Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 16:33


 

« L’Église n’a jamais rien eu de plus à cœur rien poursuivi avec plus d’effort,
que de conserver de la façon la plus parfaite l’intégrité de la foi. »
Léon XIII, Satis Cognitum

« La foi catholique est d’une force et d’une nature telle qu’on ne peut rien lui ajouter,
rien lui retrancher : ou on la possède tout entière, ou on ne la possède pas du tout. »
Benoît XV, Ad beatissimi

« L’Église romaine, dans toute la beauté virginale que lui donne l’intégrité de sa foi,
dans le rayonnement de cette maternité qui s’étend au monde entier,
n’est que l’ombre terrestre de Marie la Vierge des vierges, la Mère universelle. »
Révérend Père Emmanuel (du Mesnil-Saint-Loup)

 

Ceci est mon testament


Non, je ne suis pas mourant ; je ne me sens ni vieux, ni malade, ni las de vivre. Mais comme chacun d’entre nous, à chaque instant je dois me tenir prêt à rendre compte de ma gestion à mon Dieu et Sauveur Jésus-Christ qui viendra comme un voleur au moment où l’on s’y attend le moins.

C’est la présence de la charité et son degré qu’il viendra examiner en mon âme, et je ne peux que m’en remettre à sa miséricorde en le suppliant de me convertir vraiment avant cet instant où les justes eux-mêmes trembleront. Aimable lecteur, priez pour moi, implorez la sainte Vierge Marie qui peut maternellement obtenir l’amendement des plus grands pécheurs.

*

Mais il y a une chose que ni vous ni moi ne devons oublier : la charité est ici-bas l’œuvre de la foi. Elle ne peut pas exister sans la foi ; si on a le malheur de l’avoir perdue, elle ne peut se recouvrer que parce qu’elle est fondée sur la foi ; elle peut mériter de grandir parce qu’elle est fondée sur la foi.

Une charité qui n’est pas fondée sur la foi est inexistante ; une charité qui n’est pas accompagnée du témoignage de la foi est fausse ; une charité qui n’a pas le souci de conserver, de nourrir et de protéger la foi est vaine.

*

C’est donc en témoignage de la foi catholique que j’ai réuni un petit dossier qui est une sorte de mosaïque, de tableau impressionniste voire de promenade autour de ce qu’on est convenu d’appeler le sédévacantisme. C’est la réunion de textes composés sur une durée de trente ans, dont fort peu sont inédits. On ne s’étonnera donc pas d’y trouver des redites, des nuances, des tonalités diverses.

Tout cela est évidemment bien imparfait et demanderait un gros travail de reprise, d’unification, de précision. Mais je n’en ai pas eu le loisir parce que ce dossier est né à l’occasion d’une demande qui m’a été faite par un religieux d’Avrillé : il voulait connaître ma « position » et mes arguments quant au « sédévacantisme ». Plutôt que de lui faire une réponse monographique, j’ai préféré lui donner un aperçu plus général des problèmes que pose la situation de l’Église, pour peu qu’on y veuille jeter un regard théologique.

Après avoir commencé ce dossier, j’ai lu que l’université d’été de la fraternité Saint-Pie-X prévoyait de consacrer un atelier à la question, et qu’un religieux d’Avrillé devait y intervenir. Du coup je me suis dit que je travaillais peut-être pour le roi de Prusse.

C’est pour cela que je publie dès maintenant ce dossier : ceux qui pourront ou voudront s’informer directement seront à même de le faire.

*

Il faut avoir la volonté d’être catholique, de l’être sans diminution, de l’être sans altération. Mais cette volonté ne suffit pas si elle n’est pas éclairée et accompagnée par l’étude et la méditation de la doctrine catholique. Cette doctrine catholique, il faut aller la chercher là où elle se trouve : principalement dans les actes du Magistère et dans la théologie de saint Thomas d’Aquin.

À négliger cela, à se contenter d’auteurs de troisième main, on risque de n’avoir qu’une vue partielle, floue ou diminuée de la sainte doctrine. En temps ordinaire, quand toute la vie de l’Église est imprégnée de la vérité in actu exercito, cela ne porte pas à de graves conséquences à court terme. Mais quand tout est bouleversé, quand l’erreur est présente à chaque détour de la vie, cette négligence peut avoir des effets catastrophiques.

Et si en plus on se prend pour un docteur en Israël, si l’on ignore même son ignorance, alors on se trouve en présence d’une espèce en voie d’apparition, l’homo forumnicus, ou le catholicus univocisticus, qui disserte de tout et pérore sur internet (ou ailleurs) sans rien savoir, remplaçant la pensée par des slogans, par des raccourcis, par formules qu’il comprend à peine. Tant pis pour les gobeurs qui se laissent impressionner.

