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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 12:18

L’Évangile de Jésus-Christ est divin, immuable et indivisible : il ne se morcelle pas, il ne s’édulcore pas, il n’évolue pas. Et pourtant chaque époque imagine qu’il est devenu nécessaire de le mettre au goût du jour, chaque docteur éprouve la tentation de l’adapter aux forces de son auditoire, chaque âme voudrait en diminuer les exigences.

Ceux qui ne cèdent à cette illusion ni pour eux-mêmes ni pour ceux dont ils portent la responsabilité sont les saints : leur mérite est immense parce que seuls ils accomplissent totalement l’œuvre de Dieu, qui est d’adapter les âmes à l’Évangile, de les mettre au goût de l’éternité, de les faire évoluer par une croissance continue dans la charité.

Le Père Emmanuel – de son nom Louis-Émile-Ernest André (1826-1903) – est de cette race-là. En 1849, tout fraîchement ordonné prêtre du diocèse de Troyes, il est nommé curé d’une paroisse de trois cents habitants très déchristianisée, Le Mesnil-Saint-Loup, aux confins de la Champagne et de la Bourgogne. Il en restera curé jusqu’à la mort, se dévouant sans trêve pour ses paroissiens qu’il veut faire vivre de l’Évangile dans toute sa force et son exigence.

Son zèle, vivifié par la dévotion à la sainte Vierge Marie qu’il fait vénérer dans sa paroisse, par une autorisation inouïe au point d’en être miraculeuse de Pie IX, sous le nom de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, son zèle fait de cette terre isolée et ingrate une terre de chrétienté, une résurgence de la ferveur de l’Église au temps des Apôtres, un domaine de sainteté dont la fidélité et le rayonnement dureront jusqu’à ce que le concile Vatican II vienne tout obscurcir.

Quel fut donc le secret de ce prêtre étonnant, âme d’élite et esprit supérieur, aussi à l’aise pour instruire ses paysans que pour fonder et diriger une Revue des Églises d’Orient à diffusion mondiale, fondateur d’un monastère olivétain paroissial dont il fut Abbé sous le nom de Père Emmanuel, et rédacteur du Bulletin de Notre-Dame de la Sainte-Espérance d’où sont extraites les pages dont le lien est donné ci-dessous ?

Ce secret est tout simple et n’est pas secret… La méthode du Père Emmanuel est de prier et de faire prier pour demander la grâce de Dieu ; elle est, pour éviter qu’on ne prie en vain, d’enseigner la grandeur et l’absolue nécessité de la grâce pour la vie chrétienne qui est surnaturelle et théologale. Elle est donc de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ dans toute sa vigueur tout en donnant le moyen d’y répondre : la prière qui obtient la grâce divine ; la prière qui maintient l’âme dans l’espérance et dans l’humilité ; la prière qui sème l’esprit chrétien manifesté par la modestie tant intérieure qu’extérieure ; la prière qui dispose à recevoir les sacrements d’une manière digne et fructueuse ; la prière qui rend docile à la sainte Église catholique hors de laquelle il n’y a ni vraie foi ni salut éternel.

Le Père Emmanuel ne se satisfait pas de vérités diminuées, ni d’une vie chrétienne au rabais, ni des lâches accommodements de l’esprit mondain : voilà pourquoi il a été un apôtre fécond, voilà pourquoi son œuvre a duré, et qu’elle demeure très bienfaisante : on s’en convaincra par la lecture des lumineuses pages de cette liqueur forte et savoureuse, Le chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile.

L'éditeur avait ajouté à ce bel opuscule deux appendices qui en formaient un heureux complément et une opportune illustration.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Quicumque
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