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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 20:44

La place a un peu manqué dans le numéro 328 du bulletin Notre-Dame de la Sainte-Espérance pour énumérer toutes les grâces que Dieu réserve à ceux qui viendront cet été 2017 suivre une retraite à la maison Saint-Jean-Baptiste de Saint-Maixant. En échange d’un peu de temps, d’un peu de générosité et d’un peu de courage, la miséricorde de Dieu est d’une extraordinaire abondance qu’il serait grand dommage de mépriser ou délaisser. En voici quelques éléments.

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Le recueillement

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Vivre cinq jours dans le silence, éloigné de l’agitation habituelle ; abrité du bruit du monde ; dépêtré de la tyrannie des écrans de toutes tailles qui nous cachent et Dieu et nous-même à nos propres yeux ; recueilli et libéré de l’avidité des nouvelles, qui délite l’âme… ce n’est pas encore la grâce, mais c’est une condition salutaire qui produit déjà des effets étonnants : car le Bon Dieu frappait à notre porte et nous ne l’entendions pas !

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Une lumière de fond

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Vivre cinq jours dans la lumière matutinale du Principe et fondement : « L’homme a été créé afin de louer et honorer Dieu son Seigneur, et en le servant sauver son âme ; et les autres choses qui sont sur la terre sont créées à cause de l’homme et pour l’aider dans la poursuite de la fin que Dieu lui a marquée en le créant »… ce n’est pas encore la grâce, mais c’est être replacé dans la véritable perspective de la vie d’une créature raisonnable ; c’est recouvrer ou revigorer une rectitude naturelle qui est un soubassement nécessaire à la grâce, assise qui précède la grâce ou qui est donnée avec elle.

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La prière

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Pendant une retraite, chacun a vraiment le temps de prier, de largement répondre à l’injonction de Notre-Seigneur : « Il faut toujours prier et ne jamais se lasser » (Luc. XVIII, 1).

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La prière est simultanément une grâce et une source de grâce. Elle est une grâce parce que tout acte salutaire est l’effet de la gratuite bienveillance de notre Père qui est dans les cieux ; elle est une grâce parce que prier, c’est être reçu en audience par le souverain Maître de l’univers et de chacun d’entre nous en particulier ; elle est une grâce parce que prier, c’est déjà se disposer (par l’humilité et la confiance qu’une vraie prière met en œuvre) à recevoir efficacement l’aide de Dieu.

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La prière est une grâce que Dieu répand à profusion ; à celui qui répond à cette grâce, Dieu donne les autres grâces dont il a besoin. La raison en est que prier, c’est entrer dans la volonté éternelle de Dieu qui a décidé, dans sa Sagesse infinie, d’accorder sa grâce à qui la lui demande.

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Un itinéraire de conversion

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Prendre part à la retraite n’est point quelque chose de passif : c’est suivre l’itinéraire intérieur par lequel Dieu a conduit saint Ignace de Loyola du péché à une haute sainteté et à un grand zèle pour l’Église. De soldat de Charles-Quint gâté par la vie de la Cour, il est devenu soldat de Jésus-Christ illuminé par la Cour céleste qui est au terme de l’espérance chrétienne.

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C’est un itinéraire de dépouillement du désordre de nos affections, de renoncement à tout ce qui appauvrit l’âme et la vie, et d’un incroyable enrichissement : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. »

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La vie intérieure

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Le prophète Jérémie (XII, 11) gémit : « Desolatione desolata est omnis terra, quia nullus est qui recogitet corde : la terre entière est désolée de désolation parce qu’il n’est personne qui réfléchisse en son cœur. »

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En tout temps, mais plus impérieusement en temps d’apostasie générale (c’est cela le mondialisme !), il faut que les vérités de la foi et l’Évangile de Jésus-Christ deviennent des vérités vivantes, vitales, qui nourrissent la vie intérieure, qui illuminent l’intelligence et rectifient la volonté. C’est le fruit de la méditation quotidienne, dont une retraite est l’initiateur ou le « relanceur ».

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La méditation est un levier si puissant que le monde en a inventé une contrefaçon, qu’on voit fleurir jusque dans certaines institutions ou entreprises. L’objet de ces pseudo-méditations est soi-même, le but en est le vide, le néant : tout cela est vain pour le salut éternel et détourne de la véritable intimité de l’esprit avec la Révélation divine.