*

Ce n’est pas au hasard que j’évoque ces déformations. Car je désire que ressorte des pages de ce dossier que le plus important n’est pas d’arriver aux « bonnes conclusions » (ou chacun voit les siennes), mais de professer les bons principes et d’en vivre. Car les conclusions supposées bonnes ne sont pas explicitement déclarées par l’Église, tandis que les principes le sont, et avec insistance, et avec solennité. Bien sûr, ces principes sont faits pour en tirer les conclusions qui font vivre de la foi, mais il y a toujours une part de contingence, une part d’expérience, une part de mystère qui sont incommunicables.

*

C’est dire que je peux bien être en accord avec les conclusions de tel ou tel, et pourtant m’en sentir bien éloigné en raison des principes qu’il professe ou qu’il met en œuvre.

Je me sens bien éloigné des inventeurs de doctrine, qui élaborent des systèmes qui s’opposent à l’enseignement de l’Église afin d’échapper à la logique de la foi.

Je me sens bien éloigné des fouilleurs de poubelle, qui prétendent trouver dans l’histoire de l’Église des Papes hérétiques, des Conciles erronés, des Saints désobéissants, afin de justifier leur esprit d’anarchie.

Je me sens bien éloigné des maniaques de l’épikie qui ne se donnent pas la peine de connaître les lois qu’ils interprètent, ni d’étudier s’il s’agit de lois divines ou ecclésiastiques ou s’il s’agit de la nature des choses. Cela ressemble beaucoup à un esprit d’anarchie.

Je me sens bien éloigné des chantres de l’Ecclesia supplet qui comprennent et utilisent à contresens cet adage, contre la constitution même de l’Église et la nature des sacrements.

Je me sens bien éloigné des fabricateurs de juridiction qui, tels un démiurge, font tout avec rien.

Je me sens bien éloigné des épandeurs de fumier, pour lesquels la situation actuelle est occasion de mépriser son prochain ; de faire bon marché de sa réputation ; de transformer en fermes certitudes des soupçons ou de simples possibilités, ou même rien du tout.

*

Je me sens bien éloigné de ce que le Bon Dieu est en droit d’attendre de moi, en raison du Sang que Jésus-Christ a versé pour ma Rédemption, et en raison des grâces qu’il m’a données. Aussi je termine cette présentation en réclamant à nouveau vos prières et votre indulgence.

Abbé Hervé Belmont

*

Sommaire


 

0 – Réflexion préliminaire (ou se trouve l’explication des sections dénommées de A à G)

 


Section A

1 – L’infaillibilité des canonisations

2 – L’infaillibilité des lois disciplinaires

3 – Le magistère

4 – L’infaillibilité du Droit Canon

5 – La ruine de la foi

Section B

1 – La liberté religieuse

2 – La Messe sacrifiée

3 – La réforme liturgique

4 – L’hérésie cryptogamique

5 – Vatican II

6 – Les fins du Mariage

7 – La falsification du pro omnibus

8 – La profanation de la dévotion mariale

9 – Les Missions

10 – Le Subsistit in

Section C

1 – Suis-je sédévacantiste ?

2 – Lettre à La question

3 – L’Apostolicité de l’Église

4 – La thèse de Cassiciacum

Section D

1 – L’exercice quotidien de la foi

2 – Lettre à un homme qui…

3 – Une position intenable

Section E

1 – La juridiction en temps de crise

2 – État de la législation de l’Église

3 – La validité des nouveaux sacrements

4 – Toute la foi, rien que la foi

Section F

0 – Éparpillement du sédévacantisme

1 – Les lois ecclésiastiques

                                                                        2.1 – Les sacres … en question

2 – L’épiscopat sans mandat apostolique    2.2 – Correspondances et compléments

                                                                        2.3 – On bâtit sur le sable

3 – Jean XXIII

Section G

1 – Confession d’un Cassiciacum

2 – Confirmation, falsification, et tribunaux de la fraternité

3 –  Nostra Ætate VI

4 – Ultimes objections

5 – Avec la sainte Vierge Marie et saint Joseph

Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : de Ecclesia
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 14:44

Le lundi 11 juillet au matin, Dieu a cité à comparaître à son Tribunal souverain Monsieur Pierre Moreau, plus connu peut-être sous son principal nom de plume : Pierre-Michel Bourguignon. 

Le Jugement de Dieu demeure un mystère que celui-ci ne nous dévoile pas, afin que nous sachions que le salut ne vient que de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et que nous recourions sans cesse à sa miséricorde dans une humble et confiante prière. 

