Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 06:51
La sainte Messe est le trésor de l’'Église catholique, elle est la prunelle de ses yeux.
Tout enfant se doit d'’imiter sa mère, de recevoir d'’elle la juste estimation de la valeur relative des choses.
Les enfants de l’'Église que nous sommes doivent donc témoigner à l'’égard de la Messe une fidélité, une sollicitude, un amour jaloux calqués sur ceux de notre mère.

On trouvera ici quelques considérations propres à aider cette œœuvre salutaire d'’amour filial :
Le triple caractère catholique de la sainte Messe.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Liturgie
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 17:14
Pour juger sur pièce de l’œ'œuvre de Mademoiselle Luce Quenette, voyez ici un article sur l’'éducation de l'’adolescent paru dans Itinéraires n° 128 (décembre 1968). Il est d'’une belle venue et d’'un intérêt puissant. Magnifique.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Mariage, éducation
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 09:41
C'est aujourd'hui la Sainte-Luce. Pour ceux qui ont eu l'honneur de connaître Mademoiselle Luce Quenette, ce jour évoque d'une façon toute particulière sa fête, et la fête de l'école de la Péraudière qu'elle a fondée. Cela rappelle aussi qu'elle fut collaboratrice de la revue Itinéraires, et que sa contribution était de toute première qualité, comme celle de l'Abbé Berto, du Père Calmel ou de Jean Madiran lui-même.

En souvenir d'elle, voici deux textes
inédits et un témoignage de Jean Madiran.

Le premier est la transcription (faite à partir de l'enregistrement) d'une conférence de Jean Madiran à Écône le 19 mars 1974.

— (Abbé J. B.) « Puisque vous nous parlez de vos amis, est-ce que vous pouvez nous parler de Mademoiselle Quenette que beaucoup ne connaissent pas ici ?
— (Jean Madiran) Mademoiselle Quenette, je lui dois beaucoup aussi…...
— (Mgr Lefebvre) C'est un élève de Mademoiselle Luce Quenette !
— (Jean Madiran) Eh bien oui ! mais… je pense que ça doit…... Ou bien c'est un élève de Mademoiselle Quenette, ou bien c'est un provocateur !… Nous…... Mademoiselle Quenette...… je dirais...… je ne vais pas vous faire son portrait ni vous dire son...… Mais je vais vous dire une chose, une seul chose, hein !… Alors, je choisis et je vous en dis une.… C'est que nous sommes beaucoup, et j'en suis, dont elle a soutenu efficacement le courage dans le combat. Cette femme intrépide, son côté chef de guerre… oui, oui, euh…ah ! oui, à cet égard… oui...… Nous lui devons beaucoup.… Si nous arrivons à faire quelque chose de pas trop mal… nous lui devons beaucoup, nous lui devons beaucoup.… Je ne sais pas si sans elle la revue
Itinéraires, sur la Messe, n'aurait peut-être pas pris si vite une position aussi ferme. Je crois que c'est le meilleur hommage. »

Il faut ajouter que Jean Madiran, si brillant jusque là, était fort troublé et cherchait ses mots.

Le deuxième est le message que Mademoiselle Luce Quenette, empêchée pour raison de santé, avait fait tenir à la journée des
Compagnons d'Itinéraires à Lyon, le 15 mai 1976, lu en public par Jean Madiran.

« Toujours absente à la réunion de famille, même quand elle est dans ma ville, je suis privée et désolée. S'il faut un message spécialiste de ce qui occupe toute ma vie, je dirai : Nous voulons sauver la jeunesse et pour cela faire une élite. Alors, fermeté, fermeté, force, horreur de la faiblesse, leçons magistrales. Car la plus affectueuse compréhension des jeunes cœurs, c'est l'autorité. »

Que de sagesse en peu de mots.

Voici enfin un extrait du témoignage de Jean Madiran, en tête du numéro d'
Itinéraires à elle consacré, le n° 226. On en appréciera toute la portée.

« Sa fonction, comme celle de l'abbé Berto, fut de gouverner des âmes d'enfant pour y cultiver les vertus. Cela expliquait, chez l'un et chez l'autre, dans la crise religieuse contemporaine, une analogue qualité de prévision et d'intransigeance, une extrême promptitude. Ils étaient aux avant-postes véritables, les premiers à ressentir l'attaque, les premiers à en discerner toute la portée. À la place où ils se trouvaient, avec la responsabilité qui était la leur, ils sentaient tout de suite qu'une concession à l'adversaire, qu'un compromis avec le monde, qu'une innovation impie, d'apparence anodine,
on ne POUVAIT pas les expliquer aux enfants, on ne pouvait pas les leur imposer, on ne pouvait pas les leur tolérer sans démentir et détruire tout ce qu'on s'efforçait de leur inculquer. Le nouveau catéchisme de 1967-1968, celui qui est toujours en vigueur, paraissait vaguement absurde et vide à ceux qui le feuilletaient d'un doigt distrait, une sottise épiscopale de plus en un siècle qui n'en est pas avare.

