentielle</em>. Il n’y a là rien
    de péjoratif ni de méprisable, bien au contraire&nbsp;: les vertus annexes de la justice constituent tout le tissu d’une vie sociale vraiment humaine (et pas simplement réglée selon l’ordre
    matériel), parce qu’elles s’enracinent davantage dans une exigence intérieure que dans une nécessité matérielle.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Nous aurons ainsi&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;la véracité. Elle est la vertu qui – tant par nos paroles que par nos actes – nous fait montrer et dire ce que nous sommes et ce
    que nous pensons à notre prochain. La véracité concorde avec la justice parce qu’elle est <em>ad alterum</em> et qu’elle établit une certaine égalité, une certaine conformité. Mais elle s’en
    distingue parce qu’elle n’a pas pour objet un dû strict (un dû légal), mais un dû moral (ou de convenance) dont l’obligation se modifie avec les circonstances. Ainsi, s’il n’est jamais permis de
    mentir, on peut (parfois on doit) retenir ou cacher la vérité à l’égard de telle personne, dans telle occurrence etc. <em>Toute vérité n’est pas bonne à dire</em>, affirme le bon
    sens&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;et aussi la fidélité (aux promesses), la simplicité (dans les paroles et l’attitude), l’eutrapélie (vertu de la bonne humeur),
    la vindicte (disposition à venger la vérité, le bien et la vertu), la gratitude, la libéralité, l’affabilité, l’urbanité, la <em>comitas</em> et l’équité (justice supérieure, qui est comme la
    justice de la justice).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ce sont là des vertus <em>sociales</em>, en ce sens que leur objet est constitué par les rapports que nous entretenons avec autrui, et
    non par ces mêmes actes en tant qu’ils procèdent de nous (sous ce rapport, les actes relèveront de la prudence, de la patience, de la force etc.). Mais comme cet objet n’est pas un dû strict
    (selon une règle purement objective et externe), ces vertus sont annexées à la justice sans intégrer la vertu elle-même.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">4. L’altérité</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La dette, le fait que l’objet de la justice soit un bien dû, n’est en quelque sorte qu’une condition de la justice, car le bien est dû
    uniquement parce qu’il est <em>d’autrui</em>. Ce qui donc est beaucoup plus formel, constitutif de l’objet de la justice, c’est l’altérité, c’est-à-dire le fait que ce bien soit dû à autrui.
    L’altérité, c’est le caractère de ce qui est autre.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Comme pour la dette, commençons par éliminer. Il y a trois cas où le type d’altérité empêche que soit constituée une condition
    inhérente à la justice, à savoir <em>l’égalité</em>. En effet, la justice, comme son nom l’indique, exige qu’on ajuste le rendu au dû&nbsp;; elle veut qu’on rende à égalité.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Dans trois cas, parce que <em>l’autre</em> est notre principe, il est impossible de lui rendre à égalité ce que nous avons reçu de lui.
    Il est donc impossible d’exiger l’égalité (sinon on tombe sous l’adage&nbsp;: <em>summum jus summa injuria</em>) et il faut une vertu spéciale, annexée à la justice puisqu’il s’agit d’un dû
    strict, mais déficiente du point de vue de l’égalité, pour qu’on rende ce dû selon une mesure qui n’est pas quantitative mais morale (prudente).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;Le premier cas se rencontre quand l’«&nbsp;autre&nbsp;» est Dieu. Nous avons des devoirs stricts envers Dieu, nous lui devons un
    culte fait d’adoration, d’honneur, d’action de grâce, de soumission, d’humble demande. Mais jamais nous ne pourrons lui rendre tout le culte que nous lui devons, et comme nous le devons. La vertu
    qui nous incline, nous rectifie et nous stabilise dans le règlement de nos devoirs envers Dieu – la vertu de religion – est donc déficiente sous le rapport de l’égalité&nbsp;: elle n’est pas une
    justice au plein sens du terme, mais une partie potentielle de la justice.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;Le second cas se rencontre quand l’«&nbsp;autre&nbsp;» est nos parents, ou notre patrie terrestre, ou d’une façon plus large
    ceux qui ont été les instruments de Dieu dans le don de la vie, de l’éducation ou de la science. Nos devoirs envers eux sont l’objet de la vertu de piété, qui elle aussi ne peut atteindre à
    l’égalité&nbsp;: cela provient du fait que l’autre est notre principe. Ce qui est vrai <em>absolument</em> quand il s’agit de Dieu est encore vrai d’une façon subordonnée mais réelle et graduée
    quand il s’agit des parents ou de la patrie. Tout ce que nous pouvons leur rendre, tous les actes que nous accomplirons dans ce sens, tout cela procède d’eux d’une certaine façon. Pour leur
    rendre nos devoirs, nous utilisons ce que nous avons reçu d’eux, et donc là encore nous sommes insolvables.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Deux conséquences.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">a)&nbsp;Nous naissons débiteurs et débiteurs insolvables, tout comme nous naissons dépendants et héritiers. C’est la condition de la
    nature humaine, parce que celle-ci est reçue de parents et nous rend membre d’une société. Cette condition n’est pas un fardeau&nbsp;: elle est une gloire. Notre grandeur est de prendre place
    dans un ordre et dans une lignée&nbsp;; notre grandeur est de nous soumettre à plus grand que nous. Nous sommes des nains, certes, mais montés sur des épaules de géants. Cela n’a rien à voir avec
    le révolutionnaire, <em>self made man</em>, qui ne doit rien à personne (imagine-t-il).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">b)&nbsp;Nous ne pouvons pas rendre (à égalité). Mais nous pouvons (et nous devons) transmettre. Bien plus, <em>notre façon de rendre,
    c’est de transmettre</em>. Cela peut être vrai de la vie naturelle, de l’éducation, d’un patrimoine, de la langue maternelle – et plus encore de la foi et de la vertu chrétienne. Nous sommes
    débiteurs de ceux qui nous ont précédés, et aussi, à cause de cela, de ceux qui nous suivent. Cela n’a rien à voir avec le barbare qui dilapide tout et ne transmet rien.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;Le troisième cas où nous ne pouvons rendre à égalité est celui de la vertu d’observance. Son objet est ce que nous devons à nos
    chefs et à nos supérieurs&nbsp;; pour la même raison que les précédentes (bien qu’à un degré moindre), elle ne peut être qu’une justice imparfaite. Il faut entendre par là que l’observance est
    une vraie vertu, accomplissant l’exigence d’une véritable obligation, mais ne pouvant l’accomplir qu’imparfaitement, de façon déficiente par défaut d’égalité.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’observance n’est pas l’obéissance&nbsp;: alors que l’observance règle nos devoirs à l’égard de la <em>personne</em> des supérieurs,
    abstraction faite des ordres et commandements qu’ils peuvent donner, l’obéissance a comme objet le <em>précepte</em> du supérieur. L’observance considère le supérieur parce qu’il est supérieur,
    et non parce qu’il commande.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Après avoir donc «&nbsp;éliminé&nbsp;» ces trois justices imparfaites, qui pour cette raison ne portent pas le nom de <em>justice</em>,
    mais qui concordent cependant avec la justice parce qu’elles ont comme objet le bien d’autrui (l’honneur qu’on leur doit rendre), venons-en à la justice proprement dite.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ce préalable n’a pas été inutile, cependant, parce qu’il nous a manifesté de façon précise l’objet de la justice, et l’éminent rôle
    social de celle-ci&nbsp;: la justice est la trame de la vie en société. Nous le verrons mieux encore en exposant la…</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 30.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 0cm; text-align: center;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">II. Divisions de la justice</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">1. Principe</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ce qu’il y a de plus formel, de plus constitutif dans l’objet de la vertu de justice, ce qui spécifie cette vertu, ce qui lui donne sa
    nature propre, c’est l’<em>altérité</em>. Et donc autant il y aura d’espèces différentes d’altérité, autant il y aura d’espèces différentes de justices. Car, il faut le redire sans cesse, la
    distinction entre les vertus est objective, elle provient de leur objet – et non pas des personnes qui l’exercent, ni de leurs destinataires, ni de leur degré de nécessité ou d’obligation.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Autant d’«&nbsp;autres&nbsp;», autant de biens d’autrui, autant de justices.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Cela nous permet de caractériser sans délai la justice surnaturelle, cette justice qui est dans toutes les âmes en état de grâce (et
    uniquement en elles), cette justice qui place notre soin du bien d’autrui sous la dépendance de la charité théologale. Cette justice surnaturelle utilise la justice naturelle comme instrument,
    mais elle s’en distingue profondément.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-size: 12pt;"><a name="OLE_LINK2" id="OLE_LINK2"></a><a name="OLE_LINK1" id="OLE_LINK1"><span style="font-family: &quot;Book Antiqua&quot;;">2. La justice
    surnaturelle</span></a></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La justice surnaturelle ne se distingue pas de la justice naturelle uniquement parce qu’elle procède de la grâce, parce qu’elle est
    informée par la charité qui la rend méritoire, parce qu’elle est ordonnée à la fin surnaturelle de l’homme. Tout cela demeure extrinsèque. La justice surnaturelle a un objet autre que la justice
    naturelle, parce qu’en régime surnaturel l’altérité est tout à fait différente. Comme le dit l’Apôtre saint Paul, «&nbsp;nous sommes membres les uns des autres&nbsp;»
    (Éph.&nbsp;IV,&nbsp;25).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">En régime surnaturel, l’«&nbsp;autre&nbsp;» n’est pas un étranger parce qu’il fait partie du même corps, ou il est appelé à en faire
    partie&nbsp;: le Corps mystique de Jésus-Christ. Il fait partie, ou il est appelé à faire partie, de la Communion des saints. Voilà la différence spécifique, la distinction objective, entre la
    justice naturelle et la justice surnaturelle.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Mais cette différence essentielle entre la justice naturelle et la justice surnaturelle <em>n’affecte pas la règle de la justice</em>,
    la dette, qui peut demeurer, et demeure en fait, matériellement identique.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La première conséquence est que nous distinguons mal, psychologiquement parlant, entre ces deux justices&nbsp;; mais cela ne doit pas