Cependant ceux qui ont connu et aimé Pierre Moreau ne peuvent douter qu’il a pu se présenter devant son Créateur en disant comme l’Apôtre saint Paul : 

Bonum certamen certavi, cursum consummavi, fidem servavi.

J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.

II Tim., IV, 7.

 

Le bon combat 

Dès son adolescence, Pierre Moreau est parti lutter contre la barbarie communiste, diabolique contrefaçon de la rédemption des humbles, pour préserver le peu qui restait de la civilisation chrétienne. Les conditions n’étaient pas les meilleures, loin s’en faut, mais il l’a fait ; il en a souffert dans sa chair, il a vu son père assassiné à cause de cet engagement, il a connu les prisons d’une libération qui n’a été rien d’autre que l’enterrement de l’Occident chrétien livré aux barbares, qu’ils soient esclavagistes ou corrupteurs. 

Ce combat, il l’a continué sous d’autres formes plus favorables. Ayant fondé un foyer, il a donné une véritable éducation chrétienne à ses nombreux enfants : il leur a inculqué la crainte de Dieu, l’amour de la vérité et le culte de la modestie ; il les a armés contre l’esprit du monde et ses instruments que sont le culte de l’argent, la révolution liturgique et la télévision ; il leur a donné l’exemple d’une vie de régularité dans la prière et dans le travail. 

Le travail, parlons-en. Son métier de pharmacien a été pour lui l’occasion d’un choix où s’est affirmée sa fidélité : il a préféré renoncer à la prospérité plutôt que de trahir la loi divine (tant naturelle que surnaturelle) en devenant marchand de péché et auxiliaire de la perversion du saint Mariage. Ce choix lui a permis d’éprouver la vérité de la parole de l’Évangile : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît ». Le surcroît n’est pas l’opulence, c’est l’honneur de manger dans la main de Dieu. 

L’érudition de Pierre Moreau en matière de doctrine et d’histoire était peu commune : elle était le résultat d’une rigoureuse utilisation de son temps, qui lui a permis de lire abondamment, d’étudier l’enseignement de l’Église catholique, de réfléchir aux fondements de la Cité, de constituer un fichier de références et citations d’une ampleur et d’une variété impressionnantes. 

Cela lui a permis de défendre un peuple contre les calomnies que ses bourreaux ont propagées pour justifier l’écrasement qu’ils lui ont fait subir et pour cacher leurs propres crimes. Mais bien plus encore, il a mis à profit cette érudition pour magnifier la conception chrétienne de la société et, s’il est possible, pour contribuer à la restaurer. 

C’est ainsi qu’il combattit la triste contamination des intelligences catholiques par le naturalisme – qu’il soit sociabiliste ou nationaliste – en matière politique et sociale. La doctrine catholique de la Royauté de Jésus-Christ apparaît en effet comme un simple « placage » sur la société (placage qu’on s’escrime en vain à faire « tenir » par un pseudo-surnaturalisme) dès qu’on regarde la doctrine catholique au travers d’un prisme déformant. Ce combat-là ne fut guère compris par de nombreux catholiques qui se sont épris des mensonges historiques qui ont fait tant de mal et qui n’en veulent pas démordre, mettant leur foi en péril.

 

La garde de la foi 

Mais c’est dans le combat le plus urgent, le plus nécessaire et le plus salutaire que Pierre Moreau a donné toute sa mesure et qu’il a brillé d’un éclat particulier : dans la défense et l’illustration de la foi catholique. 

Après le déferlement d’erreurs, d’équivoques et d’abandons qui a accompagné et suivi Vatican II, de nombreux publicistes ont réagi et combattu pour la fidélité à la sainte Église catholique, tant dans sa doctrine que dans la sainte Messe. Honneur à eux ! Pierre Moreau a largement profité de leurs travaux et de leurs combats, et ne leur a pas ménagé son soutien ni sa gratitude. 

Mais par l’effet de la mort des combattants et de la lassitude des survivants, plus encore parce que certaines bases de cette réaction étaient floues voire fausses, par le travail de sape d’erreurs anciennes qui n’avaient pas été reniées, ce combat s’est essoufflé, amorti, amenuisé jusqu’à disparaître parfois. Cela se manifestera par le vaste succès de l’opération « séduction » constituée par l’arrivée de Jean-Paul II. 

Quelques mois plus tôt, Pierre Moreau, aidé d’amis aussi savants que dévoués, avait relevé le flambeau et pris le relais par la fondation de la revue Didasco. En redonnant vigueur au combat contre les erreurs conciliaires, et en luttant contre l’esprit de relâchement qui menaçait de tout emporter, il s’est aussi efforcé de rectifier les erreurs et d’assainir les bases de la lutte contre la religion de Vatican II, et de remonter à ses causes pour en discerner la véritable nature : la vacance de l’autorité pontificale. 

