Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /2007 22:01

On sait combien la question des sacres épiscopaux effectués sans mandat apostolique revêt à mes yeux une gravité singulière et combien il me tient à cœur de m’en tenir totalement à l’écart.

 

On ne le sait que trop ! penseront peut-être certains.

 

À défier la doctrine de l’épiscopat instituée par Jésus-Christ, transmise par les Apôtres, élaborée par saint Thomas d’Aquin, enseignée par le Concile de Trente, on risque pourtant d’accomplir des actes d’une gravité irréversible, des actes dont la pente naturelle est une rupture avec l’unité de l’Église (on peut admettre qu’elle n’est pas consommée en raison de la vacance de l’autorité), des actes instituant une (pseudo-)hiérarchie qui n’est pas la hiérarchie catholique.

 

Cette doctrine catholique nous dit que l’épiscopat n’est pas un « huitième ordre » qui serait au-dessus du simple sacerdoce comme le sacerdoce est au-dessus du diaconat. Ce qui distingue l’évêque du simple prêtre, ce qui fait sa supériorité de droit divin, ce qui lui donne la plénitude du sacerdoce, c’est que par son sacre (et avant même toute réception d’une juridiction particulière donnée par le souverain Pontife) l’évêque est spécialement ordonné à exercer une régence sur le Corps mystique de Jésus-Christ ; c’est donc de droit qu’il prend place dans la hiérarchie de l’Église. De droit, il est un hiérarque ; et donc de droit encore il ne peut être nommé (directement ou indirectement) que par le souverain Pontife, qui est le principe et le maître de la hiérarchie catholique.

 

Si ce mandat apostolique lui fait défaut, l’évêque demeure hiérarque – c’est la nature première de son épiscopat – mais inéluctablement d’une autre hiérarchie que la hiérarchie catholique.

 

On pourra se reporter à la brochure Les sacres épiscopaux sans mandat apostolique en question, ou encore à la Correspondance déjà publiée.

 

Voici encore deux brefs textes qui enseignent très nettement en ce sens, et qui donneront à réfléchir car ils ne sont pas sortis de n’importe quelle plume.

 

Le premier est du Concile de Trente [Du Sacrement de l’Ordre, chapitre IV, Denzinger 960] qui enseigne la nature principalement hiérarchique de l’épiscopat :

 

« C’est pourquoi donc le saint Concile déclare, qu’au-delà des degrés ecclésiastiques, les Évêques qui ont succédé à la place des Apôtres, appartiennent principalement à cet ordre hiérarchique ; qu’ils ont été établis par le Saint-Esprit, pour gouverner l’Église de Dieu, comme dit le même Apôtre ;

 

« Proinde sancta Synodus declarat, præter ceteros ecclesiasticos gradus episcopos, qui in Apostolorum locum successerunt, ad hunc hiearchicum ordinem præcipue pertinere, et “positos (sicut idem Apostolus ait) a Spiritu Sancto regere Ecclesiam Dei ” [Act. xx,  28]. »

 

Le second est de saint Thomas d’Aquin (IV Sententiæ, Dist. XXV, Q. 2, art. 1. Vivès, XI, 53). Dans la seconde quæstiuncula, saint Thomas s’objecte que les enfants et ceux qui n’ont pas leur raison ne peuvent recevoir les ordres car 1°/ cela est interdit par saints Canons ; 2°/ si les enfants ne peuvent se marier validement, a fortiori ils ne peuvent recevoir un sacrement encore plus digne : 3°/ l’exercice de l’ordre requiert l’usage de la raison, et donc a fortiori la réception du pouvoir, puisque selon Aristote l’acte est postérieur à la puissance et lui correspond.

 

Voici sa réponse dont la fin nous intéressera particulièrement.

 

