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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 12:29

De façon récurrente, le retour de Paul VI est annoncé, qui va restaurer l’ordre dans l’Église catholique, remettre en honneur la liturgie, dénoncer l’hérésie et chasser les hérétiques, etc. Cela est possible, et même certain, parce que Paul VI n’est pas mort : un ignominieux complot l’a remplacé par un sosie tenant son rôle pendant quelques années, lequel sosie est mort et a été inhumé en août 1978 en lieu et place de Jean-Baptiste Montini. Telle est la solution et l’explication de la crise mystérieuse qui s’est abattue sur l’Église catholique depuis quelques décennies.

Depuis quarante ans nous avons les oreilles rebattues par cette annonce merveilleuse qui ne s’accomplit jamais (mais ce n’est que partie remise, pour des raisons de haute mystique), par cette clef secrète de l’histoire contemporaine fondée sur des preuves péremptoires qui prouveront plus tard : Vous verrez bien… ! La première fois, cela amuse… mais au bout de la vingtième voire trentième fois, il faut bien avouer qu’on se trouve en présence d’une étrange maladie.

Il convient de se pencher un instant sur elle, parce que le plus souvent elle s’empare de gens de bonne volonté et de réelle piété : elle n’en est pas moins néfaste, surtout si l’on se fonde sur elle pour assurer la persévérance dans la vie chrétienne voire l’intégrité de la foi catholique.

Trois qualificatifs me semblent bien situer notre affaire : invraisemblable, inutile, malsain.

Invraisemblable

Jean-Baptiste Montini est né le 26 septembre 1897. Il aurait donc 118 ans et serait le plus âgé des hommes vivant sur notre terre. Cela n’est pas strictement impossible, mais hautement invraisemblable, surtout si l’on imagine qu’il va rétablir la foi, la liturgie et l’ordre dans l’Église, chantier herculéen…

Je puis apporter aussi un témoignage direct de première valeur. Le 11 septembre 1976, Mgr Marcel Lefebvre a été reçu en audience par Paul VI à Castelgandolfo. À son retour, dans une conférence donnée aux séminaristes, il fut on ne peut plus clair : J’ai très bien connu Mgr Montini auquel j’avais directement affaire lorsque j’étais délégué pontifical pour l’Afrique francophone ; j’ai très bien connu Paul VI à Rome, lorsque j’étais supérieur général des Spiritains (la plus nombreuse des congrégations missionnaires) ; je peux vous affirmer que c’est bien lui que j’ai rencontré ces derniers jours, et non pas un sosie.

Inutile

Ceux qui tiennent pour le « sosie » le font apparaître en 1972 ou 1975, de façon permanente ou intermittente… mais quoi qu’il en soit, à ces dates tout le mal est fait : Vatican II a semé l’erreur et la révolution dans les structures de l’Église, la réforme liturgique a balayé tout l’ordre sacramentel, la vie chrétienne (religieuse, sacerdotale, matrimoniale) s’est effondrée dans des proportions inimaginables. C’est d’ailleurs dès l’année de son élection, dès 1963 que Paul VI a entamé ce processus de destruction : par des effets d’annonce tristement efficaces, par la prévision voire la mise en place de structures dissolvantes, par l’adoption du principe d’une liturgie évolutive (et donc, inéluctablement, d’une foi évolutive).

Le « Paul VI survivant » est celui qui a conduit tout cela, qui s’est soustrait à l’autorité pontificale : son supposé retour ne serait donc la solution de rien du tout, ne serait aucunement la restauration de l’autorité pontificale, ne serait pas même la présence d’un sujet publiquement assis sur le siège romain.

Mais si, mais si, parce qu’il s’est converti et que tout le monde le reconnaîtra : sauf vous évidemment, pétri de rationalisme que vous êtes.

— Ah bon ! vous l’avez donc rencontré ? Il vous a dit regretter la révolution qu’il a semée à pleines mains ? Vous êtes assuré qu’on le reconnaîtra universellement comme Pape quarante ans après ? Voyez combien tout cela est de l’ordre de l’imagination !