« Mais l'abbé Berto, mais Luce Quenette ressentaient immédiatement ce que cette sottise contenait de criminel : ils avaient aussitôt devant les yeux l
'impossibilité morale d'introduire le nouveau catéchisme épiscopal dans leurs catéchismes catholiques. Du même coup ils savaient dans l'instant même que l'épiscopat français n'en était donc plus aux médiocrités et lâchetés habituelles, mais qu'il en était à la prévarication majeure, à la prévarication maudite, à la prévarication inexpiable. Et encore du même coup, et non moins immédiatement, ils savaient que le saint-siège, en laissant s'établir et se prolonger une telle abomination, manifestait une défaillance terrible, qui finissait à la longue par ressembler à une sorte de vacance.

« Par leur fonction et parce qu'ils le vivaient chaque jour, l'abbé Berto et Luce Quenette savaient mieux que personne et ils surent avant tout le monde que les détenteurs actuels de la succession apostolique en étaient au plus grand crime, celui que l'esprit mondain méconnaît, que l'aveuglement ignore, que la foi tiède ne comprend pas. Et ainsi, mieux que personne et avant tout le monde, un abbé Berto, une Luce Quenette étaient au cœur des réalités les plus réelles de notre époque, aux prises avec cette forme de subversion qui existait avant de recevoir de Mao son nom véritable de “révolution culturelle” : elle s'attaque comme on l'a vu en Chine, comme on n'arrive pas à le comprendre en France, directement à l'innocence et à la formation des enfants. La culture, qu'est-ce à dire, sinon l'acte de cultiver, et que cultive-t-on sinon, d'abord chez les enfants, les vertus intellectuelles et morales. La soi-disant culture qui a honte de cultiver les vertus, par le fait même laisse croître les vices. Tout conspire dans le monde moderne à le faire oublier, mais comment pourrait-on l'oublier quand on dirige, comme l'abbé Berto, comme Luce Quenette, une maison d'enfants, une école véritablement, intégralement chrétienne ?

« Tout au long de l'année 1969, avec une terrible impatience, Luce Quenette nous pressait de faire le possible et l'impossible pour écarter la menace de la nouvelle messe annoncée. On verra, lui disions-nous, attendez, il y aura une lettre des cardinaux (on en espérait huit, ou douze, pour commencer, et pour entraîner le ralliement d'une quarantaine ou d'une soixantaine d'autres ; il y en eut deux en tout et pour tout, Ottaviani et Bacci, honneur à eux).

— Je ne peux pas attendre, répondait-elle ; les enfants ne peuvent pas attendre : c'est maintenant, c'est aujourd'hui qu'il faut leur dire, pour la vie entière, où est la vraie messe. C'est tout de suite qu'il faut les protéger, qu'il faut les tenir rigoureusement à l'écart d'eucharisties dérisoires, qu'on dirait calculées pour inculquer les réflexes et les attitudes de l'impiété… »
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Mariage, éducation
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 06:15
Dom Paul Delatte (1848-1937) fut le troisième Abbé bénédictin de Solesmes (de 1890 à 1921). Son œœuvre fut surtout monastique. En outre il a laissé une vaste œœuvre spirituelle, théologique et historique. Voici un extrait d'’une retraite prêchée aux moniales de l’'Abbaye Sainte-Cécile de Solesmes, en 1889.
Le désintérêt de l’'Église et de ses combats est un signe de tiédeur, d'’illusion, de désertion de la véritable vie spirituelle. Celui qui prétend aimer Dieu qu’'il ne voit pas, et qui n'’aime pas l’'Église qu'’il voit, celui-là est un menteur.


Nous sommes de l’'Église, nous appartenons à cette incomparable unité, à cette société, à cette famille immense. Ce n'’est même qu'’en vertu de cette appartenance à l’'Église, et par elle à Jésus-Christ, que nous entrons avec Jésus-Christ dans la famille incréée de la Sainte Trinité.

Mais s'’il en est ainsi,
il faut que nous prenions conscience de notre vie et de notre insertion dans le corps de l’'Église.

Ce n’'est pas assez de voir Dieu dans cette création surnaturelle, de croire à cette œœuvre divine, d’'en admirer le détail et le fonctionnement. Ce n’'est pas assez de rompre avec les autres conceptions de l’'ordre des choses, et de reconnaître platoniquement que tout gravite autour de Dieu, que le centre universel n'’est point le soleil, mais la gloire de Dieu, et que c'’est à l’'Église de procurer cette gloire.

Nous avons notre place et notre part d'’action dans ce Corps immense et nous n'’avons point le droit de nous en désintéresser.