Solutio II. — Ad secundam quæstionem dicendum, quod per pueritiam, et alios defectus quibus tollitur usus rationis, præstatur impedimentum actui ; et ideo omnia illa sacramenta quæ actum requirunt suscipientis, talibus non competunt, sicut pœnitentia, matrimonium, et hujusmodi. Sed quia potestates infusæ sunt priores actibus, sicut et naturales, quamvis acquisitæ sint posteriores ; remoto autem posteriori non tollitur prius ; ideo omnia sacramenta in quibus non requiritur actus suscipientis de necessitate sacramenti, sed potestas aliqua spiritualis divinitus datur, possunt pueri suscipere et alii qui usu rationis carent ; hac tamen distinctione habita, quod in minoribus ordinibus requiritur discretionis tempus de honestate propter dignitatem sacramenti, sed non de necessitate præcepti, neque de necessitate sacramenti. Unde aliqui, si necessitas adsit, et spes profectus, ad minores ordines possunt ante annos discretionis promoveri sine peccato, et suscipient ordinem : quia quamvis tunc non sunt idonei ad officia quæ eis committuntur, tamen per assuetudinem idonei reddentur. Sed ad majores ordines requiritur usus rationis et de honestate, et de necessitate præcepti, propter votum continentiæ quod habent annexum ; et quia etiam eis sacramenta tractanda committuntur. Sed ad episcopatum, ubi in corpus mysticum accipitur potestas, requiritur actus suscipientis curam pastoralem ; et ideo est etiam de necessitate consecrationis episcopalis quod usum rationis habeat. Quidam autem dicunt, quod ad omnes ordines requiritur usus rationis de necessitate sacramenti ; sed eorum dictum ratione vel auctoritate non confirmatur.

 

[On pardonnera la médiocre qualité de la traduction, qui n’est pas aisée.]

 

« Pour répondre à la seconde question, il faut dire ceci.

 

« L’enfance et les autres causes qui ôtent l’usage de la raison constituent un empêchement à l’acte lui-même ; et c’est pourquoi tous ces sacrements qui exigent un acte de celui qui le reçoit – pénitence, mariage et autres semblables – ne peuvent pas être reçus par ces personnes sans raison.

 

« Mais comme les puissances infuses, à l’instar des puissances naturelles, précèdent les actes – à la différence des puissances acquises qui sont postérieures aux actes – et comme ôter ce qui est postérieur laisse en place ce qui est antérieur ; alors, tous les sacrements pour la validité desquels un acte de celui qui les reçoit n’est pas nécessairement requis, mais dans lesquels un certain pouvoir spirituel est donné par Dieu, peuvent être reçus par les enfants et par ceux qui n’ont pas l’usage de la raison.

 

« Il faut tenir compte de cette distinction que dans la réception des ordres mineurs c’est pour l’honneur du sacrement, en raison de sa dignité, qu’on exige l’âge de discrétion, et non à cause d’une exigence du précepte ni du sacrement.

 

« Aussi, en cas de nécessité et avec l’espoir de la persévérance, on peut sans péché promouvoir ceux qui n’ont pas atteint l’âge de discrétion aux ordres mineurs, et ils recevront l’ordre : car, bien qu’ils soient inaptes à l’accomplissement de l’office qui leur est confié, cependant ils deviendront idoines par l’éducation.

 

« Mais, pour les ordres majeurs, l’usage de la raison est requis pour l’honneur du sacrement et par nécessité de précepte : cela en raison du vœu de continence qui leur est annexé, et aussi à cause des sacrements qui sont confiés.

 

« En ce qui concerne le sacre épiscopal, par lequel on reçoit un pouvoir sur le Corps mystique, un acte est requis de la part de qui reçoit cette charge pastorale : c’est pourquoi il est nécessaire à la validité de la consécration qu’on ait l’usage de la raison.

 

« Certains, toutefois, disent que l’usage de la raison est nécessaire pour la validité de tous les ordres, mais leur opinion n’est confirmée ni par l’argumentation ni par une autorité. »

 

On a remarqué au passage que saint Thomas affirme que par le simple sacre épiscopal, on reçoit un pouvoir sur le Corps mystique : ce pouvoir de régence, pour parler comme saint Paul, est encore parfois appelé « juridiction première ». Cette ordination au Corps mystique, ce pouvoir – qui est suspendu par le schisme – est constitutif de l’épiscopat : il est la source de l’extension du pouvoir d’ordre que reçoit l’évêque ; il est appel (aptitude immédiate mais non impérative) à la juridiction qui fait paître une portion du troupeau de Jésus-Christ.

 

Ne se trouve-t-on pas dans une terrible alternative, qui confine au dilemme : sans mandat apostolique, un sacre épiscopal est soit schismatique soit invalide ? Schismatique si l’évêque revendique un pouvoir auto-attribué sur le Corps mystique ; invalide si en recevant le sacre il  refuse ce pouvoir qui est constitutif de l’épiscopat...

 
Voilà une question dont on ne sait comment sortir.

 

Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : de Ecclesia
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Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /2007 11:43

Le Vatican a récemment publié trois documents qui ont un rapport étroit avec la nuit profonde qui recouvre l’Église catholique, la sainte Église de Jésus-Christ, son Épouse immaculée hors de laquelle nul ne peut être sauvé.