    nous dissuader de les radicalement distinguer.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La seconde conséquence est que cela rend tout à fait possible le développement d’une doctrine sociale qui soit simultanément règle de
    la justice surnaturelle et de la justice naturelle&nbsp;: au moins en certains domaines qui ne supposent pas intrinsèquement la Révélation divine. Il peut donc y avoir (et de fait il y a) une
    doctrine sociale de l’Église qui est connaissable et applicable naturellement – et qu’un chrétien doit vouloir et appliquer surnaturellement. Il y a (aussi) une fonction apologétique de la
    doctrine sociale de l’Église.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Pour l’instant, revenons à la justice «&nbsp;générique&nbsp;», dont la nature sera déterminée par le bien d’autrui, et donc par
    l’altérité.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: &quot;Book Antiqua&quot;;">Note au passage.</span></em> <span style="font-family: &quot;Book Antiqua&quot;;">C’est donc par un abus de
    langage qu’on parle de «&nbsp;se rendre justice à soi-même&nbsp;» ou autres choses de ce genre. Notre bien propre n’est pas objet de justice (ni d’une vertu annexe comme la loyauté etc.), ou
    alors il faut faire une fiction et se traiter soi-même comme un étranger&nbsp;: on n’est plus alors dans le domaine de la vertu.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">3. Les deux justices</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">On distingue habituellement, et de façon très opportune, la justice <em>générale</em> (ou <em>légale</em>, ou <em>sociale</em>) et la
    justice <em>particulière</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La justice générale est celle dont l’objet est le <em>bien commun</em>. L’objet de la justice particulière est le bien particuliers, le
    bien des particuliers (ou d’une société considérée comme une entité particulière parce qu’on y est étranger).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ces deux justices se distinguent d’une façon tout à fait formelle, essentielle.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Un particulier – un étranger pourrait-on dire – est <em>autre</em> purement et simplement, <em>simpliciter</em>. Tandis que la société
    dans laquelle nous vivons ne nous est pas étrangère puisque nous lui appartenons, nous en sommes quelque chose, nous en sommes partie prenante et subordonnée.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La société ne se distingue pas de ses membres comme deux membres se distinguent entre eux&nbsp;; la société n’est pas autre que
    moi-même comme mon voisin est autre que moi.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Prétendre le contraire – et donc ne pas distinguer formellement entre la justice générale et la justice particulière – revient à
    hypostasier la société, à en faire un être qui subsiste en lui-même, <em>per se</em>, en dehors de ses membres. Cette erreur de principe peut avoir de très graves conséquences, le totalitarisme
    par exemple.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il y a donc une justice générale et une justice particulière, caractérisées par leur objet&nbsp;: Bien commun&nbsp;/&nbsp;bien
    particulier.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">3. Les deux justices particulières</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">À l’intérieur de la justice particulière, on distingue aussi généralement, et fort justement, la justice <em>commutative</em> et la
    justice <em>distributive</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">On ajoute souvent qu’elles se distinguent parce que la justice commutative règle les rapports de particulier à particulier, tandis que
    la justice distributive règle les rapports entre la société et ses membres. Ce n’est pas faux, mais ce n’est qu’une description, déficiente parce qu’elle ne va pas aux raisons des choses. En
    effet, elle distingue ces deux justices en raison du débiteur et non pas en raison de l’objet. Or les vertus, ou les espèces à l’intérieur d’une vertu, se distinguent objectivement, c’est-à-dire
    en raison de leur objet.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La différence essentielle entre la justice commutative et la justice distributive se trouve donc dans leur objet. En justice, il s’agit
    toujours du bien d’autrui&nbsp;; et en justice particulière de cet autrui qu’est un individu.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Quand on parle du bien d’un particulier, le bien qui lui revient se détermine de deux façons&nbsp;; cela engendre deux biens d’autrui
    différents, et donc deux espèces de justices particulières différentes. Dans les deux cas, cette justice est vraiment particulière, parce que ce particulier n’est considéré que comme un autre, et
    le bien qui lui est dû ne lui est dû qu’à ce titre. Voyons ces deux cas.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;Un particulier peut se poser comme un <em>autre</em> par le seul fait qu’il entre en relation avec un autre particulier&nbsp;:
    échange, promesse, dommage causé… on voit bien que ces relations commutatives doivent sauvegarder le bien de l’autre dans la mesure où l’on se pose et s’oppose comme tel&nbsp;: le <em>medium
    rei</em>, constitutif du juste, se prend absolument <em>ad rem&nbsp;</em>; il est déterminé uniquement par le fait qui fonde et mesure la dette. Voilà la justice commutative.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;Mais tout individu s’insère dans un ordre social, il y agit, il en reçoit. Le bien concret d’un particulier englobe certains
    éléments qui tiennent à son rang dans la société, à sa dignité, à ses capacités, à ses mérites. Certes, tout cela intéresse le bien commun – tout comme d’ailleurs chaque bien particulier même
    considéré individuellement. Mais nous ne considérons pour l’instant que ce bien particulier pour lui attribuer ce qui lui est dû. Or ce bien particulier ne peut être correctement apprécié que si
    l’on tient compte de son personnage social&nbsp;: le <em>medium rei</em> se mesure à ce moment-là, non pas uniquement à la chose, mais aussi au personnage&nbsp;: <em>medium rei ad personam</em>.
    Voilà constituée la justice distributive.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Elle n’est donc pas l’apanage exclusif du prince ou de l’État, mais doit être exercée par tous ceux qui détiennent une parcelle
    d’autorité sociale, par tous ceux donc qui doivent considérer la situation sociale de leur prochain de façon spéciale, par tous ceux qui ont le pouvoir de modifier les conditions de la vie
    sociale de quelques-uns de leurs semblables, c’est-à-dire par exemple par ceux qui sont maîtres de l’usage de l’argent, du crédit, de l’opinion publique. C’est donc à peu près par tout le monde
    qui est tenu de procéder à de justes distributions en considérant chez les autres – il s’agit toujours de particuliers – leur dimension sociale, leur dignité, leur personnage.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Voilà pour la justice distributive, spécifiquement différente parce que distinguée par l’altérité&nbsp;: l’autre est autrement autre si
    on le considère intégré à une place particulière dans la société, ou méritant d’être à telle place. Ce type d’altérité va commander un type d’égalité qui ne sera plus une égalité dans la chose
    (<em>medium rei</em>) mais une proportion au personnage (<em>medium rei ad personam</em>).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La justice distributive n’est donc pas une «&nbsp;redistribution des richesses&nbsp;» (définition socialiste de l’impôt), ni une
    «&nbsp;réduction des inégalités&nbsp;» (utopie qui sert de vecteur et de paravent à la dissolution sociale révolutionnaire), ni l’érection d’une caste dominante&nbsp;: elle est, pour le bien
    commun et pour le bien de chacun des membres de la société, une juste participation aux biens de la communauté pour utiliser les compétences, pour récompenser les mérites, pour réprimer les
    méchants, réprimander des coupables, châtier les crimes.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">4. Ouverture sémantique</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Dans les documents pontificaux récents, depuis Léon&nbsp;XIII et Pie&nbsp;XI, on sent que le terme de justice sociale (introduit dans
    le vocabulaire catholique par le Père Taparelli d’Azeglio dans son <em>Essai théorique de droit naturel</em> paru en 1840 comme un équivalent de justice générale ou légale) tend à désigner
    conjointement la justice générale et la justice distributive&nbsp;: non point en confondant ces deux justices (ce qui serait désastreux) mais en prenant acte du fait que ce sont les deux seules
    vertus qui concernent <em>directement</em> le bien commun (la justice générale en tant qu’il est son objet spécificateur, la justice distributive en tant qu’il est son sujet) et que ces deux
    vertus ont une affinité particulière puisqu’elles «&nbsp;travaillent&nbsp;» en sens inverses. La justice générale va du bien particulier vers le bien commun&nbsp;; la justice distributive va du
    bien commun vers le bien particulier.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 30.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 0cm; text-align: center;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">III. La justice générale</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">1. Son objet</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il est nécessaire de s’arrêter un peu à la justice générale, parce qu’elle est souvent méconnue des catholiques. On fait grande
    attention à la justice commutative (et on a raison de le faire) en réglant ses dettes, en respectant les contrats, en réparant les dommages causés, en versant les salaires, en sauvegardant le
    bien d’autrui, en soignant et rendant ce qu’on a reçu en prêt etc. Malgré les discours égalitaristes, on garde une idée comme instinctive de la justice distributive et de ses exigences, mais sous
    l’influence de l’individualisme libéral, par peur des totalitarismes, on méconnaît ou l’oublie la justice générale.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La justice générale est donc celle qui règle les rapports des hommes avec la société, et d’une façon plus précise avec la cité
    politique dont ils sont membres.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">On l’appelle générale parce qu’elle a comme objet le bien général. Il ne faut pas confondre le bien général (opposé au bien
    particulier) et le bien <em>en</em> général, qui est l’objet de la volonté. C’est une confusion qu’on rencontre parfois, et qui rend incompréhensible la doctrine sociale de l’Église.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Cette justice s’appelle générale également parce qu’elle s’applique à la généralité des actes humains – qui tous, peu ou prou,
    directement ou indirectement, doivent être ordonnés au bien commun.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Elle se nomme légale, parce que c’est le rôle propre de la loi (naturelle ou positive) d’ordonner les actes humains au bien commun.
