Doctrine sociale de l'Église

Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 17:21
Lorsqu'en 1905 la République française, persécutrice et antichrétienne à souhait, rompit ses engagements à l'égard de la sainte Église catholique et décréta la séparation de l'Église et de l'État, le Pape saint Pie X réagit avec vigueur et promptitude : pour condamner les impies ; et pour éclairer et fortifier les catholiques dont beaucoup étaient marqués par le libéralisme et prêts à tout lâcher pour jouir d'une fausse paix.

L'acte pontifical est doublement remarquable : d'une part parce qu'il refuse tout compromis avec les spoliateurs, et plus encore parce qu'il y trouve occasion de rappeler la doctrine catholique relative aux devoirs des États. C'est de Dieu que l'homme tient sa nature sociale, et donc la société en tant que telle doit rendre à Dieu le culte d'adoration et de soumission qui lui est dû. La royauté de Jésus-Christ est universelle, tant parce qu'il est Dieu incarné que parce qu'il est le Sauveur de tous les hommes, et donc toutes les sociétés doivent reconnaître cette royauté et s'y soumettre. Jésus-Christ a confié à la seule Église catholique la continuation de sa mission divine, et donc toutes les sociétés doivent lui rendre hommage et favoriser tant son extension que l'exercice de son ministère.


En fait, saint Pie X a consacré deux actes à la condamnation des lois iniques de séparation et de mainmise sur les biens d'Eglise : l'encyclique Vehementer Nos et l'allocution au consistoire Gravissimum. On les trouvera réunis dans ce document.

Ces textes n'ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur actualité. C'est nous, malheureusement, qui avons perdu beaucoup de vigueur catholique, tant dans la connaissance de la sainte doctrine que dans l'opposition aux effractions du monde. La lecture nous en donc doublement salutaire. Et puis, il nous est si bon et si rare de nous laisser instruire, réchauffer et charmer (oui : charmer !) par l'enseignement d'un Pape.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 16:17


Devant une crise financière d’ampleur mondiale qui se répand tristement depuis quelques mois sur tous les continents, l’Église ne peut se taire : qui mieux qu’elle peut en assigner les causes et en indiquer les remèdes ?

 

C’est ce à quoi le Pape s’est employé dans l’encyclique dont, bizarrement, on n’entend parler nulle part : Caritate Christi compulsi (poussés par la charité de Jésus-Christ). Y aurait-il conspiration du silence ? Le monde refuse-t-il d’entendre les vérités salutaires ? La révélation de ses turpitudes lui est-elle insupportable ?

 

Cette encyclique est fort opportune, car on n’entend plus guère appeler à la prière, à l’espérance des biens éternels et à l’expiation des péchés : cela sonne mal dans un monde matérialiste, hédoniste, humaniste où règnent d’un côté l’argent, de l’autre l’envie, de toutes parts l’orgueil d’une humanité qui n’a de culte que d’elle-même.

 

Pour une fois qu’on n’étouffe pas sous les dithyrambes à propos de la dignité de l’homme, de la liberté religieuse, du dialogue œcuménique…

 

La parole pontificale ne doit pas être étouffée, d’autant plus que le plan de l’encyclique est une merveille de simplicité et d’esprit de foi :

 

1. L’ampleur de la crise

– la cupidité racine de tous les maux ;

– la guerre ouverte contre Dieu ;

– l’infernale propagande de l’athéisme.

 

2. Le grand remède de la prière

– motifs d’espérance ;

– le choix s’impose : pour Dieu ou contre Dieu ;

– les moyens humains ne suffisent pas ;

– la prière est le grande remède ;

– la prière source de paix intérieure et extérieure.

 

3. Il faut faire pénitence

– les vertus méprisées qu’il faut remettre en honneur ;

– la pénitence arme salutaire et mystère de paix.

 

4. Prières et réparations au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Sans tarder, il faut lire, relire, méditer et faire connaître cette encyclique, dont on trouvera le texte français en cliquant ici.

 


Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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Vendredi 3 février 2006 5 03 /02 /2006 22:01
Ayant écrit naguère quelques notes concernant L’'autorité pontificale, à propos du Ralliement, et ayant déjà une première fois abordé le sujet dans Léon XIII et saint Thomas d’'Aquin, je me crois obligé de mettre à la disposition de mes honorables lecteurs le texte (difficilement accessible) des deux lettres de Léon XIII qui sont à l’'origine de l'’affaire.

