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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 11:58
C'est le titre d'un livre de Claudio Risé (chez Rémi Perrin, 2005, 125 pages, 12,5 euros) dont l'intérêt est très grand. L'auteur est professeur de sciences politiques et de sociologie, et psychanalyste junghien… : on pourrrait donc se méfier, mais ce serait à tort en l'occurrence.

L'auteur traite son sujet à la lumière de la foi catholique et apporte nombre de statistiques fort révélatrices.

Il met le doigt sur l'un des plus grands fléaux de notre société : l'
absence du père. Les raisons peuvent en être diverses :
 – soit absence totale (divorce, union libre,... …) ;
– soit absence
de facto (les « affaires », l'ordinateur et internet son complice, le cocon de l'égoïsme, ...…).
Mais, quelle que soit la cause, les effets sont analogues.

85% des jeunes gens incarcérés ont grandi sans leur père, 75% des suicidés sont nés « sans père ». Et toutes les statistiques montrent que la grande majorité des hommes homomachins a manqué de père, qu'il en est de même pour les femmes anorexiques, etc.

Quand les hommes cessent d'être virils (et on devient viril à l'école de son père), ils deviennent « machos »
et lavettes.

Un des plus grands crimes que puisse commettre une mère à l'égard de ses enfants, c'est de les priver de leur père – par séparation, supplantation ou mépris (forcément contagieux). Imaginer qu'elles pourront compenser est une illusion catastrophique.

Les statistiques montrent aussi l'immense influence de la pratique religieuse du père sur la persévérance des enfants : « Dans le cas où le père n'est pas pratiquant, seul un enfant sur cinquante se rendra à l'église à l'âge adulte, indépendamment du comportement de la mère. Si le père fréquente régulièrement l'église, entre les 2/3 et les 3/4 des enfants feront de même, indépendamment de ce que fait la mère » (p. 28).

D'après ce que j'ai pu observer pendant plusieurs décennies où je me suis occupé de garçons, il n'y a que dans le cas de veuvage que les effets de l'absence du père sont atténués ou nuls. Dans tous les autres cas d'absence du père, c'est la catastrophe et le premier effet patent de l'absence du père est la mollesse, une incroyable mollesse.

J'exclue le cas d'un père servant au loin, car je n'ai jamais pu l'observer. Et si l'on croit l'Abbé Berto qui fut ainsi éduqué, il n'y a aucun effet délétère. Voici ce qu'il écrivait à un colonel alors en prison (fut une époque où c'était très honorable) :
« Mais les vôtres [vos enfants], mon Colonel, ne sont pas vraiment privés de leur père. L'absence corporelle du Père, je l'ai vécue avant eux. Pendant la première grande guerre, de ma quinzième à ma dix-neuvième année, je n'ai pas vu une seule fois mon père, qui commandait le cercle de Na-Cham. Il nous gouvernait des confins chinois, par de longues lettres qu'il écrivait à notre mère, et ces lettres, qui mettaient six ou sept semaines à nous arriver, étaient pour nous la loi et les prophètes. Tout était traité, ce que ses enfants devaient aimer, ce qu'ils devaient détester ; ce qu'ils devaient estimer, ce qu'ils devaient mépriser, les études, les relations, la conduite quotidienne et les grandes orientations de la vie. Tout était écouté, admis, exécuté, je ne dirai pas sans une désobéissance, mais sans même l'idée d'une désobéissance, et d'autant moins que nous n'aurions pu désobéir à notre père sans meurtrir notre mère, chose à laquelle nous aurions certainement préféré la mort. Cette présence paternelle dans l'absence, vos enfants la vivront comme je l'ai vécue, non seulement sans détriment, mais avec plus de gravité et d'austérité, ce qui, pour les chrétiens, est un bienfait, comme tout ce qui enracine dans notre vie la Croix très sainte de Notre-Seigneur. » (Notre-Dame de Joie, pp. 252-253)

Pères, où êtes-vous ? Tous les enfants ont besoin d'un père à craindre (mais oui !), à admirer (mais oui !) et à aimer (évidemment).

« Je cherche un homme » disait Diogène.
Mais si vous cherchez un livre, celui-là (même s'il est loin d'être parfait !) vous instruira, et vous réveillera ou vous confortera.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Mariage - éducation
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commentaires

Admin 15/03/2006 12:51

bonjour,
il est clair que cette étude du Père dans la Societé est tellemnt vrai, la faute à qui ??; à l'egoisme de certains parents qui préfèrent, se donner l'illusion de vivre à fond et d'aller de l'avant !!! dans un monde qui manifestement recul sur les principe de l'éducation !! et de l'autorité !!
merci Mr l'Abbé, je le commande de ce pas...
udp