Malsain

L’Église catholique est le Corps mystique de Jésus-Christ ; elle est une société surnaturelle. L’Église militante – celle à laquelle nous appartenons sur la terre – est surnaturelle dans son essence, tout comme les différents éléments qui entrent dans sa constitution : ses pouvoirs (magistère, sanctification et gouvernement), son autorité, ses sacrements.

Dans la situation présente de la sainte Église, devant la difficulté de professer simultanément toutes les vérités la foi catholique et de la doctrine de l’Église en les confrontant aux faits avérés, la tentation peut être grande de « botter en touche », et de trouver un refuge inconscient dans la fuite, remplaçant l’adhésion théologale à l’Église dans son état réel (visible et provisoirement permanent) par un univers imaginaire qui ne réclame rien d’autre que de l’imagination. Mais pour la mise en œuvre et le rayonnement de la foi, il y a là une réduction qu’on ne peut s’empêcher de trouver malsaine et grosse de bien des périls.

Le juste vit de la foi : il en vit en tout temps, et non pas seulement quand tout est en ordre ; il en vit plus encore dans les temps d’épreuve, dans les combats de l’agonie, quand règne l’insolence des hommes ennemis de Jésus-Christ.

* * *

Mais… ce n’est pas contraire à la foi catholique !

— Non, certes : croire à la survie et au retour prochain de Paul VI ne s’oppose à aucune vérité de la foi et ne nie aucun fait dogmatique (il en serait tout autrement si un vrai Pape régnait à Rome) : ceux qui adhèrent à une telle croyance ne sont pas pour cela indignes des sacrements ; il y aurait une grande injustice à les leur refuser.

Mais tout ce qui n’est pas opposé à la foi n’en est pas vrai pour autant : affirmer que deux et deux font trois par exemple.

Il y a en outre un véritable danger pour la foi de se mouvoir dans un univers irrationnel et de justifier une attitude ecclésiale présente par une conjecture qui porte sur l’avenir. Il y a même double danger :

– La foi est donnée à notre intelligence, et ne peut prétendre se passer des lois de la raison : elle se priverait de l’irremplaçable instrument qui contribue à la conserver et permet de l’exercer sainement (c’est une des caractéristiques du modernisme) ;

– la foi est fondée sur la Révélation publique et sur la prédication des Apôtre, closes ensemble à la mort de saint Jean l’Évangéliste. Même si une partie de l’objet de la foi concerne l’avenir (les fins dernières, la pérennité de l’Église), elle se réfère fondamentalement au passé.

C’est la conscience pressante de ce double danger qui pousse à avertir ceux qui seraient tentés de se laisser séduire…

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Published by Abbé Hervé Belmont
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commentaires

Laurier 04/11/2015 18:44

Pour faire court, et réflexion faite, je crois que les « théories bâties sur l’imagination et qui ne favorisent en rien la connaissance et l’amour de la sainte Église catholique » sont celles qui consistent à « penser » et « imaginer » que Paul VI « n’a jamais été pape » ou a perdu le pontificat en cours de route, sans même savoir nous dire pourquoi précisément (avant les textes à problème de Vatican II), au mépris des lois de l’Église et de la saine théologie…

Le préalable à tout et la bonne analyse est celle qui est ordonnée, et qui commence par le commencement, chronologiquement : PAUL VI a été élu Pape à l’été 1963, véritablement, par un conclave valide avec de vrais cardinaux, et cette élection a été ratifiée sans aucune exception par toute l’Église catholique universelle : fait dogmatique qui oblige de foi… « De soi infaillible » nous dit le cardinal Billot.

Donc, encore une fois, la vraie compréhension de la crise de l’Église passe obligatoirement par cette certitude : PAUL VI était véritablement Pape et anathèmes ceux qui se réfugient dans des « théories bâties sur l’imagination » pour affirmer qu’en fait Paul VI était un « intrus » et « n’a jamais été pape »… On se condamne à ne plus rien comprendre de la crise actuelle en suivant ce chemin « qui ne favorise en rien la connaissance et l’amour de la sainte Église catholique »…

Voir développement sur autre message ci-dessous.