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La confession

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Le sacrement de Pénitence est d’une dignité et d’une exigence plus grandes qu’on ne l’imagine. Dom de Monléon nous en avertit :

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« Mais pour être vraiment salutaire et profitable, [l’accusation] doit être faite avec soin. Or, il faut bien le dire, c’est là une chose fort rare, même – nous dirions volontiers : surtout – parmi les personnes de dévotion. Sous prétexte qu’elles n’ont point de fautes graves à avouer, leurs accusations se bornent ordinairement à des formules générales, absolument imprécises, qui se répètent à longueur d’année, sans apporter jamais ni un fait particulier, ni un détail aggravant ; formules qui ne coûtent aucune humiliation à celui qui les énonce, et qui n’éclairent d’aucune lumière celui qui les entend. Sans doute, de telles accusations sont suffisantes, s’il n’y a point de fautes mortelles, pour recevoir validement l’absolution ; elles ne servent de rien pour avancer dans la vertu. Ceux qui se confessent ainsi se privent de grâces précieuses et se condamnent eux-mêmes à végéter perpétuellement dans la tiédeur. » [Les instruments de la perfection]

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Une retraite est une bonne occasion de porter remède à cette routine ruineuse et d’entrer dans le grand dessein de Dieu qui a fait du sacrement une anticipation absolutoire du Jugement dernier.

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Une mise à niveau doctrinale

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Les catholiques qui veulent s’instruire et se former dans la doctrine catholique doivent être conscients que nous appartenons à un monde post-moderniste. L’hérésie mise à nu et condamnée par saint Pie X fut l’héritière du rationalisme et du fidéisme, deux erreurs contraires qui détruisent conjointement la juste notion des rapports entre la foi surnaturelle et la raison naturelle.

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Le modernisme s’est méthodiquement attaqué à l’intelligence de la foi. Il ne reste qu’un champ de ruines. Rebâtir n’est pas épousseter les vieilles erreurs, ni se référer aux auteurs qui les ont couvées ou propagées. Il faut remonter jusqu’à ce que saint Anselme appelle si bellement fides quærens intellectum — la foi cherchant l’intelligence. La doctrine n’est pas un assemblage de trucs, de raccourcis et de slogans, justifié (prétend-on) par le nez catholique du tambour-major.

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Une retraite est l’occasion d’entreprendre ou d’approfondir l’étude de la doctrine catholique. Tout le monde admet que c’est là chose sainte, méritoire et nécessaire… Oui, mais à la condition impérative d’aller chercher la doctrine catholique là où elle se trouve, à savoir dans les actes du Magistère de l’Église, et dans les lieux que ce même Magistère nous livre comme étant dépositaires de ladite doctrine : la sainte Écriture, les Pères et les docteurs de l’Église.

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Chercher la vérité doctrinale chez les folliculaires de papier ou de clavier, dont la seule science est d’impressionner le badaud par le caractère péremptoire de leurs jugements, c’est s’embarquer dans un convoi d’aveugles. L’avertissement de l’Évangile n’est pas vain, qui nous prévient que cela conduit à la fosse : « Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; or, si un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous deux dans la fosse » (Matth. XV, 14).

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En tout domaine une erreur de référentiel prélude à de graves méprises ; mais en matière de doctrine catholique dont l’objet ne nous est accessible qu’à partir de la Révélation divine et par la transmission de l’Église, l’aveuglement est inévitable.

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Voilà donc un critère crucial pour le choix d’une retraite. En effet, la rectitude de la doctrine est plus importante et plus grave que la retraite elle-même ; et d’autre part la retraite ne portera du fruit pour le bien commun que si elle se fonde sur une saine doctrine.

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De nombreuses clartés apportées par la doctrine

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La justesse des sources et la primauté accordées à la doctrine importent non seulement à la vie chrétienne quotidienne, mais aussi, et d’abord, à ce qui est plus spécifique à la retraite : ce qu’est vraiment la vie chrétienne (enseignement sur le baptême et l’organisme spirituel qu’il infuse) ; ce qu’est le combat spirituel (enseignement sur la nature du péché originel et ses conséquences) ; ce que sont les différents états de vie (enseignement sur le mariage et sur la vie consacrée) ; ce que la foi catholique et son témoignage exigent de nous aujourd’hui (enseignement sur la nature, la constitution et les pouvoirs de l’Église catholique).

