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6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 11:15
La mise au net du livre du R.P. Guérard des Lauriers avance à petits pas, et j’'espère pouvoir livrer la première moitié (autonome) du chapitre 2 avant les jours saints.

En attendant, en préparation à cette lecture ardue et pour vous faire patienter (!), je vous livre la transcription de l’'
article de la Pensée catholique n°122 paru en 1969, article qui analyse l’'Institutio generalis du nouveau missel.

Cet article est signé par « un groupe de théologiens », mais le style inimitable trahit l'’auteur ; d’'ailleurs le R.P. Guérard des Lauriers en a revendiqué la paternité dans la déclaration qu'’il fit en 1970 et qui fut publiée dans
Itinéraires n°146. On la trouvera ci-dessous.

Cet article de la
Pensée catholique présente un double intérêt : celui de son contenu théologique – très dense et profond – et celui de sa date : il témoigne que dès l’'origine le novus ordo missæ a été contesté, non pas de façon épidermique ou accidentelle, mais bien de façon réfléchie et compétente, dans sa constitution même.

Déclaration par M.-L. Guérard des Lauriers, O. P.

La supplique qu’'ont adressée au Pape les Cardinaux Ottaviani et Bacci à propos du nouvel Ordo missæ est maintenant bien connue.
Elle appartient au passé et à l'’histoire.
Elle ne laisse pas, cependant, d’'appartenir au présent.
Les circonstances, et je le crois, par elles, la Providence m’'ont induit jusqu'’à présent à conserver l’'anonymat. Mû par la profonde conviction qu'’il suffit de restaurer la juste expression de la Vérité, pour que resplendisse, persuasive, la lumière de la « très sainte Foi », j’'ai apporté une collaboration décidée à la rédaction du « Breve Esame Critico ». En accord avec d’'autres théologiens, j'’ai développé (
Pensée catholique, n°122) l’'aspect doctrinal des considérants contenus dans le « Breve Esame ».
J'’ai osé espérer qu'’éclairer suffirait.

Des circonstances nouvelles, et, par elles, je le crois, derechef la Providence m'’inclinent impérieusement à témoigner personnellement de ce que j’'ai exprimé objectivement.
Je pense surtout au désarroi que provoque, en de très nombreux prêtres et fidèles, une « doctrine insolite que l’'instinct de la foi estime spontanément suspecte, sans pour autant réussir à en discriminer l’'errance » ; l’'observation de S. Thomas reçoit actuellement une éclatante confirmation.

Je déclare donc que les arguments développés dans les deux études précitées n'’ont pas seulement pour moi une valeur théorétique. Ils établissent que
c’'est précisément dans l’'ordre pratique que le nouvel Ordo missæ et l’'Institutio generalis qui en est le commentaire officiel constituent pour le moins un écart, un « faux pas » hors la ligne dont le Concile de Trente a fixé les normes, et cela définitivement, « ad perpetuam rei memoriam ».
Y a-t-il vraiment un « pas » ? Ce « pas » (?) n'’est-il qu'’apparent, faux en son origine obscurément, comme il est faux en son aboutissant manifestement ? J’'aime à le supposer. Je ne l’'examine pas. D’'autres l’'ont fait, et bien fait. Ce « pseudo pas » (?) est-il rectifié par des « discours » ou par des commentaires, si autorisés soient-ils ? Il n’'en est rien. Les discours se succèdent au fil des jours, ils passent. La Constitution apostolique
Missale Romanum se réfère à la Constitution apostolique de S. Pie V Quo primum. Celle-ci est-elle abrogée par celle-là ? On en discute. Je ne le pense pas. Quoi qu'’il en soit, au regard de la multitude, à tort ou à raison, la Constitution apostolique Missale Romanum est revêtue du prestige de la loi. À ce titre, en fait et pour l'’opinion, elle demeure.

La supplique des deux Cardinaux appartient donc bien au présent.
Je souscris
sans réserve à tous les termes de cette supplique, en particulier à l’'affirmation suivante : « Come dimostra sufficientemente il pur breve esame critico allegato… il Novus Ordo missæ … rappresenta sia nel suo insieme come nei particolari, un impressionante allontanamento dalla teologia cattolica della Santa Messa, quale fù formolata nella Sessione XXII del Concilio Tridentino, il quale, fissando definitivamente i “canoni” del rito, eresse una barriera invalicabile contro qualunque eresia che intaccasse l'’integrità del Mistero. »
En conséquence, je déclare ne pas pouvoir utiliser le nouvel
Ordo missæ.

11 février 1970. M.-L. Guérard des Lauriers, O. P.

Pour ce temps de la Passion, l’'article du R.P. rappelle – de façon opportune et méditative – l’'identité entre la sainte Messe et le sacrifice de la Croix.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Théologie
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