Il s'’agit d'’abord de la lettre encyclique
Au milieu des sollicitudes du 16 février 1892 adressée aux archevêques, évêques, au clergé et à tous les catholiques de France.

Cette première encyclique a été suivie de peu par une lettre encyclique adressée aux cardinaux français
Notre consolation datée du 3 mai 1892.

Puisque j’'ai la possibilité de publier ces textes, je m’'y sens tenu pour ne pas encourager la déplorable habitude qui consiste à parler de sujets graves sans les étudier sérieusement, sans remonter aux sources ou tout au moins à des documents fiables, sans s’'efforcer d'’aller voir les textes officiels.
On se contente d'à-peu-près ou d’'avis de troisième ou quatrième main, on porte des jugements tranchants à partir d’'éléments flous, parfois de simples on-dit ; on prend pour argent comptant l'’opinion répandue dans les milieux qu’'on fréquente, sans se mettre en peine de rechercher la vérité là où elle se trouve : dans les actes du Magistère de l’'Église.
C'’est ainsi que la paresse d'’esprit engendre la malhonnêteté intellectuelle, parce que l’'habitude est très vite prise ; petit à petit elle devient inconsciente, et c'’est là un grand malheur (contre lequel chacun d’'entre nous doit se tenir en garde).

Au passage d'’ailleurs, je signale aussi que la paresse de l'’intelligence est aussi une source très courante de naturalisme doctrinal. La raison en est simple. La doctrine catholique est une doctrine
reçue de Dieu et de l’'Église. Étant surnaturelle et étant reçue, elle exige connaissance des sources, étude, méditation, docilité. Cela est parfois ardu, cela demande effort et persévérance.
Il est beaucoup moins fatigant d'’inventer, d'’imaginer, de forger des théories sur mesure, qui ne demandent ni rigueur intellectuelle ni longues recherches ; ces théories ont en outre l’'avantage d'’être malléables et adaptables suivant les besoins. Et voilà comment on sombre en naturalisme, car ces inventions ne sont ni révélées de Dieu ni surnaturelles : elles ne sont pas du tout à la hauteur des problèmes qu’'elles prétendent résoudre, des réalités qu’'elles sont censées décrire. Des hypothèses naturelles plus ou moins controuvées se sont substituées à la lumière de la foi et à la lumière théologique qui en dérive. L'’abîme n’est pas loin.
Ce n'’est pas pour rien qu'’on place la paresse au nombre des péchés capitaux.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /2005 17:19
Le pontificat de saint Pie X demeurera l’'un des plus grands de l'’histoire de l’Église, non par la durée (1903-1914) ni par le volume des œœuvres, mais la poursuite clairvoyante et persévérante de son programme Tout restaurer en Jésus-Christ : qu'’il s'’agisse de redonner de l'’élan la vie chrétienne, du discernement et de la condamnation des erreurs, ou de l’'exemple de ses vertus, tout y est marqué par la grandeur d’'un saint, non seulement doué des plus hautes qualités naturelles, mais plus encore instrument docile entre les mains de Jésus-Christ.

Parmi les actes de saint Pie X, la
Lettre sur le Sillon conserve une actualité toute particulière.

Elle décrit en effet la longue et grave chute d'’un mouvement fondé dans une intention sainte, empreint d’'une édifiante générosité, guidé par une ferme espérance. Et voilà qu'’au bout de quelques années, l'’or pur s'’est changé en un plomb vil : comment cela s’'est-il produit ? Quelles ont été la faille, la faute ou l'’infidélité ? Quelles leçons devons-nous en tirer ?

L'’admonition paternelle et doctrinale de saint Pie X, sa condamnation juste et sévère, s'’adressent aujourd’hui à nous, à chacun d’'entre nous.

Car il faut que ce que nous avons entrepris pour la gloire de Dieu, pour l’'amour de l'’Église, pour la conservation de la foi et pour le salut des âmes demeure dans la lumière de la foi, dans la rectitude doctrinale, dans l'’esprit de l'’Église et dans la claire vue de la gloire de Dieu.

Seuls l'’humilité, la docilité totale et permanente à la doctrine de l’'Église étudiée et méditée, le souci de l’'unité de l’'Église et de l’'honneur de Dieu, la prière de tous les instants, la connaissance de l’'erreur et de ses armes (ignorance, mensonge, société de pensée, flatterie, mépris de l’'intelligence, désir de plaire au monde) peuvent assurer la persévérance des pauvres pécheurs en butte à l’'apostasie généralisée que nous sommes.

