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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 16:33

 

 

« L’Église n’a jamais rien eu de plus à cœur rien poursuivi avec plus d’effort,
que de conserver de la façon la plus parfaite l’intégrité de la foi. »
Léon XIII, Satis Cognitum

« La foi catholique est d’une force et d’une nature telle qu’on ne peut rien lui ajouter,
rien lui retrancher : ou on la possède tout entière, ou on ne la possède pas du tout. »
Benoît XV, Ad beatissimi

« L’Église romaine, dans toute la beauté virginale que lui donne l’intégrité de sa foi,
dans le rayonnement de cette maternité qui s’étend au monde entier,
n’est que l’ombre terrestre de Marie la Vierge des vierges, la Mère universelle. »
Révérend Père Emmanuel (du Mesnil-Saint-Loup)

 

Ceci est mon testament

 

Non, je ne suis pas mourant ; je ne me sens ni vieux, ni malade, ni las de vivre. Mais comme chacun d’entre nous, à chaque instant je dois me tenir prêt à rendre compte de ma gestion à mon Dieu et Sauveur Jésus-Christ qui viendra comme un voleur au moment où l’on s’y attend le moins.

C’est la présence de la charité et son degré qu’il viendra examiner en mon âme, et je ne peux que m’en remettre à sa miséricorde en le suppliant de me convertir vraiment avant cet instant où les justes eux-mêmes trembleront. Aimable lecteur, priez pour moi, implorez la sainte Vierge Marie qui peut maternellement obtenir l’amendement des plus grands pécheurs.

*

Mais il y a une chose que ni vous ni moi ne devons oublier : la charité est ici-bas l’œuvre de la foi. Elle ne peut pas exister sans la foi ; si on a le malheur de l’avoir perdue, elle ne peut se recouvrer que parce qu’elle est fondée sur la foi ; elle peut mériter de grandir parce qu’elle est fondée sur la foi.

Une charité qui n’est pas fondée sur la foi est inexistante ; une charité qui n’est pas accompagnée du témoignage de la foi est fausse ; une charité qui n’a pas le souci de conserver, de nourrir et de protéger la foi est vaine.

*

C’est donc en témoignage de la foi catholique que j’ai réuni un petit dossier qui est une sorte de mosaïque, de tableau impressionniste voire de promenade autour de ce qu’on est convenu d’appeler le sédévacantisme. C’est la réunion de textes composés sur une durée de trente ans, dont fort peu sont inédits. On ne s’étonnera donc pas d’y trouver des redites, des nuances, des tonalités diverses.

Tout cela est évidemment bien imparfait et demanderait un gros travail de reprise, d’unification, de précision. Mais je n’en ai pas eu le loisir parce que ce dossier est né à l’occasion d’une demande qui m’a été faite par un religieux d’Avrillé : il voulait connaître ma « position » et mes arguments quant au « sédévacantisme ». Plutôt que de lui faire une réponse monographique, j’ai préféré lui donner un aperçu plus général des problèmes que pose la situation de l’Église, pour peu qu’on y veuille jeter un regard théologique.

Après avoir commencé ce dossier, j’ai lu que l’université d’été de la fraternité Saint-Pie-X prévoyait de consacrer un atelier à la question, et qu’un religieux d’Avrillé devait y intervenir. Du coup je me suis dit que je travaillais peut-être pour le roi de Prusse.

C’est pour cela que je publie dès maintenant ce dossier : ceux qui pourront ou voudront s’informer directement seront à même de le faire.

*

Il faut avoir la volonté d’être catholique, de l’être sans diminution, de l’être sans altération. Mais cette volonté ne suffit pas si elle n’est pas éclairée et accompagnée par l’étude et la méditation de la doctrine catholique. Cette doctrine catholique, il faut aller la chercher là où elle se trouve : principalement dans les actes du Magistère et dans la théologie de saint Thomas d’Aquin.

À négliger cela, à se contenter d’auteurs de troisième main, on risque de n’avoir qu’une vue partielle, floue ou diminuée de la sainte doctrine. En temps ordinaire, quand toute la vie de l’Église est imprégnée de la vérité in actu exercito, cela ne porte pas à de graves conséquences à court terme. Mais quand tout est bouleversé, quand l’erreur est présente à chaque détour de la vie, cette négligence peut avoir des effets catastrophiques.

