Mardi 24 janvier 2006
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Les Papes ont souvent rappelé aux parents chrétiens leurs graves devoirs en matière d'éducation et de
scolarisation de leurs enfants. Voici quelques textes bien caractéristiques du Magistère pontifical.
1. Léon XIII, encyclique Affari
vos, 8 décembre 1897, aux évêques du Canada
Car il ne saurait être permis à nos enfants d'aller demander le bienfait de l'instruction à des écoles qui ignorent la religion catholique ou qui la combattent positivement, à des écoles où sa
doctrine est méprisée et ses principes fondamentaux répudiés. Que si l'Église la permis quelque part, ce n'a été qu'avec peine, à son corps défendant, et en entourant les enfants de multiples
sauvegardes, qui, trop souvent d'ailleurs, sont reconnues insuffisantes pour parer au danger. Pareillement, il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont
accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d'avoir ou non de saines doctrines, d'adopter la vérité ou l'erreur.
Vous êtes loin d'ignorer, Vénérables Frères, que toute école de ce genre a été condamnée par l'Église, parce qu'il ne se peut rien de plus pernicieux, de plus propre à ruiner l'intégrité de
la foi et à détourner les jeunes intelligences du sentier de la vérité.
Il est un autre point sur lequel Nous serons facilement d'accord avec ceux mêmes qui seraient en dissidence avec Nous pour tout le reste : savoir, que ce n'est pas au moyen d'une instruction
purement scientifique, ni de notions vagues et superficielles de la vertu, que les enfants catholiques sortiront jamais de lécole tels que la patrie les désire et les attend. C'est de choses
autrement graves et importantes qu'il les faut nourrir pour en faire de bons chrétiens, des citoyens probes et honnêtes : leur formation doit résulter de principes qui, gravés au fond de leur
conscience, s'imposent à leur vie comme conséquences naturelles de leur foi et de leur religion.
Car, sans religion, point d'éducation morale digne de ce nom, ni vraiment efficace : attendu que la nature même et la force de tout devoir dérivent de ces devoirs spéciaux qui relient l'homme à
Dieu, à Dieu qui commande, qui défend, et qui appose une sanction au bien et au mal. Cest pourquoi, vouloir des âmes imbues de bonnes mœurs et les laisser en même temps dépourvues de religion,
c'est chose aussi insensée que d'inviter à la vertu après en avoir ruiné la base.
Or, pour le catholique, il n'y a qu'une seule vraie religion, la religion catholique ; et c'est pourquoi, en fait de doctrines, de moralité ou de religion, il n'en peut accepter ni
reconnaître aucune qui ne soit puisée aux sources mêmes de l'enseignement catholique.
La justice et la raison exigent donc que nos élèves trouvent dans les écoles, non seulement l'instruction scientifique, mais encore des connaissances morales en harmonie, comme Nous l'avons
dit, avec les principes de leur religion, connaissances sans lesquelles, loin d'être fructueuse, aucune éducation ne saurait être qu'absolument funeste. De là, la nécessité d'avoir des maîtres
catholiques, des livres de lecture et d'enseignement approuvés par les évêques, et d'avoir la liberté d'organiser lécole de façon que l'enseignement y soit en plein accord avec la foi
catholique, ainsi qu'avec tous les devoirs qui en découlent.
Au reste, de voir dans quelles institutions seront élevés les enfants, quels maîtres seront appelés à leur donner des préceptes de morale, c'est un droit inhérent à la puissance paternelle.
Quand donc les catholiques demandent, et c'est leur devoir de le demander et de le revendiquer, que l'enseignement des maîtres concorde avec la religion de leurs enfants, ils usent de leur
droit. Et il ne se pourrait rien de plus injuste que de les mettre dans l'alternative, ou de laisser leurs enfants croître dans l'ignorance, ou de les jeter dans un milieu qui constitue un
danger manifeste pour les intérêts suprêmes de leurs âmes.
Ces principes de jugement et de conduite, qui reposent sur la vérité et la justice, et qui sont la sauvegarde des intérêts publics autant que privés, il n'est pas permis de les révoquer en doute
ni de les abandonner en aucune façon.
2. Pie XI, encyclique Divini illius
Magistri, 31 décembre 1929
Il est nécessaire, d'une part, que les nouvelles générations soient instruites dans les arts et les sciences qui font la richesse et la prospérité de la société civile ; d'autre part, la
famille est incapable par elle-même d'y pourvoir suffisamment. De là est sortie l'institution sociale de l'école. Mais qu'on le remarque bien, ceci se fit d'abord par l'initiative de la
famille et de l'Église bien avant l'intervention de l'État. À ne considérer donc que ses origines historiques, l'école est de sa nature une institution auxiliaire et complémentaire de la
famille et de l'Église ; partant, en vertu d'une nécessité logique et morale, l'école doit non seulement ne pas se mettre en contradiction, mais s'harmoniser positivement avec les deux autres
milieux, dans lunité morale la plus parfaite possible, de façon à constituer avec la famille et l'Église un seul sanctuaire consacré à l'éducation chrétienne. Faute de quoi elle manquera sa
fin, pour se transformer, au contraire, en œuvre de destruction.
Cela a été manifestement reconnu même par un laïque, de grande réputation pour ses écrits pédagogiques, où tout n'est pas à approuver, entachés qu'ils sont de libéralisme. Il s'exprime ainsi :
« L'école, si elle n'est pas un temple, devient une tanière ». Et encore : « Quand la formation littéraire, la formation sociale, ou domestique, ou religieuse ne sont pas en parfait accord,
l'homme est sans bonheur et sans force » [Nic. Tommaseo, Pensieri sull educazione, parte I. 3, 6].
[...