Tolle, lege. Prenez et lisez.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /2005 18:00
C’est pour exalter la gloire de Jésus-Christ et lutter contre l’'apostasie sociale (laïcisme ou autre) que le Pape Pie XI a écrit sa grande encyclique Quas primas et institué la fête du Christ-Roi.
Car si notre monde veut bien encore (provisoirement et moyennant sourdine) admettre que les individus puissent reconnaître et adorer Dieu, il proclame en revanche bon, juste et nécessaire que la société doive l'’ignorer, en s’'organisant comme si Dieu n’'existait pas, comme si Notre-Seigneur n’'était pas le Fils de Dieu fait homme, Sauveur de tous les hommes, comme s’'il n’'avait pas fondé une Église, sa « chargée d'’affaires » ici-bas.

Voici quelques vérités rappelées par Pie XI, qui nous permettent de connaître la raison, la nature, la douceur et les exigences de cette Royauté.

1. Dieu a créé l'’homme pour qu’'il vive en société : il commence par naître dans une famille.
Puis, comme chaque famille ne peut se suffire à elle-même, les familles se regroupent pour former la cité, société achevée, parfaite, qui est le lieu d’une vie vraiment humaine (matérielle, intellectuelle, morale, religieuse).
Dieu est donc l’'auteur de la société, et toute autorité vient de Dieu. La société comme telle doit rendre un culte à Dieu : le reconnaître (à sa manière sociale) et s'’y soumettre.

2. Les hommes, membres de la société, ont été élevés à l’'ordre surnaturel : ils sont non seulement faits pour Dieu, mais pour l’'intimité de Dieu avec lequel ils entrent personnellement en société, dont ils reçoivent une nouvelle vie. Cette élévation a nécessairement un rejaillissement sur toute société (familiale, professionnelle, civile) qui doit recevoir la révélation divine et s’'y conformer tant dans son organisation (loi, autorité) que dans son culte.

3. Notre-Seigneur Jésus-Christ vient, par l’'Incarnation rédemptrice, par son sacrifice, restaurer ce qui a été perdu ou blessé par le péché originel, et le restaurer « d'’une manière plus admirable encore » : il édifie son Corps mystique, il restaure la grâce, il guérit la nature. À ce triple titre il est le Roi de la société, Roi de toute société légitime, Roi des nations. À lui tout honneur et toute gloire.

4. Le salut des âmes dépend fondamentalement de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais concrètement il dépend notablement des conditions sociales (Pie XII) : non pas de la richesse matérielle ou de la pauvreté, non pas d’'un état de dépendance sociale ou d'’indépendance ; mais du fait que la société portera à la vertu ou au vice, du fait que la société organisera le culte de Dieu ou celui de l’'argent, du fait que les autorités œœuvreront pour le bien commun ou pour des ambitions personnelles ou occultes. Le salut de nombreuses âmes dépend du fait que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur la société civile, ou qu'’il ne règne pas.

Ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous devons le
proclamer de façon universelle (cela relève de la foi catholique), nous devons le désirer de toute notre âme (cela relève de l’'espérance) ; nous devons le réaliser en ce qui relève de notre responsabilité et de nos possibilités (cela relève de la charité) : dans l’'ordre personnel et familial, dans toute société à laquelle nous appartenons (professionnelle ou autre). Nous devons réaliser ce règne non seulement de façon négative (en assurant qu’il n'’y ait rien contre la foi ou les mœœurs) mais aussi de façon positive : la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une royauté active qui doit guider, régler, vivifier toute l'’activité humaine et l’'ordonner à la gloire de Dieu.

Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur nos pensées et notre jugement (foi), qu'’il règne sur nos désirs et nos ambitions (espérance), qu’'il règne sur nos affections et nos actions (ordre et ferveur de la charité). Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur notre famille dans son but, dans ses mœœurs (toilettes, conversations, lectures), dans son climat, dans sa vie de prière. Il faut qu'’il règne sur notre vie professionnelle (conscience, justice, pureté d'’intention).

Notre devoir enfin est de prier pour règne total de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais cette prière sera stérile si nous ne nous efforçons pas de faire réellement régner Notre-Seigneur Jésus-Christ en ce qui dépend de nous.

Pour procurer ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, autant qu'’il est en nous, nous devons nous souvenir qu'’il a ici-bas établi une double régence, celle de l’'Église catholique et celle de Notre-Dame. Ayons pour les deux amour et soumission : soyons membres dociles de l’'Église en professant sa doctrine et vivant de sa loi, suivons l'’exemple de Notre-Dame et recourons à son intercession.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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