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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 20:42

 

Dieu, dans sa divine sagesse et sa bonté paternelle, a nourri le peuple hébreu pendant toute la traversée du désert qui a suivi la délivrance d’Égypte. Par châtiment cette traversée a duré quarante ans, mais la sollicitude divine ne s’est pas démentie et la manne a fidèlement accompagné cette immense foule jusqu’à la terre promise.

Notons au passage que les châtiments que Dieu inflige ici-bas sont vindicatifs (ils rétablissent l’ordre, vengent la vérité ou le bien qui ont été blessés) mais aussi médicinaux : s’ils comportent une expiation et une peine, ils ne sont pas pour autant délaissement de la part de Dieu qui veut que nous y trouvions occasion de purification et de surcroît d’amour pour lui.

Chaque matin, les Hébreux récoltaient la quantité de manne suffisante pour la nourriture du jour ; si, par crainte de manquer et par défiance envers la promesse divine, ils en récoltaient davantage, la manne en surplus pourrissait et devenait impropre à la consommation. Mais, pour que soit rigoureusement observé le repos du sabbat, la manne tombait plus abondante le vendredi afin qu’on en puisse ramasser une quantité double, et la part du samedi restait intacte afin de servir de nourriture pendant le jour que Dieu s’était réservé.

« Le matin il y eut aussi une couche de rosée tout autour du camp. Et la surface de la terre en étant couverte, on vit paraître dans le désert quelque chose de menu et comme pilé au mortier, qui ressemblait à de la gelée blanche sur la terre. Ce que les enfants d’Israël ayant vu, ils se dirent l’un à l’autre : Manhu, c’est-à-dire : Qu’est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c’était.

« Moïse leur dit : C’est là le pain que le Seigneur vous donne à manger. Et voici ce que le Seigneur ordonne : Que chacun en ramasse ce qu’il lui en faut pour manger. Prenez-en un gomor pour chaque personne, selon le nombre de ceux qui demeurent dans chaque tente.

« Les enfants d’Israël firent ce qui leur avait été ordonné, et ils en ramassèrent les uns plus, les autres moins. Et l’ayant mesuré à la mesure du gomor, celui qui en avait plus amassé n’en eut pas davantage, et celui qui en avait moins préparé n’en avait pas moins, mais il se trouva que chacun en avait amassé selon qu’il en pouvait manger.

« Moïse leur dit : Que personne n’en garde jusqu’au matin. Mais ils ne l’écoutèrent point, et quelques-uns en ayant gardé jusqu’au matin, il s’y mit des vers, et cela se corrompit. Et Moïse s’irrita contre eux. Chacun donc en recueillait le matin autant qu’il lui en fallait pour se nourrir, et lorsque la chaleur du soleil était venue, elle se fondait.

« Le sixième jour ils en recueillirent une fois plus qu’à l’ordinaire, c’est-à-dire deux gomors pour chaque personne. Or tous les princes du peuple en vinrent donner avis à Moïse, qui leur dit : C’est ce que le Seigneur a déclaré ; demain est le jour du sabbat, dont le repos est consacré au Seigneur. Faites donc aujourd’hui tout ce que vous avez à faire, faites cuire tout ce que vous avez à cuire, et gardez pour demain matin ce qui vous restera. Ils firent ce que Moïse leur avait commandé, et la manne ne se corrompit point, et on n’y trouva pas de vers.

« Moïse leur dit ensuite : Mangez aujourd’hui ce que vous avez gardé, parce que c’est le sabbat du Seigneur et que vous n’en trouverez point aujourd’hui dans la campagne. Recueillez donc la manne pendant six jours ; mais le septième jour est le sabbat du Seigneur, c’est pourquoi vous n’en trouverez pas. Le septième jour étant venu, quelques-uns du peuple allèrent pour recueillir de la manne, et ils n’en trouvèrent point.