Et si en plus on se prend pour un docteur en Israël, si l’on ignore même son ignorance, alors on se trouve en présence d’une espèce en voie d’apparition, l’homo forumnicus, ou le catholicus univocisticus, qui disserte de tout et pérore sur internet (ou ailleurs) sans rien savoir, remplaçant la pensée par des slogans, par des raccourcis, par formules qu’il comprend à peine. Tant pis pour les gobeurs qui se laissent impressionner.

*

Ce n’est pas au hasard que j’évoque ces déformations. Car je désire que ressorte des pages de ce dossier que le plus important n’est pas d’arriver aux « bonnes conclusions » (ou chacun voit les siennes), mais de professer les bons principes et d’en vivre. Car les conclusions supposées bonnes ne sont pas explicitement déclarées par l’Église, tandis que les principes le sont, et avec insistance, et avec solennité. Bien sûr, ces principes sont faits pour en tirer les conclusions qui font vivre de la foi, mais il y a toujours une part de contingence, une part d’expérience, une part de mystère qui sont incommunicables.

*

C’est dire que je peux bien être en accord avec les conclusions de tel ou tel, et pourtant m’en sentir bien éloigné en raison des principes qu’il professe ou qu’il met en œuvre.

Je me sens bien éloigné des inventeurs de doctrine, qui élaborent des systèmes qui s’opposent à l’enseignement de l’Église afin d’échapper à la logique de la foi.

Je me sens bien éloigné des fouilleurs de poubelle, qui prétendent trouver dans l’histoire de l’Église des Papes hérétiques, des Conciles erronés, des Saints désobéissants, afin de justifier leur esprit d’anarchie.

Je me sens bien éloigné des maniaques de l’épikie qui ne se donnent pas la peine de connaître les lois qu’ils interprètent, ni d’étudier s’il s’agit de lois divines ou ecclésiastiques ou s’il s’agit de la nature des choses. Cela ressemble beaucoup à un esprit d’anarchie.

Je me sens bien éloigné des chantres de l’Ecclesia supplet qui comprennent et utilisent à contresens cet adage, contre la constitution même de l’Église et la nature des sacrements.

Je me sens bien éloigné des fabricateurs de juridiction qui, tels un démiurge, font tout avec rien.

Je me sens bien éloigné des épandeurs de fumier, pour lesquels la situation actuelle est occasion de mépriser son prochain ; de faire bon marché de sa réputation ; de transformer en fermes certitudes des soupçons ou de simples possibilités, ou même rien du tout.

*

Je me sens bien éloigné de ce que le Bon Dieu est en droit d’attendre de moi, en raison du Sang que Jésus-Christ a versé pour ma Rédemption, et en raison des grâces qu’il m’a données. Aussi je termine cette présentation en réclamant à nouveau vos prières et votre indulgence.

Abbé Hervé Belmont

*

Sommaire

 

 

0 – Réflexion préliminaire (où se trouve l’explication des sections dénommées de A à G)

 

 

 

Section A

1 – L’infaillibilité des canonisations

2 – L’infaillibilité des lois disciplinaires

3 – Le magistère

4 – L’infaillibilité du Droit Canon

5 – La ruine de la foi

Section B

1 – La liberté religieuse

2 – La Messe sacrifiée

3 – La réforme liturgique

4 – L’hérésie cryptogamique

5 – Vatican II

6 – Les fins du Mariage

7 – La falsification du pro omnibus

8 – La profanation de la dévotion mariale

9 – Les Missions

10 – Le Subsistit in

Section C

1 – Suis-je sédévacantiste ?

2 – Lettre à La question

3 – L’Apostolicité de l’Église

4 – La thèse de Cassiciacum

Section D

1 – L’exercice quotidien de la foi

2 – Lettre à un homme qui…

3 – Une position intenable

Section E

1 – La juridiction en temps de crise

2 – État de la législation de l’Église

3 – La validité des nouveaux sacrements

4 – Toute la foi, rien que la foi

Section F

0 – Éparpillement du sédévacantisme

1 – Les lois ecclésiastiques

                                                                        2.1 – Les sacres … en question

2 – L’épiscopat sans mandat apostolique    2.2 – Correspondances et compléments

                                                                        2.3 – On bâtit sur le sable

3 – Jean XXIII

Section G

1 – Confession d’un Cassiciacum

2 – Confirmation, falsification, et tribunaux de la fraternité

3 –  Nostra Ætate VI

4 – Ultimes objections

5 – Avec la sainte Vierge Marie et saint Joseph

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans de Ecclesia
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commentaires

