Vendredi 23 décembre 2005 5 23 /12 /Déc /2005 14:59
Dans les temps de ténèbres, de doute, de guerre, une des toutes premières grâces est d'’y voir clair, un des tout premiers devoirs est d'’utiliser notre intelligence pour connaître la vérité. Encore faut-il savoir où s'’adresser, où trouver cette vérité sans laquelle on ne peut éviter la catastrophe.

Quand il s'’agit de la doctrine concernant la sainte Église catholique, ce n'’est pas à des docteurs de rencontre qu'’il faut aller demander la lumière : bien souvent il ne font qu'élaborer des doctrines menant à une conclusion préconçue, qu'’ils maquillent de façon à les faire passer pour catholiques. Le recours aux docteurs particuliers, si autorisés et classiques soient-ils, ne résout pas toujours les difficultés en lesquelles on se débat.
C'’est auprès du Magistère, par lequel Jésus-Christ nous communique la vérité révélée et son esprit, qu'’il faut aller chercher quels sont la Constitution de la sainte Église, sa mission, son unité, ses pouvoirs.

Il se trouve que le Pape Léon XIII a écrit une encyclique,
Satis Cognitum, qui est un splendide traité de l'’Église. Ce texte, par la grâce de Jésus-Christ, jouit d'’une autorité surnaturelle ; et par la grâce de Léon XIII, il jouit d’'une clarté tonifiante pour l’'esprit qui laisse l’'intelligence dans la paix d'’une profonde compréhension.
Allons boire à la source d'’eau vive : nous y trouverons la vérité, qui est lumière pour l'’intelligence, direction pour la volonté, repos pour l'’âme.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : de Ecclesia
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 17:19
Le pontificat de saint Pie X demeurera l’'un des plus grands de l'’histoire de l’Église, non par la durée (1903-1914) ni par le volume des œœuvres, mais la poursuite clairvoyante et persévérante de son programme Tout restaurer en Jésus-Christ : qu'’il s'’agisse de redonner de l'’élan la vie chrétienne, du discernement et de la condamnation des erreurs, ou de l’'exemple de ses vertus, tout y est marqué par la grandeur d’'un saint, non seulement doué des plus hautes qualités naturelles, mais plus encore instrument docile entre les mains de Jésus-Christ.

Parmi les actes de saint Pie X, la
Lettre sur le Sillon conserve une actualité toute particulière.

Elle décrit en effet la longue et grave chute d'’un mouvement fondé dans une intention sainte, empreint d’'une édifiante générosité, guidé par une ferme espérance. Et voilà qu'’au bout de quelques années, l'’or pur s'’est changé en un plomb vil : comment cela s’'est-il produit ? Quelles ont été la faille, la faute ou l'’infidélité ? Quelles leçons devons-nous en tirer ?

L'’admonition paternelle et doctrinale de saint Pie X, sa condamnation juste et sévère, s'’adressent aujourd’hui à nous, à chacun d’'entre nous.

Car il faut que ce que nous avons entrepris pour la gloire de Dieu, pour l’'amour de l'’Église, pour la conservation de la foi et pour le salut des âmes demeure dans la lumière de la foi, dans la rectitude doctrinale, dans l'’esprit de l'’Église et dans la claire vue de la gloire de Dieu.

Seuls l'’humilité, la docilité totale et permanente à la doctrine de l’'Église étudiée et méditée, le souci de l’'unité de l’'Église et de l’'honneur de Dieu, la prière de tous les instants, la connaissance de l’'erreur et de ses armes (ignorance, mensonge, société de pensée, flatterie, mépris de l’'intelligence, désir de plaire au monde) peuvent assurer la persévérance des pauvres pécheurs en butte à l’'apostasie généralisée que nous sommes.

Tolle, lege. Prenez et lisez.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 11:13
– La sainte Trinité. Le Dieu unique, Créateur du ciel et de la terre, bonté infinie et éternelle, est un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ces trois personnes sont infiniment égales, infiniment distinctes, infiniment parfaites, et elles ne sont qu’'un seul Dieu. Chacune des personnes est Dieu tout entier, et pourtant il n’y a qu’'un seul Dieu : les trois personnes sont consubstantielles. C’'est là un grand mystère que nous ne pouvons comprendre, mais que nous devons croire car Dieu lui-même l’'a révélé par son Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, et il nous l’'enseigne par la sainte Église catholique.