« Alors le Seigneur dit à Moïse : Jusques à quand refuserez-vous de garder mes commandements et ma loi ? Considérez que le Seigneur a établi le sabbat parmi vous et qu’il vous donne pour cela, le sixième jour, une double nourriture. Que chacun donc demeure chez soi, et que nul ne sorte de sa place au septième jour.

« Ainsi le peuple garda le sabbat au septième jour. Et la maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne. Elle ressemblait à la graine de coriandre ; elle était blanche, et elle avait le goût de la farine mêlée avec du miel » [Exode, XVI, 13-31].

 

La main de Dieu n’est pas raccourcie (Is. LIX, 1)

Dieu conduit son Église avec plus de sollicitude encore qu’il ne l’a fait du peuple hébreu errant dans le désert d’Arabie. Jamais il n’a laissé ni ne laissera les catholiques manquer, non d’une nourriture corporelle, mais de la lumière et de la doctrine nécessaires pour travailler à sa gloire et arriver au port du Salut éternel.

L’Église, la sainte Église catholique militante, ressemble provisoirement à un désert : la sainte doctrine ne paraît plus, l’autorité pontificale ne s’exerce plus, les sacrements sont raréfiés, le monde est plus agressif que jamais contre la vérité et la vertu. En prévision du long sabbat qu’il nous fait vivre pour l’expiation de nos péchés et la purification de notre foi, Dieu a donné en temps opportun double ration de manne, un surcroît de doctrine et de lumière.

Ce temps opportun fut, à n’en pas douter, le pontificat de Pie XII, et tout particulièrement la dernière année de son règne. Cette ultime année fut comme un bouquet de feu d’artifice où toutes les couleurs explosent et illuminent, où l’enchantement atteint son apogée. Cela nous est d’autant plus précieux que les ténèbres se sont ensuite rapidement installées pour devenir totales avec Vatican II… elles durent encore.

Pour que nous n’y périssions pas de désorientation et de famine, pour que nous évitions tous les écueils qui pourraient nous détourner de la vérité et de l’entière fidélité à l’Église catholique, les derniers mois du pontificat de Pie XII furent vraiment le vendredi de la surabondance de manne.

En faire un bref inventaire nous confortera dans la fidélité, et ranimera dans la confiance que Dieu ne nous abandonne pas : tous les principes dont nous avons besoin pour savoir quoi faire, quoi penser, quoi dire nous ont été enseignés à temps : plus de cinquante ans après, nous voyons encore qu’il n’en manque aucun. C’est nous qui risquons de manquer si nous ne mettons pas de soin à les recueillir et à les appliquer.

Pie XII a rendu son âme à Dieu le 9 octobre 1958. Nous allons donc brièvement évoquer les grands principes enseignés par le Pape entre le 10 octobre 1957 et sa mort. Il faut forcément faire un choix, tant l’enseignement du Pape est abondant ; bien qu’il y ait donc un élément subjectif dans ce choix, la parole pontificale demeure : cette parole est celle de Jésus-Christ lui-même (qui vous écoute m’écoute Luc. X, 16) et Jésus-Christ ne parle pas pour ne rien dire.

 

La piété qui méprise la doctrine est vaine

« [L’organisation de la vénération du T. S. Sacrement] serait une chose vide si vous n’étiez pas pénétrés de la connaissance de la grandeur de ce don, tel qu’il n’y en a ni ne peut y en avoir de plus grand ni au ciel ni sur la terre… » [17 octobre 1957]

 

L’immoralité de certaines modes provient aussi bien de l’immodestie que du luxe

Un splendide discours du 8 novembre 1957, au Congrès de l’Union latine de haute couture, est consacré aux rapports de la mode vestimentaire et de la vie chrétienne. Il rappelle entre autres que l’immodestie – qui peut être si grave dans ses conséquences – doit être appréciée « non pas selon le jugement d’une société en décadence ou déjà corrompue ; mais selon les aspirations d’une société qui apprécie la dignité et la gravité des mœurs publiques ».