Son talent de plume, sa vaste information, son érudition et son esprit de foi ont pendant vingt ans instruit, conforté et réjoui les catholiques de langue française qui désiraient demeurer fidèles tant à la foi catholique qu’aux fondements de la chrétienté.

 

L’achèvement de la course 

Lorsqu’avec l’arrivée de Benoît XVI une autre opération de séduction se met en place (alors que la religion conciliaire est toujours aussi fausse et destructrice), Pierre Moreau n’est plus à même de lutter activement. Ce n’est point par désertion : c’est qu’il est entré dans un autre combat, celui d’une maladie qui l’emmure peu à peu, sans qu’elle lui fasse perdre la possibilité de l’accepter et de l’offrir comme une croix unie à la Croix rédemptrice de Jésus-Christ. Cette acceptation, il la renouvelle souvent, l’offrant pour tel de ses fils dont la route navre son âme, ou pour tel compagnon de combat historique à qui il voudrait obtenir, du Dieu qui aime le courage, la lumière de la foi. 

Son dernier combat est de rester fidèle, ce qu’il fera jusqu’à la fin malgré des pressions qui essaieront en vain de lui faire accepter ce qu’il a toujours refusé : l’allégeance (quand bien même ne serait-elle que verbale) à ceux qui travaillent à détruire l’Église – et qui échoueront, nous en avons la divine assurance. De ce refus, toute sa vie témoigne : « mon honneur est fidélité », aimait-il à répéter.

 La victoire chrétienne n’est pas de voir les ennemis de Jésus-Christ réduits à l’impuissance – cela viendra en son temps et par la vertu de la croix de Jésus-Christ. La victoire du chrétien est de demeurer fidèle, de conserver la foi, de persévérer dans le combat ; elle est d’être vaincu par la vérité et par l’amour de Jésus-Christ. 

Hæc est victoria, quæ vincit mundum, fides nostra !

Telle est la victoire qui vainc le monde, notre foi

(I Jo. V, 4) 

Monsieur Pierre Moreau est un vainqueur.

Et comme le promet Jésus-Christ : Vincenti dabo manna absconditum — Au vainqueur je donnerai la manne cachée (Apocalypse II, 17).

Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Biographie
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 06:05

Dans la revue pour les familles La Cigale de Saint-François, l'Oncle Armand signe une chronique qui traite de la sainte Communion : il est toujours bon de se remettre devant les yeux la grandeur et l'exigence de ce Sacrement.

Mais aussi, il met en lumière que certaines théories qui circulent à propos de l'infaillibilité du Magistère ne sont rien d'autre que l'analogue du jansénisme... C'est pourquoi, avec son consentement, je la publie aujourd'hui.


La Fête-Dieu approche ; c’est une grande journée d’adoration et d’action de grâces pour Notre-Seigneur Jésus-Christ notre Dieu et notre Sauveur, lui qui a institué le grand mystère du Sacrement de la sainte Eucharistie afin de perpétuer son Sacrifice, afin de se donner à nous dans la Communion en gage de vie éternelle et afin de demeurer avec nous sur notre terre d’indigence.

C’est pourquoi, mes très chers, je consacre la présente chronique à la sainte Eucharistie : et plus précisément à la Communion, comme je le fis naguère au saint Sacrifice de la Messe.

Quand on évoque la réception de Jésus-Christ dans la communion Eucharistique, on accorde une grande importance aux conditions nécessaires, et on a raison de le faire parce que l’Apôtre saint Paul dit que celui qui s’approche indignement de la sainte Table mange et boit sa propre condamnation : il est difficile d’être plus sévère que cela et de mentionner une perspective plus terrible. Je voudrais pourtant vous montrer que ce n’est pas la seule chose à considérer.

*

Quatre conditions sont requises pour communier, vous le savez aussi bien que moi. Parmi elles, les trois premières tiennent à la nature des choses telles que Dieu l’a instituée, et aucune puissance au monde ne les peut changer : il faut être baptisé, il faut être en état de grâce, il faut avoir une intention droite.

Le Baptême est nécessaire parce que lui seul donne le pouvoir de recevoir les autres sacrements. Plus exactement, c’est le caractère que le sacrement de Baptême imprime dans nos âmes qui nous confère cette aptitude. C’est pour cela que le Baptême de désir et celui de sang ne suffisent pas : ils suppléent bien l’effet de grâce du Baptême mais ils n’impriment pas le caractère indélébile qui, en nous déléguant pour le culte de Dieu, nous donne la capacité réceptrice. Si un non-baptisé recevait la sainte Communion, il recevrait bien Jésus-Christ qui est présent dans l’hostie indépendamment de nous, mais il ne recevrait pas la grâce sacramentelle qui nous unit à Jésus-Christ et nous transforme en lui.