–
L'’Incarnation. La seconde Personne de la sainte Trinité, le Fils éternel de Dieu, s’'est fait homme. Il a pris une nature humaine (un corps et une âme) dans le sein très pur de la sainte Vierge Marie, et est venu sur la terre pour nous sauver du péché par sa mort douloureuse sur la Croix et sa résurrection. Il a pris le nom de Jésus-Christ. Il est vrai Dieu et vrai homme, ayant deux natures parfaites et distinctes dans son unique personne divine.

–
La sainte Vierge Marie est Mère de Dieu, puisqu’'elle est vraiment mère d’'un Fils qui est vraiment Dieu. Dans sa maternité même, elle demeure toujours Vierge et infiniment pure. Elle est Immaculée dans sa conception, n’'ayant jamais contracté le péché originel. Elle est montée au ciel avec son corps et son âme glorifiés, et là elle règne maternellement en nous accordant les grâces de Dieu que nous lui demandons filialement.

–
La sainte Église catholique est la société fondée par Jésus-Christ pour perpétuer son œœuvre jusqu'’à la fin des temps. Elle a hérité des pouvoirs et des privilèges de son fondateur. En elle, et en elle seule, les hommes peuvent trouver les moyens de salut : la vraie foi et les sacrements qui donnent la grâce.

–
Dieu a créé les hommes en leur donnant une nature raisonnable (un corps et une âme) capable de connaître la vérité – et donc de connaître l'’existence de Dieu – et capable de vouloir le bien, capable d’'observer les commandements de Dieu. Mais en plus il a élevé les hommes à l’'ordre surnaturel, ordre qui dépasse infiniment les exigences et les capacités de la nature humaine : il les a destinés à aller le voir face à face dans le Ciel, et il leur a donné la grâce qui fait participer ceux qui aiment Dieu par-dessus tout à sa vie intime et trinitaire.

–
Le péché originel, qui est une grave révolte orgueilleuse d’'Adam et d’Ève contre la loi de Dieu, a privé Adam et tous ses descendants de la grâce de Dieu. Ainsi nous sommes nés dépossédés de la vie divine et blessés dans notre nature, mais toujours destinés à aller au Ciel. Le sacrement de Baptême, en nous rendant la grâce de Dieu, efface le péché originel, mais ne guérit pas pleinement la nature, qui est toujours inclinée vers le mal.

–
Les fins dernières. À sa mort, l’'homme comparaît au tribunal de Dieu pour être jugé. Soit il est trouvé en état de grâce (possédant la foi, l’'espérance et la charité, et exempt de tout péché mortel non pardonné), et il est alors digne du Ciel : il y va soit directement soit en passant par la douloureuse purification du Purgatoire. Soit il est trouvé en état de péché mortel, et il est condamné au feu éternel de l’'Enfer.
À la fin du monde, tous les hommes ressusciteront et seront jugés ensemble ; la sentence de chacun sera la même que celle portée au jugement particulier, mais il est nécessaire que le corps soit jugé avec l'’âme, et que toute justice soit rétablie par Jésus-Christ qui siégera en puissance et majesté.

–
Les Anges. Outre les hommes et les êtres matériels, Dieu a créé les Anges, purs esprits d’'une nature bien supérieure à la nature humaine. Parmi eux, la majorité est demeurée fidèle à Dieu et jouit de la gloire céleste ; les autres se sont révoltés contre Dieu et dans leur déchéance sont devenus les démons qui luttent pour nous entraîner dans leur haine de Dieu et dans leur réprobation. Pour nous soutenir dans cette lutte, Dieu a affecté à chacun d'’entre nous un Ange gardien, qui voit la face de Dieu dans le Ciel, et en même temps nous assiste sur la terre.