Et il ajoute que l’étalage du luxe dissout lui aussi – bien que tout autrement – les mœurs de la société chrétienne et son unité.

 

La conservation de la santé et de la vie requiert l’usage des moyens ordinaires, non des moyens extraordinaires

« La raison naturelle et la morale chrétienne disent que l’homme (et quiconque est chargé de prendre soin de son semblable) a le droit et le devoir, en cas de maladie grave, de prendre les soins nécessaires pour conserver la vie et la santé. Ce devoir, qu’il a envers lui-même, envers Dieu, envers la communauté humaine, et le plus souvent envers certaines personnes déterminées, découle de la charité bien ordonnée, de la soumission au Créateur, de la justice sociale et même de la justice stricte, ainsi que de la piété envers sa famille. Mais il n’oblige habituellement qu’à l’emploi des moyens ordinaires (suivant les circonstances de personnes, de lieux, d’époques, de culture), c’est-à-dire des moyens qui n’imposent aucune charge extraordinaire pour soi ou pour un autre. Une obligation plus sévère serait trop lourde pour la plupart des hommes, et rendrait trop difficile l’acquisition des biens supérieurs plus importants. La vie, la santé, toute l’activité temporelle, sont en effet subordonnées à des fins spirituelles. par ailleurs, il n’est pas interdit de faire plus que le strict nécessaire pour conserver la vie et la santé, à condition de ne pas manquer à des devoirs plus graves » [24 novembre 1957].

 

L’homme qui voit tout ne réfléchit sur rien

Le radiomessage de Noël 1957 (22 décembre) aborde de nombreux sujets avec une hauteur de vue et une profondeur de réflexion admirables.

En particulier, Pie XII y prévoit les méfaits de la civilisation de l’image et de l’information (télévision, internet etc.), et avertit que c’est l’intelligence même qui est menacée et insensiblement ravagée :

« Fier d’un pouvoir à ce point accru et presqu’entièrement absorbé par l’exercice des sens, l’homme “qui voit tout” est porté, sans s’en rendre compte, à réduire l’application de la faculté pleinement spirituelle de lire au-dedans des choses, c’est-à-dire l’intelligence, à devenir toujours moins capable de mûrir les idées vraies dont la vie se nourrit. »

Et bien plus loin dans son message le Pape débusque une subtile tentation :

« Il y en a même certains qui insinuent que c’est sagesse chrétienne que de revenir à la prétendue modestie d’aspirations des catacombes. Il serait sage, au contraire, de retourner à la sagesse inspirée de l’Apôtre saint Paul, qui écrivant à la communauté de Corinthe avec une hardiesse digne de sa grande âme mais fondée sur l’entière souveraineté divine, ouvrait toutes les routes à l’action des chrétiens : “Tout est vôtre… et la vie et la mort et les choses présentes et les choses à venir : car tout vous appartient. Mais vous, vous êtes à Jésus-Christ, et Jésus-Christ est à Dieu” (I Cor. III, 21). »

 

L’autorité et l’étendue du Magistère de l’Église

« Suivant l’exemple de saint Thomas d’Aquin et des membres éminents de l’Ordre dominicain, qui brillèrent par leur piété et la sainteté de leur vie, dès que se fait entendre la voix du Magistère de l’Église, tant ordinaire qu’extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d’une oreille attentive et d’un esprit docile, vous surtout chers fils, qui par un singulier bienfait de Dieu, vous adonnez aux études sacrées en cette Ville auguste, auprès de la Chaire de Pierre et église principale, d’où l’unité sacerdotale a tiré son origine [Saint Cyprien]. Et il ne vous faut pas seulement donner votre adhésion exacte et prompte aux règles et décrets du Magistère sacré qui se rapportent aux vérités divinement révélées – car l’Église catholique et elle seule, Épouse du Christ, est la gardienne fidèle de ce dépôt sacré et son interprète infaillible ; mais l’on doit recevoir aussi dans une humble soumission d’esprit les enseignements ayant trait aux questions de l’ordre naturel et humain ; car il y a là aussi, pour ceux qui font profession de foi catholique et – c’est évident – surtout les théologiens et les philosophes, des vérités qu’ils doivent estimer grandement, lorsque, du moins, ces éléments d’un ordre inférieur sont proposés comme connexes et unis aux vérités de la foi chrétienne et à la fin surnaturelle de l’homme » [Allocution aux professeurs et élèves de l’Angelicum, 14 janvier 1958].