Laurier 03/11/2015 20:45

Réponse à « Nicolas » :

Tout à fait par hasard, je suis « tombé » sur les différents commentaires ici postés et que j’ai fait l’effort de lire du début à la fin. Je ne vais pas faire un long exposé sur la question mais rectifier quand même une chose très fausse, que vous écrivez, et qui saute pourtant aux yeux.

Vous rappelez d’abord la doctrine exposée par le cardinal Billot, et que l’abbé Belmont lui-même reçoit et applique en ce qui concerne Jean XXIII. Je redonne cette citation, plus complète d’ailleurs :

« Dieu ne permettra jamais que l’Église toute entière reconnaisse comme pape quelqu’un qui ne l’est pas réellement et légalement [en 1963, c’était le cas donc !]. De telle sorte que, dès qu’un pape est accepté par l’Église et qu’il est uni avec elle comme la tête est unie au corps, on ne peut plus élever le moindre doute que l’élection aurait été viciée… l’acceptation universelle de l’Église guérit à la racine n’importe quelle élection viciée. » (Cardinal Louis Billot, Tractatus de Ecclesia Christi, Vol. I, pp. 612-613.) — « Dès l’instant où le pape est accueilli comme tel, et apparaît uni à l’Église comme la tête est au corps, la question ne saurait plus être agitée d’un vice dans l’élection ou de l’absence d’une des conditions requises pour sa légitimité. L’adhésion de l’Église guérit pour ainsi dire radicalement tout vice possible de l’élection. Cette adhésion est initiée théologiquement par l’acte juridique de reconnaissance et d’obédience des cardinaux au nouveau pape, posé dans le cadre de la cérémonie d’intronisation, lequel acte fonde et entraîne subséquemment ce qu’on appelle communément l’adhésion pacifique de l’Église, c’est-à-dire celle de tous et, d’une manière infaillible, elle démontre l’existence de toutes les conditions pré requises du droit divin. » (Cardinal Louis Billot, De Ecclesio, t. XXIX, § 3, p. 621.)
« Une élection, fût-elle même l’élection du Pape, peut être invalide ou douteuse ; dans la ligne de Jean-de-Saint-Thomas, le même Journet nous le rappelle (L’élection du Pape. V. Validité et certitude de l’élection). “L’Église – écrit Journet – possède le droit d’élire le pape, et donc le droit de connaître avec certitude l’élu. Tant que persiste le doute sur l’élection et que le consentement tacite de l’Église universelle n’est pas venu remédier aux vices possibles de l’élection, il n’y a pas de pape, papa dubius, papa nullus. En effet, fait remarquer Jean-de-Saint-Thomas, tant que l’élection pacifique et certaine n’est pas manifeste, l’élection est censée durer encore” (p. 978). Toutefois, toute incertitude sur la validité de l’élection est dissipée par l’acceptation pacifique de l’élection faite par l’Église universelle : “L’acceptation pacifique de l’Église universelle s’unissant actuellement à tel élu comme au chef auquel elle se soumet, est un acte où l’Église engage sa destinée. C’est donc un acte de soi infaillible, et il est immédiatement connaissable comme tel. (Conséquemment et médiatement, il apparaîtra que toutes les conditions prérequises à la validité de l’élection ont été réalisées)” (pp. 977-978). Ce qu’affirme Journet se retrouve chez presque tous les théologiens.

Ensuite, vous venez nous dire : eh bien non, cette doctrine ne s’applique pas à Paul VI, pour des raisons on ne peut plus farfelues et très fausses pour commencer !

Le cardinal Billot précise bien : « Dès l’instant où le pape est accueilli comme tel… » — « l’acceptation pacifique de l’élection par l’Église universelle s’unissant actuellement à tel élu comme au chef auquel elle se soumet, est un acte où l’Église engage sa destinée. C’est donc de soi un acte infaillible, et il est IMMÉDIATEMENT connaissable comme tel… »

Ce qui veut dire que la certitude que l’élu du conclave (déjà IMMÉDIATEMENT VRAI PAPE du fait de son acceptation : cf. Constitution de Pie XII sur l’élection du Pontife Romain) soit absolument pape de manière certaine et infaillible, nous est communiquée « dès l’instant où le pape est accueilli comme tel » dans une simple « acceptation pacifique de l’élection par l’Église universelle ». Le propos est clair, net et précis.