–
La Royauté de Jésus-Christ. Parce qu'’il est Dieu et homme, parce qu’'il est le Sauveur de tous les hommes, Jésus-Christ est roi de la société, roi de toute société légitime, roi des nations. C’est donc non seulement à titre personnel mais aussi à titre social que les hommes lui doivent culte et soumission. L'’homme ayant été créé par Dieu avec une nature sociale, Dieu est l’'auteur de la société, toute autorité vient de Dieu. Comme les hommes ont été élevés à l’'état surnaturel et rachetés par Jésus-Christ qui a fondé l’'Église catholique pour perpétuer sa mission, la société politique doit à Jésus-Christ adoration et hommage de soumission, et à l'’Église reconnaissance et soutien.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Catéchisme
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Mercredi 21 décembre 2005 3 21 /12 /Déc /2005 17:26
Un des grands tourments des âmes qui veulent être fidèles à Dieu et se sanctifier, un des poisons les plus insidieux de la vie chrétienne, une des causes les plus fréquentes du découragement dans la vie spirituelle, est constitué par ce qu’'on nomme communément les mauvaises pensées.

Dans le langage courant, cette expression désigne les pensées contraires à la sainte vertu de pureté. Mais il existe d’'autres genres de mauvaises pensées : celles d'’envie, de vengeance, de suicide etc.
Ce sont les mêmes principes qui s'’appliquent à toutes, parce qu'’on n’'a pas le droit de se complaire dans la pensée du mal et d'’y porter de l’'affection, même si l’'on n’'a pas l’'intention de le réaliser.

1. Nature

Une mauvaise pensée est la complaisance délibérée dans un péché représenté par l'’imagination.

Il faut distinguer la mauvaise pensée du mauvais désir. Celui-ci se réfère une action concrète que non seulement on se représente mais encore qu’'on désire accomplir ou qu'’on désirerait accomplir si l'’on en avait la possibilité
hic et nunc. Le consentement au mauvais désir porte sur l’'action elle-même, le consentement à la mauvaise pensée porte sur la délectation issue de sa présence dans l'’âme, en laquelle on se complaît, bien qu’'on n'’ait aucune volonté d’'accomplir l’'acte mauvais représenté.

La mauvaise pensée se distingue aussi de la délectation dans le souvenir du péché déjà accompli. Dans la mauvaise pensée, la complaisance volontaire porte sur le péché imaginé et non sur le péché en acte.

2. gravité de la matière

La complaisance dans l'’imagination du péché n’'est rien d'’autre qu'’une affection volontaire au péché : la mauvaise pensée a donc la gravité objective du péché dans la représentation duquel on se complaît.

Le mauvais désir et la joie mauvaise du péché déjà accompli se réfèrent à un acte concret ; il en contractent donc toute la malice. En confession, s'’il s'’agit d’une matière grave (ce qui est toujours le cas pour l’'impureté), il faut en accuser la nature précise.

Dans la mauvaise pensée, au contraire, ce qu'’on veut, ce qu’'on aime, ce pas le mal tel qu'’il est en lui-même, mais le mal tel qu'’il est imaginé; cette pensée a donc la malice de l’'objet de la complaisance: ce peut être l'’acte représenté et ses circonstances (qu'’il faut alors précisément accuser en confession, s'’ils sont graves) ; ce peut être la simple présence d'’une pensée mauvaise de tel genre dans l’'esprit. À cause de la mobilité de l’'esprit, c'’est parfois difficile à discerner – et il est périlleux de s’'y efforcer s'’il s’agit de pensées impures. Dans le doute, on accusera en confession tel ou tel genre de pensées mauvaises contre telle vertu.

3. signes du consentement

Pour qu'’il y ait péché, il faut qu'’il y ait consentement de la volonté : le péché est en effet dans la volonté. Pour qu'’il y ait péché mortel, il faut qu'’il y ait, outre la matière grave, plein consentement ; il faut donc que la raison s’'aperçoive auparavant de la malice de la pensée qui l’'habite, et que la volonté l’'accepte.

Le consentement à une telle pensée peut être direct (l'’acte de volonté porte sur la délectation de l'’imagination du péché) ou indirect (on a provoqué la mauvaise pensée par imprudence délibérée, on a omis de résister quand la pensée est devenue consciente).

S'’il est parfois difficile de discerner l’'objet précis de la complaisance dans la mauvaise pensée, il l’'est plus encore, bien souvent, de savoir quel consentement on a donné a une mauvaise pensée.

Dans le cas de doute, il faut se dire ceci : si ladite pensée n’'a pas duré longtemps, si on n'’a pas le vice extérieur qui correspond à la pensée ou si on le combat généreusement, si on a l’'intention habituelle de servir Dieu et de lutter pour lui rester fidèle, on peut, bien plus, on doit présumer qu’'on n'’a pas donné son consentement, du moins pas un consentement parfait.