 

Contre les sots et les égoïstes

Pie XII, dans un Discours à la Fédération italienne des associations de familles nombreuses [20 janvier 1958], s’élève vigoureusement contre les nuisibles qui discourent sur la fécondité du mariage (allant jusqu’à la qualifier de maladie sociale) de manière irresponsable, impudique, décourageante. C’est aller contre la foi et confiance en Dieu, contre le rayonnement de la vertu, contre la fraîcheur de la société, contre l’éclosion de la sainteté.

Il n’est pas possible de citer ici ce discours abondant, et c’est dommage : on y sent une indignation très forte du Pape, qui n’a pas de mot assez dur pour qualifier les propagandistes du « contrôle rationnel », même si ceux ne prônent aucun moyen directement immoral. Car ils font des fruits du mariage une sorte de poids qu’il convient de désirer réduire, au lieu d’y voir l’effet de la magnificence divine.

 

L’Église catholique est au sommet de la hiérarchie de l’amour

« Mais l’amour de la patrie peut également dégénérer et devenir un nationalisme excessif et nuisible. Pour que cela n’arrive pas, vous devez viser au-delà de la patrie ; vous devez considérer le monde. Mais il n’y a qu’une seule façon de considérer le monde, tout en continuant à aimer sa région et sa patrie : il faut prendre conscience d’une réalité suprême, l’Église. Et il faut en être une partie vivante.

« Il faut que chaque individu soit une partie vivante de l’Église ; qu’il subordonne tout à la grâce divine qui doit être conservée et accrue ; qu’il soit prêt à surmonter tous les obstacles, à affronter même la mort pour ne pas perdre la foi, pour ne pas perdre la grâce » [23 mars 1958].

 

Les sacres épiscopaux relèvent uniquement du Pape

L’encyclique Ad Apostolorum principis [29 juin 1958] est d’une gravité particulière. En effet, à l’occasion des sacres schismatiques perpétrés en Chine communiste, Pie XII ne se contente pas d’une condamnation de circonstance : il remonte aux principes fondamentaux et permanents, qu’il expose avec une clarté souveraine.

C’est ainsi qu’il énonce trois points qui doivent clore toute discussion :

–  c’est la Constitution même de l’Église catholique qui réserve au souverain Pontife l’édification du corps épiscopal : hors de là, il n’y a que des intrus dépourvus de toute juridiction, de tout pouvoir de magistère, dont les actes sont « gravement illicites, c’est-à-dire peccamineux et sacrilèges » ;

–  il est impossible, comme le font les rebelles, d’invoquer la pratique suivie en d’autres siècles pour prétendre justifier les sacres accomplis sans mandat apostolique ;

–  « il est évident qu’on ne pourvoit pas aux besoins spirituels des fidèles en violant les lois de l’Église. »

 

L’intégrité de la sainte Messe

Un décret du Saint-Office en date du 10 juillet 1958 relate que des prêtres se permettent d’omettre l’incise Mysterium fidei dans les paroles de la consécration du vin [omission que décréta Luther et qu’on retrouve à partir de 1968 dans les réformes issues de Vatican II]. Le décret déclare qu’« il est sacrilège d’apporter des changements dans une chose si sainte et de faire des suppressions et additions dans les livres liturgiques ».