    Légale ne signifie pas qu’elle est la vertu du <em>seul</em> législateur&nbsp;: la justice légale est la vertu du législateur qui édicte des lois justes et celle du sujet qui obéit à ces
    lois.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">On l’appelle encore justice sociale, parce qu’elle est la vertu qui regarde directement la société comme telle.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’objet de la justice générale est le bien commun&nbsp;: bien de la communauté et communauté du bien. La justice générale ordonne tous
    les actes humains de telle façon qu’ils y concourent efficacement en rendant à la société ce qu’on lui doit, comme la partie est ordonnée au tout.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">2. Nature et primauté du bien commun</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Dieu a créé l’homme avec une nature sociale. Non seulement un homme ne peut pas venir au monde ni subvenir aux nécessités matérielles
    sans une société au moins élémentaire, mais il ne peut pas vivre d’une vie <em>humaine</em> ni atteindre sa perfection sans organiser la vie en société, ou tout au moins sans bénéficier d’une
    société organisée.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">À partir de la famille, société fondamentale et naturelle, et par un emboîtement de corps intermédiaires (comme la commune ou le
    métier), les hommes forment la <em>Cité</em>, société à l’état parfait (autonome et stable). Cette société politique est gouvernée par un chef, régie par des lois, spécifiée par le bien commun
    temporel. Ce bien est le bien commun, présentant un certain caractère absolu, objet de la vertu de justice générale – vertu majeure et architectonique dans l’ordre naturel.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’homme atteint donc sa perfection naturelle dans le bien commun, qui est <em>un bien à réaliser et à posséder en commun</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Génériquement et fonctionnellement, le bien commun est l’<em>état de justice</em> dans lequel les hommes doivent se placer pour vivre
    selon l’exigence et la plénitude de la nature humaine&nbsp;: c’est la vie en société organisée, hiérarchisée et finalisée selon la raison, incluant un <em>habitus social</em> de communauté et
    d’échanges de biens de l’esprit et de services matériels&nbsp;: échanges entre générations, échanges entre voisins, échanges entre toutes les parties complémentaires de la société.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">«&nbsp;Le bien commun de la société l’emporte sur tout autre intérêt&nbsp;; car il est le principe créateur, il est l’élément
    conservateur de la société humaine&nbsp;; d’où il suit que tout vrai citoyen doit vouloir le procurer à tout prix&nbsp;» Léon&nbsp;XIII, <em>Notre consolation</em>, 3 mai 1892.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">3. Contenu du bien commun</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ce bien commun se déploie, selon la gradation de l’être, en conditions, fonctions et perfection.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il établit des <em>conditions</em>&nbsp;: «&nbsp;Le bien commun, c’est-à-dire l’établissement de conditions publiques normales et
    stables, telles qu’aux individus aussi bien qu’aux familles il ne soit pas difficile de mener une vie digne, régulière, heureuse selon la loi de Dieu&nbsp;: ce bien commun est la fin et la règle
    de l’État et de ses organes&nbsp;» (Pie&nbsp;XII, <em>Allocution</em> du 8 janvier 1947).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il réalise des <em>fonctions</em> que l’homme ne peut légitimement et efficacement accomplir qu’en société&nbsp;: promulguer des lois,
    rendre la justice, exercer un haut domaine sur les biens.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’homme étant tenu au culte du vrai Dieu en tout son être – en son corps et en son âme, et dans sa «&nbsp;dimension sociale&nbsp;» – un
    des éléments constitutifs du bien commun est la possession commune et pacifique de la <em>vraie religion</em>, et l’exercice public du culte que Dieu attend ou que, s’il vient à manifester
    quelque chose de positif à cet égard, Dieu demande et ordonne.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Enfin, le bien commun est la <em>plénitude d’être</em> de la société&nbsp;: en cela il est perfection des membres et objet de vertu
    générale. Il consiste dans l’ordre même de la société&nbsp;; il est pour chacun la vie sociale elle-même, la subordination à un tout plus grand que chacun des membres, l’intégration à un ordre où
    le bien produit par chacun est communicable à tous, où les qualités et compétences de chacun trouvent leur utilité et leur achèvement.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ces trois aspects complémentaires ne font pas trois biens distincts, car le bien commun est l’objet d’une vertu <em>une</em>&nbsp;: la
    justice générale.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Voilà pourquoi Aristote dit que le bien commun, c’est de <em>vivre selon la vertu</em>&nbsp;: avec les notes de bonté diffusée, de
    force active, de stabilité et de constance que cela comporte.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Cela n’est jamais parfaitement réalisé ni achevé ici-bas&nbsp;; mais cette perpétuelle défectuosité ne dispense pas d’y travailler à sa
    place et efficacement, en se comportant en membre de la société et en se soumettant aux lois communes. Cependant cela ne suffit pas&nbsp;: puisque pour la volonté la fin a raison d’objet, il faut
    tendre à procurer la totalité du bien commun, même si l’on n’en doit voir qu’une ébauche effectivement réalisée (et humainement il en sera toujours plus ou moins ainsi).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ainsi le bien commun, qui finalise et spécifie la cité politique, n’est pas seulement ni premièrement un bien utile (la prospérité
    générale, la paix publique…)&nbsp;; il est <em>un bien honnête</em>, bon en lui-même et digne d’être poursuivi pour lui-même parce qu’il est conforme à la nature humaine, parce qu’il est la
    vérité de la nature humaine dans sa perfection, dans sa complétude.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">«&nbsp;C’est pour procurer effectivement aux individus et aux familles ce bien commun qui implique mais qui dépasse singulièrement la
    simple prospérité économique, que les pouvoirs publics, quel que soit le régime politique, reçoivent du Créateur leur autorité&nbsp;» C<sup>al</sup> Pacelli, 12 juillet 1933.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">4. Bien commun intrinsèque et extrinsèque</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">À strictement parler, le bien commun de la Cité est son bien <em>intrinsèque</em>&nbsp;: il est produit par la société (par les hommes
    vivant en société) et demeure en elle&nbsp;; les hommes y participent et en jouissent dans la mesure où ils sont vrais membres de la société.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il est aussi un bien commun <em>temporel</em>. Vivre en société pour mener une vie <em>vraiment humaine</em> est une nécessité
    naturelle. Mais c’est une nécessité limitée au temps de la vie terrestre&nbsp;: ce n’est pas qu’il n’y aurait plus de nature sociale après la mort, mais la société telle que nous la connaissons
    et telle que nous la devons bâtir n’accompagne pas l’homme au-delà de la mort.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La fin de la Cité est une fin à réaliser ici-bas. Or chacun des membres de la société a une fin qui n’est pas limitée au temps&nbsp;;
    et cette fin, c’est Dieu. Dieu est donc la fin commune de tous les membres de la Cité, mais il n’est pas une fin commune <em>à réaliser</em>. Dieu est un bien commun aux membres, communicable à
    tous, un bien à honorer et servir en commun, mais Dieu n’est pas un bien intrinsèque à la société, produit par elle ou en elle.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Dieu est le bien commun <em>extrinsèque&nbsp;</em>: un bien qui finalise la société sans être produit par elle, un bien qui lui demeure
    externe tout en étant immanent à ses membres.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">«&nbsp;La fin de la multitude rassemblée en société est de vivre selon la vertu. En effet, les hommes se réunissent pour mener en
    commun une vie bonne, but que ne peut atteindre l’homme isolé. Or la vie bonne, c’est la vie selon la vertu. Vivre selon la vertu, telle est donc la fin de la société humaine. […] Puisque
    l’homme, en vivant selon la vertu, est ordonné à une fin ultérieure qui consiste en la jouissance de Dieu, il faut que la société humaine ait une fin identique à la fin personnelle de
    l’homme&nbsp;: la fin dernière de la société n’est donc pas la vie vertueuse mais, par cette vie vertueuse, de parvenir à la jouissance de Dieu&nbsp;» Saint Thomas d’Aquin, <em>De Regimine
    principum</em>, I, 14.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">5. Bien commun et ordre surnaturel</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Pour l’exercice réel, efficace, concret de la justice générale, il importe d’examiner, en ce qui concerne le bien commun, l’impact de
    l’élévation de l’homme à l’ordre surnaturel&nbsp;; cet impact peut s’établir selon la loi générale énoncée par le R.&nbsp;P. M.-L. Guérard des Lauriers&nbsp;: «&nbsp;L’ordre surnaturel assume en
    structure et transpose en excellence l’ordre naturel.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">L’élévation de l’homme à l’ordre surnaturel ne modifie pas essentiellement le bien commun temporel ni la primauté dont il jouit dans la
    hiérarchie des biens naturels.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Cette élévation a cependant une <em>triple incidence</em>&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;Dieu est bien commun extrinsèque à un titre infiniment supérieur, puisqu’il fait bien plus que communiquer l’ordre dont il est
    principe et la fin&nbsp;: il fait participer à sa vie intime, par la grâce ici-bas, dans la gloire au Ciel&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;le plus grand bien que l’homme puisse atteindre directement pendant cette vie terrestre n’est plus le bien commun temporel,
    puisqu’il existe la vertu de charité dont Dieu même est l’objet. Cette vertu devient donc architectonique, sans ôter à la justice générale son caractère unificateur&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;le culte du vrai Dieu devient un culte surnaturel dont la forme est directement déterminée par Dieu et confiée à son Église,
    qu’il institue comme société parfaite. Le bien commun, sans perdre sa spécificité, inclut la reconnaissance de la Royauté sociale de Jésus-Christ ainsi qu’un statut souverain pour
    l’Église.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">6. Les actes de la justice générale</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Ce bien commun, la justice générale va le procurer de deux façons&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;d’une façon générale, en ordonnant au bien commun les actes des autres vertus, en orientant la vie humaine vers ce bien commun,
    en inclinant la volonté à le rechercher en toute chose, en impérant tous les actes nécessaires pour la réalisation de ce bien commun&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">–&nbsp;d’une façon plus spéciale, en accomplissant les actes qui lui sont propres – les actes qui n’existent que parce que les hommes