Trop sans doute pour vous, car cela dérange vos théories, qui partez donc dans une autre dimension : le pape élu est vraiment pape selon la « thèse nicolas » seulement lorsque le dit élu « supposément pape » commence alors à exercer infailliblement le pouvoir de Magistère et si celui-ci est correct ! Je cite exactement car ça vaut le détour :
l’élu « supposément pape, n'est pas encore la règle de foi en exercice. Il n'est pas déjà en train d'exercer infailliblement le pouvoir de magistère et de requérir l'assentiment de foi divine ou "de foi ecclésiastique". Quand est-ce que Paul VI commence à requérir l'assentiment de foi divine et "de foi ecclésiastique" ? Quand il commence à agir comme tête (au moins supposément) du magistère ordinaire et universel. » ! (C’est tiré de quelle Constitution Pontificale ce brillant texte ?)

Vous trahissez mais alors complètement tout l’exposé du cardinal Billot et tous les théologiens qui traitent du sujet. Que ce soit Pie XII ou la règle de la reconnaissance universelle, c’est IMMÉDIATEMENT que le fait est constatable. Dès l’acceptation de la charge pour l’élection du Conclave : habemus papam ! Et pour lever le doute d’une éventuelle élection viciée, non canoniquement faite, dès l’ACCEPTATION pacifique par l’Église universelle de cet élu, par son adhésion à cette élection, en reconnaissant cet élu comme Pape. C’est-à-dire dès la cérémonie d’intronisation/couronnement où tous les cardinaux font acte de reconnaissance et de soumission au nouveau Pontife élu, et à la suite toute l’Église universelle : pour le clergé on peut dire dès la célébration d’une Messe « una cum papa nostro Paulum sextum ». Voilà : c’est fait, « immédiatement », et la chose une fois reconnue universellement ne peut plus être contestée. On ne réexamine pas la question tous les ans, pour savoir si toute l’Église adhère encore à l’élu du dernier conclave… C’est pourtant ce que vous supposez en parlant d’août 1964 ! un an plus tard…

Pour Paul VI, la chose est on ne peut plus constatée et criante de vérité : TOUTE L’ÉGLISE UNIVERSELLE, mais alors là SANS AUCUNE EXCEPTION, a adhéré et accepté pacifiquement l’élu du conclave, comme vrai Pape et chef de l’Église catholique, en l’occurrence Paul VI. L’élection s’est opérée le 21 juin 1963, avec des cardinaux valides, et en suivant la Constitution de Pie XII « Vacantis Apostolicae Sedis » (1945) et l’intronisation avec adhésion et soumission de TOUS les cardinaux, le 30 juin 1963. Et aucune contestation, mais alors là sans la moindre exception, ne s’est manifestée dans toute l’Église catholique. Tout le monde a assurément reconnu cet élu comme le Pape, même des prêtres devenus beaucoup plus tard « sedevacantistes » comme le Père Barbara, ou des prêtres seulement « traditionalistes ».

Parlons-en justement de ces contestataires qui, selon vous, sont à même de prouver que, non, toute l’Église n’a pas adhéré et reconnu universellement Paul VI comme règle de la Foi ! Vous citez le cas de l’abbé de Nantes… qui a commencé à critiquer l’enseignement pontifical dites-vous, à partir du 20 août 1964 (je vous fais confiance : vous avez du bien chercher). Mais ça n’a aucun sens de parler de cette contestation de 1964, pour invalider une élection de 1963 survenue plus d’un an avant !? Il ne peut y avoir une sorte de rétroactivité de la « sanction »… Cet exemple est hors sujet à tous les niveaux : d’abord parce que l’acceptation pacifique de l’Église universelle à un élu lors du Conclave se fait immédiatement ou non (en gros dès la cérémonie d’intronisation et de couronnement), et sans attendre à voir ce que va nous enseigner le « supposé pape » dans x mois ou même pourquoi pas x années ! A vous lire, il faudrait attendre cela pour essayer de discerner (par du libre examen en réalité) si on peut se soumettre à son enseignement ou non (je ne vous dis pas la cacaphonie dans l’Église que générerait une telle règle en pratique !)…