L’intention droite est elle aussi nécessaire. À vrai dire, elle est nécessaire à toutes nos actions, mais plus l’action est sainte, plus cette rectitude de l’intention est requise. Aussi, c’est bien pour l’amour de Dieu que nous devons aller à la sainte Table, et non pas pour quelque motif humain, comme le serait « faire comme tout le monde » ou « faire plaisir à sa marraine ».

L’état de grâce n’est pas acquis une fois pour toutes : il doit donc être l’objet de notre soin principal. Pour répondre à l’amour de Dieu, pour être prêt à chaque instant à paraître devant lui, pour ne pas manquer une occasion de le recevoir dans la communion, nous devons veiller sur cet état de grâce plus que sur la prunelle de nos yeux. Cette sollicitude est d’autant plus nécessaire que nous n’avons pas l’évidence d’être en grâce avec Dieu : nous en sommes réduits à nous rendre le témoignage sincère que nous n’avons pas mortellement péché depuis notre dernière bonne confession. Notez au passage que cela confirme qu’une sérieuse connaissance du catéchisme est indispensable à la vie chrétienne. Le nécessaire corrélatif de la présence eucharistique est la présence personnelle de Dieu en nous : sans elle, la communion n’apporte pas la vie divine, mais la mort à l’âme : Mors est malis, vita bonis, chantons-nous dans le Lauda Sion.

Être à jeun est la quatrième condition pour communier ; cette obligation tient de près à la nature des choses mais ne lui est pas absolument liée : voilà pourquoi on en peut être dispensé dans des cas de nécessité (la communion en viatique) ou pourquoi le Pape Pie XII a pu en adoucir la rigueur.

Si l’une des conditions énumérées est absente, on est indigne de la sainte Communion. Si toutes sont remplies, on n’en est pas indigne. Mais en est-on digne ? Voilà une difficulté qu’il importe d’élucider.

*

Une créature n’est jamais digne de recevoir son Créateur ; pis, un pécheur même repenti n’est pas digne de recevoir celui qui est la sainteté infinie, qui n’a rien de commun avec le péché. On n’est donc jamais digne de communier… Et pourtant c’est Notre-Seigneur lui-même qui nous appelle à la sainte Table : « Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon Sang, vous n’aurez pas la vie éternelle… Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, et je vous soulagerai… Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir… »

Comment résoudre cette aporie ? En observant ceci, qui est une vérité salutaire : être digne de recevoir son Dieu n’est pas une condition pour recevoir la sainte communion, c’en est le résultat. Nous n’allons pas communier parce que nous nous en estimons dignes, nous allons communier parce que Jésus-Christ nous y invite, parce qu’il nous y appelle tous (moyennant les quatre conditions). Et c’est la sainte Communion qui comble elle-même l’indigence de notre âme.

Une des facettes de l’hérésie janséniste fut de confondre la condition et le résultat. Les ennemis de Jésus-Christ et de son Église prétendaient qu’il faut être saint pour communier, alors que la sainteté est le fruit de la sainte communion : elle est produite non pas par notre effort (même si celui-ci est requis !), mais par l’action de Jésus-Christ infiniment saint présent dans le Sacrement.

Une erreur similaire et tout aussi néfaste circule aujourd’hui dans les milieux qu’on dit traditionnels : elle consiste affirmer que la conformité à la Tradition de l’Église une condition préalable de l’infaillibilité du Magistère, alors que cette conformité est le résultat de l’infaillibilité. Cette erreur forgée pour échapper à la logique de la foi est bien plus grave qu’une simple méprise : elle rend vain le Magistère de l’Église, elle rend impossible la connaissance certaine de la Révélation divine, elle détruit la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu.

*

Loin de ces deux erreurs dévastatrices, attachons-nous à Jésus-Christ Fils de Dieu fait homme. Dans la sainte Église et par elle, il nous accorde ces deux présents qui manifestent son infinie bonté : la vertu de foi, par laquelle il nous illumine de l’éternelle Vérité ; la sainte Communion, par laquelle il anticipe dans notre âme la Vie éternelle, et nous donne les moyens d’y persévérer.

Par Abbé Hervé Belmont
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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 16:06

Semaine-Sainte et fête de Pâques

Avril 2011

17

Dimanche

Dimanche des Rameaux. Messe basse à 8 h 15. Bénédiction des Rameaux, procession et Messe chantée à 10 h 00. Chant des Vêpres et chapelet à 18 h 00.