    vivent en société, et qui ne relèvent d’aucune autre vertu – en élicitant ces actes qui concourent directement au bien commun.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Autrement dit, la justice générale a, dans l’ordre naturel, un rôle analogue à celui de la charité dans l’ordre surnaturel. De même que
    la charité ordonne tous les actes humains à l’amour de Dieu notre fin dernière en impérant les actes des autres vertus et en élicitant les actes qui lui sont propres (aumône, correction
    fraternelle etc.), de même la justice générale ordonne la vie humaine au bien commun et produit des actes spécifiques.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6.0pt; margin-left: 0cm; text-align: justify; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">7. Justice et prudence</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La vertu de justice, ayant comme sujet la volonté, est une vertu <em>aveugle</em>. Son objet est de réaliser le bien en rapport avec
    autrui, mais elle ne peut par elle-même connaître ce bien, qu’il soit un bien particulier ou le bien commun. Le <em>juste</em> est connu par la raison, alors que la justice est une inclination de
    la volonté. Le juste est un opérable, un bien à réaliser, il relève donc de la raison pratique, de la raison en tant qu’elle dirige l’action. La raison pratique est déterminée et rectifiée par la
    vertu de <em>prudence</em>, sans laquelle aucune vertu morale n’est possible.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Le bien commun relève donc aussi (et d’abord) de la prudence&nbsp;: de la prudence <em>royale</em> chez le chef, de la prudence
    <em>politique</em> chez le subordonné. La vertu de justice générale est donc nécessairement précédée de la prudence. Cette vertu considère les moyens concrets à mettre en œuvre – compte tenu des
    possibilités, des circonstances et des leçons de l’expérience – pour les ordonner et les ajuster à la fin, pour qu’ils concourent à procurer le bien commun temporel&nbsp;; et elle les met
    effectivement en œuvre avec ajustement permanent et persévérance.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: &quot;Book Antiqua&quot;;">Summum jus, summa injuria</span></em><span style="font-family: &quot;Book Antiqua&quot;;">. Cet adage est
    vrai de la justice dans toute son étendue, parce que celle-ci est une vertu morale qui doit se tenir dans le juste milieu. Cela est spécialement vrai de la justice générale. Étant dirigée par la
    vertu de prudence, la justice n’applique pas les règles du droit avec une rigueur mathématique&nbsp;: ce serait inhumain, et donc immoral.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Il faut connaître ce qui est juste, ce qui est le droit&nbsp;: la philosophie sociale nous en donne une formulation abstraite et
    générale indispensable, partout valable, qui ne fait d’ailleurs qu’expliciter la loi naturelle, le Décalogue. La vertu de justice dispose la volonté à vouloir, d’une manière habituelle et
    constante, ce qui est juste. Mais pour le réaliser dans la société, la vertu de justice isolée ne suffit pas car, comme le disait Pie&nbsp;XII le 10 octobre 1953&nbsp;: «&nbsp;les exigences de la
    justice sociale sont partout les mêmes dans leur formulation abstraite, mais leur forme concrète dépend aussi des circonstances de temps, de lieu et de culture&nbsp;» (discours aux
    experts-comptables).</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 18.0pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 0cm; text-align: center;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Conclusion</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">Dans l’encyclique <em>Quadragesimo Anno</em>, le Pape Pie&nbsp;XI affirme la nécessité des deux réformes&nbsp;: la réforme des
    institutions et la réformes des mœurs. Toute l’encyclique est bâtie sur cette double exigence. C’est dans la vertu de justice que ces deux réforment trouvent leur nécessaire unité et harmonie. On
    ne peut en effet les dissocier, comme l’affirme Pie&nbsp;XII dans son discours du 14 mai 1953&nbsp;: «&nbsp;Ils se trompent donc ces catholiques promoteurs d’un nouvel ordre social qui
    soutiennent&nbsp;: tout d’abord la réforme sociale, puis on s’occupera de la vie religieuse et morale des individus et de la société. On ne peut en réalité séparer la première chose de la
    seconde, parce qu’on ne peut désunir ce monde de l’autre, ni diviser en deux parties l’homme qui est un tout vivant.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La vertu de justice est uniment accomplissement extérieur et perfection intérieure. Si on la réduit à n’être qu’un perfectionnement
    intérieur, elle n’a plus d’objet et sombre dans le néant. Si on la réduit à sa règle extérieure, elle tourne à l’idéologie&nbsp;; c’est la prétendue justice des technocrates et des
    révolutionnaires.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt; line-height: 15.0pt; mso-line-height-rule: exactly;">
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">La restauration de l’ordre social est donc celui de la justice vraie, c’est-à-dire la justice vertueuse, la justice du bien
    commun&nbsp;: car elle est simultanément réforme des institutions et réforme des mœurs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: 'Book Antiqua'; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 19 Jan 2012 11:36:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f3114541f9350dba35de52ce26bc21d3</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-la-vertu-de-justice-coeur-de-la-doctrine-sociale-de-l-eglise-97446214-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Travail, devoir d’état, bien commun, corporation, contemplation]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-travail-devoir-d-etat-bien-commun-corporation-contemplation-57084356.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 0cm; text-align: center; tab-stops: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="color: #3366ff;">Notes décousues</span></em></span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Selon la nature que nous avons reçue de Dieu, l’intelligence humaine est d’abord contemplative (c’est-à-dire faite pour
    connaître la vérité et s’y reposer) et ensuite pratique (c’est-à-dire faite pour penser, organiser et diriger l’action). De ce fait, c’est la nature humaine tout entière qui est vouée en premier
    à la contemplation.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Cette primauté de la contemplation était encore renforcée au paradis terrestre<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; cela était dû à l’élévation de l’intelligence par la foi, à l’intimité avec Dieu (<em>à la brise du soir</em>…) et à l’exemption des maux dont la prévention
    et la guérison sollicitent au premier chef l’action humaine.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;"><em>Patatras</em>&nbsp;! Voici que le péché originel vient bouleverser tout cela. L’homme perd la grâce sanctifiante, il perd
    l’intimité de Dieu, il perd son immunité des maux d’ici-bas.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">L’anarchie s’introduit en lui<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: le désordre des passions voue l’homme à une
    lutte intérieure sans fin, lutte qui le détourne de consacrer le meilleur de ses forces à la connaissance de la vérité.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Et puis il est condamné au travail (il doit gagner son pain à la sueur de son front) et vaincre la nature extérieure qui lui
    est devenue ordinairement hostile.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Plus exactement, le travail lui est devenu pénible, il lui mange son temps, il le courbe vers la terre et le rive aux choses
    matérielles, il le détourne de la contemplation des vérités éternelles<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: c’est d’ailleurs pour rappeler à l’homme sa condition première et lui
    ménager la possibilité d’accomplir sa vocation éternelle que Dieu institue le repos hebdomadaire du sabbat puis du dimanche.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Ce châtiment de Dieu (comme tous ses châtiments ici-bas) est miséricorde, et ce travail pénible devient un grand moyen de
    sanctification<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: l’exercice du devoir d’état quotidien.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">La Rédemption, en restaurant d’une manière bien meilleure ce qui a été perdu par le péché, n’efface pas la nouvelle condition
    terrestre de l’homme<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: la mort, la souffrance et la concupiscence ne seront définitivement détruites qu’à la résurrection des corps – et chez les
    élus uniquement.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Voici donc l’état dans lequel nous nous trouvons ici-bas. Notre vocation surnaturelle n’a jamais été perdue<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; la grâce qui permet d’accomplir cette vocation, est rendue à ceux qui sont surnaturellement unis à Jésus-Christ<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; le travail est naturel (c’est-à-dire conforme à la nature et la perfectionnant)<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; son aspect pénible et
    courbant vers la terre est châtiment (c’est-à-dire dur à la nature et la détournant de la contemplation)<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; pour qui se soumet à la volonté de Dieu
    et lutte contre cette courbure, il est en un puissant instrument de la miséricorde divine et l’occasion d’immenses mérites.</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: center; tab-stops: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">*</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: center; tab-stops: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">*<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> *</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Il est nécessaire que l’homme ait un devoir d’état<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: c’est conforme à sa
    condition, c’est l’expression concrète et quotidienne de la volonté de Dieu<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; c’est la condition de la régularité sans laquelle il n’y a ni vie
    spirituelle, ni intellectuelle, ni vie tout court – il suffit de penser à l’épreuve <em>morale</em> qu’est le chômage<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; à la [rare] force de
    caractère qu’il faut à celui qui est trop maître de son temps.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Il est inévitable que ce devoir d’état soit une pénitence<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: il porte avec lui
    fatigue, souffrance, routine fastidieuse, soucis etc. C’est la conséquence du péché originel, et c’est salutaire.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Mais pour que ce soit vraiment salutaire, il faut que ce devoir d’état élève l’homme, il faut qu’il lui rende quelque chose
    de la primauté de la contemplation perdue et pourtant nécessaire<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; pour que ce soit salutaire, il faut que ce devoir d’état soit, à l’instar des
    châtiments de Dieu sur cette terre, une miséricorde, une rédemption pour la nature.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Ce devoir d’état n’est pas suffisant, ni satisfaisant, ni bienfaisant, s’il n’apporte pas avec lui l’épanouissement, la
    stabilité, la sagesse.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Autrement dit, il est néfaste que ce devoir d’état ne soit qu’un <em>emploi</em> et non pas un véritable <em>métier</em>.
