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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 18:03
La densité des mensonges qui courent sur les ondes ou dans les follicules augmente à mesure que les échéances (du verbe choir !) électorales s’approchent. Ces mensonges sont des faux bilans et des fausses promesses, des camouflages et des artifices ; mais ils sont, d’abord et plus profondément, des mensonges sur le sens de la vie humaine, sur notre raison d’être, sur la nature de la vie politique. Car toute la vie politique de la démocratie moderne est d’abord une conspiration contre la gloire de Dieu, contre le salut éternel des « citoyens », contre la loi naturelle.

Ne nous lassons donc pas de faire « campagne électorale » en répétant ce qu'’enseignait la sagesse surnaturelle et paternelle de Pie XII :
« C’est en vain qu’on s’efforce d’enrayer le déclin de la civilisation si on ne ramène pas à la foi de l’Évangile la famille, principe et fondement de la société. Nous tenons à le déclarer : la récitation du Rosaire en famille est un des moyens les plus efficaces pour réaliser une entreprise si difficile. » [Pie XII,
Ingruentium malorum, 19 septembre 1951].
Lui donnerons-nous 500 signatures ?

Dans le même esprit, Louis Veuillot écrivait le 29 janvier 1843 à Théophile Foisset :
« La société ne deviendra pas chrétienne par les institutions, mais par la loi de Dieu, et s’étant convertie, elle refera des institutions chrétiennes. Notre rôle est la patience ; nous travaillons pour nos enfants, nous leur laisserons un bel héritage. Quant à nous, partis les premiers de la servitude égyptienne, nous ne verrons que des yeux la terre promise ; nourris de manne et sans cesse combattus, nous aurons des jours laborieux, nous heurterons nos frères. Qu’importe ! nous n’attendons plus le Messie ; il nous attend. »

La doctrine politique de l’'Église catholique (qu’on appelle encore sa doctrine sociale) ne comporte rien sur le mode de désignation de celui qui est investi de l’'autorité politique sur la cité ; elle parle de l’origine de cette autorité – qui est Dieu – et de la nature de cette autorité, qui est d’être entièrement ordonnée au bien commun de la cité. La doctrine catholique parle aussi de la nature du bien commun, qui est un bien essentiellement moral [c’est-à-dire qui relève de la volonté et de la responsabilité des hommes – lesquels doivent se conformer à la nature des choses] et qui comporte au premier chef  la possession commune et paisible de la vraie religion.

Si la doctrine de l’'Église ne contient rien sur le mode de désignation du titulaire du pouvoir politique, c’est parce que tous les gouvernements (légitimes), quelle que soit leur « forme », ont la même nature et doivent posséder la même doctrine politique ; le mode de désignation demeure accidentel, et n’est donc pas déterminé en doctrine. Cela ne veut pas dire qu’il soit sans importance ; suivant les traditions, les mentalités, les circonstances, le mode de désignation peut avoir une grande portée concrète.

Témoin ce discours de Pie IX, du 5 mai 1874 :
« Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but (laissez-moi vous le dire) de les voir s’occuper d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle ; et quand les sociétés secrètes s’en emparent, comme il arrive trop souvent, celui de mensonge universel. »

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Quicumque
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