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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 22:01
Ayant écrit naguère quelques notes concernant L’'autorité pontificale, à propos du Ralliement, et ayant déjà une première fois abordé le sujet dans Léon XIII et saint Thomas d’'Aquin, je me crois obligé de mettre à la disposition de mes honorables lecteurs le texte (difficilement accessible) des deux lettres de Léon XIII qui sont à l’'origine de l'’affaire.

Il s'’agit d'’abord de la lettre encyclique
Au milieu des sollicitudes du 16 février 1892 adressée aux archevêques, évêques, au clergé et à tous les catholiques de France.

Cette première encyclique a été suivie de peu par une lettre encyclique adressée aux cardinaux français
Notre consolation datée du 3 mai 1892.

Puisque j’'ai la possibilité de publier ces textes, je m’'y sens tenu pour ne pas encourager la déplorable habitude qui consiste à parler de sujets graves sans les étudier sérieusement, sans remonter aux sources ou tout au moins à des documents fiables, sans s’'efforcer d'’aller voir les textes officiels.
On se contente d'à-peu-près ou d’'avis de troisième ou quatrième main, on porte des jugements tranchants à partir d’'éléments flous, parfois de simples on-dit ; on prend pour argent comptant l'’opinion répandue dans les milieux qu’'on fréquente, sans se mettre en peine de rechercher la vérité là où elle se trouve : dans les actes du Magistère de l’'Église.
C'’est ainsi que la paresse d'’esprit engendre la malhonnêteté intellectuelle, parce que l’'habitude est très vite prise ; petit à petit elle devient inconsciente, et c'’est là un grand malheur (contre lequel chacun d’'entre nous doit se tenir en garde).

Au passage d'’ailleurs, je signale aussi que la paresse de l'’intelligence est aussi une source très courante de naturalisme doctrinal. La raison en est simple. La doctrine catholique est une doctrine
reçue de Dieu et de l’'Église. Étant surnaturelle et étant reçue, elle exige connaissance des sources, étude, méditation, docilité. Cela est parfois ardu, cela demande effort et persévérance.
Il est beaucoup moins fatigant d'’inventer, d'’imaginer, de forger des théories sur mesure, qui ne demandent ni rigueur intellectuelle ni longues recherches ; ces théories ont en outre l’'avantage d'’être malléables et adaptables suivant les besoins. Et voilà comment on sombre en naturalisme, car ces inventions ne sont ni révélées de Dieu ni surnaturelles : elles ne sont pas du tout à la hauteur des problèmes qu’'elles prétendent résoudre, des réalités qu’'elles sont censées décrire. Des hypothèses naturelles plus ou moins controuvées se sont substituées à la lumière de la foi et à la lumière théologique qui en dérive. L'’abîme n’est pas loin.
Ce n'’est pas pour rien qu'’on place la paresse au nombre des péchés capitaux.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Doctrine sociale de l'Église
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