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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 16:00
Si l’on observe l’origine et la propagation des idées depuis la Renaissance, un fait ne laisse pas d’étonner. Les deux hommes qui ont le plus contribué à façonner la mentalité contemporaine, le prêt-à-penser sous-jacent à toutes les variations superficielles des idéologies dominantes, ces deux hommes n’avaient pas de talent intellectuel, ni de force de caractère, ni d’envergure à la hauteur de l’influence universelle dont on peut les créditer.

Ces deux hommes sont Érasme et Rousseau.

Luther a inondé l’Europe d’hérésie et de luxure, Descartes a faussé les esprits, Voltaire a vomi le blasphème ; d’autres qu’eux ont fait œuvre de putréfaction : mais, malgré leur grande influence, on ne peut affirmer que tout le monde est voltairien, cartésien ou luthérien.

Tandis que tout le monde (ou presque) est érasmien et rousseauiste, sans le savoir la plupart du temps, mais avec une grande « fidélité » d’esprit à ces deux « maîtres » de notre « civilisation » contemporaine.

De cette influence démesurée il est difficile d’assigner les causes.

Nos deux compères ont su, à deux siècles et demi de distance, faire vibrer les failles de notre nature marquée par le péché : car quiconque flatte l’amour-propre, quiconque prêche ou la facilité, ou la légitimité des sentiments que la loi de Dieu nous ordonne de combattre, ou la méthode pour abandonner cette loi en sauvant les apparences, ce quiconque aura toujours un succès qui dépassera même ses propres attentes.

Les deux ont bénéficié de structures sociales dont la mise en place – mais par qui ? dira-t-on – n’a été possible qu’en raison de l’affadissement de la chrétienté, structures qui ont servi de caisse de résonance à leur médiocrité afin que chacun se puisse reconnaître en elle : l’édition diluvienne et le colportage généralisé du XVIe siècle pour le premier, les salons et les loges du XVIIIe siècle pour le second.

Mais il faut aussi envisager quelque concours proprement diabolique, car la disproportion demeure trop importante entre ces moyens, aussi puissants qu’on les suppose, et l’influence réelle qu’ont exercée le lettré matois de Rotterdam et la pleureuse de Genève, influence qui demeure de nos jours quand il n’y a plus grand monde pour les lire.

Vous en doutez ?

Eh bien ! Parlons aujourd’hui d’Érasme. La regrettée revue Didasco a publié en 1982, sous la plume de Jacques Tescelin, une étude fort bien documentée et au jugement très lucide – de cette lucidité que donne à coup sûr la lumière de la foi catholique mise en œuvre – sur Érasme, taupe de la Révolution. La présentation qu’en faisait Pierre-Michel Bourguignon, Les enfants d’Érasme, en mettait bien en valeur la grande importance.

Cette étude connaît un regain d’actualité dans nos tristes jours où la « carpettologie » prend le pas sur la théologie : Érasme fut un maître en cet art… libéral.

Voici donc, pour notre instruction et notre affermissement, la présentation de Pierre-Michel Bourguignon et l’étude de Jacques Tescelin réunies sous cet unique lien.

 

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Histoire
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