18

lundi

Lundi-Saint.

19

mardi

Mardi-Saint. Messe basse à 7 h 30.

20

mercredi

Mercredi-Saint. Messe basse à 7 h 30.

21

jeudi

Jeudi-Saint. Office des Ténèbres à 7 h 30. Confessions de 10 h 00 à midi et de 15 h 00 à 18 h 00. Messe à 18 h 30, suivie de la procession au Reposoir. Adoration jusqu’à minuit.

22

vendredi

Vendredi-Saint. Jeûne et abstinence. Office des Ténèbres à 7 h 30. Chemin de la Croix à 15 h 00. Confessions de 16 h 00 à 18 h 00. Cérémonie de l’Adoration solennelle de la Croix à 18 h 30.

23

samedi

Samedi-Saint. Office des Ténèbres à 7 h 30. Confessions de 10 h 00 à 12 h 00 et de 16 h 00 à 19 h 00.Veillée pascale à 22 h 30.

24

Dimanche

Dimanche de Pâques. Messe de la Résurrection à 0 h 00. Messe basse à 8 h 15. Messe chantée à 10 h 00. Vêpres à 17 h 15 et salut du T. S. Sacrement à 18 h 00.

25

lundi

Lundi de Pâques. Messe chantée à 9 h 00.

26

mardi

Mardi de Pâques. Litanies majeures (transférées de la veille). Procession et Messe à 7 h 30.

27

mercredi

Mercredi de Pâques. Messe basse à 7 h 30.

Après le péché originel, Dieu a promis à Adam et Ève, et par eux à toute l’humanité, un Sauveur ; c’est en s’adressant au serpent qu’il émet cette promesse, en associant la sainte Vierge Marie au salut annoncé : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Elle te brisera la tête, et tu t’efforceras de la mordre au talon » (Gen. iii,  15).

Lorsque les temps annoncés furent accomplis, Dieu accomplit sa parole bien au-delà de ce qu’il avait promis, puisqu’il envoie un Rédempteur, qui fait bien plus que de briser le règne du péché ; il rachète les hommes au prix de son sang. Et ce Rédempteur est le propre Fils de Dieu, consubstantiel au Père de toute éternité.

Le Fils de Dieu a pris une nature humaine dans le sein très pur de la sainte Vierge Marie, par l’opération du Saint-Esprit ; depuis l’instant de l’Incarnation et à jamais il est vrai Dieu et vrai homme : un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, et homme semblable à nous.

À la fin de sa vie publique pendant laquelle il a révélé les grands mystères de la foi et enseigné la divine morale évangélique, Jésus-Christ offre le Sacrifice rédempteur pour lequel il a pris une nature humaine : en raison d’elle, il peut être simultanément prêtre et victime de ce Sacrifice.

Ainsi Jésus-Christ s’immole en mourant sur la Croix. Si ce sont les Juifs qui mettent Notre-Seigneur à mort (« Crucifiez-le ! crucifiez-le ! ») par l’entremise des Romains, si par nos péchés nous sommes la triste cause méritoire de la mort du Fils de Dieu, Notre-Seigneur se livre et meurt volontairement (« Ma vie, personne ne me la prend mais c’est moi qui la donne »). Il le fait pour obéir à son Père, pour rétablir sa Gloire occultée par nos péchés, pour satisfaire à la Justice divine, pour mériter notre Salut et pour détruire l’injuste règne de Satan.

À ce sacrifice rédempteur d’une valeur infinie, surabondante pour le salut de tous les hommes (mais dont ne profiteront que ceux qui seront personnellement et surnaturellement unis à Jésus-Christ) est associée la sainte Vierge Marie qui est véritablement corédemptrice.

Elle n’est pas corédemptrice parce qu’elle aurait proprement mérité le salut des hommes : elle-même en effet a dû être rachetée par Jésus-Christ, même si elle a été rachetée d’une manière plus admirable que nous, à savoir préventivement. Notre-Dame est corédemptrice parce qu’elle est spécialement unie à Notre-Seigneur dans l’offrande du sacrifice de la Croix.

Cette union singulière découle de la maternité virginale (Notre-Seigneur en tant que prêtre et victime tient tout d’elle) et de sa présence au pied de la Croix au moment de la mort de Jésus-Christ : c’est elle qui offre au Père l’instant même de cette mort. En effet, on n’a pas humaine­ment conscience de cet ultime instant, puisqu’il n’y a pas ici-bas d’instant suivant qui permette de s’en rendre maître.