Ensuite et surtout, l’exemple de contestation que vous apportez vient de prêtres (l’abbé de Nantes, l’abbé Coache, le père Barbara…) qui ont tous reconnu le pape Paul VI comme vrai Pape. L’abbé de Nantes n’a jamais changé à ce niveau et s’il se permettait des critiques sur certains enseignements pontificaux, c’est parce qu’il ne les estimait pas infaillibles, ne cessant donc pas de reconnaître Paul VI comme la règle de la Foi. Il lui demandait justement instamment d’exercer enfin son charisme d’infaillibilité en condamnant les graves erreurs que l’on trouvait dans l’Église à ce moment. Le Père Barbara quant à lui, a commencé à douter de la légitimité de Paul VI seulement à partir de la nouvelle Messe, lorsqu’elle fut imposée (une nouvelle messe « ad experimentum » ne lui posait pas de problème), donc vers 1969-1970 (il l’explique dans son texte sur « les papes du concile » datant de 1991, mais sans savoir expliquer précisément et avec certitude pourquoi Paul VI avait perdu la papauté). Mgr Lefebvre quant à lui n’a jamais non plus cessé de reconnaître Paul VI comme Pape et aussi comme règle de la Foi, dans le sens où ce qu’il contestait n’était pas pour lui couvert par l’infaillibilité.

Donc, votre conclusion est d’une malhonnêteté intellectuelle criante, lorsque vous osez écrire :
« Cette non adhésion de la partie la plus saine, cette absence d'adhésion pacifique de TOUTE l'Eglise laisse donc ouverte la probabilité que Paul VI n'ait jamais été pape. »

Cette phrase est bâtie sur un mensonge lamentable puisque en juin 1963, et même jusqu’en août 1964 (pendant plus d’un an !), il n’y a eu AUCUNE contestation sur l’élection de Paul VI et donc une adhésion pleine et entière de TOUTE L’ÉGLISE à l’élection de juin 1963. C’est un fait indéniable auquel vous devez vous soumettre à moins d’être anathème au regard de la Constitution de Pie XII sur l’élection du Pontife romain et l’infaillibilité d’un fait dogmatique.

Vous pouvez m’expliquer ce qu’était réellement Paul VI pendant toute cette année juin 1963-août 1964 : un « supposé pape » ? Un « pape putatif » ? en attente de validation (par qui ? quel bureau ?) un « pape materialiter » (au nom de quoi, de quelle loi dans l’Église ?) ? un « intrus » ?? et pendant ce temps que vaudraient toutes les messes célébrées « una cum Paulum sextum » ? L’Église aurait donc adhéré universellement à un « supposé pape » mais qui ne serait pas pape en réalité sans même savoir pourquoi (au cours de l’année 1963-1964) !? Cette éventualité est totalement absurde et insoutenable. Nous aurions qui plus est une rupture de la succession apostolique évidente, ce qui, là encore, est impossible au regard de la pérennité de l’Église (cf. Vatican I).

PAUL VI était assurément vrai pape dès l’été 1963, puisqu’élu d’un vrai conclave de l’authentique Église catholique, qui possédait assurément à l’époque de vrais cardinaux, et avait encore la vraie doctrine, la vraie Messe, les vrais sacrements, etc… et sans aucune contestation à ce moment, donc infailliblement pape par acceptation pacifique de toute l’Église universelle, à cette élection, même par les futurs traditionalistes ! Ce fait dogmatique connaissable immédiatement par le fait même, n’est plus contestable ensuite.

