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12 avril 2006 3 12 /04 /avril /2006 14:27
Les sermons de Bourdaloue prennent place parmi les chefs-d’œuvre et de la prédication catholique et de la littérature française.
La sûreté et l'’ampleur de la doctrine ; la liberté de parole qu'’aucun respect humain ne paralyse et qui pourtant conserve toujours une haute déférence pour ceux qui sont constitués en dignité ; l'’ardent zèle des âmes ; la minutieuse préparation de celui qui prie et s’'applique d'’abord à lui-même les exhortations qu’'il produit devant autrui : c'’est de cela que la prédication de Bourdaloue tire son caractère et son efficacité surnaturelle.
Le rythme de la langue, la précision du vocabulaire, l’'élégance de la phrase et la chaleur de la conviction : tout cela s’'harmonise et donne à la parole de Bourdaloue une fluidité qui fait son agrément.

Les sermons qu'’il a consacrés à la Passion de Jésus-Christ présentent d'’une manière éminente toutes ces qualités : l'’intelligence est conquise, le cœœur charmé, l’'âme élevée : on en est tour à tour bouleversé, conquis, affermi : bouleversé au milieu d’'une trompeuse quiétude, conquis par l’'amour de Dieu ; affermi dans le propos de mener une vie bonne et salutaire.
Voici donc un
second sermon sur la Passion qui tient toutes ses promesses, et surprendra profondément ceux qui ont coutume de considérer les choses avec quelque légèreté.

Notice sur Bourdaloue

Louis Bourdaloue est né à Bourges en 1632 où il est baptisé le 29 août, et il meurt à Paris le 13 mai 1704. Il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1648. Professeur à Amiens, à Orléans et à Rouen, il fit à Nancy sa troisième année de probation. Préfet au collège d'Eu, il y prononça ses grands vœœux, le 2 février 1606. Après quelques années de ministère apostolique en province, à Amiens, à Lionnes et à Rouen, il arriva à Paris, en 1669, et débuta comme prédicateur en l'église de la maison professe des jésuites, rue Saint-Antoine. Ses succès oratoires furent désormais ininterrompus. Il prêcha devant la cour de Louis XIV cinq
carêmes et sept avents avec un succès toujours croissant, ce qui lui valut le surnom de « roi des orateurs et orateur des rois ». Sa vie, comme on l'’a dit, peut se résumer en trois mots : « Il prêcha, il confessa, il consola. » Son ministère auprès des mourants était très apprécié. Même devenu illustre, le père Bourdaloue ne cessa de donner l'’exemple des vertus religieuses les plus régulières, et d'’être ainsi estimé pour la dignité de sa vie non moins que pour son caractère et son talent.

On s'’accorde à admirer eu Bourdaloue l'’habileté de sa composition, la rigueur de sa logique, vivante et pressante, la finesse de sa psychologie, la netteté de sa doctrine jointe à la sûreté et à la force de sa direction morale, sa franchise tout apostolique. Ce sont ces qualités, qu'’il possède à un rare degré, qui firent son succès auprès de ses contemporains, succès plus éclatant que celui de Bossuet lui-même. Et ce sont ces mêmes qualités qui lui valent encore et lui vaudront toujours de nombreux lecteurs et admirateurs.

Il n’'est guère de vérité chrétienne qu'’il n’'ait traitée, l'’exposant toujours avec un large et lumineux bon sens, ne s’'attachant exclusivement à aucune école, ni à aucune opinion particulière, mais développant dans sa plénitude l'’enseignement traditionnel de l’Église. Certaines questions toutefois, questions rendues de son temps plus actuelles par la lutte du catholicisme en France contre les protestants, les jansénistes, les quiétistes et les libertins, l’'ont particulièrement occupé, comme il convenait à la nature de son éloquence essentiellement pratique et adaptée aux besoins présents de ses auditeurs.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Quicumque
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