    Certes, un emploi, c’est mieux que rien<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; mais cela ne remplit qu’une partie du rôle du devoir quotidien (gagne-pain, régularité)<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; et ce demi-rôle est gros de danger parce qu’il laisse la nature à terre, peu propre à s’épanouir et à être l’instrument de la grâce.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Chacun donc devrait pouvoir exercer d’un métier qu’il trouve <em>beau</em>, c’est-à-dire tourné vers le bien et en harmonie
    profonde avec lui-même, chacun devrait pouvoir en jouir.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Un métier prolonge et enrichit la personnalité<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; un métier est apte à être la
    véritable propriété de celui qui l’exerce – d’où stabilité et participation réelle au bien commun<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; un métier apporte avec lui la connaissance des
    choses et des gens, l’expérience de la nature des choses, et au bout du compte la sagesse (qui n’a jamais joui de la conversation d’un vieil artisan empli d’une savoureuse sagesse<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>?)</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Une société libéralo-socialiste (ou socialo-libérale) assassine les <em>métiers</em><span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: elle établit des conditions qui les asphyxient du point de vue économique<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; elle les empêche de s’organiser
    eux-mêmes selon leurs propres règles<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; elle fait éclater par la lutte des classes<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; elle les vide de
    leur âme<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; elle dynamite au lieu de dynamiser.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Et à la place, elle propose ou ne suscite que des <em>emplois</em><span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: des
    emplois précaires, ou des emplois sans objet digne ou sans avenir, ou uniquement tournés vers l’argent. C’est un des grands malheurs du monde contemporain, un terrible appauvrissement que
    l’abondance matérielle ne compense pas et cache bien mal. Cette société, si elle peut aller au bout de ses principes, n’est que l’organisation d’un esclavage permanent.</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: center; tab-stops: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">*</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: center; tab-stops: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">*<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> *</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Mais comment donner à chacun un métier, ou plus exactement comment lui donner les conditions de trouver, d’apprendre,
    d’exercer, de posséder vraiment un métier<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>? Telle est la question.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">La réponse lui a été donnée par Pie&nbsp;XII le 31 janvier 1952&nbsp;: «<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>La
    corporation est le programme social de l’Église<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>».</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Le mot <em>corporation</em> a très mauvaise presse, et pourtant il n’est guère de point de sa doctrine sociale et politique
    sur lequel l’Église ait davantage insisté.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">On peut donner à ce mot un sens large et transitif, celui d’acte de <em>corporer</em>, de constituer un corps organisé,
    unifié, finalisé.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">On peut lui donner un sens strict<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: l’organisation de la vie professionnelle
    selon la diversité et la complémentarité des métiers (et non selon les classes).</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">La parole de Pie&nbsp;XII s’entend dans les deux sens. Car la société n’est pas une synthèse de contradictoires (opposition
    des classes, des idéologies, des intérêts) mais un corps dont l’unité (et l’harmonie, et la paix) repose sur la finalité naturelle et, par là, surnaturelle.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Le rôle de la corporation est donc d’organiser la société – particulièrement dans la vie professionnelle et économique –
    selon un principe d’unité intermédiaire (la communauté d’intérêt à l’intérieure d’une profession) en vue d’une l’unité première (le bien commun de la cité).</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Les corporations ne sont pas une émanation de l’État (ce serait une administration de plus<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>!) mais des gens de métier eux-mêmes. L’État doit encourager, approuver, donner un statut de droit public aux corporations, et se réserver le rôle d’arbitre –
    qu’il ne pourra tenir avec équité que s’il n’est pas partie prenante.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Une corporation comporte tous les membres d’une profession (employeurs, cadres, ouvriers)<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; elle n’est donc pas un syndicat professionnel<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; elle choisit elle-même ses représentants, elle élabore ses
    constitutions, elle organise l’apprentissage, elle définit les règles de la déontologie et de la concurrence<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: voilà une garantie de compétence, de
    diversification, de réalisme au fur et à mesure que la profession évolue.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">La doctrine de l’Église sur la corporation de la société – et sa conséquence prochaine qu’est l’organisation des corporations
    professionnelles – a été abondamment développée par les Papes, notamment de Léon&nbsp;XIII à Pie&nbsp;XII. Elle est cependant demeurée bien inconnue à cause de l’ignorance et de l’indocilité des
    catholiques, à cause aussi des idéologies développées sous l’influence délétère de l’Action catholique.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Car le propre des corporations, c’est d’exclure les idéologies et la lutte des classes, pour structurer la société selon le
    principe d’une unité organique et du principe de subsidiarité – principe selon lequel on doit laisser à chaque niveau de hiérarchie ce qui est de sa compétence et de sa responsabilité, car il a
    une véritable injustice à transférer le soin de cela à un niveau supérieur.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Alors évidemment la société pétrie de libéralisme (il faut tout déréglementer…) et de socialisme (l’État doit tout
    réglementer…) ne peut voir d’un bon œil l’organisation d’une profession effectuée par les gens de la profession elle-même.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Et, pour revenir à l’objet premier de ces notes, c’est en cela qu’elle donne une véritable propriété du métier à ses membres,
    qu’elle peut en assurer la stabilité bien mieux qu’une entreprise, isolée et fragile.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Seule la corporation permet de résoudre cette apparente contradiction<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: d’une
    part, le contrat de travail (dont la contrepartie est le salaire) est un contrat qui ressortit à la justice commutative stricte (travail contre salaire)<span style=
    "mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>; d’autre part, le travail humain dépasse le salaire, sa valeur ne peut s’y réduire.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">Du fait de son travail, le salarié appartient à une corporation organiquement liée aux autres corporations et à toute la vie
    économique et sociale<span style="mso-font-width: 66%;">&nbsp;</span>: il participe donc (en donnant et en recevant) au bien commun de la cité.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'book antiqua', palatino;">On voit donc que la corporation professionnelle contribue (de façon forte et plus ou moins irremplaçable) à faire d’un
    travail un véritable métier. Sous l’autorité qui a en charge le bien commun et les lois par lesquelles elle l’assure, aidé par la stabilité du droit de propriété et de la justice publique, dans
    la paix et la douceur de la vie familiale et la rigueur de l’éducation… cette propriété du métier contribue à rétablir la primauté de la contemplation que le péché avait malmenée et
    empêchée.</span>
  </p>
  <p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 6pt; margin-left: 0cm; text-indent: 14.2pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12.0pt; font-family: &quot;ACaslon Regular&quot;; mso-bidi-font-style: italic;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Ce règne de la vérité et de la sagesse
    concourt à la perfection de chacun, et constitue un socle solide sur lequel la vie surnaturelle peut germer, peut faire régner Jésus-Christ et la charité divine, et peut monter jusqu’au
    Ciel.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 15 Sep 2010 06:47:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f4d0815f04f6e386d73cc779b6f2ddef</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-travail-devoir-d-etat-bien-commun-corporation-contemplation-57084356-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Vehementer Nos]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-32447601.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Lorsqu'en 1905 la République française, persécutrice et antichrétienne à souhait, rompit ses engagements à l'égard
  de la sainte Église catholique et décréta la séparation de l'Église et de l'État, le Pape saint Pie X</span> <span style="font-family: book antiqua,palatino;">réagit avec vigueur et promptitude :
  pour condamner les impies ; et pour éclairer et fortifier les catholiques dont beaucoup étaient marqués par le libéralisme et prêts à tout lâcher pour jouir d'une fausse paix.</span><br>
  <br>
  <span style="font-family: book antiqua,palatino;">L'acte pontifical est doublement remarquable : d'une part parce qu'il refuse tout compromis avec les spoliateurs, et plus encore parce qu'il y
  trouve occasion de rappeler la doctrine catholique relative aux devoirs des États. C'est de Dieu que l'homme tient sa nature sociale, et donc la société en tant que telle doit rendre à Dieu le
  culte d'adoration et de soumission qui lui est dû. La royauté de Jésus-Christ est universelle, tant parce qu'il est Dieu incarné que parce qu'il est le Sauveur de tous les hommes, et donc toutes
  les sociétés doivent reconnaître cette royauté et s'y soumettre. Jésus-Christ a confié à la seule Église catholique la continuation de sa mission divine, et donc toutes les sociétés doivent lui
  rendre hommage et favoriser tant son extension que l'exercice de son ministère.</span></span><br>
  <span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="font-size: 12pt;"><br>
  En fait, saint Pie X a consacré deux actes à la condamnation des lois iniques de séparation et de mainmise sur les biens d'Eglise : l'encyclique <em>Vehementer Nos</em> et l'allocution au
  consistoire <em>Gravissimum</em>. On les trouvera réunis <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/quicumque/Vehementer-Nos.pdf">dans ce document</a>.<br>
  <br>
  Ces textes n'ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur actualité. C'est nous, malheureusement, qui avons perdu beaucoup de vigueur catholique, tant dans la connaissance de la sainte doctrine que
  dans l'opposition aux effractions du monde. La lecture nous en donc doublement salutaire. Et puis, il nous est si bon et si rare de nous laisser instruire, réchauffer et charmer (oui : charmer !)