 

La morale conjugale

Dans un Discours au Septième congrès international d’hématologie [12 septembre 1958], Pie XII répond aux questions qui lui ont été posées par ces médecins spécialistes du sang, et il en profite pour faire une sorte de récapitulatif de la morale conjugale et des principes qui permettent de prendre en compte les progrès (qui sont souvent des régressions en ce domaine) de la médecine et de la connaissance de la biologie humaine.

Il n’est pas possible d’entrer ici dans le détail, mais rien ne reste dans l’ombre. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et l’enseignement de Pie XII est lumière surabondante pour savoir comment juger (et rejeter) ce que la malice des hommes a pu inventer depuis.

 

La politique chrétienne face à l’apostasie

À la France qui s’apprête à voter une constitution politique négatrice de Dieu et blasphématoire, Pie XII envoie le cardinal Ottaviani, légat au Congrès marial international (16 septembre 1958). Le Cardinal, au nom du Pape qui vit ses derniers jours, prononce un discours pathétique qui est lumière de foi :

« La société moderne est travaillée par une fièvre de renouvellement à faire peur. Elle est aussi infestée d’hommes qui veulent se prévaloir de nos souffrances pour nous imposer leurs caprices, faire peser sur nous la tyrannie de leurs vices, construire parmi nous le repaire de leur débauche et de leurs rapines. Le mal assume des proportions immenses et il prend un caractère apocalyptique. Jamais l’humanité n’avait connu un tel péril. D’une heure à l’autre nous pouvons perdre non seulement la vie, mais aussi la civilisation et toute espérance. Le présent peut nous échapper avec le futur. Nous ne risquons pas seulement la perte de nos richesses, mais la ruine des bases même de la vie en société (…).

« Aujourd’hui, comme au temps des grandes hérésies, sévit une science de demi-savants qui se servent de la doctrine pour flatter leur vanité sans éprouver à l’égard de la sagesse des choses sacrées la crainte révérencielle nécessaire. Je parle de la prétendue science des demi-savants, car rarement les vrais savants, les grands savants se sont opposés au magistère suprême de l’Église. Cette science facile des demi-savants s’est efforcée de réduire l’éternité au temps, le surnaturel à la nature, la grâce à l’effort humain et Dieu à l’homme.

« Si Marie ne revient pas parmi nous, comment ne pas craindre les conséquences de tant d’erreurs et de tant d’horreurs ?

« Que deviendrons-nous ? De qui espérerons-nous le salut ? Certainement pas des puissances humaines. L’expérience de chaque jour montre trop clairement la vérité de l’avertissement divin : Ne mettez pas votre espérance dans vos chefs incapables de vous procurer le salut (Ps. CXLV, 2). Leur incapacité se manifeste clairement : Il y a quarante ans une tache de sang rouge, versé par la tyrannie, a commencé de faire peser le poids de la plus insupportable oppression sur les hommes et sur leurs intelligences, sur les individus et sur les nations. Malgré les efforts des hommes d’État pour la contenir, elle n’a jamais cessé de s’élargir et menace de nos jours tout ce qui reste de liberté et de dignité humaine dans le monde entier. Le Seigneur lui-même semble vouloir demeurer sourd à notre voix. On dirait qu’il affecte de se livrer au sommeil qui provoquait la prière du prophète : Levez-vous, Seigneur, pourquoi dormez-vous ? et qui arrachait aux disciples un cri désolé dans la barque secouée par la tempête.

« Le Seigneur semble nous dire, à nous aussi : “Mon heure n’est pas encore venue” (Jo. II, 4). Mais l’Immaculée, la Mère de Dieu, image et protectrice de l’Église, nous a prouvé à Cana qu’elle avait et pouvait obtenir en quelque façon, l’anticipation de l’heure divine. Nous, nous avons vraiment besoin que cette heure vienne vite (…).

« À cause de nos péchés, nous méritons les massacres les plus cruels, les exécutions les plus dépourvues de pitié. Nous avons chassé son Fils de nos écoles, de nos places publiques et de nos maisons. Nous l’avons chassé du cœur de tant d’hommes, nos générations ont renouvelé le cri d’autrefois : Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous (Luc. XIX, 14). Entre Barabbas et Jésus, nous avons choisi Barabbas. Entre le maître de l’univers et le malfaiteur, nous avons préféré Barabbas (…).

