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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 11:20
Le Pape Léon XIII affirmait que le degré de christianisme d'’une société se manifeste à la façon dont celle-ci favorise la sanctification du dimanche. D’'où l’'on voit que notre société n'’a plus que de vagues vestiges chrétiens : d’'une part le travail du dimanche s'’étend ; d’'autre part le repos dont beaucoup bénéficient encore est tout orienté vers une profanation du jour saint.

C’est pourquoi il n'’est pas rare d'’entendre la question suivante : « Mes obligations professionnelles me retiennent souvent (ou parfois) le dimanche et m'’empêchent d'’assister à la sainte Messe. Que dois-je faire ? à quoi suis-je tenu ? »

Il vaut la peine de s'’arrêter un peu à cette question, car les principes et les vérités en cause sont nombreux.

L’'obligation de sanctifier le dimanche est une loi divine ; c’'est une obligation qui tient à la nature que nous avons reçue de Dieu (l’'obligation de consacrer un temps suffisant au culte du vrai Dieu), avec une détermination positive – fortement fondée en nature – issue de la loi mosaïque quant à la période (un jour sur sept) et une autre détermination issue de la loi chrétienne quant au jour précis (le dimanche en souvenir de la résurrection de Notre-Seigneur).

L’'obligation d’'assister à la sainte Messe est une obligation que nous avons contractée au Baptême, et qui est devenue effective le jour de nos sept ans (ou le jour de notre première communion si celle-ci a précédé l’'âge de sept ans).

C'’est une obligation grave– sous peine de péché mortel en cas d’'omission – et il faut une raison proportionnée pour en être dispensé. Comme le rappelait le Pape Pie XII le 10 novembre 1940, le sport, la chasse ou les excursions ne sont pas des raisons qui excusent du précepte dominical.

Si l’'on a une raison impérieuse de s'’abstenir de l’'assistance à la Messe, on n'’est pas dispensé pour autant de l’'obligation de sanctifier le dimanche. Car l’'obligation fondamentale est bien celle de sanctifier le dimanche : l'’assistance à la sainte Messe et l’'abstention des œœuvres serviles ou foraines sont les deux moyens obligatoires, mais l’'impossibilité d'’user de l’'un ou de l’'autre de ces moyens ne supprime pas le précepte dominical. On doit donc encore sanctifier la journée du dimanche, en s’'adonnant plus particulièrement à la prière, à la lecture spirituelle, à l'’étude de la sainte doctrine, aux œœuvres de miséricorde, à la vie de famille.

— À la vie de famille ? Qu'’est-ce que vous me chantez-là ?
— Je vous chante que le dimanche, l’'homme doit plus particulièrement se souvenir qu’'il a été créé à l’'image de Dieu –de Dieu qui est esprit, qui est vérité, qui est miséricorde, qui est « famille » ainsi qu'’il nous l'’a révélé dans le mystère de la sainte Trinité. Notons au passage le vice des mouvements de jeunesse qui ôtent les enfants ou les jeunes gens de leur famille précisément le dimanche.

— Suis-je tenu d’'assister à la Messe en semaine, si je n’'ai pu m’'y rendre le dimanche ?
— Il n'’y a pas d'’obligation canonique, puisque le précepte est
ad finiendam obligationem, c'est-à-dire qu'’il cesse quand le temps prescrit est passé (à la différence, par exemple, du précepte de la communion pascale qui continue d’'obliger même si l'’on a dépassé le temps prescrit, et qu'’on dit pour cela ad urgendam obligationem).

Mais il ne faut pas oublier que le précepte canonique est l’'expression d’'une nécessité morale, et que celle-ci demeure. Voilà pourquoi la « compensation » de l'’absence à la Messe dominicale par l’'assistance à la Messe dans le cours de la semaine est hautement souhaitable, davantage encore si l’'absence est fréquente. La vie de l’'âme ne saurait se limiter au respect des lois canoniques (bien qu'’elle le suppose, évidemment).

L'’Église rend obligatoire l’'assistance à Messe dominicale pour de multiples raisons :
– les grâces reçues sont indispensables à la vie chrétienne, à la sanctification, à la persévérance ;
–– l'’offrande d’'un sacrifice est nécessaire à l’'homme et il n’'y a que le Sacrifice de Jésus-Christ qui soit agréable à Dieu et digne de lui ;
–– pour être racheté, nous devons personnellement coopérer à l’'acte même de notre rachat, au sacrifice rédempteur renouvelé et rendu présent sur l’'autel ;
–– notre appartenance à l'’Église de Jésus-Christ doit être exercée, revivifiée et manifestée : cela se fait dans l'’acte le plus haut et le plus saint de la vie de l'’Église.

J'’insiste sur ce dernier point, car il est très important et son oubli (fréquent) fait négliger que nous devons jalousement veiller à la catholicité de la Messe à laquelle nous prenons part : catholicité du rite (conforme à la foi), catholicité du ministre (dans la profession de la foi et dans l'’origine du sacerdoce), catholicité de l'’allégeance.

Le Concile de Trente enseigne que le saint Sacrifice de la Messe est offert par l’'Église par le ministère des prêtres :
ab Ecclesia… per sacerdotes. Assister délibérément à une Messe où l’'on fait allégeance à une fausse « autorité » (à Benoît XVI, pour parler clair) met en péril notre adhésion à la sainte Église catholique, puisque nous participons à l’'offrande censément faite par l’'église una cum Benedicto ; que nous le voulions ou non, nous faisons acte d'’adhésion à cette église qui ne saurait être identifiée à l’'Église catholique.

Il est vraiment triste de constater la fragilité des convictions et de la pratique de ceux qui pourtant, par ailleurs et par grâce de Dieu, refusent tout ce qui corrompt la foi. Il ne faut pas abuser de cette grâce de Dieu, il ne faut pas se laisser aller, il ne faut pas se laisser entraîner par des considérations humaines, par la recherche de la convivialité, de la facilité, de la mondanité. L'’enjeu est trop grave : il s’'agit de la foi, de l’'honneur de Dieu, de notre salut éternel.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Morale
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