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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 17:35

 

La semaine dernière, je vous ai annoncé la parution prochaine du maître-ouvrage du Père Louis Lachance : L’humanisme politique de saint Thomas d’Aquin.

La réalisation de l’ouvrage est en bonne voie, et les délais seront tenus.

Pour vous donner une idée de la qualité de l’ouvrage, tant de sa rédaction que de son édition, j’en ai extrait la page 31 et la page 120  que vous pourrez voir en image et lire en format pdf.

 

En outre, j’ai reçu un commentaire auquel je veux ici répondre.

Ce commentaire, tout en se réjouissant de la réédition de l’ouvrage, déplore le terme d’humanisme employé par le Père Lachance, parce que ce mot a acquis une connotation sulfureuse.

Il est bien vrai que ceux qui, au XVIe siècle et par la suite, se sont attribué le nom d’humanistes l’ont fait pour se dresser (fort insidieusement) contre la foi catholique et pour décisivement contribuer à la destruction de la chrétienté.

 

Il faut cependant observer deux choses.

Tout d’abord, le nom de saint Thomas d’Aquin est une garantie suffisante d’orthodoxie, de sagesse, de climat de foi.

Ensuite, et surtout, le Père Lachance a voulu ainsi signifier que la doctrine politique de saint Thomas d’Aquin n’est pas une construction a priori, n’est pas une déduction métaphysique, n’est pas une théorie issue de son imagination.

Cette doctrine est fondée sur une profonde observation de la réalité, des composantes et des tendances de la nature humaine, des conditions concrètes dans lesquelles l’homme doit vivre et bien vivre, doit se perfectionner et doit atteindre sa fin dernière. Alors apparaît que la vie en société est une requête, non seulement matérielle mais plus encore morale et spirituelle, de ladite nature humaine en laquelle nous devons vivre, atteindre notre perfection et obtenir notre fin.

La sagesse métaphysique, la lumière de la Révélation chrétienne, la droiture de la volonté requise par la vertu de prudence viennent illuminer, purifier et orienter cette quête.

 

On a donc affaire au véritable humanisme, celui que le prince des théologiens met en œuvre pour exposer une doctrine solide et souple, qui sait s’effacer devant les mille contingences de la réalité des temps, des lieux, des coutumes, des passions (etc.) sans rien perdre de sa puissance directrice ni de sa plénitude de vérité.

Il aurait été dommage de se priver du terme d’humanisme, qui décrit si bien cela. Il est temps de le reconquérir pour lui redonner son vrai sens — celui d’une adaptation à la véritable nature humaine : créée par Dieu avec sa nécessité rationnelle, sociale et politique (et sa loi naturelle) ; gratuitement élevée à l’ordre surnaturel ; profondément désorganisée et blessée par le péché ; miséricordieusement enseignée et rachetée par Jésus-Christ ; vivant ici-bas dans l’attente de la révélation de la gloire des fils de Dieu.

 

 

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Doctrine sociale de l'Église
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