  par l'enseignement d'un Pape.</span></span>]]></description>
        <pubDate>Tue, 09 Jun 2009 17:21:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8fde957a031d8a380c6779751f59bf72</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-32447601-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'encyclique sur la crise financière]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-28395976.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br>
  <br></span></span>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Devant une crise financière d’ampleur mondiale qui se répand tristement depuis quelques mois sur tous les
    continents, l’Église ne peut se taire&nbsp;: qui mieux qu’elle peut en assigner les causes et en indiquer les remèdes&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">C’est ce à quoi le Pape s’est employé dans l’encyclique dont, bizarrement, on n’entend parler nulle part&nbsp;:
    <em>Caritate Christi compulsi</em> (poussés par la charité de Jésus-Christ). Y aurait-il conspiration du silence&nbsp;? Le monde refuse-t-il d’entendre les vérités salutaires&nbsp;? La révélation
    de ses turpitudes lui est-elle insupportable&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Cette encyclique est fort opportune, car on n’entend plus guère appeler à la prière, à l’espérance des biens
    éternels et à l’expiation des péchés&nbsp;: cela sonne mal dans un monde matérialiste, hédoniste, humaniste où règnent d’un côté l’argent, de l’autre l’envie, de toutes parts l’orgueil d’une
    humanité qui n’a de culte que d’elle-même.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Pour une fois qu’on n’étouffe pas sous les dithyrambes à propos de la dignité de l’homme, de la liberté
    religieuse, du dialogue œcuménique…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">La parole pontificale ne doit pas être étouffée, d’autant plus que le plan de l’encyclique est une merveille de
    simplicité et d’esprit de foi&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">1. <strong>L’ampleur de la crise</strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– la cupidité racine de tous les maux&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– la guerre ouverte contre Dieu&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– l’infernale propagande de l’athéisme.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">2. <strong>Le grand remède de la prière</strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– motifs d’espérance&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– le choix s’impose&nbsp;: pour Dieu ou contre Dieu&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– les moyens humains ne suffisent pas&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– la prière est le grande remède&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– la prière source de paix intérieure et extérieure.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">3. <strong>Il faut faire pénitence</strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– les vertus méprisées qu’il faut remettre en honneur&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">– la pénitence arme salutaire et mystère de paix.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">4. <strong>Prières et réparations au Sacré-Cœur de Jésus.</strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Sans tarder, il faut lire, relire, méditer et faire connaître cette encyclique, dont on trouvera le texte français
    <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/quicumque/Caritate-Christi-Compulsi.pdf">en cliquant ici</a>.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;" align="left">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">&nbsp;</span></span>
  </p><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>

  
  
  
  ]]></description>
        <pubDate>Thu, 26 Feb 2009 16:17:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">dd559af5d7eae8e7c90c2e7344eff42d</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-28395976-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Deux lettres-encycliques de Léon XIII]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1776256.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 12pt;">A</span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">yant écrit naguère quelques notes
    concernant</span> <a href="http://www.quicumque.com/article-1648112.html"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">L'autorité pontificale, à propos du
    Ralliement</span></a><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, et ayant déjà une première fois abordé le sujet dans</span> <a href=
    "http://www.quicumque.com/article-1413497.html"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Léon XIII et saint Thomas d'Aquin</span></a><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">, je me crois obligé de mettre à la disposition de mes honorables lecteurs le texte (difficilement accessible) des deux lettres de Léon XIII qui sont à
    l'origine de l'affaire.<br>
    <br>
    Il s'agit d'abord de la lettre encyclique</span> <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/au-milieu-des-sollicitudes.pdf"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Au
    milieu des sollicitudes</span></a> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">du 16 février 1892 adressée aux archevêques, évêques, au clergé et à tous les catholiques de France.<br>
    <br>
    Cette première encyclique a été suivie de peu par une lettre encyclique adressée aux cardinaux français</span> <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/notre-consolation.pdf"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Notre consolation</span></a> <span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">datée du 3 mai 1892.<br>
    <br>
    Puisque j'ai la possibilité de publier ces textes, je m'y sens tenu pour ne pas encourager la déplorable habitude qui consiste à parler de sujets graves sans les étudier sérieusement, sans
    remonter aux sources ou tout au moins à des documents fiables, sans s'efforcer d'aller voir les textes officiels.<br>
    On se contente d'à-peu-près ou d'avis de troisième ou quatrième main, on porte des jugements tranchants à partir d'éléments flous, parfois de simples on-dit ; on prend pour argent comptant
    l'opinion répandue dans les milieux qu'on fréquente, sans se mettre en peine de rechercher la vérité là où elle se trouve : dans les actes du Magistère de l'Église.<br>
    C'est ainsi que la paresse d'esprit engendre la malhonnêteté intellectuelle, parce que l'habitude est très vite prise ; petit à petit elle devient inconsciente, et c'est là un grand malheur
    (contre lequel chacun d'entre nous doit se tenir en garde).<br>
    <br>
    Au passage d'ailleurs, je signale aussi que la paresse de l'intelligence est aussi une source très courante de naturalisme doctrinal. La raison en est simple. La doctrine catholique est une
    doctrine</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">reçue</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de Dieu et de l'Église. Étant surnaturelle et
    étant reçue, elle exige connaissance des sources, étude, méditation, docilité. Cela est parfois ardu, cela demande effort et persévérance.<br>
    Il est beaucoup moins fatigant d'inventer, d'imaginer, de forger des théories sur mesure, qui ne demandent ni rigueur intellectuelle ni longues recherches ; ces théories ont en outre
    l'avantage d'être malléables et adaptables suivant les besoins. Et voilà comment on sombre en naturalisme, car ces inventions ne sont ni révélées de Dieu ni surnaturelles : elles ne sont pas du
    tout à la hauteur des problèmes qu'elles prétendent résoudre, des réalités qu'elles sont censées décrire. Des hypothèses naturelles plus ou moins controuvées se sont substituées à la lumière de
    la foi et à la lumière théologique qui en dérive. L'abîme nest pas loin.<br>
    Ce n'est pas pour rien qu'on place la paresse au nombre des péchés capitaux.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 03 Feb 2006 22:01:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">10eb9cfc8b5cf28387a7658cd2880167</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1776256-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La Lettre sur le Sillon]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1450462.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Le pontificat de saint Pie X demeurera l'un des plus grands de l'histoire de lÉglise, non par la durée
    (1903-1914) ni par le volume des œuvres, mais la poursuite clairvoyante et persévérante de son programme&nbsp;</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Tout restaurer en
    Jésus-Christ</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">: qu'il s'agisse de redonner de l'élan la vie chrétienne, du discernement et de la condamnation des erreurs, ou de
    l'exemple de ses vertus, tout y est marqué par la grandeur d'un saint, non seulement doué des plus hautes qualités naturelles, mais plus encore instrument docile entre les mains de
    Jésus-Christ.<br>
    <br>
    Parmi les actes de saint Pie X, la</span> <em><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/lettre-sur-le-sillon.pdf"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Lettre sur le
    Sillon</span></a></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">conserve une actualité toute particulière.<br>
    <br>
    Elle décrit en effet la longue et grave chute d'un mouvement fondé dans une intention sainte, empreint d'une édifiante générosité, guidé par une ferme espérance. Et voilà qu'au bout de
    quelques années, l'or pur s'est changé en un plomb vil : comment cela s'est-il produit ? Quelles ont été la faille, la faute ou l'infidélité ? Quelles leçons devons-nous en tirer ?<br>
    <br>
    L'admonition paternelle et doctrinale de saint Pie X, sa condamnation juste et sévère, s'adressent aujourdhui à nous, à chacun d'entre nous.<br>
    <br>
    Car il faut que ce que nous avons entrepris pour la gloire de Dieu, pour l'amour de l'Église, pour la conservation de la foi et pour le salut des âmes demeure dans la lumière de la foi, dans la
    rectitude doctrinale, dans l'esprit de l'Église et dans la claire vue de la gloire de Dieu.<br>
    <br>
    Seuls l'humilité, la docilité totale et permanente à la doctrine de l'Église étudiée et méditée, le souci de l'unité de l'Église et de l'honneur de Dieu, la prière de tous les instants, la
    connaissance de l'erreur et de ses armes (ignorance, mensonge, société de pensée, flatterie, mépris de l'intelligence, désir de plaire au monde) peuvent assurer la persévérance des pauvres
    pécheurs en butte à l'apostasie généralisée que nous sommes.<br>
    <br>