 

Le 7 juillet dernier, Benoît XVI a publié un motu proprio énumérant en douze articles les cas et les conditions où le rite traditionnel de la sainte Messe peut être utilisé ; ce motu proprio est accompagné d’une lettre aux évêques. Peu de temps auparavant, le 29 juin, le même Benoît XVI a approuvé et confirmé un document émanant de la « Congrégation pour la doctrine de la Foi » visant à montrer que Vatican II n’a pas modifié la doctrine catholique.

 

Si nous voulons réagir selon la sainte volonté de Dieu, si donc nous voulons porter sur cet événement un regard de prudence surnaturelle, il nous faut d’abord examiner ces textes au regard de la foi catholique, car la prudence chrétienne est fondée sur la vertu théologale de foi qui lui assigne sa fin et constitue son critère décisif.

 

Malheureusement, ce regard de foi a souvent été absent dans les réactions qui se sont manifestées çà et là. De téméraires Te Deum n’ont que trop clairement manifesté qu’on cède à la funeste habitude de considérer l’Église comme une société humaine de même nature que toutes les autres, régie par les mêmes lois et principes. Une espèce de sociologie de l’Église obscurcit la foi théologale.

 

Si nous étions dans une famille, une entreprise ou une société politique en proie à l’anarchie ou à la débandade, on ne pourrait qu’applaudir à l’habileté, on pourrait se réjouir que les actes de Benoît XVI aillent « dans le bon sens » et qu’ils sont au maximum du possible, qu’ils augurent d’une suite encore plus favorable, qu’ils vont changer les rapports de force, qu’ils vont réveiller l’amour de la tradition chez le bon peuple chrétien… Peut-être (?).

 

Quand il s’agit de l’Église de Jésus-Christ, cela est impossible : si elle est aussi une société humaine, l’Église est d’abord le Corps mystique de Jésus-Christ, la société de la vérité intégrale, l’offrante du Sacrifice parfait, le fidèle ministre de la loi divine. En son sein, l’erreur ne peut trouver refuge, le simulacre n’a pas droit de cité, tout ce qui est inspiré par l’esprit de l’hérésie ou du schisme doit être rejeté sans appel. Agir autrement est incompatible avec sa mission, avec sa constitution, avec son autorité suprême qui est Jésus-Christ.

 

D’ailleurs, aucun des documents sus-mentionnés n’est nouveau : un peu de mémoire nous aidera au discernement et à la fidélité.

 

En l’an 2000 (le 6 août) la déclaration Dominus Jesus tentait déjà d’ajuster de force Vatican II au format de la doctrine traditionnelle sur l’Église. Cela a-t-il fait cesser l’œcuménisme et l’indifférentisme partout encouragés ? Cela a-t-il fermé la porte de certaine mosquée ?

 

En 1984 (le 3 octobre) la lettre Quattuor abhinc annos libéralisait l’usage du Missel traditionnel à des conditions analogues à celles du récent motu proprio (à part qu’on n’y parlait pas des messes privées). Cela a-t-il provoqué un raz-de-marée, un retour à la tradition ? Et pourtant, à l’époque, l’enthousiasme était grand, la crise allait cesser. Dom Gérard déclarait au journal Présent (25/26 février 1985) : « C’est une grande joie pour nous de constater que la Messe traditionnelle recouvre enfin son droit de cité dans l’Église. » Et le Père Joseph de Sainte-Marie (Présent du 7 mars 1985) : « Je m’en suis d’abord beaucoup réjoui, parce qu’elle est un premier pas. Il est de grande importance de savoir qu’elle est le fait de la volonté formelle du Saint-Père, une volonté qu’il a mis plusieurs années à réaliser. »

 

Vingt-trois ans plus tard, rien n’a changé, tout s’est aggravé. Et voilà que l’histoire recommence ; la même permission (plus large, il est vrai) est assortie des mêmes conditions : reconnaissance de la légitimité du nouvel ordo de Paul VI et acceptation de Vatican II.

 

Cette impression de déjà vu laisse un profond malaise et répand le scepticisme. Considérons cela au regard de la foi.

 

Le motu proprio « Summorum Pontificum » est une large autorisation du rite traditionnel (sauf pour les jeudi, vendredi et samedi saints, qui sont laissés en suspens dans l’article 2), mais une autorisation qui est d’abord une affirmation (et une affirmation à partager) de la priorité, de la pleine légitimité et de la pleine fidélité de la réforme liturgique issue de Vatican II.