Vous parlez dans vos différents commentaires ensuite qu’un pape pourrait être hérétique et perdre le pontificat. Cette question est ici hors sujet, puisque si les théologiens ont étudié la chose, c’est uniquement en tant que docteur privé mais bien évidemment pas dans le cadre du Magistère infaillible du pape car c’est impossible (cf.Vatican I) ! Or, comme les reproches faits à Paul VI ne se situent pas pour un enseignement en tant que « docteur privé » mais dans le cadre de son Magistère, la question est tout autre ! Un pape, vrai pape comme l’a été dès l’été 1963 le pape Paul VI, ne peut perdre le Pontificat que pour trois causes bien définies par les théologiens : la folie, la démission, l’hérésie notoire et formelle en tant que docteur privé : ce qui n’a pas eu lieu (et non dans le cadre de son Magistère car c’est impossible ! (III. Buch : die Verfassung der Kirche. 3. Abschnitt: Die Kirchenämter. Seite 365 aus dem « Abschnitt des katholischen Kirchenrechtes » von Dr. Johannes Baptist Sägmüller - Professor in Theologie an der Universität Tübingen. Daté de 1909.)

Donc, la vraie compréhension de la crise de l’Église passe nécessairement par cette certitude, antérieure aux textes à problèmes : PAUL VI était bien pape de l’Église catholique authentique et il l’est resté nécessairement.

Les raisonnements du genre : ce qu’il a fait dans l’Église était incompatible avec un Magistère authentique, et DONC il ne pouvait être pape, n’est qu’une simple déduction, qui demande nécessairement confirmation par une PREUVE, une CAUSE, une RAISON parfaitement et publiquement vérifiable, constatable, et valable théologiquement parlant (qu’elle soit en mesure de lui retirer la fonction pontificale). Et bien évidemment précédant les textes à problèmes. Or, cette recherche fait chou blanc : on ne trouve rien.

Nicolas 21/09/2015 15:32

Réponses à Monsieur André (XXVIII)

J'ai bien compris que vous étiez trop occupé à préparer le retour (imminent ?) de Paul VI pour répondre quoi que ce soit de vraiment cohérent.

Surtout, le jour J, n'oubliez pas de nous envoyer un carton d'invitation.

Et n'oubliez pas non plus d'envoyer une invitation à Mmes Claudia Cardinale, Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Elles seraient sans doute très heureuses de ressortir leurs mini-jupes, malgré, elles aussi (ah, comme le temps passe !) leur grand âge, et de venir à nouveau poser devant les objectifs avec ce cher Paul VI.

Nous aurons encore de belles photos à publier dans les journaux. Comme au bon vieux temps. Et pour la plus grande édification morale du bon peuple survivantiste.

Nicolas 21/09/2015 15:23

Réponses à Monsieur André (XXVII)

Concernant, dites-vous, "le document sur la collégialité", c'est-à-dire la Constitution dogmatique Lumen gentium promulguée par votre cher Paul VI le 21 novembre 1964, et dont vous n'êtes même pas capable de donner le nom...

... Vous n'avez RIEN répondu à ceci :

Pas d'erreur ou d'hérésie objective dans la Constitution dogmatique Lumen gentium promulguée par Paul VI le 21 novembre 1964 ? Vous voulez rire ?

- L'Eglise du Christ qui n'est plus exclusivement l'Eglise catholique, mais qui "subsiste dans" icelle, ça ne s'oppose pas à l'enseignement de Pie XII dans Mystici Corporis ?

- La juridiction qui vient aux évêques par la consécration épiscopale et non plus par l'institution canonique, ça ne s'oppose pas à l'enseignement de Pie XII dans Mystici Corporis et dans Ad Sinarum Gentem ?

- L'autorité suprême qui a deux sujets adéquatement distincts : le pape seul d'un côté, le prétendu collège épiscopal présidé par le pape de l'autre, ça ne s'oppose pas au Primat de juridiction du pape tel que solennellement défini au Concile Vatican I ?

Dont acte.

Nicolas 21/09/2015 15:16

Réponses à Monsieur André (XXVI)

Pour ce qui regarde maintenant la liberté religieuse de Vatican II...