] Ainsi donc, le seul fait qu'il s'y donne une instruction religieuse (souvent avec trop de parcimonie) ne suffit pas pour qu'une école puisse être jugée conforme aux droits de l'Église
et de la famille chrétienne, et digne d'être fréquentée par les enfants catholiques. Pour cette conformité, il est nécessaire que tout l'enseignement, toute l'ordonnance de l'école,
personnel, programme et livres, en tout genre de discipline, soient régis par un esprit vraiment chrétien, sous la direction et la maternelle vigilance de lÉglise, de telle façon que la religion
soit le fondement et le couronnement de tout l'enseignement, à tous les degrés, non seulement élémentaire, mais moyen et supérieur. « Il est indispensable, pour reprendre les paroles de Léon
XIII, que non seulement à certaines heures la religion soit enseignée aux jeunes gens, mais que tout le reste de la formation soit imprégné du parfum de la piété chrétienne. Sans cela, si ce
souffle sacré ne pénètre pas et ne réchauffe pas l'esprit des maîtres et des disciples, la science, quelle qu'elle soit, sera de bien peu de profit ; souvent même il n'en résultera que de
sérieux dommages » [Militantis Ecclesiæ, 1 août 1897].
3. Pie XII. Allocution aux jeunes de l'Action catholique italienne, 20 avril 1946.
Le cri que vous avez lancé Sauvons l'enfant, exprime en ce temps les inquiétudes et les espoirs du présent, mais par-dessus tout ses nécessités impérieuses et urgentes.
Autour de l'enfant gravitent toutes les questions vitales, toutes les valeurs essentielles : le mariage et la famille, l'épouse et la mère, l'éducation et la moralité publique. Là où ces
questions sont résolues selon la loi divine et l'esprit chrétien, là où ces valeurs capitales sont protégées et défendues, là également l'enfance et la jeunesse sont sauves. Mais en revanche,
là où les forces de la dissolution et de la perversion s'emparent des enfants, les tristes conséquences ne tardent pas à se manifester. Elles se montrent déjà par trop jusque dans les petits et
les adolescents. Ne les voit-on pas chaque jour ? Na-t-on pas constamment sous les yeux le spectacle angoissant d'une jeunesse en grande partie déjà gâtée, contaminée, prête à transmettre, en
vertu des lois tragiques de la nature, son infection physique et morale aux générations futures ?
[...
] L'histoire signale invariablement comme élément précurseur des grandes catastrophes, non seulement économiques et politiques, mais également et principalement spirituelles et religieuses,
la décadence de la moralité publique, la corruption des mœurs qui s'installe effrontément en souveraine et vise à séduire surtout les jeunes générations. L'expérience présente ne fait que
confirmer les leçons de l'histoire. Nous ne Nous lassons pas de dénoncer, en toute occasion qui se présente à Nous, au moins trois des formes plus redoutables du monstrueux Moloch qui moissonne
tant de victimes : le divorce, l'école sans Dieu, l'immoralité de la littérature et des spectacles. Des mères dénaturées n'hésitent pas à conduire des petits garçons et des fillettes à des représentations et à des « revues » les plus lascives !
Sans doute, même dans une jeunesse ainsi entourée d'embûches, il y a toujours des miracles de la grâce, des héros et des saints victorieux de toutes les séductions et des appâts du monde qui les
entoure. Mais ces miracles sont rares, et ces héros et ces saints sont l'exception. Ce serait une illusion fatale de croire que de telles exceptions puissent devenir la règle générale sans une
amélioration des conditions publiques, et il serait injuste de vouloir attribuer aux déficiences du ministère pastoral toute la responsabilité des ruines spirituelles que, dans les enfants et les
adolescents de 6, de 10, de 15 ans, produisent comme inévitablement l'influence continue de lécole areligieuse ou antireligieuse, les dangers de la rue, l'air moralement malsain ou peut-être
même corrompu de l'usine et de l'atelier. Dans l'ordre naturel des choses disons mieux : selon les dispositions de la Providence divine, l'enfant doit naître et croître dans le climat
salubre d'une famille et d'une société chrétienne et sy' développer progressivement jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité qui le rende capable, à son tour, de maintenir, propager et
perfectionner un ordre social juste et chrétien.
4. Pie XII, radio-message à la clôture de la Journée de la
famille en Italie, 23 mars 1952.
La famille est le berceau où naît et se développe la vie nouvelle, qui a besoin, pour ne pas périr, d'être soignée et éduquée – c'est là un droit et devoir fondamental, donné et imposé
immédiatement par Dieu aux parents. L'éducation dans l'ordre naturel a pour contenu et but le développement de l'enfant pour devenir un homme complet ; l'éducation chrétienne a pour contenu
et but la formation du nouvel être humain, régénéré par le Baptême, pour en faire un parfait chrétien. Une telle obligation, qui fut toujours une réglé et un honneur pour les familles
chrétiennes, est solennellement prescrite par le canon 1113 du Code de droit canon, qui déclare : « Parentes gravissima obligatione
tenentur prolis educationem tum religiosam et moralem, tum physicam et civilem pro viribus curandi, et etiam temporali eorum bono providendi. Les parents ont la très grave obligation de veiller selon leurs moyens à l'éducation religieuse et morale, physique et civique de leurs enfants, et de
pourvoir également à leur bien-être temporel ».
5. Enfin et surtout il faudrait citer lallocution de Pie XII Davanti a questa aux mères de famille italiennes, du 26 octobre 1941. Elle est d'une
grande importance, et tout serait à citer : cela serait trop long. Aussi on pourra s'en procurer le texte ici : la lecture en est réconfortante et salutaire.
Par Abbé Hervé Belmont
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Publié dans : Mariage, éducation
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