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20 décembre 2005 2 20 /12 /décembre /2005 18:00
C’est pour exalter la gloire de Jésus-Christ et lutter contre l’'apostasie sociale (laïcisme ou autre) que le Pape Pie XI a écrit sa grande encyclique Quas primas et institué la fête du Christ-Roi.
Car si notre monde veut bien encore (provisoirement et moyennant sourdine) admettre que les individus puissent reconnaître et adorer Dieu, il proclame en revanche bon, juste et nécessaire que la société doive l'’ignorer, en s’'organisant comme si Dieu n’'existait pas, comme si Notre-Seigneur n’'était pas le Fils de Dieu fait homme, Sauveur de tous les hommes, comme s’'il n’'avait pas fondé une Église, sa « chargée d'’affaires » ici-bas.

Voici quelques vérités rappelées par Pie XI, qui nous permettent de connaître la raison, la nature, la douceur et les exigences de cette Royauté.

1. Dieu a créé l'’homme pour qu’'il vive en société : il commence par naître dans une famille.
Puis, comme chaque famille ne peut se suffire à elle-même, les familles se regroupent pour former la cité, société achevée, parfaite, qui est le lieu d’une vie vraiment humaine (matérielle, intellectuelle, morale, religieuse).
Dieu est donc l’'auteur de la société, et toute autorité vient de Dieu. La société comme telle doit rendre un culte à Dieu : le reconnaître (à sa manière sociale) et s'’y soumettre.

2. Les hommes, membres de la société, ont été élevés à l’'ordre surnaturel : ils sont non seulement faits pour Dieu, mais pour l’'intimité de Dieu avec lequel ils entrent personnellement en société, dont ils reçoivent une nouvelle vie. Cette élévation a nécessairement un rejaillissement sur toute société (familiale, professionnelle, civile) qui doit recevoir la révélation divine et s’'y conformer tant dans son organisation (loi, autorité) que dans son culte.

3. Notre-Seigneur Jésus-Christ vient, par l’'Incarnation rédemptrice, par son sacrifice, restaurer ce qui a été perdu ou blessé par le péché originel, et le restaurer « d'’une manière plus admirable encore » : il édifie son Corps mystique, il restaure la grâce, il guérit la nature. À ce triple titre il est le Roi de la société, Roi de toute société légitime, Roi des nations. À lui tout honneur et toute gloire.

4. Le salut des âmes dépend fondamentalement de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais concrètement il dépend notablement des conditions sociales (Pie XII) : non pas de la richesse matérielle ou de la pauvreté, non pas d’'un état de dépendance sociale ou d'’indépendance ; mais du fait que la société portera à la vertu ou au vice, du fait que la société organisera le culte de Dieu ou celui de l’'argent, du fait que les autorités œœuvreront pour le bien commun ou pour des ambitions personnelles ou occultes. Le salut de nombreuses âmes dépend du fait que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur la société civile, ou qu'’il ne règne pas.

Ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous devons le
proclamer de façon universelle (cela relève de la foi catholique), nous devons le désirer de toute notre âme (cela relève de l’'espérance) ; nous devons le réaliser en ce qui relève de notre responsabilité et de nos possibilités (cela relève de la charité) : dans l’'ordre personnel et familial, dans toute société à laquelle nous appartenons (professionnelle ou autre). Nous devons réaliser ce règne non seulement de façon négative (en assurant qu’il n'’y ait rien contre la foi ou les mœœurs) mais aussi de façon positive : la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une royauté active qui doit guider, régler, vivifier toute l'’activité humaine et l’'ordonner à la gloire de Dieu.

Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur nos pensées et notre jugement (foi), qu'’il règne sur nos désirs et nos ambitions (espérance), qu’'il règne sur nos affections et nos actions (ordre et ferveur de la charité). Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur notre famille dans son but, dans ses mœœurs (toilettes, conversations, lectures), dans son climat, dans sa vie de prière. Il faut qu'’il règne sur notre vie professionnelle (conscience, justice, pureté d'’intention).

Notre devoir enfin est de prier pour règne total de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais cette prière sera stérile si nous ne nous efforçons pas de faire réellement régner Notre-Seigneur Jésus-Christ en ce qui dépend de nous.

Pour procurer ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, autant qu'’il est en nous, nous devons nous souvenir qu'’il a ici-bas établi une double régence, celle de l’'Église catholique et celle de Notre-Dame. Ayons pour les deux amour et soumission : soyons membres dociles de l’'Église en professant sa doctrine et vivant de sa loi, suivons l'’exemple de Notre-Dame et recourons à son intercession.

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Published by Abbé Hervé Belmont - dans Doctrine sociale de l'Église
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