Lorsque Notre-Seigneur meurt, il meurt d’une vraie mort humaine par séparation de l’âme et du corps – chacun des deux restant uni pour sa part à la divinité. L’âme de Jésus-Christ, déjà glorieuse de droit en raison de l’union hypostatique (union de la nature divine et de la nature humaine dans la seconde personne de la sainte Trinité) est glorifiée en raison du Sacrifice parfait qui vient d’être consommé. Elle descend dans les Limbes où les justes de l’Ancien Testament attendent la réouverture de la porte du Ciel, pour conduire ces âmes fidèles dans la vision béatifique qu’elles ne quitteront plus de l’éternité.

Pendant ce temps, à Jérusalem, le corps de Jésus-Christ est enseveli en attente de la Résurrection. Avant que celle-ci ne se réalise, toute la charité (et donc toute la foi et toute l’espérance) de l’Église de la terre est comme concentrée en la sainte Vierge Marie. Elle seule croit en la résurrection que Notre-Seigneur a annoncée, et elle seule l’attend.

Au petit matin de Pâques, l’âme glorieuse de Jésus-Christ reprend possession de son corps au tombeau, et le ressuscite tout en le glorifiant : c’est ainsi que Notre-Seigneur, tout en restant vrai homme et son corps demeurant un vrai corps matériel, consistant, est maintenant et pour toujours affranchi de la mort, de la souffrance et de la douleur, de la pesanteur et des nécessités animales ; il est revêtu d’une clarté divine qui manifeste la gloire de la nature béatifiée. Il est le premier des ressuscités, et les justes ressusciteront au dernier jour de manière sur son modèle. Les pécheurs non repentis, eux, ressusciteront, mais ce sera pour le feu éternel et la séparation sans fin de Dieu.

Il aurait fallu mentionner à sa place l’institution de la Sainte Eucharistie, où Jésus-Christ nous laisse sacramentellement (en signe et en réalité) son Sacrifice pour que nous puissions y prendre part ; son Corps et son Sang parce qu’il veut commencer en nous et avec nous la vie céleste ; sa présence réelle pour nous accompagner dans notre exil terrestre. Dieu est l’amour infini, mais il ne pouvait nous aimer davantage, dit saint Augustin.

Les mystères de ces jours-ci sont la plus parfaite manifestation de la puissance et de la miséricorde de Dieu, et de la place unique qu’occupe la très sainte Vierge Marie. La liturgie de l’Église, avec sa puissance sacramentelle et contemplative, en fait des mystères de grâce, de conversion et de louange qui sont le commencement de la vie éternelle.

Par Abbé Hervé Belmont
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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 05:45

Voici, avec l'autorisation de son auteur, le texte de La chronique de l'Oncle Armand paru dans la revue des familles La Cigale de Saint-François (n°34, mars-avril 2011). Cette chronique expose familièrement un élément de grande importance pour la vie morale : le juste milieu. Car il faut garder... un juste milieu dans le maniement de cette notion.

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Une revue pour les familles


Sans doute, fiers neveux et gentes nièces, vous avez parfois entendu justifier la médiocrité ou la lâcheté par cette explication facile : « c’est le juste milieu, il faut fuir les extrêmes ». À l’inverse, des esprits ingouvernables se disculpent en exprimant un grand mépris pour quiconque s’efforce de discerner quelle est la bonne mesure avec laquelle il faut traiter chaque chose. Il est donc un peu difficile de s’y reconnaître, et c’est à cela que je voudrais vous aider aujourd’hui.

In medio stat virtus, dit l’adage scolastique : la vertu se tient dans le [juste] milieu. Voilà un principe qui est vrai, mais qu’il importe de bien comprendre.

Il trouve sa première expression chez Aristote (quatrième siècle avant Jésus-Christ), Aristote le philosophe qui a usé de la raison humaine avec une hauteur et une justesse inégalées – inégalées sans le secours de la foi, bien sûr. Voici donc ce qu’il écrit à Nicomaque (dont on ne sait s’il s’agit de son père ou de son fils) :

« Ainsi tout homme prudent fuit l’excès et le défaut, recherche la bonne mesure et lui donne la préférence, mesure établie non relativement à l’objet, mais par rapport à nous.

« De même toute connaissance remplit bien son office, à condition d’avoir les yeux sur une juste moyenne et de s’y référer pour ses actes. C’est ce qui fait qu’on dit généralement de tout ouvrage convenablement exécuté qu’on ne peut rien lui enlever, ni rien lui ajouter, toute addition et toute suppression ne pouvant que lui enlever de sa perfection et de cet équilibre parfait la conservant. Ainsi encore les bons ouvriers œuvrent toujours les yeux fixés sur ce point d’équilibre.