« Marie, Mère d’amour et de douleur, Mère de Bethléem et du calvaire, Mère de Nazareth et de Cana, intervenez pour nous, hâtez l’heure divine (…). Nous n’en pouvons plus, ô Marie, la génération humaine va périr, si vous n’intervenez pas. »

 

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans de Ecclesia
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commentaires

anonyme 28/02/2012 21:42


Cette allocution était aussi des plus sublimes :


"ALLOCUTION AUX ÉTUDIANTS D'UNIVERSITÉ DE L'ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE
(20 avril 1941)


(...)


Souvenez-vous que la vérité est mère de l'humilité et de la charité. Votre vocation d'universitaires vous achemine à être les guides de ceux qui vous entourent ; la première et plus haute leçon
de vérité que vous avez à leur faire accepter et comprendre, c'est l'enseignement du Christ, transmis non moins à eux qu'à vous par la voix de l'Eglise, maîtresse et guide universel des croyants.
Aujourd'hui, dans notre monde disloqué et déchiré par les disputes et par les guerres, quelle leçon de ce divin enseignement est-elle plus nécessaire que celle de l'humilité et de la charité si
instamment inculquée par les paroles et par les exemples du divin Maître, doux et humble de coeur ? Pour combien de personnes, hélas ! ces mots humilité et charité, résonnent comme des paroles
absurdes et vides de sens ! Même des esprits chrétiens ne se laissent-ils pas égarer et entraîner à ne plus en comprendre la signification véritable et la valeur ? Apôtres de la vérité, de cette
vérité qui seule est forte et fait les forts, enseignez non l'orgueil qui est faible, qui enfle et n'édifie pas, qui est vanité, qui veut paraître quelqu'un, mais enseignez le sentiment du
devoir, la maîtrise de soi, le courage, l'héroïsme dans les épreuves et dans les dangers, cette vertu et cette valeur qui ne s'enorgueillissent pas dans la victoire et rendent plus aimable le
vainqueur. Car le monde n'a pas besoin de l'orgueil ni de la violence, mais au contraire de la charité et de l'amour et, en même temps, de cette humilité qui n'est pas lâcheté mais véracité de la
connaissance de soi, qui ne s'élève pas au-dessus d'elle-même, mais se proportionne elle-même à soi pour se porter avec toutes ses forces personnelles et la confiance en Dieu, vers le bien et les
entreprises qui des humbles font les grands, des faibles les forts, des fous selon le monde les sages selon Dieu. L'orgueil est illusion et erreur ; l'humilité est vérité comme la charité est
vertu. La vérité c'est que tous, même les meilleurs et les plus puissants parmi les hommes, ne sont devant Dieu que de pauvres pécheurs et des mendiants qui attendent encouragements et secours de
sa miséricorde. La vérité c'est que tous les hommes sont frères ; que dans la société humaine personne n'est étranger à l'autre ; que les pauvres ont besoin des riches, les riches sont redevables
aux pauvres, les forts aux faibles, les sages aux insensés, que tous sont sortis de la même poussière et des mains de Dieu, que tous ont été rachetés par le même Sauveur, que tous sont en marche
vers la même maison du Père céleste, où tous sont appelés à participer au même bonheur. La vérité, c'est que tous sont fils d'un même Père et d'un même sang, quels que soient le pays, la langue
ou les moeurs qui les séparent, que par conséquent, ils sont tous faits pour s'aimer, s'entraider au milieu de leurs travaux réciproques, fraternellement, dans le voyage d'ici-bas. N'est-ce pas
là le tableau universel et unique, entièrement vrai et véridique, de la vie sociale présente ? Qu'est toute autre vision, sinon mirage altéré et fausse apparence ?"


Merci M. l'Abbé, pour ces textes.