Un fidèle catholique. 23/07/2013 17:35


Jean XXIII, Pacem in terris : "Tout homme a droit à la liberté dans le choix de son état de vie. Il a par conséquent le droit de fonder un foyer, où l'époux et l'épouse interviennent à égalité de
droits et de devoirs, ou bien celui de suivre la vocation au sacerdoce ou à la vie religieuse"


Comment comprenez-vous ce passage? Ce qui m'interpelle c'est particulièrement ces mots : "l'époux et l'épouse interviennent à égalité de droits et de devoirs". On peut le comprendre comme
intervention par rapport aux enfants qui doivent obéir à leus parents?

Abbé Hervé Belmont 30/08/2013 16:16



Monsieur,


veuillez me pardonner d'avoir tardé pour répondre au commentaire que vous avez eu l'amabilité de m'envoyer, et pour le publier.


 


Le texte de Pacem in terris dit deux choses.


La première est la liberté du choix de l'état de vie. C'est parfaitement exact. Le catéchisme nous apprend que le choix d'un état de vie est hors de l'autorité des parents (ce qui ne veut pas
dire hors des conseils qu'ils peuvent et doivent donner, hors de la déférence qu'on leur doit etc.) Il y a même des peines canoniques prévues pour les parents qui forceraient leurs enfants à
entrer dans les ordres, etc.


 


La deuxième chose qu'affirme de lexte de Jean XXIII est l'égalité des droits des époux. Ici, il faut bien distinguer deux choses :


– dans les droits conjugaux, il y a stricte parité dans les droits et devoirs : l'épouse appartient à son époux, l'époux appartient à son épouse. C'est là l'objet propre du contrat (et donc du
sacrement) de mariage. Chaque époux a transféré à son conjoint le droit sur son propre corps  en vue des actes conjugaux ;


– dans les droits familiaux, c'est le père qui détient l'autorité. Cette autorité est évidemment toute différente suivant qu'elle regarde son épouse, ou qu'elle regarde ses enfants sur lesquels
l'épouse a aussi autorité. Là, il n'y a pas égalité, mais hiérarchie.


 


Dans son sens obvie, le texte de Pacem in terris parle des droits conjugaux ; le parallèle exprimé avec la vocation l'indique clairement. Il est donc irréprochable.



Martin Galemard 17/07/2011 08:03



Monsieur l’Abbé,


Votre réponse aux animateurs de La Question m'a remis en mémoire les discussions interminables que j'ai eues avec eux, en particulier au sujet de la bulle Cum ex
Apostolatus de Paul IV. Je soulignais en particulier que cette bulle, ayant été promulguée pour l’Église universelle, ne pouvait rien contenir de contraire à la foi
(Pie VI, Auctorem fidei) et que le fait que cette bulle ait entretemps cessé d'avoir force de loi n'y changeait naturellement rien.


Qu'elle ne fut pas ma stupéfaction quand j'ai lu sous leur propre plume la reprise de mon argument, non au sujet de Cum ex Apostolatus qu'ils n'arrivaient toujours pas à encaisser, mais
d'une autre législation du même pape Paul IV, Cum Nimis Absurdum :


"Il nous semble donc utile, en raison de son importance et de la place de celui
qui l’a promulgué dans le débat contemporain relatif à la crise de l’Eglise, de porter à la connaissance en publiant in extenso les termes de cette bulle antijuive de Paul IV, qui
est, ne l’oublions pas, comme Cum ex Apostolatus Officio, une bulle pontificale de nature disciplinaire qui relève du magistère ordinaire infaillible de l’Eglise"


http://www.la-question.net/archive/2011/02/22/la-bulle-antijuive-de-paul-iv-cum-nimis-absurdum.html


Bref, on se rend compte qu'il n'y a pas que les syllogismes que ces "inquisiteurs"
caricaturaux malmènent : la simple cohérence subit exactement le même sort...


Bon dimanche à vous et à tous vos lecteurs !


Martin G.