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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 17:58
Juan Donoso Cortés (1809-1853) est sans conteste l’'un des catholiques –– et même l’'un des hommes –– les plus éminents du dix-neuvième siècle, digne de prendre rang aux côtés des Dom Guéranger, des Louis Veuillot ou des García Moreno.

Cette place de choix, il l’'a acquise en peu de temps –– environ cinq ans –– à partir du moment où son intelligence si aiguë s’'est trouvée au diapason de la foi catholique, foi dont il retrouva la ferveur et la tutelle au chevet d'’un frère bien-aimé, retourné à Dieu dans d’'admirables sentiments.

À partir de ce moment-là, la voix de Donoso Cortés a retenti dans l’'Europe entière, pour la consolation et l’'instruction des catholiques.

Pour remettre en honneur et en mémoire la personne et l’œ'œuvre de Donoso Cortés, je vous propose deux biographies :

–– l’'une de
J. M. Villefranche, plus courte, plaisante à lire ;

–– l’'autre de
Louis Veuillot, un peu plus ardue parce qu’'elle s’attache davantage à suivre l’'homme dans sa progression vers la lumière, et qu'’elle en sonde l’œ'œuvre.

La bibliographie française à propos de Donoso Cortés, qu'il s'agissse de ses œuvres ou de sa personne, n'’est pas abondante.
Louis Veuillot a publié ses œœuvres catholiques en trois volumes (chez Auguste Vaton à Paris ; la deuxième édition est de 1862).
Les éditions
L’'Âge d’Homme de Lausanne ont publié en 1989 la splendide Lettre au Cardinal Fornari. Cette édition est précédée d'’une longue introduction d’'André Coyne (60 pages) bien documentée et bien construite. Elle ne peut toutefois s’'empêcher, in fine, de faire référence au sulfureux René Guénon (dont j'’aurai bientôt l’'occasion de reparler sérieusement) : chez un tel éditeur, c'’est la moindre des choses, et le diable a toujours de la peine à ne pas laisser dépasser ses sabots fourchus.

Il aurait peut-être été nécessaire de dire un mot du contexte historique de l’œ'œuvre de Donoso Cortés. L’'Espagne était alors tripartite, déchirée entre deux obédiences : d'’un côté les carlistes en guerre ; de l’'autre les
cristinos, eux-mêmes profondément divisés entre modérés d’'une part et radicaux d’'autre part –– ceux-ci étant émeutiers et persécuteurs.

Mais cette œœuvre dépasse infiniment les circonstances au milieu desquelles elle a été élaborée : et par son œœuvre tout autant que par sa vie, Donoso Cortés nous parle encore : il nous instruit et nous replace dans la perspective de la vérité politique –– celle qu'’éclaire la foi et qu'’enseigne l’Église.

Defunctus adhuc loquitur.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Biographie
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