« Ajoutons encore que la vertu, de même que la nature, l’emporte en exactitude et en efficacité sur toute espèce d’art ; dans de telles conditions, le but que se propose la vertu pourrait bien être une sage mesure. Je parle de la vertu morale qui a rapport avec les passions et les actions humaines, lesquelles comportent excès, défaut et sage mesure.

« Par exemple, les sentiments d’effroi, d’assurance, de désir, de colère, de pitié, enfin de plaisir ou de peine peuvent nous affecter ou trop ou trop peu, et d’une manière défectueuse dans les deux cas. Mais si nous éprouvons ces sentiments au moment opportun, pour des motifs satisfaisants, à l’endroit de gens qui les méritent, pour des fins et dans des conditions convenables, nous demeurerons dans une excellente mesure, et c’est là le propre de la vertu : de la même manière, on trouve dans les actions excès, défaut et juste mesure. Ainsi donc la vertu se rapporte aux actions comme aux passions. Là l’excès est une faute et le manque provoque le blâme ; en revanche, la juste mesure obtient des éloges et le succès, double résultat propre à la vertu.

« La vertu est donc une sorte de milieu, puisque le but qu’elle se propose est un équilibre entre deux extrêmes. (…) La vertu est donc une disposition acquise volontaire, consistant par rapport à nous, dans la mesure, définie par la raison conformément à la conduite d’un homme réfléchi. Elle tient le juste milieu entre deux extrémités fâcheuses, l’une par excès, l’autre par défaut. »

C’est la première fois que vous lisez un texte d’Aristote, et il vous apparaît qu’il n’est pas un monstre inaccessible, mais un homme réaliste qui part de l’expérience pour étudier et définir les choses.

La première chose à remarquer est qu’Aristote attribue la qualité de juste mesure à la vertu, et pas du tout à la vérité. La vérité n’est pas dans un juste milieu – cela n’a pas de sens – parce que la vérité est ce qu’elle est ; fondamentalement elle existe en dehors de nous et avant nous. Il n’y a pas de mesure dans la vérité parce que c’est la vérité qui nous mesure.

Au contraire, nous devons mesurer notre action, la proportionner à son objet, à son but et aux circonstances ; plus encore nous devons la proportionner à notre fin dernière : et c’est là qu’intervient nécessairement la vertu. Ainsi, même si la vérité n’est pas mesurée par nous, nous devons apporter une juste mesure (de justice, de gravité, d’opportunité) dans notre énonciation de la vérité.

La seconde chose à remarquer est qu’Aristote ne connaissait pas l’ordre surnaturel : il ignorait que Dieu peut infuser dans l’âme des vertus qui atteignent directement Dieu, vertus qu’on appelle pour cela théologales : la foi, l’espérance et la charité. Et il ignorait plus encore que de fait Dieu les infuses par le sacrement de Baptême et par la contrition parfaite. Dans ces vertus théologales, il n’y a pas de juste milieu parce qu’il n’y a pas d’excès possible : on ne peut trop croire en Dieu, ni trop espérer en lui, ni trop l’aimer. L’objet est infiniment bon et dépasse totalement nos capacités. C’est ce qui faisait dire à saint Bernard : « la mesure d’aimer Dieu, c’est de l’aimer sans mesure. »

La troisième chose à remarquer, c’est que le milieu en lequel consiste la vertu n’est pas un milieu de médiocrité, une sorte de moyenne entre le bien et le mal : cela n’aurait rien de vertueux, ce serait un vice se faisant illusion, une exécrable hypocrisie. Ce milieu est une mesure, une proportion, qui fait éviter deux maux opposés (et complices), l’un par excès et l’autre par défaut. L’un de ces défauts est la négation de la vertu, l’autre en est la caricature (et l’on passe facilement de l’un à l’autre). Ainsi, si l’on parle de la si nécessaire vertu de force (vertu d’une vie énergique, courageuse et persévérante) la mollesse est négation, la brutalité est caricature ; la peur (à laquelle on cède déraisonnablement) est négation, la témérité est caricature ; l’inconstance est négation, l’entêtement est caricature, la faiblesse est négation, la dureté est caricature.

Et il en est ainsi de toutes les vertus morales, qui doivent être dirigées par la première d’entre elles : la prudence, à laquelle il revient d’apporter cette juste mesure – qu’elle conquiert en ordonnant tout à notre fin dernière, fin dernière qui est l’objet direct des vertus théologales.

Pardonnez-moi d’avoir été un peu long, mais je crois qu’il est important d’avoir une notion exacte du juste milieu, afin d’éviter la médiocrité de l’âme et la témérité de l’esprit, qui sont deux vices ravageurs. Allez, je vous embrasse avec une bonne mesure !

Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Morale
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