 

– Légitimité, puisque, nous dit-on, Paul VI n’a rien fait d’autre que saint Grégoire, saint Pie V ou saint Pie X (préambule).

 

– Fidélité, puisque la lex credendi – la foi et la doctrine mises en œuvre – du nouvel ordo est celle même qui est exprimée dans et par le rite traditionnel (article 1).

 

– Priorité, puisque l’ordo de Paul VI est le rite ordinaire – celui qui est dans l’ordre – tandis que le rite antérieur n’est que la forme extraordinaire – qui est concédée en marge de l’ordre (article 1).

 

Et ainsi tout le combat qui a été mené depuis quarante ans avec courage et souvent persécution par les défenseurs de la messe traditionnelle est renvoyé dans le néant : ils refusaient la révolution liturgique au nom de la foi catholique… il faut maintenant tenir qu’il n’y a et qu’il n’y avait ni révolution ni déviation dans la foi.

 

Comprenons ! La désacralisation massive de la liturgie n’entame pas la foi ; la dénaturation de l’Offertoire n’a rien à voir avec la foi ; la modification des paroles de la consécration en vue d’en faire un « récit de l’institution », la suppression de l’incise mysterium fidei, l’acceptation de toutes les traductions qui ont transformé le pro multis en « pour tous », cela est sans incidence sur la foi ; la définition hérétique de la Messe qui a présidé à la promulgation du nouvel ordo, cela n’est pas contraire à la foi. Puisqu’on vous le dit. Pourquoi donc, alors, Jean-Paul II avait-t-il équivalemment déclaré la réforme liturgique rendue nécessaire par un changement de doctrine. Car c’est bien cela qu’il signifie au fond dans la Lettre apostolique Sacrosanctum du 4 décembre 1988 : « Liée au renouveau biblique, au mouvement œcuménique, à l’élan missionnaire, à la recherche ecclésiologique, la réforme liturgique devait contribuer à la rénovation globale de l’Église ». À nouvelle doctrine de l’Église, à nouvelle conception de la nature humaine, nouvelle liturgie. Logique.

 

Et on ajoute au passage (article 1 § 2) que le rite antérieur n’a jamais été abrogé. Quos vult perdere Jupiter dementat. S’il n’a jamais été abrogé, alors en accorder la permission n’a aucun sens, surtout lorsqu’il s’agit d’une permission restreinte, d’une permission suspendue à l’acceptation de principe de ce qui le détruit – l’ordo adapté au monde qui évolue !

 

S’il n’a jamais été abrogé, comment faut-il entendre la parole de Paul VI : « C’est au nom de la Tradition que nous demandons à tous nos fils, à toutes les communautés catholiques, de célébrer, dans la dignité et la ferveur, la liturgie rénovée. L’adoption du nouvel Ordo Missæ n’est pas du tout laissée au libre arbitre des prêtres ou des fidèles. L’instruction du 14 juin 1971 a prévu la célébration de la messe selon l’ancien rite, avec l’autorisation de l’Ordinaire, uniquement pour des prêtres âgés ou malades, qui offrent le sacrifice divin sine populo. Le nouvel Ordo a été promulgué pour être substitué à l’ancien, après une mûre réflexion, et à la suite des instances du Concile Vatican II. Ce n’est pas autrement que notre saint prédécesseur Pie V avait rendu obligatoire le missel réformé sous son autorité, à la suite du Concile de Trente. Avec la même autorité suprême qui nous vient du Christ Jésus, nous exigeons la même disponibilité à toutes les autres réformes liturgiques, disciplinaires, pastorales, mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires. Aucune initiative qui vise à s’y opposer ne peut s’arroger la prérogative de rendre un service à l’Église : en réalité, elle lui cause un grave dommage. »

 

Quoi qu’il en soit par ailleurs de l’imbroglio juridique, l’intention de Paul VI ne fait aucun doute : on la nie sans vergogne.

 

Les points ci-dessus relevés – légitimité, fidélité, priorité – ne sont pas fruits d’un choix arbitraire, effectué ici pour les besoins de la cause : ce sont eux qui sont repris et présentés dans la lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio. Cette lettre, de toute évidence, est destinée à apaiser ses destinataires en disant que le but du motu proprio est la réconciliation : une unité sur la base de Vatican II et de la reconnaissance de la légitimité du nouveau rite. Après cela, on peut faire droit aux préférences pour les rites anciens.