    Tolle, lege. Prenez et lisez.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 22 Dec 2005 17:19:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">524a1927765ed00d9d9db9b0f4558bdc</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1450462-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La Royauté de Jésus-Christ]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1437034.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Cest pour exalter la gloire de Jésus-Christ et lutter contre l'apostasie sociale (laïcisme ou autre) que le
    Pape Pie XI a écrit sa grande encyclique</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Quas primas</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">et institué
    la fête du Christ-Roi.<br>
    Car si notre monde veut bien encore (provisoirement et moyennant sourdine) admettre que les individus puissent reconnaître et adorer Dieu, il proclame en revanche bon, juste et nécessaire que la
    société doive l'ignorer, en s'organisant comme si Dieu n'existait pas, comme si Notre-Seigneur n'était pas le Fils de Dieu fait homme, Sauveur de tous les hommes, comme s'il n'avait pas
    fondé une Église, sa « chargée d'affaires » ici-bas.<br>
    <br>
    Voici quelques vérités rappelées par Pie XI, qui nous permettent de connaître la raison, la nature, la douceur et les exigences de cette Royauté.<br>
    <br>
    1. Dieu a créé l'homme pour qu'il vive en société : il commence par naître dans une famille.<br>
    Puis, comme chaque famille ne peut se suffire à elle-même, les familles se regroupent pour former la cité, société achevée, parfaite, qui est le lieu dune vie vraiment humaine (matérielle,
    intellectuelle, morale, religieuse).<br>
    Dieu est donc l'auteur de la société, et toute autorité vient de Dieu. La société comme telle doit rendre un culte à Dieu : le reconnaître (à sa manière sociale) et s'y soumettre.<br>
    <br>
    2. Les hommes, membres de la société, ont été élevés à l'ordre surnaturel : ils sont non seulement faits pour Dieu, mais pour l'intimité de Dieu avec lequel ils entrent personnellement en
    société, dont ils reçoivent une nouvelle vie. Cette élévation a nécessairement un rejaillissement sur toute société (familiale, professionnelle, civile) qui doit recevoir la révélation divine et
    s'y conformer tant dans son organisation (loi, autorité) que dans son culte.<br>
    <br>
    3. Notre-Seigneur Jésus-Christ vient, par l'Incarnation rédemptrice, par son sacrifice, restaurer ce qui a été perdu ou blessé par le péché originel, et le restaurer « d'une manière plus
    admirable encore » : il édifie son Corps mystique, il restaure la grâce, il guérit la nature. À ce triple titre il est le Roi de la société, Roi de toute société légitime, Roi des nations. À lui
    tout honneur et toute gloire.<br>
    <br>
    4. Le salut des âmes dépend fondamentalement de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais concrètement il dépend notablement des conditions sociales (Pie XII) : non pas de la richesse
    matérielle ou de la pauvreté, non pas d'un état de dépendance sociale ou d'indépendance ; mais du fait que la société portera à la vertu ou au vice, du fait que la société organisera le culte
    de Dieu ou celui de l'argent, du fait que les autorités œuvreront pour le bien commun ou pour des ambitions personnelles ou occultes. Le salut de nombreuses âmes dépend du fait que
    Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur la société civile, ou qu'il ne règne pas.<br>
    <br>
    Ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous devons le</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">proclamer</span></em> <span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">de façon universelle (cela relève de la foi catholique), nous devons le</span> <em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">désirer</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">de toute notre âme (cela relève de l'espérance) ; nous devons le</span>
    <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">réaliser</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">en ce qui relève de notre responsabilité et de nos possibilités
    (cela relève de la charité) : dans l'ordre personnel et familial, dans toute société à laquelle nous appartenons (professionnelle ou autre). Nous devons réaliser ce règne non seulement de façon
    négative (en assurant quil n'y ait rien contre la foi ou les mœurs) mais aussi de façon positive : la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une royauté active qui doit guider, régler,
    vivifier toute l'activité humaine et l'ordonner à la gloire de Dieu.<br>
    <br>
    Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur nos pensées et notre jugement (foi), qu'il règne sur nos désirs et nos ambitions (espérance), qu'il règne sur nos affections et nos
    actions (ordre et ferveur de la charité). Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur notre famille dans son but, dans ses mœurs (toilettes, conversations, lectures), dans son climat,
    dans sa vie de prière. Il faut qu'il règne sur notre vie professionnelle (conscience, justice, pureté d'intention).<br>
    <br>
    Notre devoir enfin est de prier pour règne total de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais cette prière sera stérile si nous ne nous efforçons pas de faire réellement régner Notre-Seigneur
    Jésus-Christ en ce qui dépend de nous.<br>
    <br>
    Pour procurer ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, autant qu'il est en nous, nous devons nous souvenir qu'il a ici-bas établi une double régence, celle de l'Église catholique et celle de
    Notre-Dame. Ayons pour les deux amour et soumission : soyons membres dociles de l'Église en professant sa doctrine et vivant de sa loi, suivons l'exemple de Notre-Dame et recourons à son
    intercession.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 20 Dec 2005 18:00:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fd69136202ec21562a186624750eca54</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1437034-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Léon XIII et saint Thomas d'Aquin]]></title>
        <link>http://www.quicumque.com/article-1413497.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Depuis plus d’un siècle, un esprit de fronde s’est développé chez certains catholiques qui ont contesté l’œuvre
    pratique du Pape Léon XIII (1878-1903) dans le domaine politique et social.<br>
    <br>
    Depuis trois décennies, sous l’influence peut-être de ceux qui répandent des théories réductrices (et hétérodoxes) sur le magistère de l’Église, cette fronde a reproché au même Léon XIII d’avoir
    gauchi la doctrine sociale de l’Église et de s’être écarté de l’enseignement de saint Thomas d’Aquin en de telles matières.<br>
    <br>
    Si nous abordons cette question, ce n’est pas pour examiner le fond du débat (</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">y a-t-il effectivement divergence ou opposition entre
    l’enseignement de Léon XIII et la doctrine de saint Thomas d’Aquin ?</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">) mais bien au contraire pour justifier un refus</span>
    <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">a priori</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">d’entrer dans un tel débat, qui nous semble vain et pervers (1).
    Autrement dit, nous nous proposons simplement de répondre à la question suivante :<br>
    Est-il légitime d’opposer saint Thomas d’Aquin au magistère de Léon XIII eu matière politique et sociale ?<br>
    <br>
    Avant d’énumérer quelques raisons qui fondent une réponse négative (et sans appel), rappelons quelques vérités que, en d’autres temps, on aurait jugé superflu de mentionner tant elles devraient
    sembler évidentes à tout catholique sachant son catéchisme.<br>
    <br>
    Léon XIII était légitime souverain Pontife de l’Église catholique : cette affirmation a comme objet un fait dogmatique, elle relève de la foi catholique. Le magistère de Léon XIII est donc celui
    de l’Église catholique ou, plus exactement, il est l’exercice plénier et souverain de ce pouvoir d’enseigner que l’Église a reçu de Jésus-Christ en la personne des Apôtres : «</span>
    <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Allez, enseignez toutes les nations…</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">» (Matth. XXVIII, 20). Au magistère
    de Léon XIII s’applique donc la parole de Notre-Seigneur « Qui vous écoute, m’écoute, qui vous méprise, me méprise » (Luc. X, 16).<br>
    <br>
    L’objet du magistère infaillible de l’Église comporte tout ce qui est directement révélé par Dieu, tout ce qui découle immédiatement de cette révélation et tout ce qui est nécessaire à la
    transmission et à la conservation du dépôt révélé. La doctrine sociale de l’Église entre dans cet objet, ainsi qu’en témoigne le Pape Pie XII :</span></span>
    <blockquote>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">«La première recommandation concerne la doctrine sociale de l’Église. […]L’Église a le droit et le devoir
      d’exposer clairement la doctrine catholique eu matière si importante. […]… cette doctrine est fixée définitivement et sans équivoque dans ses points fondamentaux… […] Elle est claire dans tous
      ses aspects ; elle est obligatoire ; nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi ou l’ordre moral. »<br>
      (à l’Action catholique italienne, 29 avril 1945)</span></span>
    </blockquote><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    Le fait que la doctrine sociale de l’Église, pour la majorité des éléments qui la composent, soit enseignée par le magistère ordinaire ne diminue donc en rien son autorité et la soumission que
    nous lui devons (2), soumission qui est assentiment de l’intelligence en tant qu’elle est doctrine, et obéissance de la volonté en tant qu’elle commande ou interdit.<br>
    <br>
    Voici maintenant les raisons qui doivent empêcher un catholique d’invoquer saint Thomas d’Aquin pour l’opposer au magistère de Léon XIII, fut-ce en matière sociale.<br>
    <br>
    1. Cette opposition est impossible, parce que saint Thomas lui-même l’aurait refusée. Citons encore le témoignage de Pie XII :</span></span>
    <blockquote>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">« Par la parole et par les exemples de sa vie, il a enseigné à ceux qui cultivent les sciences sacrées, mais
      aussi à ceux qui s’adonnent aux recherches rationnelles de la philosophie, qu’ils doivent à l’autorité de l’Église soumission entière et respect souverain. La fidélité de cette soumission à
      l’autorité de i’Église se fondait sur la persuasion absolue du saint docteur que le magistère vivant et infaillible de l’Église est la règle immédiate et universelle de la vérité catholique.
