Mercredi 1 mars 2006
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L’intelligence humaine est raison, c’est-à-dire qu’elle ne saisit pas l’essence de ce qu’elle connaît du premier
coup, par une intuition qui pénètrerait directement l’être des choses et ses propriétés essentielles : il lui faut au contraire progresser, comparer, revenir, affiner, corriger sans cesse. Le
raisonnement est cette progression dans la connaissance, qui va des principes aux conclusions, du particulier au général, du flou au net, de l’imprécision à la clarté.
Cette progression dans la connaissance demande du temps, du labeur, de l’entr’aide ; et comme la raison humaine est faillible, elle a besoin d’un art du raisonnement, d’une science de ses lois,
c’est la logique.
La déduction et l’induction sont les deux formes principales du raisonnement humain. Si la théorie de la déduction (du syllogisme) et l’énoncé de ses lois ne présentent pas de difficultés
insurmontables, il en va autrement de l’induction. Dès qu’on examine un peu celle-ci, en effet, on se demande comment justifier qu’on passe de connaissances particulières ou d’expériences
limitées, à l’énoncé d’une loi générale ? On se demande également si l’on peut vraiment connaître le nécessaire en partant du contingent ?
La nature et la légitimité de l’induction, l’universalité de son usage, l’art qui doit la conduire, le type de certitude auquel elle conduit sont autant de difficultés que le logicien et
l’épistémologue devront étudier et résoudre : la besogne est grande, et constitue d’une certaine manière la pierre de touche de leur science. Devant l’immense champ d’application du raisonnement
par induction – qui est le plus malaisé à conduire, et pourtant le plus humain et le plus indispensable – ils doivent en élaborer la théorie à partir même de l’usage de l’induction et de la
nature de la raison.
Voici une double contribution du R. P. Guérard des Lauriers à cette tâche : sur l’induction en général, et sur les rapports entre la théologie et l’induction. Cette contribution est ardue, elle
semblera touffue même, mais elle ravira ceux que ces questions-là intéressent :
L’induction
Statut inductif de la théologie
Par Abbé Hervé Belmont
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Publié dans : Philosophie
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