 

Il est cependant un point fondamental, aux conséquences pratiques très graves et omniprésentes, que ni le motu proprio ni la lettre n’abordent, et qu’il faut pourtant bien prendre en compte : la validité des sacres et des ordinations accomplis selon le rite réformé par Paul VI en juin 1968. La contamination protestante qu’on déplore dans la réforme de l’ordo missæ s’y trouve déjà, faisant peser des doutes (et davantage) sur la validité des ordres – et donc sur celle des actes sacramentels qui en dépendent comme la Messe. Est-elle vraiment « rétablie » cette Messe, si elle est célébrée par des non-prêtres ?

 

Puisque la reconnaissance de la valeur ecclésiale et magistérielle de Vatican II est une condition nécessaire – et logique – de l’octroi des faveurs accordées par le motu proprio, il faut persuader les candidats de l’homogénéité entre Vatican II et l’enseignement du Magistère antérieur. Montrer cette compatibilité, cette continuité, c’est tout l’objet du troisième document publié par le Vatican.

 

En cinq questions, le document examine quel peuvent être le sens et la portée de l’expression « subsistit in » qui a été substituée au « est » de la tradition catholique depuis saint Paul. Là où la foi divine nous dit : l’Église de Jésus-Christ est l’Église catholique, Vatican II glisse : « l’Église de Jésus Christ subsiste dans l’Église catholique comme société constituée et organisée… » (Lumen gentium I, 8). On voit que cette nouveauté d’expression n’exclut pas que l’Église du Christ puisse subsister ailleurs sous une forme moins organisée, ou même sans organisation particulière. On est donc passé de l’affirmation d’une identité à celle d’une inclusion, ce qui est une notable régression dans la signification, ce qui a une réelle valeur de négation dans la foi.

 

Eh bien, le document du 29 juin explique tranquillement que la nouvelle formulation est plus profonde et plus adéquate, et qu’elle a pour but d’affirmer que les communautés schismatiques sont quelque chose de l’Église, qu’elles sont non pas en dehors de l’Église et séparée d’elle, mais seulement en communion imparfaite avec l’Église.

 

Plus profonde que saint Paul ? Plus adéquate que Pie XII ? Rien ne les arrête, à Rome ! Le vice de cette nouvelle conception, c’est qu’on transfère à des communautés séparées (inventions du diable) ce que le Saint-Esprit opère dans le secret des âmes, œuvre pour laquelle la communauté schismatique, en tant que telle, est un exécrable obstacle.

 

Je renvoie à l’article intitulé Quelques points de repère, écrit en prévision de ce qui arrive aujourd’hui. Nous en reparlerons.

 
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : de Ecclesia
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Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /2007 18:37

Le développement de la vie intérieure, la croissance dans la charité, l’enracinement des vertus, l’abandon à la sainte volonté de Dieu : tous ses éléments qui nous conduisent vers le ciel, qui glorifient le Bon Dieu et nous préparent à la béatitude éternelle, tous ces éléments donc sont affaire de grâce de Dieu, de miséricorde divine, de prière incessante. 

C’est la grâce, la grâce et encore la grâce qui sanctifie, qui purifie, qui élève jusqu’à Dieu. 

Mais tout cela est aussi affaire d’intelligence et de volonté : parce que la grâce ne détruit pas la nature, parce que le Bon Dieu fait de nous ses enfants et non pas des robots, parce que les plus grands dons de Dieu inhèrent dans la partie supérieure de notre âme qui, précisément, est le siège de l’intelligence et de la volonté. 

La volonté, on comprend facilement pourquoi elle doit être présente : il faut agir avec régularité et persévérance pour se placer sous l’influence de la motion divine et ne pas gaspiller ni stériliser la grâce. 

Mais on oublie que la volonté est une faculté aveugle : c’est l’intelligence qui lui indique le but, qui détermine les moyens, qui lui montre en quoi consiste le bien à poursuivre. Sans cette lumière de l’intelligence, la volonté n’est pas mise en branle, ou elle s’égare ; et dans tous les cas elle nourrit l’amour-propre. 

Ce qui est vrai en général l’est davantage dans la vie spirituelle : le but atteindre et les moyens à mettre en œuvre nous dépassent infiniment ; il faut ne rien négliger, ne rien inverser, ne rien compromettre ; il faut au contraire entrer dans la pensée divine avec souplesse et docilité, il faut de modeler sur la façon d’agir de Dieu. 

Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, il est de la plus haute importance de bien connaître la nature de la vie spirituelle, son but, ses moyens, ses étapes, ses écueils. 