Ne confondons pas
sentir et consentir. Quelle que soit la tentation, la volonté demeure maîtresse d’'elle-même ; ni les circonstances ni le démon ne la peuvent violenter. Le jeu du démon est de décourager, de semer la panique afin que nous rendions les armes ou tombions dans un scrupule qui ôterait toute force.

4. Remèdes

Les remèdes aux mauvaises pensées sont nombreux et efficaces, pourvu qu'’on soit prêt à combattre généreusement pour rester fidèle Dieu.

Le premier est la vigilance et la fuite des occasions : « Veillez et priez afin de ne pas entrer en tentation ». Cette vigilance s'’exercera
avant, en évitant ce qui pourrait amorcer une mauvaise pensée ; pendant en réfrénant l'’imagination et en l’'appliquant à un autre objet ; après la tentation, en tirant les leçons et en chassant jusqu’'à son souvenir.

Les sacrements sont les secours les plus puissants et les plus efficaces contre les mauvaises pensées. La sainte Eucharistie nous attache aux pensées célestes et modèle notre esprit sur celui de Jésus-–Christ ; la Pénitence remédie à nos faiblesses et nous apporte des grâces de combat et de persévérance.

La prière et la dévotion la sainte Vierge Marie nous obtiennent de puissantes grâces et, en favorisant dans la présence de Dieu, la recherche de la paix intérieure et la discipline de l’'imagination, arrachent l'’âme aux attraits du péché. Ceux qui s'’y exercent courageusement évitent bien des déboires.

L'’ouverture de conscience enfin, selon l’'expérience universelle, en découvrant humblement la tentation, ôte l’'aveuglement de l’'amour propre qui entretient l’'âme dans l’'illusion et la fragilité.

Nul ne peut se promettre d’'être toujours exempt de tentations de mauvaises pensées. Si le Bon Dieu les permet, ce pas pour que nous succombions; c'’est au contraire pour que nous ayons l'’occasion de lui montrer que réellement nous l’'aimons par dessus tout.

Alors ces tentations, en nous gardant dans l'’humilité et la dépendance de la grâce, en nous faisant combattre et nous renoncer, seront l'’occasion d’'une grande montée dans la charité, qui ne passera pas.
Nous aurons tout gagné.

Le Missel romain contient trois oraisons votives ad repellendas malas cogitationes : pour implorer la grâce de repousser les mauvaises pensées. Les voici.

Omnipotens et mitissime Deus, respice propitius ad preces nostras : et libera corda nostra de malarum tentationibus cogitationum : ut Sancti Spiritus dignum fieri habitaculum mereamur. Per Dominum… in unitate ejusdem Spiritus Sancti…
Dieu tout puissant et très doux, regardez avec faveur nos prières et libérez nos cœœurs des tentations de mauvaises pensées, afin que nous méritions de devenir le digne hôte du Saint-Esprit.

Has tibi, Domine, offerimus oblationes pro salute nostra : quatenus animas nostras ab immundis cogitationibus purges, illæsasque custodias, et Sancti Spiritus gratia illuminare digneris. Per Dominum… in unitate ejusdem Spiritus Sancti…
Seigneur, nous vous offrons ces oblations pour notre salut, de sorte que vous arrachiez les pensées immondes de nos âmes, et que vous les conserviez immaculées, et que vous daigniez les illuminer de la grâce du Saint-Esprit.

Deus, qui illuminas omnem hominem venientem in hunc mundum : illumina, quæsumus, corda nostra gratiæ tuæ splendore ; ut digna ac placita majestati tuæ cogitare semper, et te sincere diligere valeamus. Per Dominum.
Ô Dieu qui êtes la lumière de tout homme venant en ce monde : nous vous demandons d'’illuminer nos cœœurs de la splendeur de votre grâce, afin que nous puissions toujours penser à ce qui est digne de votre majesté et lui est agréable, et vous aimer en toute sincérité.

Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Morale
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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /Déc /2005 18:00
C’est pour exalter la gloire de Jésus-Christ et lutter contre l’'apostasie sociale (laïcisme ou autre) que le Pape Pie XI a écrit sa grande encyclique Quas primas et institué la fête du Christ-Roi.
Car si notre monde veut bien encore (provisoirement et moyennant sourdine) admettre que les individus puissent reconnaître et adorer Dieu, il proclame en revanche bon, juste et nécessaire que la société doive l'’ignorer, en s’'organisant comme si Dieu n’'existait pas, comme si Notre-Seigneur n’'était pas le Fils de Dieu fait homme, Sauveur de tous les hommes, comme s’'il n’'avait pas fondé une Église, sa « chargée d'’affaires » ici-bas.

Voici quelques vérités rappelées par Pie XI, qui nous permettent de connaître la raison, la nature, la douceur et les exigences de cette Royauté.

1. Dieu a créé l'’homme pour qu’'il vive en société : il commence par naître dans une famille.
Puis, comme chaque famille ne peut se suffire à elle-même, les familles se regroupent pour former la cité, société achevée, parfaite, qui est le lieu d’une vie vraiment humaine (matérielle, intellectuelle, morale, religieuse).
Dieu est donc l’'auteur de la société, et toute autorité vient de Dieu. La société comme telle doit rendre un culte à Dieu : le reconnaître (à sa manière sociale) et s'’y soumettre.

2. Les hommes, membres de la société, ont été élevés à l’'ordre surnaturel : ils sont non seulement faits pour Dieu, mais pour l’'intimité de Dieu avec lequel ils entrent personnellement en société, dont ils reçoivent une nouvelle vie. Cette élévation a nécessairement un rejaillissement sur toute société (familiale, professionnelle, civile) qui doit recevoir la révélation divine et s’'y conformer tant dans son organisation (loi, autorité) que dans son culte.

3. Notre-Seigneur Jésus-Christ vient, par l’'Incarnation rédemptrice, par son sacrifice, restaurer ce qui a été perdu ou blessé par le péché originel, et le restaurer « d'’une manière plus admirable encore » : il édifie son Corps mystique, il restaure la grâce, il guérit la nature. À ce triple titre il est le Roi de la société, Roi de toute société légitime, Roi des nations. À lui tout honneur et toute gloire.

4. Le salut des âmes dépend fondamentalement de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais concrètement il dépend notablement des conditions sociales (Pie XII) : non pas de la richesse matérielle ou de la pauvreté, non pas d’'un état de dépendance sociale ou d'’indépendance ; mais du fait que la société portera à la vertu ou au vice, du fait que la société organisera le culte de Dieu ou celui de l’'argent, du fait que les autorités œœuvreront pour le bien commun ou pour des ambitions personnelles ou occultes. Le salut de nombreuses âmes dépend du fait que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur la société civile, ou qu'’il ne règne pas.

Ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous devons le
proclamer de façon universelle (cela relève de la foi catholique), nous devons le désirer de toute notre âme (cela relève de l’'espérance) ; nous devons le réaliser en ce qui relève de notre responsabilité et de nos possibilités (cela relève de la charité) : dans l’'ordre personnel et familial, dans toute société à laquelle nous appartenons (professionnelle ou autre). Nous devons réaliser ce règne non seulement de façon négative (en assurant qu’il n'’y ait rien contre la foi ou les mœœurs) mais aussi de façon positive : la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une royauté active qui doit guider, régler, vivifier toute l'’activité humaine et l’'ordonner à la gloire de Dieu.

Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur nos pensées et notre jugement (foi), qu'’il règne sur nos désirs et nos ambitions (espérance), qu’'il règne sur nos affections et nos actions (ordre et ferveur de la charité). Il faut donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur notre famille dans son but, dans ses mœœurs (toilettes, conversations, lectures), dans son climat, dans sa vie de prière. Il faut qu'’il règne sur notre vie professionnelle (conscience, justice, pureté d'’intention).

Notre devoir enfin est de prier pour règne total de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais cette prière sera stérile si nous ne nous efforçons pas de faire réellement régner Notre-Seigneur Jésus-Christ en ce qui dépend de nous.

Pour procurer ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, autant qu'’il est en nous, nous devons nous souvenir qu'’il a ici-bas établi une double régence, celle de l’'Église catholique et celle de Notre-Dame. Ayons pour les deux amour et soumission : soyons membres dociles de l’'Église en professant sa doctrine et vivant de sa loi, suivons l'’exemple de Notre-Dame et recourons à son intercession.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Doctrine sociale de l'Église
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