      Suivant l’exemple de saint Thomas d’Aquin […] dès que se fait entendre la voix du magistère de l’Église, tant ordinaire qu’extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d’une oreille attentive et
      d’un esprit docile […] Et il ne vous faut pas seulement donner votre adhésion exacte et prompte aux règles et décrets du Magistère sacré qui se rapporte aux vérités divinement révélées […] mais
      l’on doit recevoir aussi dans une humble soumission d’esprit les enseignements ayant trait aux questions de l’ordre naturel et humain. »<br>
      (aux membres de l’</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Angelicum</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 14 janvier 1958)</span></span>
    </blockquote><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    2. Cette opposition est inutile. S’il fallait choisir entre Léon XIII et saint Thomas d’Aquin, le débat ne serait pas long. Ce n’est pas la doctrine sociale de saint Thomas qui est nécessaire à
    la vie et à la défense de la foi, mais celle de l’Église, à la tête de laquelle Léon XIII parle avec pleine autorité. La place toute particulière qu’occupe saint Thomas dans la doctrine
    catholique provient du fait que le magistère de l’Église a fait siens les principes et les conclusions de saint Thomas ; quelle autorité spéciale lui reste-t-il si on l’invoque contre le
    magistère ?<br>
    <br>
    3. Cette opposition est téméraire. Abstraction faite qu’il fut souverain Pontife, Léon XIII était une haute intelligence qui a laissé une oeuvre doctrinale considérable – certainement la plus
    fournie et la plus pénétrante du dix-neuvième siècle – et ses travaux manifestent une connaissance profonde de la doctrine de saint Thomas d’Aquin (3). Avant de s’embarquer dans cette « croisade
    » bien hasardeuse, il faut craindre de n’être pas à la hauteur.<br>
    <br>
    4. Cette opposition est ingrate. C’est Léon XIII qui, par son encyclique .</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Æterni Patris</span></em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">, a remis en honneur (et en France quasiment exhumé) la philosophie de saint Thomas d’Aquin et, sans lui, ses détracteurs ignoreraient peut-être le b-a-ba
    de sa doctrine.<br>
    <br>
    On peut ajouter que cette opposition est contraire à l’esprit catholique, tel que l’a montré un saint Pie X.<br>
    Nous voudrions ne céder à personne en admiration et en vénération pour saint Pie X qui, porté sur les autels, est donné à tout catholique comme exemple de pratique éminente et héroïque des vertus
    chrétiennes, notamment des vertus de foi, d’espérance et de charité.<br>
    Mais trop souvent on lit, à propos de saint Pie X, des affirmations du genre : «</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">ce Pape à l’autorité exceptionnelle...</span></em>
    <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">». L’autorité des Papes est la même en tous – c’est l’autorité de Jésus-Christ – et elle est indépendante de leur sainteté personnelle ; la
    sainteté de l’un ne peut être invoquée contre l’enseignement ou l’autorité de l’autre. Les détracteurs de Léon XIII sont souvent de fervents admirateurs de saint Pie X ; nous leur conseillons
    donc de regarder comment saint Pie X, quand il était sous l’autorité de Léon XIII d’abord, puis quand il lui a succédé, a reçu et mis en application son enseignement : ils ne trouveront ni
    opposition ni critique ni réticence, mais bien soumission entière d’abord puis entière approbation ensuite (4).<br>
    <br>
    Enfin cette opposition manifeste un état d’esprit déplorable parce qu’il met les catholiques à la remorque des libéraux.<br>
    Ces derniers ont plus ou moins décrété que Rerum novarum était la seule (ou du moins la principale) encyclique de Léon XIII, et voilà nos catholiques qui oublient que celui-ci a publié, en 25 ans
    de pontificat, tout un corps de doctrine en 64 encycliques dont une douzaine est consacrée à la doctrine sociale de l’Église. Au lieu de chercher à acquérir une connaissance précise de cette
    doctrine sociale (en lisant, par exemple,</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Immortale Dei, Humanum genus, Libertas, Quod Apostolici muneris</span></em> <span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">etc.) certains s’irritent de ne trouver dans Rerum novarum que des préoccupations limitées (elles l’étaient, et urgentes) et reprochent à Léon XIII de
    déformer la doctrine sociale ou de la réduire.<br>
    <br>
    Ainsi, lorsque le même Léon XIII a publié son encyclique</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Au milieu des sollicitudes</span></em> <span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">bientôt suivie de la lettre</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Notre consolation</span></em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">, les libéraux ont affirmé que Léon XIII exigeait le ralliement des catholiques à la république maçonnique ; les antilibéraux se sont rangés à cet avis et
    en conséquence se sont opposés à Léon XIII… alors que celui-ci, au contraire du mensonge des libéraux, appelait les catholiques français au combat contre les lois anti-catholiques et établissait
    un ordre des priorités conforme à ce que l’Église a toujours enseigné, et que saint Pie X (par exemple) reprendra après lui.<br>
    <br>
    S’il y a erreur de Léon XIII, c’est une erreur de fait : illusion sur l’esprit de foi des catholiques français d’une part, et méconnaissance de la raison profonde de leur division d’autre part.
    En effet, l’opposition fondamentale entre les catholiques provenait du libéralisme beaucoup plus que de la question du régime politique. Le résultat de l’intervention de Léon XIII frit le
    triomphe du libéralisme, partout ce fut la déformation libérale du « ralliement » qui prévalut : chez les libéraux qui ont escamoté l’appel au combat ; chez les antilibéraux qui ont rejeté en
    même temps l’interprétation libérale (à raison) et l’enseignement de Léon XIII (à tort).<br>
    Le résultat fut une catastrophe, mais on ne peut l’attribuer à Léon XIII, et encore moins à sa doctrine.<br>
    <br>
    En conclusion, la critique de l’enseignement de Léon XIII, qui est parfois une mode intellectuelle, ressemble trop au libre examen pour que nous puissions l’accepter ou même simplement
    l’envisager ; elle ne peut en aucun cas s appuyer sur saint Thomas d’Aquin. Elle est, par ailleurs, fort injuste et détruit l’autorité du Magistère pontifical. Ceux qui, depuis longtemps,
    minimisent cette autorité ne font que semer l’ivraie dans le champ du Père de famille, et entretiennent un état d’esprit destructeur qui n’épargnera rien.<br>
    <br>
    À voir, sur un sujet apparenté :<br>
    </span> <a href="http://www.quicumque.com/article-1776256.html"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Deux lettres de Léon XIII</span></a><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    </span> <a href="http://www.quicumque.com/article-1648112.html"><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">L'autorité pontificale, à propos du Ralliement</span></a></span>
    <hr>
    <span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 12pt;"><strong><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Notes</span></strong><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;"><br>
    (1) Ce débat n’est légitime qu’à titre documentaire et historique, et non pas à titre critique c’est-à-dire pour en faire grief à Léon XIII ou refuser l’adhésion à son enseignement.<br>
    <br>
    (2) « Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment […] Cet enseignement est celui du magistère ordinaire auquel s’applique aussi
    la parole :</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Qui vous écoute m’écoute</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">» (Pie XII.</span>
    <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Humani generis</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 12 août 1950)<br>
    L’appartenance à l’objet du magistère infaillible est ce qu’il y a de principal pour établir le degré d’autorité d’un acte du magistère de l’Église : la relation entre un pouvoir et son objet est
    en effet</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">essentielle</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. Malgré cela, lorsqu’on parle de cette
    autorité des actes magistériels, en met trop souvent l’accent sur la distinction entre magistère ordinaire et jugement solennel, alors que cette distinction concerne le mode du magistère,
    c’est-à-dire l’ordre</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">accidentel</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">.<br>
    Il est un fait que l’Église elle-même fait une distinction de mode mais ne fait aucune distinction d’autorité entre les jugements solennels et le magistère ordinaire et universel (c’est-à-dire le
    magistère ordinaire de l’Église enseignante dans son universalité le Pape et les évêques s’unissant à lui) : «</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">On doit croire de
    foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le
    magistère ordinaire et universel</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">. »<br>
    (Concile du Vatican, constitution</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Dei Filius</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">chapitre 3, D.
    1792)<br>
    <br>
    (3) Qu’on en juge non seulement en lisant et étudiant ses actes pontificaux, mais aussi en consultant les oeuvres pastorales du Cardinal Joachim Pecci (2 volumes chez Desclée de Brouwer, sans
    date, traduction de l’édition italienne de 1888).<br>
    <br>
    (4) Voici, à titre d’exemple, un extrait d’un bref du 6 novembre 1903 : « Vous demanderiez en vain un programme nouveau, puisqu’il est sagement traité de la question sociale dans
    l’Encyclique</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Rerum novarum</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">et de l’action catholique dans
    l’Encyclique</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Graves de communi</span></em> <span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">[...]. Il est nécessaire de s’en
    tenir à ces très importants documents et de ne s’écarter, sous aucun prétexte, de l’interprétation qu’en donne le Siège apostolique [...] ». Notons encore que saint Pie X a mis à l’index un des
    premiers livres mettant en cause l’action du Pape Léon XIII en matière politique et sociale : Abbé Emmanuel Barbier,</span> <em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Les progrès du
    catholicisme libéral en France sous le Pape Léon XIII</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, 25 mai 1908.<br>
    <br>
    (5) Les études de Robert Havard de la Montagne (</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">Études sur le Ralliement</span></em><span style=
    "font-family: 'book antiqua', palatino;">, Librairie de l’Action française, 1926) et de Jean Madiran (</span><em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">On ne se moque pas de
    Dieu</span></em><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;">, Nouvelles éditions latines 1957, pp. 91-119) nous semblent être les plus justes et les plus
    éclairantes.<br></span><br></span>
    <hr>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 17 Dec 2005 11:40:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c1a37b12d13956f09b0d53a388f60d96</guid>
                <category>Doctrine sociale de l'Église</category>        <comments>http://www.quicumque.com/article-1413497-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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