Et tout cela est admirablement exposé, illustré et rendu attirant dans l’ouvrage du Père Réginald Garrigou-Lagrange Les trois âges de la vie intérieure dont on trouvera toute la première partie au bout de ce lien. 

C’est une lecture qui ne peut que donner un grand désir de sanctification, une grande lumière sur les desseins de Dieu, une grande sécurité pour éviter de nombreux déboires. 

Surtout, n’hésitez pas !

 

Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Dossiers Saint-Bernard
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 12:11
 
 
 

Le texte de l'hommage du R.P. Le Floch au cardinal Billot – hommage doctrinal, hommage ecclésial, hommage filial – est lisible en format pdf et téléchargeable à cette adresse.
C'est l'occasion d'admirer un des plus illustres théologiens de l'époque contemporaine, une belle figure de combattant pour la foi et pour l’Église, de lutteur contre les hérésies modernes.

 

Mon Dieu, comme il nous manque des hommes de sa trempe, de sa science, de sa fidélité !


Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Dossiers Saint-Bernard
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /2007 15:45
Faire-part de naissance

L’Ange gardien de
votre famille a l’honneur de vous faire part de la naissance d’un petit « bout d’chou » qu’il recommande instamment à votre attention et à vos prières. Et voici pourquoi.

***

La foi catholique nous enseigne que Dieu, dans sa bonté, a placé à côté de chacun de nous un Ange : un des Anges fidèles qui le contemplent dans la gloire du Ciel, qui participent à son éternelle béatitude, qui trouvent leur joie et leur bonheur à le voir, à l’aimer et à le servir.

Sans quitter la Patrie céleste –
notre Patrie – ce bel Ange auquel Dieu nous confie demeure auprès de nous à chaque instant de notre pèlerinage terrestre : il nous transmet les dons de Dieu, il nous protège des périls, il nous attire au bien, il nous défend contre la rage des démons et il fait monter vers Dieu nos désirs et nos prières : il accomplit le même office que saint Raphaël auprès du jeune Tobie.

La sollicitude d’un Dieu si paternel, et qui
a tant aimé le monde qu’il lui a livré son Fils unique, s’étend aux familles qui tiennent une place toute spéciale dans ses desseins.

La famille a été sanctifiée par l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est né de la sainte Vierge Marie sous la protection de saint Joseph ; la famille est sanctifiée par l’institution du sacrement de Mariage ; la famille est le lieu où s’apprend la vie céleste : c’est en elle qu’est transmis le premier enseignement de la sainte foi, c’est en elle qu’on apprend à aimer l’Église catholique, c’est en elle qu’on reçoit l’exemple de la prière et de la fidélité, c’est en elle qu’on fait l’apprentissage du devoir quotidien et des vertus pour vivre selon la loi divine.

Les familles chrétiennes jouent un rôle décisif pour le salut des âmes ; il ne serait donc pas étonnant que notre Père qui est dans les cieux ait placé auprès de chacune d’elle un Ange qui la garde et la fortifie.

***

Et voici que cet Ange s’est choisi un petit messager pour l’aider dans son œuvre de science, d’amour et de sourire.

Ce messager est une cigale : une cigale qui chante l’amour de Dieu à l’instar de saint François d’Assise son patron, une cigale de papier, une cigale qui vient de naître et se propose de visiter votre famille chaque mois.

Voici donc « La Cigale de saint François », modeste bulletin des familles catholiques. Un spécimen du n°1 est lisible et téléchargeable
en cliquant ici. Ce spécimen est en basse définition et ne reflète en rien la qualité de la version papier.

***

Quelques précisions vous aideront à vous faire une idée de la
Cigale telle qu’elle se présente dans le monde réel :
Format 18 x 27 cm.
Couverture en papier fort 160 g.
Intérieur en papier blanc 100 g.
28 pages + couverture.

***

Bulletin d’abonnement
Le bulletin des familles catholiques
La Cigale de saint François paraîtra, si Dieu veut, dix fois par an (de septembre à juin). À ces livraisons régulières s’ajoutera chaque été un numéro spécial (compris dans l’abonnement).
Le prix au numéro est fixé à 4,5 €. L’abonnement annuel simple coûte 45 €.
L’abonnement groupé (à partir de trois numéros à la même adresse) se monte à 40 €.
L’abonnement annuel à la version électronique (fichier pdf annoncé par courriel) est de 20 €.




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Courriel :
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Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Familles
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