Alors, vous comprenez aussitôt qu'’un moine ou qu'’une moniale (disons : un chrétien ou une chrétienne), qui s’'isolerait un peu des intérêts de l'’Église pour se préoccuper exclusivement de son salut, de sa sanctification, de sa beauté surnaturelle, une moniale qui n'’existerait que pour le saint égoïsme de son bonheur spirituel sans souci de l'’Église à laquelle elle appartient, que cette moniale serait, – je ne crains pas de l'’affirmer –– en dehors de son état : elle ne serait ni moniale ni chrétienne ; ce serait purement et simplement l'’hypertrophie du moi ; or, le moi naturel ou surnaturel est toujours haïssable.

J’'irai plus loin ; une moniale qui n'’existerait que pour sa sainte maison, pour son saint Ordre, sans nul souci de l'’Église ne serait pas plus chrétienne qu’'elle ne serait moniale : l’'égoïsme à plusieurs ne vaut pas mieux que l’'égoïsme personnel et isolé.

Sans doute, il faut particulariser son action, mais sans rien exclure, avec le cœœur comme le cœœur de Dieu, sans jamais se désintéresser des besoins, des intérêts, des gloires, des souffrances de l’'Église, sans que rien qui la concerne n’'ait en nos âmes son retentissement profond, de telle sorte que nous sentions vraiment notre appartenance à ce Corps mystique de Jésus-Christ.

Lorsqu'’il s’agit de richesses naturelles, il est de toute prudence de mesurer et de circonscrire son intervention, parce qu’'en se divisant, les richesses matérielles s'’épuisent. Mais lorsqu'’il s’agit des biens surnaturels, ils se divisent sans s’'épuiser jamais.

Aussi, je le répète, je ne puis comprendre un chrétien, ayant conscience de ce qu'’il est dans l'’Église, une chrétienne à qui tout rappelle la solidarité organique qui l’'unit à l’'Église, je ne puis, dis-je, parvenir à comprendre un chrétien qui se renfermerait sur lui-même, sans avoir au cœœur le souci constant de tout ce qui intéresse et concerne la sainte Église de Dieu.

Dom Paul Delatte :
Contempler l’Invisible, Editions Alsatia, Paris, 1965 (réédition Solesmes, 1974)
Par Dom Paul Delatte - Publié dans : de Ecclesia
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Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /2005 16:18
Un des grands combats du Pape Pie XII fut la lutte contre un très grave gauchissement de la morale catholique –– gauchissement qui atteint d’'ailleurs tout autant la simple morale naturelle.

Il ne s’'agit pas d'’un fléchissement sur point particulier de la morale, ni de la difficulté nouvellement surgie d’'observer tel commandement de Dieu, ni de l'’attaque des ennemis de l'’Église contre son enseignement en la matière. Il s’'agit de quelque chose de plus fondamental – et de plus pernicieux – qu'’on a nommé
la nouvelle morale.

La conjonction du désordre de l'esprit induit par la philosophie personnaliste, et du climat délétère qui a baigné et suivi la
Libération de 1944-1945, a été fatale pour beaucoup d'esprits trop peu attachés à la doctrine catholique, esprits qui nourrissaient en secret le désir de saisir la première occasion pour se débarrasser du joug trop pesant de la morale chrétienne. La libération déchaîna l'appétit de liberté à tout prix ; le personnalisme déplaça le centre de gravité de toute l'activité humaine, de telle sorte qu’'un prétendu épanouissement de la personne détrôna la poursuite de la fin dernière dans le rôle d'’unificateur suprême. On en vint donc à placer dans la liberté personnelle le fondement de la vie morale, à faire de la conscience libérée le critère ultime de la connaissance du bien et du mal.

De nombreux catholiques ont prêté la main à cette destruction. C’'est contre eux tout particulièrement, contre le relativisme moral qu’(ils prônaient, que Pie XII a prononcé deux discours mémorables.

En y condamnant la
morale de situation et ses satellites, Pie XII a enseigné avec autorité, clarté et compétence les fondements de la morale catholique ; il a en outre vigoureusement rappelé certains points de cette morale, points mis en doute ou malmenés par l'’armée des modernistes qui piaffaient d'’impatience de reparaître à la surface. Ils ne s’'en sont pas privés depuis. Voici donc le texte du radiomessage sur l’'éducation de la conscience et celui de l’'allocution sur la morale de situation.

Je les ai extraits de l'admirable petit livre
Foi catholique et problèmes modernes du Père M.M. Labourdette o.p. (Desclée et Cie, Tournai 1953) qui– en matière dogmatique, donne le texte de l’'encyclique Humani Generis et la commente avec beaucoup de clarté ;– en matière morale, il donne le texte des deux discours de Pie XII ci-dessus mentionnés, et les commente avec autant d'’opportunité.
Par Abbé Hervé Belmont - Publié dans : Morale
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