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Saint Pie X dénonçait l’ignorance comme la cause principale de la dépression religieuse qu’il combattait, en se proposant de tout restaurer en Jésus-Christ. Au siècle précédent, le Père Emmanuel s’alarmait de l’ignorance des chrétiens, de ses causes et de ses conséquences :

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« C’est un des grands malheurs du temps présent : les intelligences demeurent abandonnées et sans culture, tout semble s’adresser aux volontés. On les fouette (sit venia verbo ! ) pour les faire avancer, et si peu qu’elles soient mises en œuvre, il semble que tout est gagné. Mais qu’est-ce que le mouvement d’une volonté, quand l’esprit n’est pas éclairé ? C’est la mise en marche d’un train de chemin de fer, avant qu’on ait posé les rails : c’est le prélude d’une catastrophe. Là où les intelligences ne sont pas nanties de la vérité, leur aliment indispensable, il se révèle des maladies à peu près inévi­tables : l’illuminisme et le fanatisme. Que l’on ne s’étonne pas de nous entendre prononcer ces mots qui font peur : Dieu sait tous les ravages que font de nos jours ces maladies épouvantables, maladies d’autant moins redoutées qu’elles sont moins discernées. L’homme qui ne sait rien ne discerne rien, ne soupçonne rien, ni son mal ni le mal des autres. Il y en a, dit Job, qui sont sous les épines, et qui trouvent cela délicieux. Esse sub sentibus, delicias computabant ( Job XXX, 7). » [Le chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile, DMM 1973, p. 28]

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Si l’on considère de plus que la retraite est un moment privilégié pour s’adonner à l’étude de la Science des sciences, celle de Jésus-Christ, et des mystères de sa vie, de sa Passion et de sa glorification ; si l’on considère que la retraite est un moment de particulière lucidité pour organiser sa vie afin d’en faire un acte permanent de louange, d’amour et de service de Dieu ; alors on voit qu’on ne perd pas son temps en suivant la retraite : on gagne son éternité !

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Un moment de pauvreté

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La maison Saint-Jean-Baptiste ne vous propose aucune opulence, aucun confort même. Ce n’est pas selon un choix délibéré, c’est un état de fait. C’est pour tous l’occasion de faire de nécessité vertu. La pauvreté n’a jamais été un obstacle à la sanctification, bien au contraire : c’est aux pauvres en esprit que le royaume des Cieux appartient dès maintenant.

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La paix

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C’est l’expérience qui le montre sans exception : une retraite sérieusement suivie procure à l’âme une paix qui, à elle seule, justifierait tous les efforts fournis. La clarté de la conscience, la lumière de la vérité, la confiance en Dieu, la certitude de la paternité divine et l’action de grâce se conjuguent en une paix que le monde ne peut donner.

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Il ne s’agit pas d’un sentiment passager et plus ou moins trompeur ; c’est vraiment la « tranquillité de l’ordre » qui habite l’âme et s’épanouit en une joie douce et durable, propice aux grands desseins comme aux humbles fidélités.

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La réponse à une pressante invitation de l’Église

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Il n’y a pas de loi de l’Église ni de précepte moral qui oblige de suivre une retraite. Mais les bienfaits des Exercices de Saint-Ignace sont tels, et l’invitation du Pape Pie XI (1922-1939) est si pressante qu’il ne faut pas hésiter. Il est difficile d’employer des termes plus énergiques et plus explicites que ne le fit le Pape :

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« Dans sa retraite de Manrèse, saint Ignace apprit de la Mère de Dieu elle-même comment il devait combattre les combats du Seigneur. Ce fut comme de ses mains qu’il reçut ce code si parfait – c’est le nom qu’en toute vérité nous pouvons lui donner – dont tout bon soldat de Jésus-Christ doit faire usage. Nous voulons parler des Exercices spirituels qui, selon la tradition, furent donnés du ciel à saint Ignace. Non qu’il ne faille estimer les autres exercices de ce genre, en usage ailleurs, mais, en ceux qui sont organisés selon la méthode ignatienne, tout est disposé avec tant de sagesse, tout est en si étroite harmonie que, si l’on n’oppose pas de résistance à la grâce divine, ils renouvellent l’homme jusque dans son fond et le rendent pleinement soumis à la divine autorité » (Meditantibus nobis, 3 décembre 1922).

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Pour les hommes et jeunes gens (à partir de 17 ans) :

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Du lundi 10 juillet 2017 (à 14 h) au samedi 15 juillet 2017 (à 12 h)

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Du lundi 28 août 2017 (à 14 h) au samedi 2 septembre 2017 (à 12 h)

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Pour les dames et jeunes filles (à partir de 17 ans) :

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Du lundi 24 juillet 2017 (à 14 h) au samedi 29 juillet 2017 (à 12 h)

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Du lundi 21 août 2017 (à 14 h) au samedi 26 août 2017 (à 12 h)

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Maison Saint-Jean-Baptiste — 3, allée de la Sérénité — F-33490 Saint-Maixant

[+33] (0)5 56 76 26 23

 

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Published by Abbé Hervé Belmont
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