Vous m'opposez que la forme selon laquelle Dignitatis humanae enseigne cette doctrine n'est pas de type "irrévocable", mais qu'il s'agit d'une "pure déclaration politique".

Voilà ce qui s'appelle, sous votre plume, une pure et simple dérobade.

Enseigner, comme le fait DH, en déclarant que cet enseignement est connexe à la Révélation, que le droit à la liberté religieuse est un droit naturel de la personne humaine, ça ne peut aucune façon être une "pure déclaration politique" (sic !).

Déclarer quels sont les droits de nature de tout homme, et attester que tel droit de nature est connexe à la Révélation, ce n'est pas simplement faire une "déclaration politique", mais attester, censément, quelle est la vérité de la nature humaine créée par Dieu, et exiger l'assentiment "de foi ecclésiastique", en tant que, ce qui est attesté par le magistère comme étant connexe à la Révélation requiert - par nature - l'assentiment "de foi ecclésiastique".

Ce faisant, tout fidèle a non pas seulement le droit mais le DEVOIR d'examiner la conformité ou non de cette liberté religieuse avec la doctrine qui est apparemment la même, et que le pape Pie IX a DEJA et ANTERIEUREMENT solennellement et infailliblement condamnée.

Pourquoi ? Parce que, en raison du jugement infaillible du pape Pie IX, tout fidèle reçoit DEJA et ANTERIREUREMENT à Paul VI et à Vatican II qu'il est "de foi ecclésiastique" que le prétendu droit de nature, pour chaque homme, à ne pas être empêché par la puissance publique de pratiquer publiquement sa religion est une erreur contre la "foi ecclésiastique".

Autrement dit, qui n'examine pas l'enseignement de Paul VI et de Vatican II se met dans l'occasion prochaine de pécher (mortellement) contre la "foi ecclésiastique".

Et j'ajoute et répète ceci :

Maintenant la chose attestée par Paul VI (et avec lui les évêques à sa botte) comme connexe à la Révélation a les mêmes apparences que la chose condamnée infailliblement par Pie IX, condamnée comme contraire à la "foi ecclésiastique".

Est-il possible qu'un vrai pape atteste comme connexe à la Révélation la même chose qui a été PREALABLEMENT condamnée infailliblement comme contraire à la "foi ecclésiastique" ? La réponse est non. Donc, s'il s'agit bien de la même chose, c'est la preuve par l'absurde que Paul VI (au moins à partir de ce moment-là) ne pouvait pas être pape.

Mais, allons plus loin... Posons la question suivante : même dans l'hypothèse où la chose condamnée infailliblement par Pie IX ne serait pas la chose attestée comme connexe à la Révélation par Paul VI (dato non concesso) nous nous trouverions cependant bien dans la situation où Paul VI donnerait accroire à l'Eglise et au monde qu'il révoque en doute un jugement infaillible de l'Eglise, PUISQUE LADITE CHOSE A AU MOINS LES APPARENCES DE LA CHOSE INFAILLIBLEMENT CONDAMNEE PAR PIE IX.

Et de fait, ça n'a pas manqué puisque, à part les ralliés qui s'essaient toujours (et pas de la même façon) à nous expliquer que ce n'est pas la même chose, tout le monde, à droite comme à gauche, a bel et bien compris que c'était la même chose.

Donc, même dans cette hypothèse, si Paul VI était vrai pape, il induirait les fidèles en erreur, au moins dans l'exercice du magistère ordinaire et universel.

Magistère ordinaire et universel qui est infaillible non pas seulement attester des vérités révélées ou connexes à la Révélation, mais également pour CONSERVER les vérités révélées ou connexes préalablement infailliblement définies par l'Eglise.

Donc, même dans cette hypothèse d'une contradiction seulement apparente, Paul VI fait ce qu'un vrai pape, infailliblement assisté par Dieu, NE PEUT PAS FAIRE,

C'est là encore la preuve, manifeste, que Paul VI ne pouvait pas être pape.